SUR
Lx rhumatisme articulaire est l'inflammation des articulations. Cette inflammation porte le plus ordinairement son action primitive sur le système synovial, c'est-à-dire, sur la capsule syno"iale articulaire et ia gaîne synoviale des tendons , se communique ensuile aux systèmes environnans, c'est-à-dire aux systèmes fibreux, cartilagineux, osseux, cellulaire et dermoïde. Elle peut aussi agir primitivement sur le sysième fibreux articulaire, et se prolonger d'une part aux systèmes synovial , cariilagineux , esseux, et de l’autre au tissu cellulaire ct à la’ peau.
Le rhumatisme articulaire peut avoir son siége dans toutes les articulations ; cependant souvent il se borne à quelques-unes des grosses articulations des membres ; souvent il occupe en méine temps les grosses et les petites articulations de ces mêmes membres ; enfin quelquefois il occupe un plus ou moins grand nombie de ceiles du tronc, soit en même lemps que ces dernicres, soil séparément.
Le rhumatisme articulaire est beaucoup plus fréquent dans les pays froids que dans les pays chauds. On le voit le plus oruinairement pendant les saisons froides et humides, pendant l'automne, le printemps, l'hiver, lorsqu'il est humide et froid, mais h. -.are-
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ment quand il est froid et sec; on le voit très-rarement pendant les chaleurs de l'été; cependant il peut régner dans toutes les saisons de l'année, lorsqu'il y a beaucoup de variations dans la température, que le froid succède promptement à la chaleur. Dans les pays froids on le voit plus souvent dans les lieux bas et humides, dans les vallées, que dans les endroits élevés, dans es habitations souterraines que dans celles qui sont en plein air.
Causes. On les distingue en prédisposantes et en déterminantes.
Causes prédisposantes. Le rhumatisme articulaire peut être observé chez les individus de toutes les constitutions, de tous les tempéramens, de tous les sexes, de tous les âges, excepté la première enfance, et la vieillesse très-avancte : cependant on l'observe plus souvent chez les individus forts, sanguins, bien constitués, que chez les individus faibles; chez les hommes que chez les femmes; dans la jeuncsse et l'âge mûr que davs l'enfance et la vieillesse. On le voit plus souvent chez les individus qui, par leur état, sont exposés aux vicissitudes atmosphériques, parexemple, chez les militaires, les 1 aarins, les pêcheurs, les blanchisseuses, les boulangers et les travailleurs de rivières, que chez les individus qui ne sont pas exposés à ces mêmes vicissitudes atmosphériques.
L'hérédité peut-elle être mise au nombre des causes prédisposantes? Si on la considère comme agissant par le moyen d'un vice, d'une humeur particulière qui se transmet par la génération, elle est inadmissible ; mais si on la considère sous le rapport de l'organisation, c'est-à-dire sous le rapport de la ressemblance qu’un enfant peut avoir avec ses parens par ses organes, sa constiiulion, qui le disposent à contracter des maladies semblables à celles qu'ilsont eues eux-mêmes, elle doit être admise. Un homme né de parens affectés de rhumatisme articulaire peut avoir une prédisposition au rhumatisme articulaire, comme celui qui naît de parens affectés de catarrhe pulmonaire peut avoir une prélisposilion au catarrhe pulmonaire.
(9) On voit des ressemblances de figures, de caractères, etc., entre les enfans et leurs pères et mères, pourquoi n'y en aurait-il pas dans les maladies ? mais en voilà assez sur l'hérédité, je passe o':x causes déterminantes,.
