RS
DE
§. 1er. ^ De l'enseignement de la Physiologie A LA Faculté de Médecine.
La physiologie a pour objet la connaissance des phénomènes dont Tenscmble constitue la vie. Vaste partie de la biologie, elle n’embrasse pas seulement l’histoire de l’homme, mais elle étend ses recherches sur tous les corps animés. La plante qui se nourrit et se reproduit ; l’animal qui croît, sent, se meut et se multiplie; les corpuscules vivans que le microscope découvre, ainsi que les grandes masses organisées, appartiennent à son élude; et comme tout s’enchaîne dans l’univers, comme les corps inerts ont des relations d'actions multipliées avec les corps vivans, la physiologie ne peut rester étrangère à la connaissance des êtres inanimés.
De l’immensité de son sujet il résulte qu’il est difficile de posséder parfaitement toutes ses parties. Haller y est parvenu ; mais qui oserait espérer réunir au mérite de Haller les circonstances heu-
It.
relises ilans lesquelles il se trouvait placé? D’ailleurs, depuis ce grand homme, la science n’est pas restée stationnaire j riiisloirc naturelle a pris une immense extension , et les difficultés se sont multipliées parle nombre des travaux qui se sont succédé.
La physiologie est donc devenue si vaste qu’elle ne me paraît pas pouvoir être cultivée avec succès dans toutes ses branches par un seul homme. De là vient que plusieurs cours de physiologie peuvent être faits, qui différeront infminient les uns des autres , parce que chacun aura envisagé cette science sous des rapports divers.
Sous le point de vue de l’économie sociale, la physiologie peut être enseignée avec succès; la haute morale pourra puiser dans son étude ; les arts y trouveront de précieux matériaux; l’homme y apprendra à se connaître lui-méme et à détruire ses préjugés ; le législateur y recherchera les moyens de mettre les lois en rapport avec l’organisation, etc., etc. Quelque importantes que soient ces connaissances, elles ne forment pas essentiellement le domaine du médecin , mais elles feraient convenablement le sujet d’un cours de physiologie au Collège de France.
Comme partie de l’histoire naturelle, la physiologie a une grande valeur. Des considérations générales sur les êtres de la nature, l’étude détaillée de leurs fondions, la comparaison de celles-ci entre elles, les inductions utiles qu’on peut déduire de la physiologie comparée pour la con-
sei’valion ou le peiTeclionneincnt des especes animales ou végétales, etc., constituent des connaissances d’un grand prix ; mais ce n’est pas encore là le cours qui me paraît convenir à des médecins. C’est à l’ampliilliéàtre du Jardin-des-Planles que des leçons d’un si haut intérêt doivent être traitées , et d’ailleurs il se l’ait un cours d’histoire naturelle à la Faculté.
Mais il est une foule de faits physiologiques, entièrement applicables n l’iiistoire des maladies chirurgicales ou médicales, et dont le nombre est si grand , qu’eux seuls constituent les matériaux d’un cours de plusieurs mois et d’une indispensable nécessité au médecin et au chirurgien. Cette étude seule est immense et les détails qui lui seraient étrangers , feraient consumer en pure perte un temps qu’il vaudrait mieux employer ailleurs,' ce qu’il faut avoir surtout en vue dans l’enseignement , c’est l’utilité , et il ne faut pas oublier que ce sont des médecins et non pas des naturalistes qu’il s’agit de former. Ce n’est point sur la course, la marche, la station, les détails minutieux d’embryologie , qu’il me paraît surtout - important d’instruire les élèves, mais sur les choses d’applications ; par exemple : sur les fonctions du cœur, des poumons, du foie, du cerveau, etc.,- il faudra, parla connaissance approfondie des actions organiques, mettre les étudians à même déjuger dans les cours de pathologie des troubles survenus dans ces mêmes actes. Ce sont des connaissances de ce genre qui me semblent devoir être
traitées clans la chaire pour Jaquelle je concours. C’est, du reste, la pensée c[ui m’a dirigé depuis douze ans dans l’enseignement^ c’est celle que j’ai manifestée dans tous mes travaux; c’est celle enfin c|ui a présidé ou présidera à toutes mes épreuves de concours. Il me semble que le reproche le plus grave que l’on puisse faire à un professeur , quelfju’érudit qu’il soit, c’est de lui demander quelle est l’utilité de la chose c[u’il vient de dire.
Ainsi, c’est la physiologie essentiellement médicale qui me paraît devoir être professée à l’Ecole de Médecine; mais quel est l’esprit qu’il fauty apporter?
§. IL — ^ Esprit qui doit présider a l’enseignement DE LA Physiologie.
