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La dissertation que je présente au jugement de Ja Faculté n’est qu’une portion d’un travail que je me propose de publier sur la nature et le siège de la folie. Un mémoire sur l’ouverture des corps des aliénés, qui obtint le prix proposé par M. Esquirol, en ouvrant son cours clinique sur les maladies mentales, m’engagea à continuer, sur les autres parties de l’histoire de l’aliénation mentale , ce que je venais de faire sur les altérations qui se présentent après la mort, c’est-àdire , de tâcher de remonter à la source des phénomènes qui précèdent, accompagnent, caractérisent cette maladie. Je n’ai point la prétention d’en donner une meilleure description qu’on ne l’a fait jusqu’ici ; il serait en effet difficile de rien ajouter, en ce genre, à ce qu’ont écrit MM. les professeurs Pinel } Esquirol, et plusieurs savans d’Angleterre ; je ne cherche qu’à en rattacher la production à la lésion d’un organe important de l’économie.
Je donne ici une courte analyse du travail général, pour rendre pins facile à apprécier la partie qwi fait le sujet de cette thèse.
Je considère la folie comme une maladie du cerveau , organe de l’intelligence.
Je pense que presque toujours elle est idiopathique, et que c’est là une des principales différences qui la distinguent du délire aigu des maladies graves.
L’une et l’autre de ces propositions sont fondées sur l’observation des symptômes, des causes, de l’action des moyens curatifs, et sur le résultat des ouvertures de corps?
i.° Les symptômes essentiels de la folie, ceux qui la caractérisent, sans lesquels elle n’existerait pas, sur qui reposent les divisions en genres et espèces, dépendent d’un désordre cérébral; ce sont le délire , les différentes lésions de la sensibilité, l’insomnie , les céphalalgies.
a . 0 Les troubles des autres fonctions ne sont ni constans, ni graves; ce sont d’ailleurs les mêmes que ceux qui acccompagnent toute lésion
subite d'un organe important. Ils se dissipent le plus souvent avec la période d’excitation, et laissent subsister les symptômes essentiels.
5.° Les causes de la folie agissent presque toutes directement sur le cerveau. Celles considérées comme causes sympathiques de cette maladie n’en sont le plus souvent que des effets ; quelques autres ne doivent être regardées que comme des prédispositions.
4-° Les seuls symptômes essentiels méritent de fixer toute l’attention du médecin dans le traitement , à moins que quelques - uns de ceux regardés comme sympathiques ne deviennent assez graves pour constituer une maladie nouvelle, ce qui n’arrive que très-rarement. Tous les moyens curatifs employés jusqu’à ce jour avec quelque succès tendent toujours à agir directement ou indirectement sur le cerveau.
5.° Les nombreuses ouvertures de corps que j’ai eu occasion de faire m’ont permis de regarder toutes les altérations qu’on trouve après la mort comme postérieures au développement de la folie, et relatives aux maladies auxquelles ont succombé les malades. Les seules aliénées paralytiques, ou en démence depuis long-temps, ont offert des désorganisations du cerveau. Les idiots offrent presque constamment des défauts de conformation du crâne, et surtout de sa partie antérieure ou le front.