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Les sixième et septième jours, des frissons se manifestent, et on pratique une quatrième saignéc.
Le malade accuse de la douleur vers la région du foie ct de l'épaule droite. On pense qu'il peut y avoir hépatite : on applique vingt sangsues à l'anus, qui fournissent bea..coup de sang, et produisent uue très-grande amélioration.
Le onzième jour, le malade s'expose au vent, et un rhumatisme inflammatoire des plus aigus se manifeste à presque toutcs les grandes articulations. Il y a beaucoup de fièvre ; il survient du dévoiement; une parotide se forme; de jour en jour le malade maigrit et s affaiblit ; il éprouve des vomissemens bilicux; son dévoiement ct ses douleurs
articulaires l'épuisent , et il succombe le vingt-cinquième jour de la maladie.
Autopsie, vingt-huit heures après la mort. L'articulation scapulohumérale gauche contient une demi-cuillerée d'un pus séreux. Dans l'articulation coxo-fémorale droite on trouve une assez grande quantité de pus blanc, crémeux, inodore; du pus de même qualité cst contenu dans l’articulationtibio-fémorale gauche ; le foyer remonte jusque dans l'épaisseur des muscles. Quelques gaînes synoviales, placées devant l'articulation tibio-tarsienne droite, contiennent une assez grande quantité de “us très-épais.
Il est digne de remarque que toutes les articulations qui contienpent du pus ont leur membrane synoviale épaissie , molle, et comme veloutée ou tomenteuse; et que celles qu‘ n’en contiennent pas la présentent sèche et sans synovie.
Traitement. I] est le même que cel 1 que l’on oppose à toutes les inflammations aiguës. Lorsque le rhumatisme articulaire aigu occupe un grand nombre d’articulations, que les symptômes fébriles sont très-prononcés, il faut avoir recours aux saignées générales, que l’on répète suivant la force , le tempérament , l'âge du sujet. Lorsqu'il occupe uû petit nombre d’articulations, s’il y a beaucoup de fièvre, il faut encore employer les saignées générales ; mais s'il y a peu de
fièvre, on se borne aux saignées locales, que l’on fait au moyen des sangsucs ou des ventouses scarifiées. On les applique aux dillérentes articulations en nombre proportionné à leur grosseur, et à l'intensité de l'inflammation. Il faut avoir la précaution de les placer à côté de l'érysipèle, lorsqu'il en existe, parce qu'on pourrait produire la gangrène en les plaçant sur cet érysipèle. Il est souvent nécessaire d’avoir plusieurs fois recours aux saignées locales, Pour favoriser l'écoulement du,sang par les piqûres des sangsues, ou les scarifications des ventouses, il faut appliquer des fomentations émollientes, et ensuite des cataplasmes émolliens faits avec ‘e la farine de graines de lin, ou des herbes émollientes. Lorsque la douleur est très-forte, on peut étendre sur ces cataplasmes une certaine quantité de baume tran-. quille ou de laudanum liquide de Syd-nham. I faut les renouveler au moins deux fois par jour. Ils sont d'une très-grande utilité, comme j'ai pu m'en convaincre pendant l'année que j'ai passée sous M. Fouquier, qui en fait un grand usage à l'hôpital de la Charité, où le rhunatisme articulaire aigu est très-fréquent. Lorsqu'on a appliqué ces calaplasmes pendant un certain temps, s’il reste un peu de gonflement , si la douleur persiste, on a recours aux vésicatoires.
Le régime doit être plus ou moins sévère, suivant l'intensité de la maladie, la constitution, Fâge du sujet. Généralement les premiers jours, il faut faire abstinence de toute espèce de viandes, de liqueurs fortes, spiritueuses. Dans beaucoup de cas, la diète doit être absolue, c'est-à-dire, qu’on ne donnera pas même de bouillon ; alors on se borne aux boissons adoucissantes : dans d'autres cas, on peut donuer du bouillon, et même quelques potages légers, quelques crèmes de riz, quelques végétaux. À mesure que la maladie se dissipe, on donne des alimens plus substant'els.