Causes déterminantes. Le froid et surtout le froid humide est la cause déterminante la plus fréquente. C’est ainsi qu'en portant pendant un certain teups des vêtemens mouillés, en exposant une partie du corps à l'air pendant que le reste est tenu chaudement, en se découvrant pendant que le corps est en sueur, en se couchant sur le sol, en s’exposant à un courant d'air. à un vent coulis, en restant les pieds long-temps mouillés, en plongeant subitement une partie ou ja totalité du corps, lorsqu'il est en sueur, on contracte le rhumatisme articulaire. un pe. considérer comme causes déteriminantes du rhumatisme articulaire la suppression d’une évacuation habituel'e, des menstrues, des lochies, du flux hémorrhoïdal, d'une sueur habituelle de quelque partie du corps, par exemple, des pieds; le transport d'une autre inflammation soit interne, soit externe, une entorse, un coup, un exercice forcé, etc.
IL y a deux espèces de rhumatisme articulaire , l'une aigué , l’autre chronique.
Rhumatisme articulaire aigu.
Le rhumatisme articulaire aigu peut se présenter chez les individus de toutes les constitutions; cependant on l'observe beaucoun plus souvent chez les individus forts que chez les individus faibles. Le plus ordinairement il est primitif, et quelquefois il survient à la suite du rhumatisme articulaire chronique.
Symptômes. On les distingue en précurseurs et en concomitans.
Les symptômes précurseurs sont une sensation de froid dans quelques parties du corps, des douleurs vagues, de la gène , de la diffi-
culté dans certains mouvemens , de la lassitude , de la pesanteur dans les membres, des frissons plus où moins forts aux pieds , aux mains, au dos. Ces frissons sont suivis de chaleur, de sueuts et de Fréquence dans le pouls, de soif, d'accélération dans la respiration. Il ÿ à quelquefois des phénomènes nerveux, du délire‘, des lipothymies. La durée de ces phénomènes varie depuis quelques heures à deux ou trois jours , avec des redoublemens le soir. Mais très-souvent le rhumatisme articulaire-aigu paraît sans ces phénomènes précurseurs. Son invasion a lieu par une douleur plus ou moins forte, soit pendant le jour , à l'occasion d'uu exercice forcé, soit pendant la nuit.
SYmptômes concomitans. Ces symptômes sont distingués en locaux et en généraux.
Les sÿmptômes locaux sont en général céux de toutes les inflam- Mations. Il ya douleur, tumeur, chaleur et rougeur, et de plus lésions du mouvement.
La douleur est le premier symptôme que l’on observe. Elle paraît tantôt pendant la nuit , tantôt pendant le jour ; le plus souvent elle est profonde, eta son siége dans le système synovial ; quelquefois elle est superficielle, suit le trajet des tendons, et alors a son siége dans le système fibreux. Elle commence tantôt par une seule, tantôt par plusieurs articulations. Elle s'accroît plus ou moins rapidement; ele devient tensive, pulsative, fait éprouver la sensation d'une chaleur brûlante , d'un instrument aigu , d’un coin qu'on enfoncerait dans lés articulations, de constrictions, de morsures, de picotemens, d'engonrdissemetis, de pesanteurs, d" déchiremens. Lorsqu'elle occupé plusièurs articulations, elle est ordinairement plus forte dans l'unc que dans les autres, dans les petites que dans les grosses; cependant quelquefois elle est également forte dans toutes les articulations affectées. En général, elle est d'autant plus forte qué les symptômes précurseurs ont eu plus d'intensité. Elle est augmentée par le mouvement, par le froissement des articulations, par la pression, par le froid ; quelquefois cependant le froid ne l'augmente pas. Elle est très-
(un)
mobile, se transporte d’une articulation à une autre, en diminuant dans la première affectée , ou en l’abandonnant tout-à-fait. Elle peut parcourir un très-grand nombre d'articulations en peu de temps, et revenir à celle où elle a paru d’abord.Elle est continue , plus forte la nuit que le jour, et c'est ordinairement pendant la nuit qu'elle passe d’une articulation à une autre. Quand la fièvre n'a pas précédé la douleur articulaire, ordinairement elle la suit au bout d’un tempsassez court. Il survient a+ la fréquence, de la plénitude dans le pouls, de la chaleur à la peau, et de la sueur, qui est plus ou moins considérable. La douleur , au bout d’un temps plus au moins long, de cinq, six heures, un, deux, trois jours, est suivie des autres symptômes iuflammatoires.
