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lion ; ce sont deui parties de la preuve d'une vérité, ou plutôt de deux vérités, savoir: d'abord de la divine mission de celui qui fait la prophétie, et ultérieurement et conséquemment de la certitude de ce qu'il dé«clare de la part de Dieu. Toute cette objec^ tion est fondée sur Féquivoque des mots dé* pendre elproui^er. La prophétie et sa réalisation dépendent Tune de l'autre , non pour exister, non pour être connues, mais pour former conjointement une démonstration , laquelle , par l'absence de l'une ou de l'autre, serait incomplète. La prophétie prouve par son accomplissement, et l'accompliâernent prouve par la prophétie qui en avait été faite, tme troisième chose, mais elles ne se prouvent pas réciproquement : la conformité de l'é* vénement à la prédiction est bien pour nous un signé que la prédiction est venue de Dieu; mais ia prédiction antérieure n'est pas ce qui nous montre que l'événement est l'œuvre divine. Nous sommes assurés d'ailleurs que ^tous les événements sont réglés par la souve^ raine providence.
XVI. De tout ce que nous venons d'ex«poser , il résulte que la prophétie forme une preuve solide d'une religion , quand on est certain de quatre choses : que la prédiction a été faite avant l'événement; que l'événe*-
SUR LES PROPHETIES. il
ment y a exactement correspondu ; que cet événement n'avoit pas pu, du temps de la prédiction , être prévu d'après des causes naturelles ; et enfin que le concours de l'évé- Rement avec sa prédiction ne peut pas être un effet du simple hasard.
XYII. Un déiste célèbre prétend que pour être assuré des deux premiers points, il faut avoir été personnellement témoin et de la prédiction et de son accomplissement, «c Je u dis premièrement que je n'ai pas plus en- « tendu de prophètes que je n'ai vu de mi- « racles. Je dis de plus qu'aucune prophétie (Il ne saurait faire autorité pour moi, ....« « parce que pour qu'elle la fit, il faudrait M trois choses dont le concours est impossi- « ble ; savoir, que j'eusse été témoin de la ce prophétie; que je fusse témoin de l'évé- « nement; qu'ilmefûtdémontréquecetévé* « nement n'a pu cadrer fortuitement avec « la prophétie m (5i). Ainsi, pour croire à une prophétie qui ne doit s'accomplir qu'après plusieurs siècles , il voudrait vivre tout ce temps-là. Mais où a*t-il pris le principe de soa raisonnement, qu'on ne peut être assuré que de ce qu'on a vu ou entendu soimême? Si dans un écrit que je sais positivement être de tel auteur et de telle date , je lis l'annonce d'un fait qui- doit arriver
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dans les temps postérieurs, ne suis-je pas aussi certain qu'on puisse Têtre de la réalité de la prédiction? Si ensuite, dans d'autres histoires dont je connais pareillement Tauthenticité et la vérité, je vois que le fait annoncé est arrivé précisément de la manière dont il avoit été prédit , n'ai-je pas encore la certitude entière de l'accomplis-^ sèment? Pour nier ces vérités évidentes, il faut prétendre, de ces deux absurdités, l'une: ou qu'il ne peut pas y avoir d'écrits authentiques, ou qu'il n'existe pas de certitude morale. Je crois avoir suffisamment établi , dans les dissertations précédentes, les principes sur ces deux points ; il est inutile de répéter ici ce que j'ai dit ailleurs.
On peut assez aisément être certain , par des monuments historiques , de ces deux premiers points; savoir, de la réalité de la prédiction, et de la correspondance de l'événement. Mais ce n'est pas assez pour croire à la prophétie divine; il faut encore être certain des deux autres points ; et sur cela il s'élève deux questions, lo Peut-on avoir une assurance positive que l'événement qui cadre avec la prédiction n'avait été ni prévu naturellement ni prédit au hasard ? lo Quels sont les événements sur lesquels on peut avoiï cette certitude absolue?