Les boissons doivent être adoucissantes, ou légèrement sudorire
Lorsque, dans le rhumatisme articulaire aigu ; la douleur est trèsforte:, qu'elle empêche le sommeil, on peut donner quelques préparations narcoliques en pelite quantité.” à
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Au bout de quelques jours , lorsque l'inflammation a été calmée par les saignées, soit générales , soit locales, on emploie avec snecès' les bains chauds, les bains de vapeurs. On peut aussi alors avoir recours aux boissons sudorifiques assez énergiques.
Pour combattre la constipation, les lavemens simples où légèrement excitans suffisent ordinairement. S'ils ne suffisent pas, et s'il n'y a point d'inflammation d'estomac, on peut donner des purgatifs légers , de la manne , de l'huile de ricin, du sulfate de'soudé, de magnésie, qui ont l'avantage de faire cesser‘ là cobstipation , et’de produire dans les intestins une légère irritation, qui ‘contribue à diminuer l'inflammation des articulations. Il ue faut avoir recours aux purgatifs forts qu'avec modération, parce qu'on peut produire sur l'estomac ct les intestins des métastases beaucoup plus graves que la maladie extérieure. Cependant, quand il y a sécrétion abondante de bile sans inflammation des organes digestifs, on peut les employer, et ils sont utiles alors; mais il faut auparavant calmer l'inflammation articulaire par les saignées générales et locales, si elle est trèsforte. | se
Lorsque le rhumatisme articulaire aigü est survenu à [4 Suite de la suppression d'un écoulement habituel, comme les menstrues, le flux hémorrhoïdal, s'il est intense, s’il y a beaucoup de fièvre, on commence par les saignées générales au bras, les saignéés Toéales aux articulations , et ensuit: on applique des sangsues à l'anus, aux grandes lèvres, pour rappeler les écoulemens supprimés. S'il est peu intense , s’il n’y a que peu ou point de fièvre, on peut de prite-abord tenter de rappeler ces écoulemens en même temps qu'on fait es applications émollientes aux articulations enflammées.
Lorsque le rhumatisme articulaire aigu survient après la suppression d’une inflamimation cutanée, il faut, en suivant les règles que j'ai établies ci-dessus, tâcher de rappeler cette inflammation cutanée par les frictions irritantes, les bains chauds, les bains sulfureux, les bains de vapeurs aqueuses , de vapeurs de soufre, et à l'intérieur les sudorifiques.
Pour les épanchemens dans les articulations, il faut calmer l'inflammation par les saignées locales, les cataplasmes émolliens ; ensuile on a recours aux vésicaloires volans, qui sont très-utiles dans ces cas. Cependant il ne faut pas trop se hâter de les appliquer, parce qu'on voit souvent disparaître ces épanchemens par l'usage seul deg antiphlogistiques. On peut aussi employer les fomentations spiritueuscs , aromatiques, les linimens d'huile d'amandes douces et d'ammoujiaque , de baume de F'ioraventi,, et de teinture de cantha+ rides, qu'il faut faire précéder des antiphlogistiques. Si les moyens précédens ne réussissent pas , il faut avoir recours au moxa, et si la maladie persiste , on peut l’abandonner à la nature, si elle n'incommode paa trop le malade, ou, comme dernière ressource, ouvrir l'articulation, pour donner issue a la matière épanchée ; ce qui ‘est pas sans danger. ,
Lorsqu'il se forme des abcës, il faut d'abord calmer l'inflammation; ensuite les ouvrir ct les panser, comm on le fait dans les autres cas.
Si le rhumatisme articulaire aigu se terminait par gangrène, il faudrait favoriser la chute des escharres par l'application de cata : plasmes émulliens , et panser les plaies qui en résulteraient comine des plaies simples.
