‹ Dissertation sur Le Cholera-Morbus no.96Chapitre 4 sur 8 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

Le choléra n’est pas une maladie nouvelle ; elle paraît, au contraire, remonter fort haut dans l’antiquité : M, Montbrion croit la reconnaître dans l'épidémie qui fit périr soixante-dix mille sujets du roi David. Les OŒEuvres d'Hippocrate nous apprennent qu’elle était connue des Grecs, qui la désignaient sous le nom de %oAcpa, de Yoan, bile, et pe®, je coule ; les Latins y ont ajouté le mot morbus , maladie, et l’on a trañsporté dans notre langue les deux mots choléra-morbus. L'étymologie du mot n'est nullement propre à donner une idée juste de sa nature , puisque la bile ne paraît pas dans les évacuations. Cette dénomination ne convient donc pas , mais elle est recue ; le malheur qui frappe maintenant l'Europe lui a donné une grande popularité.

Le choléra est originaire de l'Inde. En 1817, il part des bords du Gange ; après avoir ravagé l’Indostan, il porte successivement ou simultanément son poison dans les îles de France et de Bourbon, aux îles Moluques et Philippines , à Nankin et à Pékin ; traversant le golfe Persique et la mer Caspienne , il arrive à Moscou , puis à Saint- Pétersbourg. La Hongrie , l'Autriche , la Pologne , la Prusse et l’Angleterre en sont tour à tour empestées. Dans ce trajet, qui comprend

(6) | plus de deux mille lieues , il a passé sur les cadavres de quarante millions d'hommes. Il arrive enfin dans noire beau pays de France, avec toute sa rage et son venin ; et non moins désastreux que la peste noire du quatorzième siècle (1), il décime hardiment la capitale, étendant déjà ses grands bras sur nos départemens.

Le choléra est une maladie sporadique et épidémique ; je dis épidémique sans rien préjuger de la question relative à la contagion, que je traiterai dans un paragraphe particulier : je veux seulement dire par là que cette maladie attaque tantôt un seul ou quelques individus séparément, tandis que d’autres fois elle attaque simultanément et dans le même pays un grand nombre d'individus à la fois. Le choléra sporadique est moins grave et moins mortel que le choléra épidémique : chaque année , à l'époque des chaleurs surtout, on en voyait quelques cas à Paris ; mais ce nombre était très-limité , il n'attaquait guère plus d’une douzaine de personnes. Cette année, ‘on sail avec quelle effrayante rapidité il s'est répandu; on s’en est demandé la cause, c'était naturellement la première question qu’on dut se faire. |

Cette cause est-elle dans l'air, dans la terre, dans l’eau ? ou bien est-elle dans l'électricité négative ou positive, dans les influences tel-

luriques ou sidérales ? Cette maladie est-elle épidémique ou conta-

gieuse? est-elle épidémique et contagieuse à la fois ? se communiquet-elle par infection ? Le germe du mal s'introduit-il dans le corps humain par l'absorption cutanée, par l'absorption pulmonaire, où par les organes de la nutrition ? La cause agit-elle en surexcitant les organes digestifs ? est-ce en altérant le sang ? est-ce en pervertissant l’action du centre cérébro-spinal ou des grands nerfs de la vie organique? II n’est pas une de ces propositions qui n'ait trouvé plus ou moins, de partisans ; mais , selon moi, personne n’a encore donné de preuves

tn um ——

(1) On s'accorde assez généralement à croire que cette peste noire n’était autre chose que le choléra; son point de départ fut également, à cette épogne;

les bords du Gange.

suffisantes en faveur de son opinion. J'avais commencé l'examen cri-

tique de chacune de ces propositions ; mais je.me suis aperçu que cet . examen nécessitait des développemens qu’il me serait impossible d’ex-

poser sans sorlir des limites que je me suis tracées dans ce court opus-

cule. Toutefois, si la source et la nature du principe délétère sont

enveloppées d’un voile qui peut-être ne sera jamais soulevé, les cffets

de ce principe échappent moins aux investigations humaines. Le sang

des cholériques est évidemment altéré ; l'air froid qu'ils expirent pen-

dant Ja période bleue ne contient pas un atome d’acide carbonique.