Le gonflement paraît après la douleur ; il s'accroît plus ou moins rapidement; il prend plus ou moins de volume ; il est plus marqué aux petites articulations qu'aux grosses ; il est rarement apparent aux articulations de la cuisse et de l'épaule; il est assez irréguliérement circonscrit;. il. est assez rénitent ; il est douloureux à la pression , et fait éprouver des élancemens. Le gonflement est quelquefois beaucoup augmenté par un épanchement qui se fait dans une articulation.
La chaleur est ordinairement augmentée, et peut quelquefois être appréciée par une main étrangère ; elle est âcre , brûlante ; quelquefois elle est la même que dans l’état ordinaire; quelquefois enfin elle est diminuée, au moins d'après la sensation que le malade éprouve. La chaleur présente quelquefois les trois états ci-dessus dans l'ordre que je viens d'indiquer; quelquefois c'est dans l'ordre inverse.
La rougeur est plus ou moins prononcée, suivant le degré d'inflammation de la peau. Elle offre beaucoup de nuances entre la couleur vive de l'érysipèle et une coloration légère que l'œil distingue à peine de la couleur naturelle de la peau. Elle est assez irrégulièrement circonscrite.
Lésions du mouvement. Ces lésions sont la grande difficulté ou
(15) l'impossibilité d'exécuter aucun mouvement dans les articulations affectées.
Symptômes généraux. Is précèdent quelquefois les symptômes locaux, mais le plus souvent ils ne paraissent que lorsque ces derniers ont acquis une certaine intensité. Que ce soit dans l’un ou l’aut:'e cas, il y a de la fièvre, précédée quelquefois de frissons dans certainés parties du corps, et caractérisée par la chaleur à la peau , des sueurs qui sont plus ou moins considérables, par la fréquence, la plénitude du pouls. Il n'y a point d'arpétit ; la langue est blanchâtre; il y a de la soif. Les urines sont rares, rouges, ou jaunâtres, et ne déposent point de sédiment ; il y a de la coustipation ; il n’y a point de sommeil, et quelquefois il y a du délire.
Les symptômes généraux ne sont pas toujours aussi marqués que . . . . ’ ’ , » .
je viens de le dire ; quelquefois il n'y a qu’un peu d'accélération dans le pouls, un peu de chaieur à la peau. En général , ils sont en rapport avec le nombre d’articulations affectées, et l'intensité de l'inflammation. La fièvre éprouve des redoublemens le soir, ou elle est plus prononcée à ce moment que le matin.
Le rhumatisme articulaire aigu présente des variétés dans sa marche, Assez souvent il se fixe dans un petit nombre d’articulations, et y parcourt ses périodes d’une manière régulière. La douleur paraît, prend un certain degré d'intensité, est suivie du gonflement, de la chaleur, de la rougeur, et s'accroît en même-temps qu'eux ; elle devient quelquefois si forte, que le malade ne peut souffrir le moindre attouchement , le moindre mouvement, et que le plus léger ébranlement imprimé à son lit lui fait pousser de grands cris; et ce n’est que lorsque le gonflement a acquis tout son développement qu'elle cesse de faire des progrès. Les symptômes locaux prennent de l'accroissement pendant un temps variable , nn, deux , trois jours, restent
stationnaires plus ou moins long-temps, diimiauent ensuite, et disparaissent. Les symptômes généraux suivent la même marche; ils ont
(13) aussi leur accroissement , leur état et leur décroissement; et ils se dissipent en général beaucoup plus tôt que les symptômes locaux.