Si l'on craint la formation de tumeurs blanches, il faut faire plusieurs applications de sangsues aux articulations affectées, continuer les cataplasmes émolliens pendant un certain temps; ensuite avoir recours aux vésicatoires, aux moxas, et suivre un régime plus ou moins sévère, suivant la grosseur de l'articulation malade et la force du sujet.
Si le rhumatisme articulaire aigu se fixe à l'articulation de la cuisse, qu'il menace d'y produire une luxation spontanée, on doit, à plusieurs reprises, appliquer des sangsues auteur de cette articulation, des cataplasires émolliens ; ensuite des vésicatoires , des moxas. On applique, dons ce cas, le cautère actuel avee beaucoup d'avantage sur le côté externe et postérieur de cette, articulation.
Lorsque le rhumatisme articulaire aigu se termine par des crises, il faut prendre garde de les troubler ; il faut les favoriser par des moyens appropriés, par des diurétiques, si elles se font par les urines: par des sudorifiques , si elles se font par des sueurs, etc.
Dans les inflammations des viscères par métastases du rhumatisme articulaire aigu, il y a deux choses à considérer; ou l'inflammation du viscère sur lequel la métastase s'est faite est peu intense, ou elle l'est beaucoup. Dans le premier cas, on peut de suite essayer de raps peler le rhumatisme articuiaire par les rubéfians appliqués uux artis culations où il existait; par l'eau ‘rès-chaude appliquée au moyen d'une éponge où de linges : par les sinapismes, les vésicatoires; par les pédiluves , les maniluves, siler: “matisme articulaire avait son sitgé aux pieds, aux mains. Dans le second cas, lorsque l'ivflunimation du viscère est très-intense, on fait des saignées générales ou locales près du viscère affecté, pendant que l'on applique les rubéfians ci-dussus aux articulations quiétaient le siége du rhumatisme,
Pour les névroses des viscères à la suite des métastases du rhumatisme articulaire aigu, on se conduit à peu de chose près comme ci-dessus; on applique des rubéfians aux articulations qui ont été affectées; on fait des saignées, s'ilest nécessaire; à l’intérieur on donne les adoucissans et les antispasmodiques.
Lorsqu'une autre nffection vient compliquer le rhumatismie articu< laire aigu, il faut la traiter par des moyens convenables; par exemple, lorsque c'est une inflamination , les saignées générales, locales peuvent être indiquées , les vésicatoires près l'organe atfecté; lorsque c’est la siphilis, on calme d’abord l'inflinmation, et ensuite on a recours aux mercuriaux , soit à l’intérieur , soit à l'extérieur en frictions, etc.
Rhumatisme articulaire chronique.
: Le rhumatisme articulaire chronique peut survenir à la suite de
l'aigu , ou survenir spontanément. Daus le premier cas il est conséculif; daus le second il est primitif, Lorqu'il est consécutif, on peut
(24) l'observen,chez les individus de toutes les constitutions; lorsqu'il est primitif, on peut aussi l’observer chez les individus de toutes les constitutions, cependant on le rencontre le, plus ordinairement chez ceux qui sont faibles, plus souvent chez les femmes que chez les hommes.
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u Sy mptômes locaux. La diiour est ts sourde que dans. le phuros: taie articulaire aigu; elle est augmentée par la. pression, par les mouvemens, par le frottement des.surfaces articulaires, par les changemens de temps ;.elle est plus forte la nuit que le jour; elle est intermittente ; elle devient quelquefois très-vive;, mais elle ne persiste pas long-temps à cét état. Ordinairément ; il.n'ÿ a point de chaleur ; il y a quelquefois unc sensation de froid, dans la partie affectée ; d'autrés: fois t'est un sentiment d'engourdissement ; assez souvent. il n’y a point de gonflement , et lorsqu'il en existe, il est peu volumineux, à moins qu'il n'y ait infiltration ou altération organique. Il y a quelquefois des épaississemens , des nodosités douloureux dans les tendons, les ligamens, Les mouvemens sont gênés par ces épaississemens et ces nodosités.