Après la mort, on trouve des altérations dans le tube intestinal, dans

les plexus solaire et rénaux, dans les ganglions semi-lunaires et le nerf pneumo-gastrique, quelquefois dans le cerveau , la moelle allongée ,

dans les os, etc. , elc.

Les dérangemens du système gastro-intestinal sont, dit-on, des causes qui prédisposent au choléra. Selon moi , l’on prend ici pour cause ce qui n’est que l'effet primitif produit par l'agent délétère. La diarrhée n'est-elle pas un des prodrômes les plus constans du choléra? Pourquoi séparer ces prodrômes de la maladie elle-même, et vouloir enter gratuitement une maladie sur une autre? Avant que le choléra n'éclatât à Paris, les dérangemens du système gastrique n'étaient point rares ; je ne sache pas qu’on ait vu une seule fois ces dérangemens dégénérer en choléra. Dans les lieux où cette maladie règne épidémiquement , si la diarrhée, quelques vomissemens apparaissent , sans causes appréciables, chez un individu qui n’est point sujet à ces sortes de dérangemens, je les considère, ces dérangemens , comme les effets primitifs de l’agent épidémique. Ces premiers symptômes sont uu avertissement précieux pour le malade et pour le médecin. A Paris, combien n’a-t-on pas vu de personnes qui, dédaignant cet avertissement, en ont été les victimes ! Les exemples n’en sont pas rares ; je inc contenterai d'en citer un qui s'est passé sous mes yeux. Un homme et sa femme, habitant ensemble une petite maison à Belleville, rue de Lamarre , furent pris l’un et l’autre de diarrhée ; le mari se soigna, et sa maladie s'arrêta court, La femme ne voulut se soumettre à au-

‘Cun traitement , et sa diarrhée continua. Maïs tout à coup les déjections , de stercorales qu’elles étaient ; deviennent tout à fait liquides et en tout semblables aux déjections cholériques. En effet , tous les symptômes du choléra éclatèrent bientôt avec violence; elle fut aux portes du tombeau : cependant sa maladie se termina heureusement ; sur la fin, elle prit tous les caractères d’une affection typhoïde. Je ne doute pas que la soumission du mari au traitement qui lui fut indiqué ne l'ait mis à l’abri du même péril, et pourtant il n’est pas permis de dire que cet homme ait eu le choléra, pas même la cholérine. A ce sujet, je citerai les paroles de M. le professeur Broussais ; la comparaison qu'il fait me paraît fort judicieuse, la voici ; « Si quel- « qu’un est en route pour se jeter à la rivière, et qu’un ami, l'ar- « rêtant au passage , fasse disparaître la cause de son chagrin, écri- « rez-vous que cet homme a été retiré de la rivière ? Non, sans doute ; « mais il n’en est pas moins vrai que, sans l'intervention bienveil- « lante de son ami, il se serait noyé. C'est précisément le cas des « cholériques dont on arrête la maladie : ils se précipitaient vers la « mort, et vous les avez arrêlés ; mais la marche vers la mort était « déjà commencée, »

Je ne pense donc pas que la diarrhée soit une cause prédisposante ; mais je dis plus , je n’admets aucune cause prédisposante du choléra. Je sais bien qu’à Paris la classe indigente a été la plus maltraitée, sauf, toutefois, de nombreuses et honorables exceptions ; mais M. Montbrion nous apprend qu’à Dantzick le contraire a eu lieu ; ce sont les riches qui ont le plus souffert. À Londres et à Paris, les enfans ont été ménagés ; le contraire a encore eu lieu dans cette même ville de Dantzick : sur le nombre des morts on comptait la moitié au-dessous de quatorze ans. À Paris, dans le but de préserver du choléra, l'on prêche au peuple la tempérance; on a raison , car la tempérance est une vertu; l'hygiène la recommande : mais cette vertu ne préservera pas du choléra. Voici, à ce sujet, un fait assez remarquable : le nombre ces charbonniers à Paris est de dix-huit cents ; sur ce nombre environ deux cent quarante ont été atteints du choléra; eh bien ! ce