Quelquefois le rhumatisrie articulaire aigu occupe en même-temps la plus grande partie des articulations des mernbres, plusieurs de celles du tronc, et condamne le malade à une immobilité complète, Il peut alors parcourir ses périodes d’une manière aussi régulière que dans le cas précédent. Les symptômes généraux sont alors beaucoup plus marqués, et disparaissent beaucoup plus tard que dans le cas précédent. +
Très-souvent le rhumatisme articulaire aigu occupe successivement un très: grand nombre d’articulations. Le temps qu'il reste fixé dans chaque articulation vs ‘ie depuis quelques heures à huit, dix jours. Ordinairement il n'abandonne une articulation que lorsqu'il a acquis une certaine intensité dans une autre; il revient quelquefois à plusieurs reprises aux mêmes ; et alors il parcourt ses périodes d'une manière très-irrégulière. En effet, les phénomènes locaux ne font en quelque sorte que paraître dans certaines articulations; dans d’autres, ils prennent beaucoup de développement, parvienrent à leur plus haut degré d'intensité; et daus d'autres enfin ils s'accroissent, parviennent à leur état, et diminuent avant que de se transporter dans de nouvelles articulations.
Dans ces cas, les périodes d’accroissement, d'état, de décroissement des symptômes locaux sont difficiles à distinguer. Il en est de même de celles des symptômes généraux qui sont subordonnés aux symptômes locaux, et qui peuvent être très-prononcés dans certains momens, tandis qu'ils le sont peu dans d'autres.
Le rhumatisme articulaire aigu a une durée très-variable, et qui peut s'éténdre d’une dixaine de jours à deux et trois mois. Lorsqu'il
occupe un petit nombre d'articulations, il se termine beaucoup plus tôt que lorsqu'il en occupe un grand nombre, soit simultanément, soit successivement, et c'est lorsqu'il les occupe les unes après les autres qu'il peut persister pendant plusieurs mois.
La durée des symptômes généraux ne peut guère être limitée :
(14) tantôt ils se dissipent au bout de six, huit jours. tantôt au bout de quinze jours, trois semaines , tantôt beaucoup plus tard, suivant la durée et l'intensité des phénomènes locaux ; cependant ils disparaissent toujours avant ces derniers.
T'erminaisons.
Le rhumatisme articulaire aigu se termine quelquefois par délitescence ; il disparaît alors subitement , sans se transporter sur d'autres parties.
Le plus ordinairement, il se termine par résolution ; les symptômes généraux se dissipent les premiers, la fièvre cesse d'être continue, ne paraît plus que le soir , et se dissipe ensuite tout-à-fait ; l'urine, trèscolorée et en petite quantité d'abord, dépose un sédiment briqueté , est ensuite plus abondante, et revient à son état naturel; le sommeil se rétablit pendant la nuit. Pendant la disparition des symptômes généraux, les symptômes locaux diminuent, et se dissipent plus ou moins de temps après eux. La rougeur, la chaleur et le gonflement disparaissent; la douleur n'existe plus que par intervalles, ou devient intermittente ; elle est remplacée par un sentiment de malaise qui se dissipe plus ou moins promptement. Les mouvemens cessent d'être douloureux ; 1: s’exécutent avec plus ou moins de difficulté. Bientôt il ne reste plus dans les articulations qu'un peu de gêne, qui, ordinairement, disparaît au bout de peu de temps, mais qui persiste quelquefois très-long-temps, suivant que l’inflammation s’est répétée un plus ou moins grand nombre de fois à la même articulation pendant le cours de la maladie. |
Le rhumatisme articulaire aigu se termine quelquefois par suppuration à l'extérieur des articulations.