Le premier de tous les devoirs du professeur me semble être de n’appartenir à aucune secte ; de n’avoir point par conséquent d’opinioii préconçue; de se fonder sur les choses cpii lui paraissent vraies ; de baser sur celles-ci sa manière de voir actuelle , c[Li’il devra changer si des faits nouveaux viennent détruire ses idées premières. Il n’y a rien qui annonce plus de faiblesse que de vouloir être fort contre la raison et la vérité ; mais comment se dépouiller des idées que l’habitude et la conviction ont enracinées dans l’esprit ? C’est en réfléchissant que des observateurs estimables ont une opinion différente, et qu’ils ne l’ont adoptée aussi que suides faits; si le doute s’élève, l’observation le suit, et la vérité ne tarde pas à se montrer.
Il faut surtout cherclibr à se garantir contre Texagéralion à laquelle ou est si exposé lorsqu’il s’agit de Tapplicalion des choses que l’on a eu soimême le bonheur d’observer ou de trouver.
Dans les discussions auxquelles on se livrera en physiologie, il sera bon : d’éviter toutes celles qui, d’un intérêt secondaire, ne tombent que sur des questions mille fois et toujours inutilement agitées; tout en vénérant les anciens, de mentionner à peine ces antiques erreurs qui exigent rarement une réfutation sérieuse ; de s’appesantir enfin sur les discussions vitales de la science.
Dans un cours de physiologie, c’est l’observation qui doit toujours guider : la plus brillante hypothèse ne vaut pas une expérience obscure, mais rigoureusement faite. La littérature médicale est indispensable pour découvrir les faits. Que de choses ne trouve-t-on pas dans les immenses travaux de Galien, de Boërhaave, et surtout de Haller! Mais une grande sagacité peut seule choisir les observations importantes pour élaguer celles d’un moindre intérêt ou d’une exactitude moins avérée; à plus forte raison la défiance est-elle dé , rigueur lorsqu’il s’agit d’observations nouvelles que le temps n’a point encore consacrées, et que des expériences nombreuses n’ont pas sanctionnées. Plus ces faits sont extraordinaires , moins il faut mettre d’empressement à les accueillir; cependant on ne s’élèvera pas tout d’abord contre ehx, car la chose qui paraissait hier extraordinaira parce
qu’elle heurtait des opinions admises, peut devenir demain touL-à- l'ait évidente. Le seul parti qu’il y ait à prendre, s’il est possible d’y avoir recours, c’est d’expe'riinentcr soi-méine ou de provoquer de nouvelles recherches sur le sujet dont on doute. Jusque là un esprit sévère suspend un jugement délinitif’.
Mais de ces faits, les uns sont plus curieux qu’importans, les autres ydus utiles et plus vrais que brillans. 11 faudra insister sur ceux-ci et eftleurcr les autres. La méthode des nombres est ici d’un grand prix. Si vingt observateurs recommandables m’assurent avoir vu le même fait, il faudra bien que quelque confiance environne leur opinion; que si d’autres autorités respectables viennent à nier ces mêmes laits, c’est encore ici le lieu de rechercher soi-même, et de se ilécider après examen.
La bonne littérature en physiologie se compose de la connaissance des faits utiles. L’érudition est une chose brillante : elle est bonne dans une leçon improvisée J quand il s’agit de faire apprécier les connaissances d’un candidat ; elle est un ornement de mauvais goût, alors qu’elle n’est pas indispensable. Ce faux éclat de concours n’attirait pas les élèves instruits qui, pendant mes études (et je ne les considère pas comme finies), suivaient avec assiduité les leçons de mes maîtres ; c’étaient les observations dont le médecin lirait parti, et dans ' les notes que j’ai alors recueillies , je trouve d’excellentes descriptions de fonctions, cl peu de noms •d’auteurs.
L’analomie cl la physiologie compare'es, enrichies d’une immense érudition, trop souvent dépréciées par des recherches liypolhéliques que l’on décore du nom d’expériences, envahissent la physiologie humaine, et ne font plus considérer celleci que comme une branche minime du grand arbre zoologique. L’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie et la France, voient publier chaque jour, sur cette riche matière , de nombreux travaux, qui exerceront une heureuse influeuce sur l’histoire de l’homme; l’embryologie surtout en a tiré le plus grand parti. Il faut qu’un professeur de physiologie à la Faculté ne soit pas étranger aux découvertes de ce genre, et qu’il les suive; s’il ne sait pas assez, qu’il s’instruise pour apprendre ensuite aux autres ce que d’abord il ignorait; mais il nous semblequ’il ne doit parler aux élèves que des faits qui, dans l’histoire des animaux, peuvent éclairer celle de notre organisation. Qu’il compare, par exemple, la vie dans les dernières classes à celle dont sont douées les membranes accidentelles; que de la connaissance des êtres où l’on ne voit qu’une masse gélatineuse animée, il en déduise des conséquences sur la vitalité des humeurs. La constance de la rétine et de la pulpe auditive chez les animaux , lui fournira des inductions sur les usages de ces parties dans notre espèce. Il tirera des formes variées du crystallin chez les êtres qui vivent dans l’eau et dans l’air, des conséquences relatives à l’importance de ses usages chez l’homme. De la configuration des dents et de l’appareil digestif
clicz les vertébrés, comparée à leur structure dans l’espece humaine , il déduira des conséquences sur la meilleure nourriture qui convient à l’homme, etc., etc. Voilà des choses que le professeur de physiologie médicale doit savoir et dire; mais peu lui importera de déterminer comment vole une hirondelle , ou par quelles raisons anatomiques les échassiers se tiennent long-temps sans fatigue sur line seule patte. Notre respectable Chaussier, et Bichat dont je n’ai point été assez heureux pour suivre les leçons; ses élèves, qui ont été mes maîtres, faisaient une physiologie toute d’application; ils préféraient faire des excursions dans le domaine de la pathologie que de s’écarter dans un sentier plus attrayant mais plus détourné ; et mes lectures ainsi que mes travaux ne m’ont pas encore prouvé que leur méthode fût mauvaise.