sont précisément les plus sobres, les plus robustes et les mieux rangés (ces renseignemens m'ont été fournis par un inspecteur des charbonniers). Je ne veux pas dire par là , tant s’en faut, que l’ivrognerie, la débauche et la saleté mettent à l'abri du choléra ; mais je soutiens que ce fléau frappe en aveugle ; si l’on veut en avoir la preuve, l’on n’a qu’à lire tout ce qui a été écrit par les auteurs qui ont étudié cette maladie, les uns dans l'Inde, les autres en Autriche et en Prusse, en Russie, en Pologne, en Angleterre et en France, et l'on verra que le choléra prend partout et indistinctement ses victimes. Les hommes, les femmes, les enfans, les vieillards, le général comme le soldat, le prince et le mendiant , et jusqu'aux animaux, tous sont également frappés.

La température paraît avoir peu d'influence sur le choléra; originaire de la zone torride, les frimats de la Russie n’ont pas su arrêter sa marche.

Il a franchi les Ghattes et le Caucase, et dans les hautes régions du mont Ararat et de l'Himalaya il n'a ‘pas déployé moins de violence. L'humidité de l'atmosphère n'influe en rien sur lui; il exerce ses ravages au milieu des sables de l'Arabie comme dans les îles de l'Océan Indien.

L'état de l'atmosphère, qui a été si variable à Paris pendant le cours de l'épidémie , est venu corroborer ces assertions; ni le froid , ui la chaleur, ni la sécheresse , ni l'humidité, rien n’a empêché la maladie de suivre sa marche croissante et décroissante. Ne nous considérons pas encore comme à l'abri du fléau ; quand le choléra a exercé ses ravages dans un pays, il n’est pas rare de l'y voir reparaître et quelquefois même avec plus de violence.

Dans les lieux où le choléra règne épidémiquement, la plupart des autres maladies prennent, en quelque sorte, une teinte de la maladie régnante ; en outre, il est peu de personnes qui pendant le cours de l'épidémie n’éprouvent quelque chose d’insolite daus l'état de leur santé. J'ai moi-même ressenti les effets de cette influence générale ; je dois en dire quelques mots : le 28 mars, je ressentis quelques dou-

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( 10 ) leurs dans les poignets et dans les doigts ; ces douleurs ressemblaient à des crampes (j'avais été la veille visiter les cholériques de l'Hôtel- Dieu ). Le lendemain et les jours | je ressentis des douleurs sem blables dans les extrémités inférieures , mais surtout aux orteils et aux talons ; ces douleurs étaient mobiles, très-distinctes, mais fort supportables; cependant elles se déclarèrent avec plus de force dans la journée du 12 avril, Je fus contraint de prendre le lit; j'eus soin de forte-

ment me couvrir d'édredons et de triples couvertures de laine , après :

quoi je pris nne forte infusion très-chaude de tilleul. Je me trouvai bientôt dans un grand état de faiblesse; mon pouls était cependant très-plein et très-fréquent, il donnait 130 pulsations , il présentait quelque intermittence. Une sueur abondante me couvrit bientôt tout le corps, el tout à coup mon pouls devint filiforme et presque imperceptible; la sueur continuait, et, outre des borborygmes tumultueux, je ressentais, dans l'estomac , une sensalion tout à fait semblable à celle qu'on éprouve quand on a pris l’'émétique, Cependant je m’'endormis bientôt; mon sommeil dura près de huit heures , il fut assez calme, et le lendemain je me leyai bien portant, à l'exception des crampes , qui aujourd'hui même n’ont point encore cessé entièrement. Le 28 avril, J'éprouvai exactement les mêmes phénomènes que dans la journée du 12. Une remarque que j'ai faite, et qui m'a beaucoup frappé, c'est qu'à mesure que l'épidémie perdait de son intensité, mes crampes devenaient moins fréquentes et plus faibles. La veille, j'annonçais approximativement le chiffre officiel des décès du lendemain.

Plusieurs substances ont été préconisées comme prophylactiques du choléra. À mon avis , les chlorures , le camphre , les vinaigres , les essences , les citrons farcis de clous de girofle, et tout l'appareil des soi-disant préservatifs, ne peuvent servir qu’à préserver de la peur; à ce litre ils sont peut-être de quelque utilité, Dans ces temps d'épidémie on devra , plus encore que dans les temps ordinaires, ne point s’écarter des sages lois prescrites par l'hygiène.

corinne

Symptômes.