Ilse termine assez souvent par des épanchemens dans les articulations. Je rapporte à la terminaison par suppuration les épanchemens qui se font dans les articulations, dans le rhumatisme articulaire aigu; et qui constituent les hydropisies articulaires , qui, le plus or-
dinairement , sont produites de cette manière. Ces hydropisies ont lieu plus souvent dans l'articulation du genou que dans les autres articulations. Leur prompte formation :t leur prompte disparition par l'absorption donnent à penser que souvent elles sont formées d'une sérosité très-légèrement purulente; quelquefois cependant elles sont formées d'un pus bien conditionné, comme le démontre l'examen cadavérique. Les épanchemens articulaires se font par le même mécanisme que ceux du péritoine , après son inflammation ; et comme ces derniers sont rapportés à la suppuration, il doit en être de même à l'égard des premiers. De semblables épanchemens se font dans les gaînes synoviales des tendons.
Les abcès qui se forment à l'extérieur des articulations ont quelquefois assez de volume, et sont quelquefois placés de manière à en imposer pour des épanchemens siégeant dans l'intérieur des articulations. Dans ces cas, le pus est mélé à une grande quantité de sérosité, comme on le verra dans une observation rapportée à la page 35. Quelquefois ces abcès sont beaucoup moins volumineux, et contiennent un pus mieux élaboré.
Le rhumatisme articulaire aigu se termine quelquefois par les maladies que l’on désigne sous les noms de tumeurs blanches et de luxations spontanées.
Il peut se terminer par gangrène.
Il se termine par des crises. Ces crises se font quelquefois par des sueurs abondantes, qui s'établissent au bout d’un certain temps. Cependant on voit souvent des malades constamment baignés de sueurs sans éprouver le moindre soulagement. Quelquefois ces crises se font par des évacuations alvines très-copieusés ; quelquefois par des urines abondantes; d'autres fois par une hémorthagie, soit accidentelle, comme celle de la membrane muqueuse nasale, pulmonaire ; soit habituelle , comme les menstrues, le flux hémorrhoïdal ; d'autres fois enfin par une éruption cutanée. ;
Il se termine par ankylose.
Il se termine en passant à l’état chronique.
Enfin il se termine par métastases sur les viscères, et produit alors le plus ordinairement des phlegmasies, et quelquefois des névroses de ces mêmes viscères. Les causes de ces métastases sont, le plus ordinairement, le froid à l'extérieur, l'usage inconsidéré des topiques répercussifs appliqués sur les articulations, l'irritation des viscères sv lesquels se font ces métastases; quelquefois elles ont lieu sans cause connue. Le moment où elles se font est très-variable; quelquefois c'est | lorsque le rhumatisme articulaire aigu ne fait en quelque sorte que paraître; le plus ordinairement , c’est lorsqu'il est parvenu à son plus haut degré d'intensité ; enfin d’autres fois c'est lorsqu'il est sur son déclin.
Les inflammations et les névroses des viscères qui sont produites par les métastases du rhumatisme articulaire aigu ne présentent rien de particulier qui puisse les distinguer des inflammations formées primitivement dans ces mêmes viscères, sous l'influence de toute autre cause, ct qui ont mérité le nom d’#rflammations franches. Si, par exemple, je considère deux inflammations du poumon, l’une produite par l'action subite du froid sur cet organe, l'autre résultant d'une métastase du rhumatisme articulaire aigu sur ce même organe, je trouve que ces deux inflammations offrent les mêmes symptômes , à part les modifications que peut apporter la constitution individuelle ; que la dernière mérite aussi - bien que la première le nom d'inflammation franche , et qu'elle n’est pas plus que cette première entachée d'un vice particulier appelé rhumatismal.
Pour le rhumatisme interne que l'on admet, et qui a son siége primitif dans les viscères, je pense que ce sont des phlegmasies ou des névroses, qui par leurs métastases sur les articulations déterminent le rhumatisme articulaire. J'admets les métastases de l'intérieur. à l’extérieur , comme celles de l'extérieur à l’intérieur. Dans le premier cas, l'inflammation externe remplace les phlegmasies et les névroses des viscères, tandis que dans le second c'est l'inverse.
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(17) Complications.