Il est une infinité de parties de la science où le professeur de physiologie , borné à ses propres ressources , ne pourrait rien faire que d’incomplet; il doit donc s'adresser à d’autres pour donner à son enseignement tout l’éclat et toute la profondeur qu’il mérite. Ainsi, sans réunir, comme le voulait Vicq d’Azir, l’étude matérielle des organes à celle de leurs fonctions , il devra s’entendre autant cjue possible avec le professeur d’anato- "inie pour faire cadrer, si ce n’est toutes les leçons des deux cours, au moins les- principales parties traitées dans ces deux branches de l’enseignement. Il évitera ainsi une foule d’inconvéniens qui résultent pour les élèves qui commencent la physiologie.
de l’imperfection de leurs connaissances anatomiques,* il devra s’enquérir auprès des professeurs de chimie , de physique et d’histoire naturelle , des faits nouveaux que ces sciences possèdent, et qui peuvent être appliqués à l’histoire de l’homme.
Pour qu’un cours de physiologie soit compris, il doit être clairement exposé. Il faut, dans les premières leçons , ne pas craindre les définitions et ne prononcer un mot pour la première fois qu’en aj^ant soin d’en exprimer la valeur. Les objets dont on aura à parler d’abord , devront être aussi simples que possible. L’amour du vrai, le désir de s’instruire , un esprit de recherches et de doute , mais non un scepticisme exagéré, voilà, me semble-t-il, ce qu’il faut chercher àinspirer aux élèves.
Ces considérations générales étant posées, recherchons sur quels fondemens la physiologie peut s’appuyer, et quels sont les faits dont elle se compose.
§. III. — Sources de la Physiologie.
A. Phénomènes observables chez VHomme.
I. U examen aUentif des phénomènes qui se passent surVhomme vivant et sain, et les expériences quon peut tenter sur lui, fournissent à la physiologieun grand nombre de données importantes: il suffit de comprimer une veine superficielle sur un des points de sa longueur pour voir qu’elle ne s’affaisse point du côté du cœur, et par consé-
qucnt quelle n’csl que faiblement contractile 3 si l’on elève le membre, cette veine se vide au-dessous, et l’artère bat alors avec moins de force qu’elle ne le fait si le membre est abaisse' : donc, la pesanteur gêne la circulation dans le premier cas et la bivorise dans le second. L’effet de la compression de la veine indique déjà la direction du cours du sang veineux, puisque le vaisseau comprimé sur un point se gonlle du côté des capillaires. L’isoclironisme entre les batternens des artères et ceux du cœur fait voir dans celui-ci le principal moteur de la circulation. L’appréciation de la chaleur vitale, soit à la surface de la peau , soit dans les cavités profondes, prouve combien est grande l’influence que le système nerveux a sur son développement, puisqu’une foule de causes morales modifient instantanément cette calorification, etc. Les expériences sur l’abondance des exhalations cutanée et pulmonaire, l’étude de la locomotion ou de la station , celle de l’action du tuyau vocal dans la production de la voix appréciée avec soin au moyen de l’examen du voile du palais dans le chant, par Fabrice d’Aquapendente , Cuvier, etc. , sont autant de recherches fondées sur le simple examen de l’homme sain. Ces expérimentations sont insuffisantes dans un grand nombre de cas. Il est malheureux qu’il en soit ainsi , car leurs résultats sont do tous , les moins contestables.
IL V examen des corps privés de vie est d’une
grande utilité quand il s’agit d’apprécier les rapports entre la structure des organes et les actions qu’ils ont à remplir. 11 me paraît convenable de rappeler seulement ici les conclusions de l’une de mes épreuves dans ce concours. Toutes les fois que les usages des parties sont mécaniques ou physiques, la connaissance des dispositions matérielles de celles-ci est d'une utilité extrême ,* quand au contraire c’est dans la profondeur des tissus que se passent des phénomènes obscurs, appelés vitaux (parce qu’il faut bien les désigner d’une manière quelconque, et parce que le mot vital exprime convenablement les actions appartenant à ce qui jouit de la vie); alors , et dans l’état actuel de la science, on ne reconnaît pas encore de rapport entre la structure et l’action.