En général, le diagnostic du choléra est facile, mais il importe beaucoup de ne point confondre ses diverses périodes, car chacune d'elles demande une médication particulière; il importe surtout de s'assurer si le choléra débute sous forme inflammatoire ou non ; c’est peut-être faute d’avoir fait cette distinction que les stimulans et leurs opposés, les antiphlogistiques , ont tour à tour été vantés. Ces derniers auraient eu des succès dans le choléra inflammatoire ; dans les cas contraires , les stimulans auraient eu leur tour.

Le choléra présente ordinairement cmq périodes distinctes , savoir : 1°. période d’invasion ; 2°. période des évacuations ; 3°. période bleue ; 4°. période de réaction ; 5°. période de convalescence.

1°. Période d’invasion, ou préludes , prodrômes , période d’imminence. Cette période est importante à signaler, parce que c’est dans sa durée que les secours de la médecine peuvent être le plus efficaces. Elle est annoncée par un malaise vague, des coliques légères, des selles fréquentes et liquides, des frissons passagers, des flatuosités, des borborygmes, une faiblesse insolite plus ou moins prononcée. Ces préludes durent depuis quelques heures seulement jusqu’à plusieurs jours avant l'explosion des accidens propres aux périodes suivantes. Si le ventre est très-douloureux, les selles souvent répétées et sanguinolentes; si le pouls est plein, fréquent, résistant ; si la langue est effilée , rouge à sa pointe et sur ses bords; si le malade est tourmenté par la soif; s’il est jeune et pléthorique, ce sera le début du choléra inflammatoire. L'on verra plus haut que les altérations anatomiques mentionnées par M. Serres viennent à l'appui de la distinction que je fais entre le début du choléra inflammatoire et le début du choléra non inflammatoire. Cette distinction n’est pas toujours bien tranchée: dans le doute on doit agir comme si la maladie était inflamma. toire. .

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2°. Période des évacuations. Bientôt le dévoiement augmente : il cesse d’être stercoral. Il survient des douleurs plus distinctes ; elles partent de la région épigastrique et se rendent dans l'abdomen; elles sont accompagnées d’angoisses, de nausées et de vomissemens. Les matières des vomissemens et des selles se ressemblent; elles sont caractéristiques : c'est ce qu'on a désigné sous le nom de liquide cholérique ; ce liquide ressemble assez bien à du petit lait non filtré , et les flocons opaques qu’on remarque au fond ont l'aspect de gruau ou de riz crevé. Les déjections. se succèdent ; leur quantité est très-variable; les urines sont supprimées; les traits de la face éprouvent bientôt une altération profonde; les pommettes deviennent saillantes, le nez s’effile et se refroidit; les yeux s’enfoncent dans leur orbite; ils sont entourés d’un cercle brun; la peau du visage devient rouge. Le malade se plaint de crampes qu'il ressent , d’abord dans les jambes, puis dans les membres supérieurs; il respire avec difficulté, sa voix s’affaiblit, ses pieds et ses mains deviennent froids; le pouls est filiforme; alors, si les secours de la médecine se font attendre, ou s'ils sont infructueux , la maladie passe bientôt à la terrible période bleue.

3°. Période bleue, ou période d’asphyæie, de collapsus, de prostration ; période algide ; cyanose. À cette époque, la maladie devient-effrayante , et pour le malade et pour tous ceux qui l'entourent; le froid, qui avait commencé par les pieds et les mains, envahit bientôt toutes les parties du corps. Le corps devient bleu; cette couleur est surtout fortement prononcée au visage et aux mains; le pouls cesse de se faire sentir aux artères radiales et faciales; les carotides présentent dés battemens qui s’affaiblissent par degrés ; le cœur semble vouloir bientôt ne plus faire ses fonctions; ses battemens deviennent sourds et profonds. La colonne d'air expiré est froide ; la langue est tiède ou glacée; une sueur froide, visqueuse se répand sur tout le corps. La figure est méconnaissable ; c’est le facies cholérique. La peau se ride et perd son élasticité; les yeux sont creux et entourés d’un cercle noirâtre ; les conjonctives sont injectées en lilas ou en violet, elles sont

