LES FONCTIONS EXERCENT RÉCIPROQUEMENT LES UNS SCR LES AUTRES
Toutes nos distinctions dans les pliénoniènes do la vie n’existent qu’imparfaitement dans la nature^ les organes qui nous constituent ne sont que dos parties d’un même tout; ils s’influencent sans cesse j et l’alteralloir de f un en modifie un autre, comme aussi un changement survenu dans celui-ci fait varier cchii-la. Tantôt ce sont des rapports de
conliguité, qui^ existant entre deux viscères, font que les variations de volume survenues dans l’un, dérangent la position de tel autre 5 ainsi voit-on l’estomac distendu par les alimens , rendre moins facile l’abaissement du diaphragme et la dilatation du poumon. Tantôt ce sont des organes qui, réunis entre eux par des membranes, vont s’influencer à distance ^ c’est ainsi que la peau et le système muqueux peuvent quelquefois se modifier réciproquement. D’autres fois des vaisseaux établissent ces communications organiques , et c’est ainsi que les poumons et le cœur, si souvent solidaires l’un de l’autre, et associés de souffrance, se tuméfient par le sang à l’occasion d’un obstacle à la circulation. Ailleurs c’est une chaîne nerveuse qui établit les rapports de mutualité des parties : tel on voit l’appareil cérébro-spinal tenir sous sa dépendance les rouages nombreux de l’économie. Enfin, dans d’autres cas bien autrement obscurs, cette concordance d’action existe sans que l’organisme puisse encore complètement l’expliquer : ici , ce sont deux parties d’un même système de tissus, qui souffrent à l’occasion l’un de l’autre. Ainsi l’on voit une douleur articulaire se répétant au loin dans d’autres articulations voisines ; ailleurs, c’est l’utérus qui provoque des vomissemens , l’iris frappé par la lumière ou piqué par le fer de l’opérateur qui décide la nausée» Eh bien ! ces faits nombreux, si utiles à connaître, doivent terminer l’iiistoire de chaque fonction ; ils y trouvent naturellement leur place , et ils embrassent
une foule de phc'nomènes qu’on ne savait où placer dans le cadre physiologique :
C’est ainsi que l’iiistoire de rinflaramalion est convenablement rapportée aux influences mutuelles et réciproques des cinq premières actions et de la douleur 3 que l’absorption du chyle doit être étudiée lorsqu’on s’occupe des rapports de l’absorption et de la digestion ; que les faits de Brodie et de Chossat sur la chaleur animale s^encadrent naturellement à la suite des influences du système nerveux sur la calorification -j que les expériences de Legallois trouvent très bien leur place lors de l’étude des rapports qu’ont entre eux les appareils céphalo-rachidien et respiratoire; que les résultats de la section du trifacial, du facial, du pneumo-gastrique sur les diverses fonctions , se placent encore convenablement lors de l’étude de l’influence du centre nerveux sur ces mêmes actions ; que les actes locomoteurs en rapport avec les grandes fonctions se retrouvent dans l’étude des modifications qu’exerce la contraction musculaire sur telle ou telle des actions nutritives, etc. Il n’est pas jusqu’aux passions dont la place ne soit marquée aux influences de l’ensemble nutritif sur l’ensemble de relation ; jusqu’à la mutité de naissance qui ne se rattache à la coi’rélation qui existe entre l’ouïe, le cerveau et les organes de la parole ; et l’on conçoit enfin à quelles données utiles peut conduire cette même méthode appliquée à l’étude des rapports qui unissent les organes génitaux avec les fonctions nutritives et de relation , etc.
Le tableau des influences réciproques est peu c'ienilu pour les premières fonctions; mais à mesure que les différentes parties de la science sont passe'es en revue, le cadre s’agrandit et prend une immense extension. Ainsi, bien qu’il y ait plus d’une considération utile à établir sur les influences que la circulation capillaire et la calorification peuvent exercer l’une sur l’autre (action de la cbalenr et du froid sur nos tissus , dévelop[)Cineiit de calorique à la suite d’une circulation capillaire plus animée, refroidissement dans les cas où elle languit, etc.), le physiologiste trouve à signaler des faits bien plus nombreux et bien plus importans lorsqu’il s’agit de rechercher l<\s modifications innombrables que les fonctions digestives déterminent soit dans les actions élémentaires, soit dans la respiration, soit dans la circulation générale et réciproquement.
Reprenant toujours dans ce meme ordre les fonctions étudiées, recherchant sans cesse leurs relations avec les phénomènes qu’il vient de faire connaître aux élèves, le professeur de physiologie se trouve à la fin du cours conduit à jirésenler un tableau général sur la dépendance où sont les uns des autres tous les actes de la vie.
L’importance que j’attache à cette manière d’envisager la physiologie est grande , parce que le sujet, ainsi présenté, donne à cette science un essor nouveau, cl la rend pour le praticien d’une application journalière; et si quelque succès a couronné mon Giiscigncment particulier, je crois
le devoir au soin que j’ai apporté à étudier couslamment les Ibiictioiis dans leur influence respective; c’est là peut-être le mojen de faire de lu pliysiologie non plus une science de curiosité, mais d^ine indispensable utilité médicale.
Il est avantageux pour les élèves de leur indiquer après chaque leçon les sources où ils pourront puiser s’ils veulent approfondir le sujet; de leur conseiller d’étudier pour la séance suivante les organes dont on auia à rechercher les fonctions, et afin de piquer leur émulation et de stimuler leur zèle il serait peut-être bon d’en réunir un certain nombre dans une société, qui aurait pour butde faire des expériences ou de recueillir des matériaux sur des points obscurs de physiologie.
11 me semble qu’il faut enfin présenter aux élèves une récapitulation succincte de tous les faits dont une fonction se compose; et pour qu’ils puissent prendre des notes plus exactes, il est bon qu’un tableau, soumis à leur examen depuis le commencement jusqu’à la fin de la leçon, leur permette de suivre le professeur, de mieux saisir les divisions qu^il établit, et de fixer sans cesse leur attention. Segniiis irritant aninios demissa per aurem , — quàm quœ suntocuïis siihjecla fidelihiis..,. ,