‹ Dissertation sur le danger de la lecture des livres de médecineChapitre 3 sur 3 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

1," Les ouvrages de médecine, quels qu'ils soient, ne peuvent être utiles aux gens du monde, qui n'y puisent que des préceptes vicieux , puisqu'ils ne comprennent pas les livres qui ne sont faits que pour les véritables médecins , et puisqu'ils ne trouvent dans ceux qu'on prétend être mis à leur portée que des idées incomplètes.

2." C'est surtout pour les individus hypochondriaques , hystériques, mélancoliques, que la lecture des descriptions de maladies peut être dangereuse.

3.° Le vulgaire peut commettre les erreurs les plus graves sur

la nature et le traitement des maladies , en se dirigeant d'après les ouvrages de l'art.

4-° Quels que soient les livres qu'il consulte , l'homme du monde ne peut juger sainement sur le traitement des maladies dont il est atteint , puisque , comme le dit Stoll , on ne peut être bon médecin dans ses propres affections.

5.° La lecture d'un ouvrage de médecine peut instruire un malheureux atteint d'une lésion mortelle et incurable sur les dangers qui le menacent et qu'il ne peut éviter, et par-là accélérer sa perte et ajouter à ses tourmens ; tandis que le médecin doit tâcher et de retarder l'une et de diminue^ les autres.

6.° Il est contraire à l'humanité d'appliquer aux autres hommes des préceptes dont on peut faire une mauvaise application.

7 ° Il est de l'intérêt de la société de ne pas laisser dans des mains inhabiles des livres de pharmacie , de matière médicale , etc., dont le crime pourrait, tirer parti.

Telles sont les idées que m'ont inspirées les observations que j'ai citées. Je suis loin de penser avoir traité un sujet si important comme il mériterait de l'être. Il serait sans doute à désirer que les inconvéniens que j'ai signalés et que ceux qui m'ont échappé soient traités par une plume plus exercée que la mienne : l'indulgence de mes juges m'inspire seule quelque confiance, et c'est en l'implorant que j'ose leur présenter ce faible essai.

EXCERÉTA EX HIPPOCRATE

ALUSQUE AUCTORIBUS.

Vita brevis, ars longa, occasio prœceps , experiinentutn periculosum, judieium difficile. Nec solum se ipsum prœstare oportet opportunafacientem, sedetœgrum, eiassistenies et exteriora. Sect. i , aph. i , edente A. Pasta.)

Qua propter oporteteum, qui singu}a praedicta collegerit, sapientiam iransferre ad medicinam, etmedicinam ad sapienliam. (H /PP., de decenti habita , caput. 5.)

Orania quae ad sapienliam requiruntur, insnnt in medicinâ ; argenli coniemptus , verecundia, erubescentia , modestia in vestilu , auctoritas , judicium, allabilis occursus , mundiiies , sermo sententiosus, cognilio in vitâ uiilium ac necessariorum. (Idem.)

Quod gladiusin manu furiosi , idliber medicus estartis imperilis. Qui tain facile legunt, quod nolint, quàm quod velint. Irnperitia quippè malus thésaurus. Quâ imbutus videris capere quœ te capiunt.Goncipisque ex malè intellectis, praejudicaiam opinionem, quœ ubi peperit pervicaciam , actum est de homine imperito, qnem deinceps ne ingeniosissimus quitlem mortalium ab sententiâ sua facile dimoverit. ( Tulpii Obs. med., lib. 4.)

Hos sortis humanœ impatiemia et amor suî nimius prohibet moderatè, et œquo animo , de suâ, suorumque valetudine existimare , indociles fortunam adversam pati. (Stoll, Ratio medendi , auctoris ipsius morbus. )

Accession no. J -JbsJ

AuthorPiorry, P.

l9th cent Call no. RC552

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