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moelle allongée. Ces altérations consistent dans un état plus ou moins prononcé de phlogose, Il est à remarquer que, lorsque le malade succombe après quelques heures seulement de maladie, le plus souvent l'on ne rencontre aucune altération. En ayant égard à cette circonstance et à la diversité des opinions sur le siége de la maladie, ne pourrait-on pas. induire que ces diverses altérations ne sont que le résultat de la réaction subite du sang ? celui-ci était comme stagnant; et quand tout à coup la réaction s’opère, il reprend son cours avec force; il est, pour ainsi dire, projeté avec violence ; alors telle ou telle partie de l’économie, ayant plus ou moins à souffrir de cette irruption soudaine, se trouverait dans un état de phlogose qui pourrait suivre tous les degrés de l'inflammation. S'il en était ainsi, l’on s'étonnerail moins de trouver les os eux-mêmes injectés el comme gorgés de sang. Je reviendrai sur ce fait remarquable dans une thèse en chirurgie que je me propose de soutenir sur les maladies des os. Quant aux altérations anatomiques mentionnées par M. Serres, celles- Jà sont tout à fait spéciales ; elles devront fixer l'attention des anatomistes.. la distinction qu'il fait entre l’éruption psorique inflammatoire et l’éruption non inflammatoire, explique assez bien pourquoi les stimulans ont été favorables dans tel cas, et pourquoi les antiphlogistiques ont eu leurs succès dans d’autres. Les déjections qui précèdent si souvent les autres symptômes caractéristiques du choléra trouyeraieut aussi leur explication par la présence de ces petits boutons dont le tube intestinal est comme farci.
L’altération du sang est physiquement et chimiquement démontrée; la quantité de sérum et les sels dont il est privé se retrouvent dans le liquide cholérique.
La vessie, revenue sur elle-même, est comme ratatinée.
(16) Traitement. |
Nous voici arrivé à la partie la plus essentielle de la maladie qui nous occupe : guérir est le point capital. « Mais lorsqu'il s’agit de cette fin, dit M. Delpech à propos du choléra, le médecin ne peut manquer d’être humilié. Celui qui n’a pas acquis l'habitude de voir et juger la maladie ne peut tirer que très-peu d’avantages de ses lumières. L’analyse des symptômes ne peut rien apprendre de positif : des traditions presque entièrement arbitraires peuvent seules être invoquées ; quelques symptômes peuvent seuls indiquer des cas auxquels s'appliquent des méthodes de traitement variées qu'il importe de ne pas confondre. Tels sont les sentimens pénibles dont un praticien ne peut se défendre lorsqu'il aborde pour la première fois des malades atteints du choléra. »
Puisque les opinions sur la nature €t le siége de la maladie sont divisées, on doit peu s'étonner de la diversité des traitemens que chacun a cru devoir mettre en pratique. Si l'on faisait la liste complète de tous ces médicamens , l'esprit de critique aurait de quoi s’évertuer; mais ce serait ici le cas de dire : {a critique est aisée et l’art est difficile. Oui, l'art est difficile, surtout quand il s’agit du choléra; mais on ne verra dans tous ces essais qu'un juste sujet d’éloges dus
à ceux qui se dévouent si généreusement au soulagement de Fhuma- .
nité. Voici la base des divers traitemens qui ont été le plus souvent mis en pratique : saignées locales et générales , ipécacuanha, émétique, quinquina, camphre, sulfate et hydrochlorate de soude, huile de croton-tiglium, calomélas, charbon ( magnésie noire ), opium, rathania , valériane , sous-niträte de bismuth , acétate de plomb, acétate d'ammoniaque, punch, café, huile de cajeput; infusion et al= coolata de mélisse, de menthe, etc. ; oxygène, chlore, protoxyde d'azote, elc., etc. ; à l'extérieur, bains chauds, affusions froides, vésicatoires ; frictions sèches, aromatiques, oléoso-camphrées, opia-
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(17) cées ; frictions avec la teinture de cantharides ; sinapismes, repassage de la colonne vertébrale, électro- puncture, galvanisme , insolation , etc. , etc.
L'usage de ces diverses médications comipte plus ou moins de succès incontestables. Mais comment se fait-il qu’une même affection puisse être guérie sous l'empire de moyens si divers? Voici comment j'expliquerai ce fait : la base des principaux traitemens que j'ai énumérés peut se diviser eu deux groupes principaux; d'un côté les stimulans, de l’autre les antiphlosistiques. Mais encore comment se fait-il que ces deux médications, si diamétralement opposées, puissent amener les mêmes résultats, c’est-à-dire la guérison du choléra? Ce que j'ai dit en parlant des observations de M. Serres l’explique assez bien , puisque, je le répète, selon ce savant, le choléra serait tantôt inflammatoire et tantôt non inflammatoire.
De plus, il pourrait se faire que la nialadie füt inflammatoire dans telle période, et non dans telle autre ; ainsi le traitement antiphlogistique m'a souvent bien réussi dans la période de réaction , et dans ia période d’invasion quand la maladie débutait avec des symptômes inflammatoires ; mais, dans la période b'eue, ce traitement doit être banni; la vie s'éteint, il faut à tout prix la ranimer, et c’est ici le triomphe des stimulans , sauf ensuite à combattre les mauvais effets qu'ils pourront déterminer, surtout à l’époque de la réaction.
L’ipécacuanha est utile dans la seconde période. J'ai remarqué que les vomissemens sollicités par ce remède étaient quelquefois bilieux ; mais il agit mieux encore dans ce sens qu'après avoir provoqué queiques vomissemens , comme dans les cas ordinaires, les déjections cholériques sont arrêtées, ou. pour le moins suspendues pendant quelque temps; dans le premier cas, la maladie se termine heureusement , sans parcourir les autres périodes. Les sinapismes aux extrémités, en favorisant la circulation, peuvent en même temps calmer les crampes; mais , dans ce dernier but, les frictions sèches ou laudanisées , faites sur le trajet des membres, sont préférables. Pour fa-
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(18) voriser la réaction, on fera des affusions d’eau froide sur tout le corps du malade, qu’on placera tout aussitôt après dans un lit bien chaud : ce . moyen et tous les autres qui ont été mis en usage n’ont pas toujours , “ils'en faut , été suivis du succès qu’on en attendait ; dans ces momens désespérés on pourrait tenter une flagellation de tout le corps avec l'urtica urens. ;
Dans toutes les périodes de la maladie , il est bon de provoquer la sueur.
Il faut surveiller avec soin la convalescence du malade ; les rechutées ne sont point rares, et le moindre écart de régime peut y donner lieu. On gardera donc, quelque temps encore, le malade à la diète; on pourra remonter ses forces par quelques cuillerées de vin de quinquina ; le froid surtout devra être écarté avec soin. Quand:on n'aura plus lieu de craindre une rechute, on permettra quelques alimens de facile digestion, mais très-peu à la fois.
Le traitement qui a été constamment suivi à l'hôpital Saint-Louis compte de nombreux succès; j'en parlerai ici avec quelques détails : M. Alibert , rapprochant le choléra de la fièvre pernicieuse cholérique, observée par Torti, a cru devoir essayer la méthode de ce praticien étranger, et, comme je viens de le dire, cette méthode lui a assez bien réussi. Voici le traitement qu’il prescrit :