Toutefois, si les usages de certaines parties en rapport 'avec leurs élémens anatomiques sont connus, et si l’on retrouve ailleurs ces mêmes élémens anatomiques, on sera naturellement conduit à y admettre les mêmes actions. On voit beaucoup de vaisseaux dans les organes sécréteurs, beaucoup de nerfs dans les parties sensibles; on rencontre des fibres musculaires là où s’exécutent des raouvemens. Eh bien! quand on trouvera des vaisseaux nombreux dans un autre organe, on sera porté à penser qu’il est destiné à la formation d’un liquide ; quand on y verra des nerfs abondans , on présumera qu’il est sensible , et on le regardera comme contractile s’il contient des fibres charnues. Il faut encore ici ne pas s’en rapporter
à un examen superficiel ; le thymus, la rate, reçoivent de nombreux vaisseaux, et il est douteux qu’ils sécrètent j les nerfs des muscles sont abondans et la sensibilité de ceux-ci n’est pas vive, tandis que la membrane médullaire deaos,ou le périoste sans nerfs évidens , sont le siège d’une sensibilité qu’on a exagérée, mais qui n’en est pas moins réelle; les veines ont quelques fibres d’apparence charnue, sans que leurs contractions soient encore prouvées , et des parties qui ne présentent pas la structure musculaire, la peau, par exemple , ne sont pas dépourvues de toute contraction. Le pancréas et les glandes salivaires enfin, ont entr’eux la plus grande analogie de texture, et les fluides formés par ces glandes paraissent être très dilférens l’un de l’autre, etc.
Loin de chercher à déprécier la valeur des faits anatomiques , pour la connaissance des actions physiologiques, j’ai choisi cette épigraphe qui renferme toute ma pensée : Et primàm cognosceiida est fabrica corporis humani • mais je ne crains pas d’y ajouter cette autre proposition : ce n’est pas dans un corps inanimé qu’on trouvera le secret de la vitalité. Certes l’entrecroisement des fibres des nerfs optiques et des pyramides est un fait de plus à Lappui de l’influence croisée de l’encéphale sur la vue et les mouvemens , effet qui se rattache à une disposition matérielle évidente, et qui, par conséquent, rentre dans les usages physiques des parties; mais quant à cette action nerveuse ellemême, aucune raison de structure ne l’a encore
expliquée. Les travaux de G. Bell sur les deux espèces de nerfs, déduites d’un fait anatomique, se prêtent aux memes vues, et d’ailleurs ils ont besoin d’étre sanctionnés par le temps et par des expériences nouvelles.
III. Les expériences sur le cadavre ont aussi leur degré d’ulililé comme leur insuffisance. Elles réussissent encore plutôt à imiter les fonctions physiques des organes , que celles qui se passent dans la structure intime des parties. Faites exécuter à un membre tel mouvement , vous verrez les muscles qui le produisent, se relâcher^ le contraire aura lieu dans le mouvement opposé, d’où vous serez conduit à déterminer le mode d’action de ce muscle. Insufflez de l’air dans le poumon , vous vous ferez une idée de la forme de cet organe dans le thorax lors de l’inspiration; vous verrez que les cellules pulmonaires ne communiquent point entre elles , et vous en tirerez des inductions importantes. Mais ces expériences ne vous instruiront pas sur la contraction musculaire ou sur l’essence de l’hématose. Mayer, injectant du caméléon minéral dans les artères pulmonaires d’un cadavre, verra, lors de l’insufflation, cette substance changer de couleur dans les vaisseaux du poumon; mais il y a loin de cette donnée imparfaite à ce que la science désire connaître sur la vie ; et l’expérience de Mayer ne ressemble pas plus à la transformation du sang noir en sang rouge dans le poumon , que la Iranssudalion cadavérique de la
bile à travdrs la vésicule ne représente l’état pliysiologique des tuniques de celte poclie membra-* lieuse.
IV. U obseivation de l’homme malade conduit à des connaissances physiologiques d’une grande valeur : le foie , qui se tuméfie si promptement lorsqu’il est enflammé, le poumon dont la densité et la consistance varient avec rapidité , les cavités droites du cœur qui se distendent à l’occasion du moindre trouble dans la respiration , etc. , portent à penser que si ces cliangemens sont rapides dans l’état de maladie , il doit y avoir quelques nuances de ces phénomènes dans l’état de santé. L’asphyxie fait mieux étudier Tliématose; l’anévrysme, lesbattemens du cœur ; les obstacles au cours du sang , la circulation collatérale^ la compression du cerveau, les fonctions de cet organe; la cataracte, les usages du crystallin et de l’iris. La paralysie du muscle droit externe de l’œil, fait reconnaître une des causes du strabisme ; le rhumatisme démontre l’action de tel muscle dans telle série de mouvemens à laquelle on l’aurait cru étranger; les anus contre nature font juger do la durée du séjour dos alimens dans la portion du tube digestif située audessus; les vomissemens spontanés font apprécier l’état des sucs gastriques et quelques-uns des cliangemens survenus dans le chyle; la perforation de l’estomac avec communication au dehors met en évidence quelques-uns des phénomènes de la digestion, etc. Ce petit nombre de faits choisis dans
mille antres qui se présoiUent à l’osprlt prouvt, que rëliide de l'homme malade éclairé celle dcl’homme sain. Toutefois, les applications qn’cn physiologie on tire de la pathologie, doivent cire sévèrement analysées^ car, par cela seul que de jeu normal des Ibnctions est troublé, il arrive que la maladie ne donne qu’un tableau incomplet ou trompeur de l’état physiologique.