Le rhumatisme articulaire aigu peut être compliqué de différentes affections, d'autres phlegmasies , soit internes, soit externes. On le voit souvent uni à celles des membrancs muqueuses , au catarrhe pulmonaire , à la gastrite, à la dysenterie , etc., à celles des membranes séreuses, à la pleurésie , etc. I1 peut être compliqué de névroses, de siphilis , etc. tits
Quant à la complication du rhumatisme articulaire et de la goutte , qu'on l'admette ou non, pour moi , il me paraît impossible de la connaître; il me paraît impossible de dire que dans un endroit se trouvent les symptômes qui caractérisent le rhumatisme articulaire, je suppose , et, dans un autre, ceux qui caractérisent la goutte; ce qui devrait être, si l'on admet l'existence simultanée de ces deux affections. Je vais essayer de les distinguer lorsqu'’elles'existent séparément.
La goutte, sous certains points de vue, se confond avec le rhumatisme articulaire , et sous d'autres , elle s'en éloigne. Ainsi la goutte est une phlegmasie articulaire, commençant, le plus ordinairement, par les petites articulations, mais attaquant pourtant assez souvent les grosses articulations, soit primitivement, soit consécutivement aux petites. La goutte se termine par métastases sur les viscères, produit souvent leurs phlegmasies , et quelquefois leurs névroses. Ces deux caractères établissent une assez grande analogie entre la goutte et le rliumatisme articulaire , d'après ce que j'ai dit précédemment, concernant ce dernier. Les caractères qui différencient ces deux affections, sont, 1.° l'époque de la vie à laquelle elles paraissent. La goutte, le plus ordinairement , se voit depuis trente à cinquante-cinq, soixante ans, tandis que le rhumatisme articulaire paraît beaucoup plus : tôt.
2°. L'existence des phénomènes précurseurs internes, dépendans le plus ordinairement du dérangement des fonctions de l'estomac. La: goutte est ; dans le plus grand nombre des cas , précédée de ces: phé» nomènes, tandis que le rhumatisme articulaire ne l’est.pas. :
(18) 3.° La périodicité. La goutte se répète à des époques assez fixes , assez bien déterminées, tandis qu'il n’en est pas ainsi du rhumatisme articulaire Tels sont les caractères distinctifs les plus tranchés que je trouve entre la goutte et le rhumatisme articulaire. I y en a beaucoup d'autres que mon sujet ne me permet pas d'examiner.
Prognostic. Le rhumatisme articulaire aigu , en général, n'est pas une maladie grave; mais il peut le devenir en se terminant par suppüration, par des épanchemens dans les articulations. Lorsqu'il produit des tumeurs blanches, des luxations spontanées, il devient trèés-grave, et peut-être mortel ; il en est de même quand il y a des métastases sur les viscères. Les différentes affections qui viennent compliquer le rhumatisme articulaire aigu peuvent le rendre plus ou moins grave. Comme toutes les autres inflammations , le rhumatisme articulaire aigu peut récidiver, si l'individu qui en a été affecté se trouve de nouveau soumis aux causes qui l'ont déjà produit.
Autopsie. On trouve des fluides albumineux, gélatineux, purulens, infiltrés, épanchés ou formant des abcès dans le tissu cellulaire qui environne les articulations, dans les gaines synoviales des tendons, dans les articulations; des épanchemens purulens ou de pus bien formés, communiquant avec des foyers extérieurs par la rupture ou la perforation des membranes synoviales; ces mèmes membranes enflammécs, épaissies. L'observation suivante , recueillie à la clinique de M. Dupurytren, est intéressante sous le rapport de l'autopsie.
Ossenvarion, Durand, âgé de quarante-six ans, se porte cinq coups de couteau, tant à la poitrine qu’au ventre. L’instrument pénètre dans cette dernière cavité, et fait deux petités blessures au foie. Le malade ne vomit pas de sang; il n’en rend pas par les selles, et n’en crache pas. Pendant quelques jours il paraît éprouver une assez grande difficulté à respirer : on lui pratique trois saignées , qui produisent de l'amélioration.