comme ecchymosées. Le malade ne peut plus parler, il essaie de répondre par des gestes aux questions qu’on lui fait (car dans cette période , comme dans toutes les autres , les facultés intellectuelles sont intactes), mais ii n’en a pas la force; ses bras retombent immobiles. Les déjections sont moins fréquentes , elles peuvent même cesser entièrement ; mais les douleurs causées par les crampes sont intolérables. Les sécrétions urinaire, bilieuse, lacrymale et salivaire sont tout à fait supprimées. À cette époque il n'est plus possible de tirer du sang ; si l’on ouvre largement la veine, on en voit suinter quelques gouttes d’un sang noir ét épais, qui ressemble à de la gelée de groseilles. Bientôt les douleurs cessent , la sensibilité est comme émoussée ; le malade tombe dans un abattement extrême. La cessation des douleurs semble relever son courage, il cspère..... mais cette espérance sera vaine si une réaction bienfaisante tarde à se faire.

4°. Période de réaction. Elle s'annonce par le retour de la chaleur ; les battemens des artères deviennent perceptibles, mais faiblement d’abord ; une sueur chaude se déclare. Si quelques crampes se font encore sentir , elles sont tolérables. Enfin une réaction fébrile change tout à fait la scène; la peau du visage, de bleue qu’elle était, devient rouge, mais les lèvres et les ongles conservent encore quelque temps cette teinte bleue. Cette réaction, toute salutaire qu’elie est , ne met pourtant pas le malade à l'abri de tout danger postérieur ; les symptômes d’une stase, ou même d'une inflammation dans quelquesuns des viscères , peuvent se déclarer à la suite de cette réaction subite ; mais alors ce n'est plus le choléra , à proprement parler, qu’on aura à combattre, mais bien une congestion cérébrale, ou une affection typhoïde ou toute autre maladie aiguë. Le plus ordinairement, la réaction étant opérée, le pouls reprend son rhythme accoutumé ; les crampes et les déjections ne reparaissent plus ; le malade éprouve un bien-être qui contraste singulièrement avec les angoisses horribles et les douleurs insupportables qu'il a ressenties ; il entre dans la période de convalescence.

5°, La période de convalescence, chez beaucoup de malades, est prompte et facile; chez d’autres, au contraire, elle est plus tardive et moins bien dessinée ; il ÿ a encore quelques petites crampes, de la constipation, de la faiblesse ; le visage n’a pas enccre repris sa physionomie naturelle; le ventre est un peu douloureux. Cependant le malade peut se lever ; il demande des alimens . ses forces reviennent peu à peu, toute douleur disparaît : il est guéri.

Marche , durée et prognostir.

Le choléra suit assez ordinairement les périodes que nous venons d'indiquer ; mais cette marche n’est pas toujours aussi régulière que nous l'avons tracée. Quand le malade doit succomber, c’est le plus souvent dans la troisième période. J'ai vu des cholériques qui n'ont présenté que deux périodes, la seconde et la troisième; encore la seconde était si rapprochée de la suivante, que ces deux périodes semblaient n’en former qu’une. Quand la maladie débute ainsi, elle est souvent mortelle; le malade tombe comme frappé de la foudre. Au commencement de mai, c'est-à-dire à l'époque où l'épidémie avait déjà perdu de son intensité, j'ai vu plusieurs cas de choléra se terminer par une affection typhoïde des mieux tranchées. La périôde bleue était moins prononcée.

La durée de la maladie est très-variable; on à vu des cholériques mourir en moins de trois heures; mais, le plus souvent, ce n'est

qu'après deux ou trois jours de maladie. Dans tous les cas, le prognostic est des plus graves.

Altérations anatomiques.

Le siége des altérations que l’on rencontre à l'ouverture des cadavres n’est pas toujours constant; on a trouvé des: désordres tantôt dans le tube digestif, tantôt dans les ganglions semi-lunaires et les grands perfs de Ja vie organique, d'autres fois dans le cerveau et la

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