V. Les altérations morbides que Vexanien du cadavre découvre dans les organes , l'approchées de l’état des fonctions pendant la vie, sont une des plus riches sources de la physiologie : la vitalité des liquides est démontrée par les membranes accidentelles, et par les vaisseaux qui s’y développent j l’absence ou la destruction de l’un des poumons, des reins, des testicules, prouve qu’un seul des organes doubles peut remplir les usages dont les deux sont ordinairement chargés; la disparition de la vésicule du fiel, l’oblitération du canal cystique, sans que la digestion s’altère , conduisent à penser que les voies de l’excrétion biliaire ne sont pas indispensables; le météorisme fait voir combien le volume de l’abdomen est une cause fréquente de respiration haletante ; l’hypertrophie des muscles du tube digestif et du cœur permet de mieux découvrir la disposition normale des libres musculaires de ces parties , et par suite le sens dans lequel elles agissent ; la destruction de la membrane charnue de l’estomac dont l’orifice pylorique çst oblitéré, trouvée à la mort d’un individu qui a
eu tics nausées , mais n’a j)ii vomir, porte à penser que cet organe est actif clans le vomissement; la veine-porte dont l’oblitération a causé l’ascite , fait croire que les veines sont des agens puissans des phénomènes de l’absorption ; une grossesse extràutérine , survenue lorsqu’une vive impression morale a troublé l’acte vénérien, a fortifié cette opinion que l’œuf est fécondé dans les ovaires et non pas dans l’utérus.
Mais c’est surtout dans les fonctions de l’encéphale qu’on a cherché à tirer parti des altérations pathologiques. La destruction ou la compression des corps striés ont été suivies d’une paralysie des extrémités inférieures; celles des couches optiques, de la perte des mouvemens et du sentiment dans les extrémités supérieures. On a pensé, d’après les mêmes raisons, que les lobes antérieurs du cerveau et les cornes d’ammon présidaient à la parole. De ce qu’on a vu à la suite de la lésion des tubercules quadrijumeaux, survenir des troubles dans la vision , on a conclu qu’ils devaient avoir une influence sur cette sensation. De ce qu’il existait un satyriaris chez des hommes dont le lobe médian du cervelet était malade , on en a inféré que celui-ci présidait à la génération. L’apoplexie du bulbe rachidien ayant décidé une mort prompte, on en a conclu que ce bulbe était le centre de l’action nerveuse et de la vie. Quand la substance grise cérébrale s’est trouvée malade chez des sujets en délire, on a admis qu’elle présidait à l’intelligence; et de ce que les lésions de la substance blan-
diG s’etaicnt montrées à la suite d’altération dans les inonvcmcns , on a pensé que la pulpe cérébrale avait des usages en rapport avec la contraction musculaire, etc.
Mais c’est avec réserve qu’il faut adopter les conséquences de ces recherches et les raisonnemens ne manquent pas pour affaiblir la valeur de quelques-unes d’entre elles. D’abord , pour ne parler que de ce qui Ja rapport à l’encéphale, le cerveau étant renfermé dans une boîte non extensible , une altération organique, accompagnée d’un surcroît de volume, comprimera nécessairement les parties voisines, et de-là le danger d’attribuer à telle région du cerveau ce qui pourra être le résultat de la compression de telle autre j ainsi^ une tumeur apoplectique ou tuberculeuse des couches optiques pourra, dans quelques cas, altérer par compression, les fonctions des corps striés, et cette altération être faussement rapportée à l’affection des premiers ; ainsi l’épanchement sanguin dans le cervelet sera suivi d(?la compression de la moelle allongée, et partant, déterminera la paralysie, sans qu’il faille voir en lui le point de départ, ou le régulateur des mouvemens. Ensuite, n’est-il pas vrai que les divers lobes du cerveau ne sont point des parties séparées et indépendantes entre elles , mais des divisions du même organe? Les vaisseaux d’un de ses points ne communiquent-ils pas avec ceux de ses autres lobes ? Les fibres de la substance blanche ne sont-elles pas unies entre elles ^ comme l’attestent les commissures et le déploie-
îiicnl (les circonvolulions V Cos coinmunicalions multipliées cloivcnl donc (ilablir une nuilualilcî de sonlTrancc • et il est à croire que les points rapproches d’une même incnibrane ne sont pas altérés dans leurs fonctions d’une manière tout-àfait isolée.