Symptômes généraux: I'n’'y a point de fièvre. Les urines sont dans leur état naturel. Les fonctions de l'estomac sont souvent dérangées ; souvent il n'y a point d’appétit, et les digestions sont alors longues pénibles. Il y a aimaigrissement plus ou moins marqué.
Le rhumatisme articulaire chronique peut, cotnme l'aigu , se fixer à un petit nombre d'articulations ;, il peut aussi én parcourir un très-grand: nombre successivement ; il jouit par conséquent d'une mobilité très-marquée. Il-reste plus ou moins de: temps dans chaque articulation; il ne fait en quelque sorte que passer dans quelquesunes, tandis qu'il.se fixe très-long-temps dans d’autres, et y produit des désordres plus ou moins grands. Il n'a point de périodes marquées, excepté dans quelques c«s, où il prend un caractère-ässez aigu. La douleur est alors plus ou moins forte, le gonflement assez prononcé; il y a un peu de rougeur à la peau, et même un peu de fièvre; mais
il revient bientôt à l'état chronique. 11 peut passer plusieurs fois successivement de cet état chronique à un état plus où moins aïgu , et de ce dernier au premier. Alors le gonflement peut devenir permanent; les différens tissus articulaires sont affectés, et sont quelquefois désorganisés : alors il se forme quelquefois des concrétions calcaires à l'extérieur des articulations, dans leur intérieur, ou dans les gaînes synoviales des tendons : quelquefois il se forme des caries. Les concrétions calcaires irritent les parties dans lesquelles elles se trouvent, provoquent leur inflammation, qui se termine quelquefois par des abcès, dont l'ouverture laisse sortir du pus mêlé aux concrétions calcaires, et reste ordinairement fistuleuse, parce que toutes les concrétions disséminées dans le tissu cellulaire et les autres parties indiquées ne sortent pas toutes en même temps.
La durée du rhumatisme articulaire chronique varie beaucoup ;
elle peut être de deux, trois mois à plusieurs années.
Terminaisons.
Le rhumatisme articulaire chronique se termine quelquefois par l'état aigu.
Par résolution, rarement, et lorsqu'il n'y a point d’engorgement, ou que cet engorgement est sans empâtement ; mais , lorsqu'il est pâteux, ou qu'il y a des concrétions calcaires, la résolution ne se fait plus.
Par des crises, mais très-rarement;
Par des épaississemens , des nodosités dans les tendons et les ligamens. Ces épaississemens et ces nodosités sont d'abord douloureux et mous, mais ils cessent de l'être, et finissent par acquérir un degré de consistance plus ou moins marquée.
Par des concrétions calcaires ou des tophus. C'est ordinairement lorsque le rhumatisme articulaire chronique passe plusieurs fois à un état plus ou moins aigu que ces concrétions se développent; elles se présentent sous forme de tumeurs molles,
(26) | fluides, peu-volumineuses , ayant leur siége dans le tissu cellulaire, sur les côtés des articulations , ou dans les gaînes synoviales des tendons; elles perdent peu à peu leur mollesse , leur fluidité, et finissent l | par acquérir plus ou moirfs de dureté. Elles sont d'abord peu volumineuses ; mais elles peuvent le devenir par la continuation de la maladie. Elles se rencontrent plus fréquemment aux petites articulations qu'aux grandes. On trouve aussi ces concrétions dans l'intérieur des articulations, dont elles gênent plus ou moins les mouvemens; ce R qu'elles font aussi lorsqu'elles sont à leur extérieur. | Par les affections que l'on appelle tumeurs blanches, luxations spontanées , affections qui sont très-communes à la suite du rhuma-/ | tisme articulaire chronique.
| Par la carie des extrémités articulaires.
