‹ Dissertation sur les généralités de la physiologie, et sur le plan à suivre dans l'enseignement de cette science. Présentée au concours pour une chaire de physiologie ... le 23 mai 1831 (volume 3)Chapitre 3 sur 8 · C. Phénomènes observables chez les végétaux · texte numérisé non relu

C. Phénomènes observables chez les végétaux

Les applications de la physiologie végétale à celle de Vhomme ont été, jusqu’à présent, d’une application moins heureuse que celles de l’histoire naturelle des animaux. Toutefois, la vie du vé-

gétal montre l’organisation clans scs élémcns les plus simples j elle fournit quelques analogies utiles pour l’histoire de l’absorption et de la circulation capillaire; la marche du suc de la chélidoinc, observe'e par Shultz, l’a conduit à des observations remarquables sur celle des animaux. On a vu dans l’action de l’acide carbonique sur les feuilles qui deviennent vertes sous l’influence de l’air, quelque chose de comparable à la transformation du sang noir en sang rouge chez l’homme; l’indépendance des diverses- parties du végétal donne quelques idées sur les productions accidentelles isolées qui se forment dans l’organisme animé. Les ovaires des végétaux , la fécondation des graines et leur développement successif, ont eu une influence marquée sur la manière dont on explique la génération chez l’homme. Ainsi les actions communes aux végétaux et aux animaux ont été éclairées par la physiologie végétale ; mais les expériences auxquelles celle-ci se livre, ne peuvent être appliquées aux animaux supérieurs qu’avec une extrême défiance.

D. Phénomènes observables sur les corps bruts.

Les expériences sur les co/y?5 constituent les faits physiques^ mécaniques ou chimiques; bien que, pris à la vigueur, la plupart de ces faits ne rendent point raison de la vie et de ses phénomènes, il est une infinité de cas où ils éclairent riiistoirc de l’homme.

1°. Les usages de certaines parties sont évidemment mécaniques et physiques. Ceci est vrai pour les' milieux de l’œil réfractant la lumière ^ pour les cavités acoustiques, traversées par les rayons sonores,- pour l’arrangement circulaire des papilles de la main, disposées de telle sorte que dans la palpation , les corps viennent toujours heurter perpendiculairement une série de ces mamelons cutanés. Ceci est vrai des actes locomoteurs, où les lois de la mécanique sont si bien appliquées j du cours du sang dans lequel les valvules remplissent si exactement roflice de soupapes, et où les phénomènes sont souvent modifiés par la pesanteur^ de la respiration dont le jeu merveilleux rappelle celui d’un soufflet j des surfaces articulaires dans lesquelles la synovie représente l’huile qui favorise les glissemens des assemblages des machines; des divisions nombreuses des artères cérébrales propres à y ralentir le cours du sang qui y arrive, etc., etc. Tel qui négligerait les connaissances physiques et mécaniques dans la science del’homme ferait preuve ou d’une grande ignorance, ou d’une insigne mauvaise foi. Il n’y a de blâmable ^ que l’exagération et que la manie de vouloir tout expliquer quand on n’a point encore tous les élémens du problème.

On a pensé que des phénomènes plus cachés pouvaient aussi être expliqués par la physique, et l’électricité , étudiée de nos jours avec tant d’extension et tant de soin, a 'paru donner la clé de tous les phénomènes de la vie, Ainsi , les phé-

nomènes d’endosmose ou d’exosniose influencés parla pile de Voila ont été rapprochés de l’absorption ou de i’exhalalion modifiées par le syslèino nerveux; ainsi, la transsudalion cadavérique halée par un courant galvanique a donné lieu à la meme interprétation ; ainsi , le dégagement de la chaleur par les attractions chimiques ou parles corps qui se combinent sans changer d’état , ou encore lorsque les molécules s’imbibent d’eau, a été considéré comme représentant la manière suivant laquelle se développe la chaleur animale; ainsi, le fluide électrique décidant des mouve'mens dans le cœur d’un animal récemment mort, a été comparé à l’influence nerveuse ; ainsi , la digestion hâtée par un courant galvanique substitué à l’action cérébrale , a fait admetlre que celle-ci est de nature électrique ; ainsi, les mouvemens musculaires ont été expliqués par des atlracllons éleclro-magnéllquc6 entre des filets nerveux qui se rendent aux fibres charnues, et il n’est pas jusqu’à la sensation et à la pensée qu’on n’ait été tenté d’expliquer par l’éleclricilé.

Mais tl’abord l’admission de cet agent, de l’aveu meme des physiciens, est encore hypothétique, et il est fort difficile de décider s’il est eflét ou s’il est cause. Ensuite il est remarquable que celle influence qu’il a sur les organes, cesse quelque temps après la mort des animaux à sang chaud. Cela rappelle que la vie ne s’éteint pas tout-càcoup, mais qu’elle anime encore isolément les tissus quelque temps après la mort générale. Or i’é-

lectrlcité excite de> contractions et des actions d’organes, tant que la vilallle n’est pas complètement éteinte - mais elle n’est pas le seul agent qui produise cet elTet^ les acides, les autres irritans plijsiqueset cliimiquesledélerminent aussi,- et cependant ils ne contiennent pas en eux-memes le principe de la vitalité'. Quant à quelques autres influences e'iectro-magnétiques sur les organes du cadavre, telles que la transsudation facilitée par l’éloctricite', il est évident que cela est si éloigné de l’exhalation observée pendant la vie , qu’il n’y a pas do parité à pouvoir établir.

Il est donc permis de ne voir encore dans l’électricité qu’un stimulant de l’action vitale, mais plus vaste, plus puissant, pénétrant plus profondément que tout autre dans les parties, et de là décidant la manifestation de phénomènes que d’autres excita ns seraient moins aptes à produire. Cette opinion est devenue presque une certitude depuis que M. Person a démontré que les nerfs ne sont pas meilleurs conducteurs de l’électricité r^ue les muscles bu les vaisseaux.

Ainsi, puisons dans la physique les faits d’application rigoureuse, analysons avec conscience ceux qui bien que douteux, paraissent expliquer plus que nous ne savons; redoutons la prévention qui fait rejeter la vérité ; mais n’adoptons pas en enthousiastes les hypothèses brillantes et erronées, et surtout n’ajoutons qu’une confiance médiocre à ces faits merveilleux où l’on dit avoir vu un aiual-

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