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faiblesse l’exigé. Le lendemain, un purgatif; le troisième jour, quelques bouillons et la boisson aqueuse; le quatrième jour, si la gangrène setend, on fera vomir de nouveau et l’on soutiendra les forces, revenant au purgatif le lendemain, eu à deux jours d’intervalle, suivant que les accidens l’exigeront.
Traitement externe. Fournier reproche aux caustiques denepasagir assez promptement, de pénétrer d’une manière inégale, d’intéresser souvent les parties saines. Mais ces inconvénrens , comme l’on sait, peuvent être évités si l’on use des précautions convenables. 11 préfère donc emporter avec le fer tout ce qui est gangréné et durci, après quoi il applique un emplâtre maturatif. Dans ces derniers temps, on a employé avec succès les frictions mercurielles autour de la tumeur après la cautérisation.
Maladie gangréneuse observée par Bayle.
Cette variété des affections charbonneuses qui ne se manifesta jamais sur deux personnes de la même famille, qui ne se communiquait pas par le contact le plus répété, par l’usage du lit en commun, se développait -elle spontanément ou provenait-elle de la piqûre d’un insecte inaperçu? L’observateur qui l’a fait connaître, n’ayant pu lui voir aucune cause, et n’indiquant en effet qu’une chaleur très-élevée, proclama la spontanéité. Or, comme, à bien examiner les choses, ce n 'était là qu’une pustule maligne , l’opinion de Bayle venait détruire les distinctions admises. Boyer fit connaître que dans les villages voisins de ceux où sévissait l’épidémie dite nouvelle, les bestiaux dans le même temps mouraient du charbon. Ainsi les symptômes existant déjà, les causes furent trouvées, et l’entité de Bayle n’eut plus d’existence.
Pustule maligne. ' ■»'.
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On appelle ainsi une inflammation gangréneuse toujours produite
par l’action locale du virus propre aux animaux malades ou morts d’affections charbonneuses.
Cette pustule, le plus communément unique, quelquefois multi*» pliée sur divers points, n’affecte jamais que les parties découvertes, et que rien ne préserve contre les agens extérieurs.
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Causes. Elles lui sont communes avec le charbon de cause externe. L’une ou l’autre de ces formes de l’affection gangréneuse peut naître en effet du contact des matières infectées, ce qui tend à les confondre réellement et explique les méprises de quelques auteurs. On risque de voir apparaître la pustule maligne toutes les fois que l’on a manié les dépouilles des bêtes qui succombent au charbon ou dans un état de putridité des humeurs ; toutes les fois que , pour leur donner des soins pendant la vie, on a introduit les mains dans les ouvertures naturelles. La contagion pendant la vie est plus active, au dire des auteurs; c’est pourquoi il faudra redouter la souillure du sang ou d’autres matières qui peuvent découler sur les mains , le visage, la poitrine, pendant les opérations que l’on peut avoir affaire sur les animaux ou sur l’homme. Il y aura concours des circonstances les plus favorables s’il existe une coupure ou une écorchure à la peau, car alors la contagion procédera par une véritable inoculation. De cette manière agissent les diverses espèces de mouches, l’abeille elle-unème. Imitant nos aiguilles à inoculer, elles insèrent sous l’épiderme les molécules virulentes qu elles viennent de puiser sur les animaux malades ou sur leurs ruines, quelquefois sur l’homme lui-même. Toutefois , dit C haussier j, cette cause est sûrement moins évidente que le pensent la plupart des praticiens. Rien serait-il plus formidable qu’un semblable moyen de multiplication d’un mal aussi funeste s’il n’avait pas été exagéré et admis souvent sans preuves concluantes ? Encore que l’on soit exposé aux mouches, si l’on est garanti d’une contagion directe, il y aura peu de chances pour le développement delà pu&tûle maligne. Le virus quelquefois paraît persister indéfiniment et à travers toutes les préparations que les aiits font subir soit aux peaux.
soit aux laines ; on en possède des exemples curieux. De ces considérations on peut iuduire quelles classes de gens se trouvent plus particulièrement exposées à la maladie. 11 est facile de prévoir qu’aux époques des grandes épizooties la fréquence des pustules malignes sera augmentée. Ce doit être dans ces conditions qu’auront observé les auteurs qui relatent avoir vu la maladie revêtir la forme épidémique. Dans les années ordinaires, elle a coutume de se manifester dans l’été et dans l’automne lors de la tonte des moutons; mais si les causes de la contagion existent, elles auront leur effet pendant les froids les plus rigoureux.