Par l'anukylose, qui peut être produite par les concrétions calcaires qui se développent soit à l'intérieur, soit à l'extérieur de: :. ticulations; par les nodosités et les épaississemens des tendons e :s ligamens; par les tumeurs blanches, par la carie ; enfin par l’adhérence de la membrane synoviale à elle-même, après son inflammation.
Par métastases surles viscères. Les résultats de ces métastases sont, comme dans le rhumatisme articulaire aigu, des phlegmasies ou des névroses des viscères sur lesquelles elles se font.
Enfin par la mort, soit à la suite des métastases sur les viscères, soit à la suite du dépérissement , amené par la longueur de la maladie et par le dérangement des fonctions de l'estomac.
Complications. Le rhumatisme articulaire chronique peut être "il compliqué d’autres affections, de phlegmasies , de névroses, de scord but, de siphilis, etc.
Prognostic. Le rhumatisme articulaire chronique n'est pas une maladie grave, et peut guérir radicalement tant qu'il conserve une certaine mobilité, qu'il} parcourt les différentes articulations, sans
désorganiser leurs lissus, et que les viscères ne sont point affectés Lorsqu'il est passé tout-à-fait à l'état chronique , que le gonflement est pâteux, qu'il s’est développé des concrétions calcaires, il est incurable, sans pour ce menacer les jours du malade. Lorsqu'il produit des tumeurs blanches, des luxations spontanées, des caries, il devient une maladic très-grave, qui peut être mortelle. La mort peut aussi être Ja suite des métastases sur les viscères. Lorsqu'il y a dépérissement , que la nutrition ne se fait plus, que les fonctions de l'estomac sont tout-à-fait dérangées, la mort a lieu au bout d'un temps plus ou moins long. Les différentes affections qui compliquent Je rhumatisme articulaire chronique peuvent le rendre plus ou moins grave.
Autopsie. On trouve des concrétions calcaires à l'extérieur des articulations , dans leur intérieur , dans les gaines syuoviales dès tendons ; on trouve les membranes synoviales enflammées, leurs vaisseaux injectés, le tissu cellulaire enflammé, endurci; on trouve des ankyloses, des abcès dont le pus est mêlé aux granulations, aux concrétions calcaires ; des épanchemens dans les articulations formés de fluides jaunâtres , épais, purulens; les surfaces articulaires ulcérées , gonflées , carnifiées ; les cartilages détruits ; les extrémités des os cariées, ramollies , lardacées, détruites, comme dans les tumeurs blanches, !es luxations spontanées. À l'intérieur, après les métastases sur les viscères, on trouve les mêmes désordres, les mêmes altérations organiques que dans les phlegmasies qui ont eu lieu primitivement dans ces mêmes viscères.
Traitement. Dans le rhumatisme articulaire chronique, la saignée générale n’est point indiquée, excepté lorsqu'il prend un certain degré d'acuité, qu'il y a un peu de fièvre, et lorsque le sujet est jeune , pléthorique. Lorsqu'il y a suppression du flux hémorrhoïdal, des menstrues, il faut les rappeler par des sangsues à l'anus , aux grandes lèvres.
Les saignées Jocales aux articulations affectées sont souvent utiles,
lorsque la douleur existe seule, ou accompagnée de gonflement sans empâlement; lorsqu'il y a des nodosités, des épaississemens douloureux dans les tendons, les ligamens. Après Îes saignées locales, on a recours aux frictions irritantes, faites avec le liniment volatil, la teinture de cantharides, et aux vésicatoires volans , ou que l'on fait suppurer pendant peu de temps, et que l'on renouvelle souvent,
Les sudorifiques sont d'une très - grande utilité dans le rhumatisme articulaire chronique. On les emploie à l’intérieur pour boissons, les infusions de bourrache, lés décoctions de salsepareille , de gaïac, de sassafras, ete. ; à l'extérieur, les frictions sèches, les bains chauds, les bains de vapeurs aqueuses, sulfureuses , etc. On seconde ces moyens en tenant le malade chaudement , en lui faisant porter des vêtemens de laine, de flanelle.