Si vous vouliez admellro qu’il y a quelqu’analogie entre les actions électrique et nerveuse, vous concevriez difficilement cet isolement d’action, quand aucune raison anatomique ne l’expliquerait j si vous regardiez l’agent nerveux comme tout-à-fait spécial , vous verriez qu’un de ses attribuls les ])1lis caractéristiques est de s’étendre, de se ramifier, pour ainsi dire, et de réunir toutes les parties dans un même réseau de vitalité.
Tous ces raisonnemens ont encore moins de valeur que les faits, et ceux-ci se multiplient pour prouver qu’il ne faut pas adopter avec trop d’emprcsscnicnt les résultats positifs de l’anatomie pathologique, parce qu’à coté de ceux-ci se trouvent des faits négatifs qui viennent affaiblir la valeur des premiers.
On a vu fréfjuemmcnt la paralysie exister dans les deux extrémités, et cependant la couche optique ou le corps strié être seuls aflectés d’hémorrhagie ou de ramollissement j oua observé ces lésions sans hémiplégie, on l’hémiplégie, sans que ces lésions existassent j les radiations antérieures des corps striés ont été le siège de désordres variés, sans que la parole fût altérée, et des épanchcmens dans d’autres points de la pulpe ont été
accompagnes de troubles dans le langage articule. Beaucoup de faits d’altération du cervelet ont été observés sans que les fonctions génitales en aient été modifiées. On dit avoir vu l’iiéniorrliagie du bulbe lacliidien ne point causer actuellement la mort, et son ramollissement meme ne pas occasionner une paralysie complète. Dans plus d’un cas remarquable par le délire, la substance blanclie a été principalement lésée, tandis que des liémorrbagies dans des parties très riches en substance grise, telles que les corps striés, ont déterminé de grands troubles dans la locomotion, etc., etc. Souvent une lésion de quelques lignes d’étendue dans la profondeur du cerveau a coïncidé avec une grande faiblesse de l’intelligence et une hémiplégie presque complète 3 d’autres fois, une hémorrhagie considérable déchirant le septum lucidurn, ii’a point anéanti tout sentiment et tout mouvement. Bien plus, la moitié du cerveau, les couches optiques et les corps stries ont manqué d’un côté ou ont été tellement atrophiés et altérés, qu’ils étaient évidemment impropres à exécuter leur action normale; et cependant l’intelligence était intacte, et l’hémiplégie incomplète. On assure même avoir vu le cervelet et le pont de varole, ne pas exister chez un sujet qui avait éprouvé des désirs vénériens , et chez lequel les mouvemens étaient jusqu’à un certain point conservés.
Ainsi , les faits d’anatomie pathologique semblent se contredire ; mais peut-être cette contradiction n’est-eile qu’apparente; elle prouve seu-
lenient que nous avons beaucoup à apprendre. Loin donc qu’un petit nombre d’observations négatives delruiso une multitude de faits positifs, il faut analyser avec soin ces derniers, rejeter ceux qui sont incomplets, et surtout se défier des fails qui ont été superficiellement examinés^ tenir compte enfin de la moralité littéraire de ceux qui les publient. A l’aide de cette sagesse d’esprit on verra c|ue le nombre des observations merveilleuses diminuera • on se convaincra que l’anatomie pathologique, éclairée du reste par l’examen des fonctions pendant la vie, et comparée aux résultats des autres moyens d’investigation, est l’une des sources les plus fécondes de la science physiologique. C’est elle qui fournit surtout des documens à un cours de physiologie médicale; de là une sorte de nécessité que celui qui se destine à cet enseignement soit un médecin versé dans l’étude cTes organes malades.
YI. Les opérations chirurgicales font aussi reconnaître les usages de nos parties : elles apprennent à apprécier le degré de sensibilité des divers tissus; elles font juger de la direction du cours du sang dans les artères et les veines; elles ont appris que, pendant une large inspiration, une grande veine béante peut recevoir l’air dans sa cavité et le conduire au cœyr ; elles démontrent c[ue la vision peut s’opérer malgré l’extraction du crystallin; que la destruction ou l’ouverture de la membrane du tambour ne sont pas des causes
absolues de surdité. Les injeclious dans la trompe d’Euslache rendant l’ouïe h des individus qui l’avaient perdue, prouvent qu’il est utile pour l’audition que l’air de l’oreille moyenne soit renouveler les opérations chirurgicales nous font voir que l’on peut, sans de graves inconvéniens, supporter de grandes pertes de sangr que les valvules des veines ne s’opposent pas complètement, dans les membres inférieurs , au reflux du sang veineux. La chirurgie étudiant les périodes de la formation du cal provisoire et du cal définitif éclaire le mécanisme de l’ostéogénie physiologique. Des recherches sur les fractures par contre-coup conduisirent Saucerotte à de beaux travaux sur la physiologie du cerveau. La cicatrisation des plaies a jeté quelque lumière sur des questions relatives aux phénomènes obscurs de la nutrition. La ligature des artères a prouvé l’influence de la circulation sur la chaleur animale. Les hernies ont démontré combien est étroite l’influence qu’exercent les unes sur les autres les diverses parties de l’appareil digestif. L’opération des anus contre nature , a prouvé que les tissus analogues adhérent facilement entre eux, etc., etc. Ainsi, la chirurgie a puissamment secouru la physiologie : de là vient que de grands chirurgiens sont quelquefois de grands physiologistes.