Symptômes. La contagion ayant eu lieu après un temps qui varie, pour des motifs mal déterminés, depuis quelques heures jusqu’à huit jours, voici, d’après Chaussier* ce que l’on observe :
Première période. Dans les premiers instans, le malade n’a aucune sensation des rapports qui s’établissent entre le principe septique et les absorbans de la partie sur laquelle il a été déposé; il n’y a ni rougeur ni chaleur; bientôt une démangeaison incommode, quoique légère, un picotement vif et passager, se font ressentir. Il apparaît une vésicule séreuse de la grosseur d’un grain de millet qui augmente peu à peu et devient brunâtre. Cette vésicule se rompt d’elle-même, ou le malade la déchire en se grattant ; une ou deux gouttes de sérosité s’en échappent , et la démangeaison cesse pendant quelques heures.
Durée de cette période, vingt-quatre à trente-six heures, quelquefois beaucoup moins.
Deuxième période . L’épaisseur de la peau étant pénétrée par le virus, il s’y forme un petit noyau d’engorgement , un petit tubercule dur, mobile, semblable à une lentille, peu ou point saillant. La couleur de la peau n’est point encore altérée; seulement, dans le centre et au point qui correspondait à la vésicule, elle est un peu jaunâtre.
Les démangeaisons reviennent plus vives et plus fréquentes, accompagnées de chaleur et de cuisson ; l’engorgement fait des progrès ; le corps muqueux , se gonflant, forme autour du point central ce qu’on appelle l 'aréole vésiculaire, c’est-à-dire un cercle plus ou moins étendu et saillant, tantôt pâle, tantôt rougeâtre et livide, tantôt orangé ou nuancé de couleurs diverses. Cette aréole est toujours parsemée de vésicules isolées qui finissent par se réunir. Cependant le petit tubercule primitif a noirci, et déjà c’est un point gangréneux qui menace de l’envahissement.
Cette seconde période, qui peut durer plusieurs jours, ne comprend ordinairement que quelques heures.
Troisième période. L’escharre gagne en étendue et profondément dans le tissu cellulaire; l’aréole s’élargit à mesure, ne se bornant plus elle-même à l’épaisseur de la peau ; autour de la tumeur primitive , elle forme une seconde tumeur compacte , mais moins dure, encore sensible; tantôt plus, tantôt moins élevée que le centre gangréneux, elle le*fait paraître enfoncé ou saillant ; au-delà , un gonflement considérable est survenu, qui peut s’étendre jusque dans les cavités splanchniques, participant à la fois de l’érysipèle œdémateux et de l’emphysème; rénitent et élastique, on le croirait composé de liquides et de gaz, bien que l’on ne puisse pas y produire une véritable crépitation ; la peau est luisante et tendue. Le malade n’éprouve plus dans la partie qu’un sentiment de pesanteur, de stupeur et de constriction.
Celte période a une durée très-variable; quand toutes les circonstances favorisent le traitement, elle est de quatre à cinq jours.
Quatrième période. Jusqu’ici l’aflfection était demeurée sans retentissement sur les organes intérieurs; ils commencent à manifester leur souffrance, et, si on pouvait le dire, leur effroi, par le sentiment du danger qui se généralise. Le pouls se concentre, il devient petit; la langue est sèche, brunâtre; la soif inextinguible; les selles manquent*
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ou il y a de la diarrhée; le malade éprouve des anxiétés, des défaillapces ; il survient un délire obscur, et la mort ne tarde pas d’arriver. Une odeur fétide est aussitôt exhalée; et, par la tension des. gaz qui infiltrent le tissu cellulaire , la partie frappée de gangrène acquiert des proportions monstrueuses.
Telle est cette dernière phase du mal dans le cas d’issue fatale. Voici maintenant quelles modifications elie présente quand le malade revient, après avoir touché aux confins de la vie; pour mieux dire, alors il n’existe pas de quatrième période, la maladie est arrêtée. Les phénomènes qui ont lieu, dirigés dans un but tout différent, composent un ordre nouveau, et on pourrait les appeler de réparation.