On fait usage des diurétiques avec avantage dans l'affection en question.
On emploie les purgatifs avec succès, soit pour vaincre la constipation , soit pour évacuer la bile sécrétée en grande abondance, soit pour produire uneirritation sur les intestins, afin de diminuer l’inflammation des articulations.
Les toniques sont très-utiles chez les individus faibles, malades depuis long-temps, et dont les fonctions de l'estomac se font difficilement. Les individus jeunes ou un peu âgés, mais assez forts, peuvent s'en priver.
Le régime doit être en rapport avec la force et l’âge de l'individu. Si l'on a affaire à un individu jeune ou un peu âgé, mais jouissant d'uné certaine force, on peut ne lui donner qu'une petite quantité dé viandes blanches, ou même ne lui donner que des végétaux ; mais, s'il s'agit d’un individu faible, malade depuis long-temps , il faut tâcher de le soutenir par un bon régime, par les jus de viande, par des viandes rôties en petite quantité, pour ne pas fatiguer l'estomac.
Dans ces différens cas, il faut faire attention à l'état de l'estomac ;
( 29 ) s'il était enflammé , il faudrait s'abstenir des purgatifs, des toniques, des viandes, et donner des adoucissans, des fécules, etc.
Lorsqu'une crise se déclare, il faut la favoriser par des moyens convenables.
Lorsque, dans le rhumatisme articulaire chronique, l'engorgement est pâteux, lorsqu'il y à infiltration, on a recours aux frictions sèches, avec la flanelle, avec le baume de Fioraventi, le liniment d'huile d'amandes douces et d'ammoniaque, la teinture de cantharides, l’eau-de-vie camphrée; mais, malgré ces moyens, l'engorgement reste souvent dans le même état, ou ne diminue que très-peu.
Lorsqu'il se forme des abcès à l’extérieur des articulations, il faut les ouvrir. |
Dans les hydropisies articulaires, s’il y a une inflammation un peu marquée, on peut faire une application de sangsues, et ensuite on a recours aux vésicatoires volans; ce qui doit se faire beaucoup plus tôt que pour les hydropisies qui sont la suite du rhumatisme articulaire aigu, Après les vésicatoires, on applique des moxas: Si ces hydropisies articulaires ne se dissipent pas par ces moyens, on se conduit comme je l'ai indiqué pour celles qui se forment dans le‘rhumatisme articulaire aigu. |
Pour les tumeurs blanches, les luxations spontanées, on insiste beaucoup moins sur les antiphlogistiques que pour celles qui sont la suite du rhumatisme articulaire aigu, et l'on emploie beaucoup plus tôt les vésicatoires, les moxas, le caütère actuel.
Pour les concrétions calcaires, il faut calmer l'irritation qu'elles peuvent produire, né point espérer de ‘les résoudre, confier à la nature l’ouverture des abcès qui se forment quelquefois dans leurs environs, ct entretenir proprement lés fistules qui en résultent: Les fistules qui sont produites par des caries doivent de même étre entretenues proprement.
Dans les métastases sur les viscères, il faut se conduire comme je l'ai indiqué au traitement du rhumatisme articulaire aigu , en faisant
(%) attention à la faiblesse dans laquelle peut se trouver le malade, et en n'employant les saignées qu'avec modération.
Lorsqu'une autre maladie vient compliquer le rhumatisme articulaire chronique, il faut la traiter par les moyens convenables ; par exemple, si c’est une inflammation, les saignées peuvent être indiquées, en les proportionnant à la force du malade; si ce sont la siphilis, le scorbut, il faut traiter la première par les mercuriaux, le sccond par les antiscorbutiques , etc.