Vil. La comparaison de la structure des organes dans les divers âges a fourni à la physiologie des lumières qui ne sont pas à dédaigner : le volume du foie du fœtus, les vaisseaux plus multipliés qu’il
reçoit lorsque le poumon est encore inactif^ et qui (ievicnnent moins nombreux lorsque les organes respiraloires agissent, portent à penser que dans la vie iutrà-ulerine l’organe liépatique exerce quelque action sur l’iie'matose, et que chez l’adulte il doit conserver quelcjue cl»osc de cet usage primitif. La simplicité de l’organisme dans les premiers jours, compai ce au développement successif des parties, fournil la preuve que les grandes fonctions ne soûl qu’un résultat de fonctions plus simples,- et la raréfaction des tissus avec l’âge démontre l’une des causes de la langueur des actions chez le vieillard, et de la mort sénile. Le mode suivant lequel s’opère l’évolution des organes porto quel(|ucs lumières sur l’histoire dos diverses périodes de la vie de l’adulte. En faisant voir les premiers rudimens des parties du corps de riiomme, l’cmbrjologie a prouvé que les fluides jouent un grand rôle dans l’organisme, et qu’une trame première, pulpeuse, gélatineuse, est la base en apparence identique, des tissus et d«'?s organes. La physiologie du fœtus a peut-étr</ été jusqu’à présent plus curieuse qu’utile,- mais à mesure que l’obscurité qui l’environne se dissipera et que les observateurs s’accorderont mieux entre eux, elle fournira plus de documens à la physiologie médicale.
VIII. Vhistoire des monstruosiles , dépendance intime de celle de l’embryon , a détruit plus d’une erreur physiologique : des foetus naissentsans cœur et sans moelle de l’épine j donc rinlluencc do ces
parties sur la nutrition n’est pas indispensable j donc ce n’est pas, comme le voulait Haller, le cœur
qui forme les vaisseaux. Le système nerveux s arrête dans son développement, la moelle subsiste, lo cerveau n’est pas former donc ce n’est pas cclui-ci qui est l’origine, le point de départ de celle-là. Los nerfs restent isolés et sans communication avec le centre cépbalo-racliidienj donc la dépendance ordinaire de ces parties, cl leur union, sont des pliénomèncs de composition organique, postérieurs à la vitalité spéciale des organes; ceux-ci se sont nourris, ont vécu sous l’influence do leurs nerfs propres, comme on voit le cœur se contracter hors de l’animal* bien qu’il soit alors soustrait a rinflucnce du centre nerveux. Toutefois n’exagerons pas l’importance des faits relatifs aux monstruosités; saebons nous borner aux choses d’application qu’irs fournissent; car dans l’enseignement il est souvent utile de ne pas tout dire.
B. Phénomènes observables chez les animaux.
10. P élude des animaux a perfectionné Idiis- . toire delliomme; aux faits cités plus haut (pages 44^ on en pourrait ajouter une foule d’autres; mais le plus grand, le plus important, est sans contredit celui qui fait voir dans l’animalité une progression de complication au sommet de laquelle se trouve riiomme, et qui représente les différentes phases de la vie embryonnaire. Si les physiologistes étrangers ont quelquefois abusé de rhistoire nain-
relie, et s’élis ont été parfois entraînés à des analogies forcées, c’est qu’ils ont été sans doute séduits par les avantages immenses de cette source physiologique dans laquelle il s’agit seulement de ne pas trop prendre et de savoir choisir.
2®. Il n’est peut-être pas une des parties de la science dont les expériences sur les animaux vivans n aient éclairé quelques points. 11 faudraitfairc 1 histoii'e des découvertes physiologiques pour apprécier l’importance de ces recherches^ de sorte que sur des faits si généralement connus, il est peut-être préférable de ne rien citer que de multiplier les exemples. Mais c’est j)récisément parce que les expériences sur les animaux vivans sont des sources précieuses pour la physiologie , qu’il faut se défier de l’abus qu’on peut en faire.