Un cercle inflammatoire d’un rouge vif, avec chaleur de la partie
et battemens, entoure l’escharre ; le gonflement diminue, le pouls sc soutient ou se relève, les forces se raniment. Quelquefois un léger
mouvement fébrile se déclare, accompagné d’une douce transpiration ; l’escharre , détachée par la suppuration qui commence vers ses bords , tombe et découvre le vide qu il faudra combler.
Ch aussier passe en revue la série des tempéramens sous le rapport des variations qui en sont la conséquence. Chez les sujets, dit-il, pleins de force et de vigueur, d’un tempérament sanguin , la maladie s’arrête facilement au commencement de la troisième période. L’eschaire est sèche, les phénomènes inflammatoires prononcés, et la suppuration s’établit d’ordinaire avant que les accidens intérieurs aient eu le temps de se développer. Cette espèce est plus particulière aux jeunes gens.
Chez les personnes bilieuses, à fibre peu humide, l’escharre est
souvent très-étendue, l’aréole vésiculaire parsemée de diverses couleurs, l’inflammation environnante se rapproche de l’érysipèle. Ce
sont les caractères de la pustule qui atteint les adultes.
Chezles personnes lymphatiques, l’affection, marchant d’abord plus lentement, semble moins maligne; mais plus tard elle peut devenir tort grave. L’engorgement du tissu cellulaire est plus étendu, l’esçharre proémine quelquefois -gu-dessus des tégumens: la suppuration,
qui est séreuse, s’établit plus difficilement; enfin ce sont les caractères de l’œdématie. Les femmes et les vieillards en fournissent les exemples.
Il arrive quelquefois que les malades présentent au début un état saburral des premières voies. Dans ces cas , l’émétique aufa de bons effets , et l’on pourra revenir à son administration si les circonstances l’exigent.
Enfin, si la constitution se trouve détériorée par un vice quelconque , s’il y a dissolution du sang comme chez les scorbutiques, si les organes digestifs sont malades, tout est réuni pour aggraver l’affection. Quelquefois, dès le début, la partie se gonfle énormément. 11 y a d’autres cas où, les deux premières périodes parcourues sans accidens, tout à coup la malignité se développe. L’aréole vésiculaire est tantôt d’une couleur livide, plombée, semblable à une ecchymose; tantôt d’un rouge vif éclatant, mais toujours très- disposée à la mortification ; l’escharre est molle, et, si l’on y pratique des incisions, des hémorrhagies ont lieu avec la plus grande facilité. Un véritable anthrax peut survenir à la partie même déjà affectée ou dans le voisinage. La gangrène se renouvelle à chaque pansement , tend à faire des progrès , et , si elle vient à se limiter, la suppuration est difficile et longue.
Chez les femmes enceintes, si la maladie se déclare, l’avortementen est souvent le résultat, et la perte de sang qui en est la conséquence est presque toujours fatale.
La circonstance du siège a la même importance que pour le charbon, où nous en avons parlé. Nous dirons seulement ici que le tissu cellulaire étant en quelque sorte le champ d’exploitalion de ces gangrènes, partout où ce tissu existera abondant et lâche, les rayages seront plus profonds, plus étendus, et la suppuration plus difficile à tarir.
L’escharre, qui est le plus communément de la grandeur d’une pièce de vingt-quatre sous , dit Chaussiez , comprend quelquefois une
étendue de plusieurs pouces; elle peut aussi envahir les muscles euxmêmes , ordinairement respectés.
Que faut-il penser de 1<^ prétendue pustule maligne interne, que quelques auteurs se croient fondés à admettre? Si l’on examine les faits qui ont pu donner existence à cette variété , savoir, les ouvertures de corps de Fournier „ et celle rapportée par Reydhllet, d’après Viricel de Lyon , on trouve ces faits bien peu probans, 11 faut donc attendre, sur ce sujet, le résultat des observations modernes, si rigoureusement conduites.
Traitement. Pour le diriger convenablement , deux indications principales se font reconnaître ; borner l’action du virus dans le plus petit espace possible; combattre les accidens tant locaux que généraux qui peuvent etre occasiones par sa présence et celle de la gangrène, qui s’est déjà établie.
La première indication existe à toutes les périodes du mal, et, bien que Ion puisse se servir du même moyen d’y satisfaire, on suit pour l’appliquer dans chacune d’elles des procédés différons.
Pour isoler le virus et la partie qui en est déjà pénétrée, quelques praticiens n ont rien vu de plus simple que de pratiquer l’extirpation ; mais cette méthode cruelle et dangereuse, qui serait tout au plus excusable dans les premiers instans, est aujourd’hui justement abandonnée.