D’abord pour que leurs résultats soient vraiment applicables à l’homme, elles doivent être faites sur des animaux qui, par leur structure et par leurs fonctions, se rapprochent de l’espèce humaine. Certes on ne sera pas tenté de croire que notre peau absorbe ou exhale , précisément parce qu’on aura trouvé qu’il en arrive ainsi chez la grenouille. De ce que l’on aura vu la respiration se faire en partie par les tégumens chez la salamandre, on n’en déduira pas que l’enveloppe cutanée de notre espèce présente quelque chose de cette fonction - de la quantité d’oxigène absorbé, ou d’acide carbonique formé par le poumon vésiculeux des batraciens, on pourra tout au plus inférer des probabilités pour l’espèce humaine.
Les expe'riences sur la digestion par le gésier des gallinacées, ou par les quatre estomacs des ruminans, ne nous dévoileront qu’imparfailement la digestion de riiomme j mais bien plus, les expériences sur les espèces voisines de la nôtre, ne conduisent pas toujours à des résultats positifs : divisez les artères d’un chien, l’écoulement de sang s’arrêtera spontanément, tant ce fluide a de plasticité dans cet animal; cependant le chirurgien qui voudra appliquer rigoureusement ce fait à un blessé, le verra bientôt périr d’hémorrhagie. Le chien ne supporte point la privation des substances azotées, mais cela ne prouve pas que l’homme soit dans le même cas; l’estomac peut ne pas être contractile chez l’un, et cependant l’être en effet chez l’autre; comme aussi l’extrême contractilité de la vessie chez le premier, n’existe pas chez le second. L’un digérera parfaitement les os , tandis qu’il n’en sera pas ainsi chez l’autre. Et que sera-ce donc lorsqu’il s’agira d’organes bien plus relevés, des centres nerveux, par exemple, et de leurs fonctions si différentes? Mais abandonnons ces réflexions, etconsidéronsles expériences sur les animaux vivans sous un autre point de vue.
Dans la plupart de ces recherches on détermine dans l’organisme des changemens qui ne sont pas ceux qu’on veut produire , et si l’on n"’en tient pas compte, les résultats deviennent tellement compliqués qu’il n’j a plus moyen de reconnaître ce que l’on cherche. Vous enlevez une partie du cerveau; mais l’animal perd du sang; il est faible, il se
soulicnl à peine • csl<ce riiéinovrliaj3ne ou la lésion cérébrale c|ui ont pi'Ocluil la faiblesse des inouve— mens ? Dans ces cas il y a des convulsions , mais celles-'ci se déclarent aussi après la syncope; on pince un animal sans qu’il crie; mais , quand on est très faible, on n’a plus la force ou la volonlé de crier. Antre exemple : on insnlïle la Iracliée artère d un lapin , il s’introduit de l’air dans rœsopliage et les intestins, l/’aninjal meurt asphyxié parce que le diaphragme ne peut plus s’abaisser, et une observation superficielle pourrait faire croire que c’est l’emphysème pulmonaire qui a causé la mort. Quand vous liez, le pncumo-gaslrique des deux cotés sur un chien , et qu’il n’y a plus d’appétit, n’attribuez pas exclusivement à cette ligature la perle de la sensation ; car on n’a plus laim après les grandej opérations, et lorsqidon a perdu beaucoup de sang, etc.
Ajoutons encore que celte mutualité d’action , déjà signalée entre tous les organes, fait que toutes les fonctions sont altérées quand rime d’elles vient à l’ctre. Or, quand vous opérez sur le cerveau, non seulement vous intéressez la partie ejue vous avez en vue, mais vous troublez l’action de celles qui les avoisinent, et de-là des symptômes trompeurs; ainsi quand pour juger do la quantité et de la qualité du fluide pancréatique formé dans un temps donné, vous ouvrez le duodémum ou le conduit de Virsonghius lui-méme, vous irritez l’intestin, et de même que la pyrélhre stimulant la meinbrane de la bouche y fait couler la salive a
flots , ainsi vous altérez la secre'lioii normale de la glande pancre'atiqiic.
Ces re'flexions ne détruisent en rien l’importance des expériences sur les animaux vivans, mais prouvent qu'celles sont fort difficiles à bien faire ; qu’il ' faut beaucoup d’habitude pour s’y livrer avec fruit; qu’il est indispensable, en en déduisant des conséquences, de tenir compte d’une foule de circonstances coïncidentes , et qu’il faut être très réservé dans les applications qu’on en fait à l’homme. Cette difficulté J cette confusion de résultats expliquent suffisamment la divergence des opinions des expérimentateurs. Observons mieux, répétons les memes faits d’une même manière, et nous arriverons aux mêmes résultats.
Cherchons à tenir compte de toutes les circonstances qui peuvent influencer les faits dont nous sommes témoins; répétons et multiplions les expériences utiles , comparons-les entre elles et avec celles que la science jiosséde, et i’incerlilude finira par être moins grande; elle sè dissipera, si les autres sources physiologiques donnent des résultats analogues à ceux que fournissent les expériences sur les animaux vivans.