Le cautère actuel et les caustiques sont les moyens auxquels on a recours. Parmi les derniers, il faudra choisir ceux qui par leur absorption ne sont pas de nature à déterminer des effets nuisibles. Le beurre d’antimoine est le plus usité ; toutefois , comme il est sujet à se décomposer, quand l’escharre est molle et les parties engorgées de fluides, il faudra dans ce cas lui préférer l’acide hydroehlorique concentré ; mais le fer rouge , si employé par les anciens , que les modernes commencent à remettre en honneur, me semble mériter le plus de confiance. On n’a pas à craindre qu’il abandonne des molé-
cules délétères, et il pénètre sûrement et profondément; enfin il a l'avantage de se trouver partout.
Première période. On coupe la vésicule si elle existe encore, et la sérosité quelle contenait étant bien essuyée, on applique sur le point affecté gros comme un pois du caustique que Ton a choisi, ou bien on touche légèrement avec un bouton de feu. Quel que soit celui de ces deux agens que l’on ait employé, il modifie presque subitement lapustuleety produit sur-le-champrinflammation. Un léger plumasseau de charpie, un emplâtre adhésif et un bandage qui ne comprime point, formeront tout le pansement. Après cinq ou six heures, l’effet du caustique est produit et l’on doit lever l’appareil : on trouve une escharre sèche de la largeur d’un denier ; si elle comprend toute l’épaisseur de la peau, s’il ne s’est point formé autour d’elle d’aréole vésiculaire, s’il n’y a pas de dureté, on peut espérer avoir jugulé la maladie. On panse avec un digestif animé, ou la thériaque, quand on n’a rien de mieux, avec de la crème fraîche, le beurre ou toute autre substance analogue. L’escharre tombe du cinquième au huitième jour. On traitera comme une plaie simple la plaie quelle met à nu.
Deuxième et troisième périodes. Pour ouvrir une voie au caustique, il faut diviser l’escharre jusqu’aux chairs mourantes, prenant garde que les incisions n’atteignent le vif, car elles aideraient aux progrès de la gangrène et pourraient provoquer une hémorrhagie, très-fâcheuse complication. Le cautère actuel ou le pinceau chargé de caustique est porté dans chacun des sillons que l’on a pratiqués; on recouvre ensuite la tumeur avec des bourdonnets trempés dans le même liquide; par-dessus on met de la charpie, et le tout est maintenu par un bandage. Au bout de quelques heures on lève l’appareil, et l’on panse avec le digestif animé ou le styrax. Les pansemens seront renouvelés deux fois par jour, jusqu’à ce que se fasse la séparation du mort d’avec le vif.
Quatrième période. Si elle n’est que l’heureuse terminaison de la maladie, il n’y a rien à faire qu’à attendre la chute de l’escharre; si celle-ci est soulevée par du pus , on fera bien de l’inciser; si elle est molle , gorgée de fluides, et quelle adhère peu , on doit en emporter les lambeaux.
Si la gangrène ne se borne pas , le gonflement augmentant , il faudra encore recourir à la cautérisation, quelque peu efficace qu’elle soit à cette période. Parmi les caustiques on prendra le nitrate d’argent, et mieux l’acide hydrochlorique concentré; on applique ensuite un cataplasme fait avec du kina en poudre et de l’eau-de-vie camphrée; par-dessus des compresses trempées dans une décoction antiseptique. Cet appareil est renouvelé toutes les six heures, jusqu’à ce que les chairs commencent à s’animer ; alors on se contente d’un plumasseau imbibé de décoction de quinquina : on continue ^ jusqu’à ce que l’escharre se détache.
11 ne faut pas croire que la règle de conduite que nous venons d’exposer doive être suivie dans toute sa rigueur et comme condition unique de salut , toutes les fois qu’appelé près d’un malade on a cependant reconnu la pustule maligne. Il y a plus d’un exemple, en effet , de guérison par de simples applications irritantes. Tel est un cas observé par M. le professeur Velpeau , où le malade , pour une pustule développée à l’avant-bras , n’avait fait autre chose que se frictionner la partie avec du jus de citron : depuis son entrée à l’hôpital, îe ma! étant tout à fait borné , on ne crut devoir rien employer de plus actif. Un autre malade, entré dans le même service peu de mois après le malade précédent, qui présentait une de ces pustules à la jambe droite et deux à l’avant-bras , fut aussi traité avec succès par M. Velpeau, au moyen de simples lotions de jus de citron étendu, et d’une compression modérée. J’ai également vu , dans le service de M. le professeur Roux , une pustule maligne qui siégeait au cou , sur un jeune homme, ne pas plus affecter, en apparence, les parties voisines et toute l’économie que n’eût fait une mouche de taffetas d’Angleterre; on observait seulement autour un petit liseré rosé qui annonçait que
la séparation de l’escharre allait avoir lieu. En présence d’une telle bénignité de symptômes, on se garda de s’immiscer dans le travail silencieux de la nature. Comme topique , un plumasseau de charpie sèche fut tout ce que l’on employa , tandis que le régime alimentaire était celui des convalescens. 11 est important de noter qu’à l’entrée du malade, la pustule était arrivée déjà à la fin de la seconde période, qui ne fut point ensuite dépassée.
Ainsi devrait-on se comporter dans les mêmes cas seulement, ayant toujours , au contraire, en vue de se prémunir contre les accidens les plus graves, que l’on doit considérer comme possibles quand on traite la maladie à son début.
Deuxième indication. — Accidens locaux. Ils consistent dans la douleur et le gonflement. Pour les combattre, malgré la froideur de la partie , M. Régnier conseille, si le sujet est fort et encore dans les premières périodes, l’application de dix , vingt , trente sangsues , et plus, posées à distance de la tumeur, et en évitant les points rougis, érysipélateux.
Une pratique aussi éloignée de celle des auteurs, qui presque tous ne sont préoccupés que de venir au secours de l’organisme impuissant, s’appuie cependant sur des faits ; c’est à une expérience plus multipliée de prononcer sur sa valeur. M. le professeur Sanson fait entourer le membre de compresses trempées dans l’infusion légèrement stimulante de fleurs de sureau. Que l’on emploie ces fomentations ou d’autres , il faut avoir soin de les entretenir chaudes, afin de s’opposer à l’abaissement de température qui a lieu dans la partie malade.
Accidens généraux. Souvent aucun ne se manifeste, et alors de simples boissons acidulées pourront tenir lieu de tous médicamens. Une petite quantité d’alimens pourra être permise au malade, en le faisant abstenir de vin et de liqueurs stimulantes. Dans les cas ordinaires, la fièvre survient vers la troisième période; plus tard apparaissent tous les symptômes du typhus. Un état général aussi grave détourne
sur lui seul toute l’attention du médecin, et réclame de sa part les moyens les plus énergiques.
11 est probable que, dans ce cas comme dans bien d’autres, on a stimulé et tonifié beaucoup d’adynamies inflammatoires. En effet, l’anatomie pathologique des animaux morts d’affections charbonneuses, sinon celle des mêmes maladies chez 1 homme, encore trop peu satisfaisante , fait voir que les principaux viscères ont été enflammés pendant la vie. Les émissions sanguines ont donc peut-être quelquefois leur indication, d autant plus qu’on peut leur supposer plus d’une manière d’agir. D’après MM. Leuret et Hamont > qui ont expérimenté sui le sang charbonneux, la saignée ne serait efficace qu’en enlevant à la ciiculation une portion de ce fluide altéré et corrompu. M. Régnier a publié des faits qui prouveraient directement l’ulilité de cette pratique; mais ces faits, trop peu nombreux encore pour établir une conviction, attendent le jugement d’autres expérimentateurs.
S il est vrai que l’on ait abusé des toniques, l’excès contraire, qui consiste à tout accorder à l’irritation, ne serait pas moins nuisible; il faut redouter d enlever a la nature ce qu elle a besoin de forces pour réagir contre les effets septiques du virus. La nécessité des excitans a été trop bien sentie par tous ceux qui ont traité de la maladie, pour que l’on se dispense jamais d’y avoir recours. Leur emploi, dans un grand nombre de cas, doit être considéré comme une règle éprouvée. Il faudra donc, sans perdre de temps, mettre en œuvre ces moyens, en proportionnant leur énergie sur l’état présumé du canal digestif. Le vin, le quinquina, l’acétate d’ammoniaque, le camphre, sont ceux que l’on administre de préférence. Sans doute, l’opportunité de ces médications contraires dans le cours du même traitement ne sera pas toujours facilement devinée par le médecin ,
mais c’est là une question qui se retrouve partout dans la thérapeutique.