Xyni. Pour r^>ondre à la première de ces questions , nous observerons qu'il y ^ des choses auxquelles la prévoyance humaine ne peut atteindre. L'expérience, dont l'autorité relativement aux puissances naturelles est suprême quand elle est constante et universelle, sans exception, nous montreque toutes nos facultés, soit corporelles soit spirituelles, sont limitées. Sans fixer précisément leurs bornes dans chaque individu, elle nous apprend que dans tput individu elles ont des bornes. De même qu'elle nous montre dans l'ordre physique, qu'aucun homme, quelque fort qu'il soit, ne peut porter sur -ses épaules une maison; de même elle nous apprend, dans le genre moral, qu'il y a des événements futurs que-la sagacité humaine ne peut pressentir, parce qu'ils sont tellement éloignés de toute probabilité, de toute circonstance actuelle, de toute idée reçue, et même de toute possibilité apparente, qu'il est impossible de les prévoir, et même de les imaginer. A moins d'être Dieu , on ne peut pas prévoir, comme devant exister, ce qu'à moins d'être Dieu on ne peut pas regarder comme possible*
XIX. La même expérience nous prouve encore qu'il y a des combinaisons d'événements qu'il serait insensé d'attribuer au ha-
sard , et dont il serait également insensé de penser qu'ayant été légèrement prédites, elles se sont arrangées fortuitement et d'ellesmêmes , conformément à la prédiction. De ce que des couleurs tombées à Faventure sur une toile auront pu présenter l'esquisse imparfaite d'une figure, quel homme sensé, voyant un tableau de Raphaël ou du Titien, imaginera qu'il est le produit de couleurs je^ tées au hasard et sans dessein (5 2)? De même, de ce qu'un diseur de bonne aventure aura pu un jour rencontrer juste sur un fait simple, possible 9 et qui n'était pas hors de la vraisemblance , on ne peut pas raisonnable* ment inférer que des événements détaillés ^ compliqués, invraisemblables, difficiles à produire et même à inventer , ont été prédits par un diseur de bonne aventure.
XX. Quant à la seconde question , nous répondrons qu'il y a plusieurs sortes d'accomplissements de prédictions, qui ne peuvent éti*e ni les résultats d'une prévoyance naturelle, ni les effets du hasard aveugle. Pour présenter sur ce point important de notre discussion quelque choàe de précis, nous rapporterons ces faits prédits et arrivés à trois classes principales.
En premier lieu, les faits de l'ordre surnaturel, tels que les mirades^ ne peuvent pas
être prévus^par leurs causes naturelles, puisqu'ils n'ont point de causes de ce genre, et qu'ils sont les effets immédiats de la cause surnaturelle : on ne peut pas non plus imagi« ner qu'ayant été prédits au hasard, ils aient é(é , par un autre hasard, effectués , précisément les mêmes et de la même manière qu'ils avaient été annoncés. Par exemple , quand on lit les nombreuses prédictions dont nous avons déjà eu occasion de parler, sur l'établissement du christianisme par les moyens les plus opposés à tous ceux qui peuvent fonder une religion , et qu'on les voit ensuite toutes ponctuellement réalisées , peut - on , avec quelqu'apparence de raison , attribuer à un cas fortuit ce concert de tant de prophètes séparés les uns des autres par l'intervalle des siècles, et le rapport exact de tous les événements avec leurs diverses prédictions?
En second lieu, quand la chose prédite n'est pas hors de l'ordre naturel , mais est tellement éloignée de toutes les circonstances actuelles, que rien ne peut en donner le soupçon, et qu'elle dépend d'un concert de divei'ses causes ou nécessaires ou libres , ou physiques ou morales , qui sont ignorées, il est évident que ni la prédiction ne peut être imputée à une cause naturelle , ni l'accomplissement ne peut être attribué au ha-
sard. Telles sont, par exemple , les destinées futures et lointaines des empires. Elles tiennent de causes si multipliées, que Tesprit ne peut pas toutes les embrasser; si variées , qu'il ne peut pas toutes les imaginer; elles dépendent de volontés libres d'hommes qui n'existent pas encore , qu'il est , par conséquent, impossible de juger. Ces causes diverses devant agir les unes en même tem|)s , les autres successivement, et quelques-unes à de grandes distances de temps ; les unes en même sens, les autres contradictoirement; quel esprit humain peut d'avance les soupçonner touties sans exception , et suivre F influence de chacune d'elles ? Il n'y a que la cause première qui commande , qui règle, et qui fai jt concourir au même effet toutes causes, qui puisse connatU*e et prévoir leurs résul^ tats. 11 est également ridicule de regarder comme un effet du hasard le concert étonnant entre ces vastes prédictions et leur réalisation. Le hasard ne produit pas une suite de rapports aussi étendus, aussi multipliés et aussi eJiacts. Quand Daniel prédisait l'établissement et la destruction successive des quatre grands empires , entrait-il dans l'es* prit de qui que ce soit qu'il eut une connaissance naturelle de toutes les causes secondes qui devaient influer sur ces grands événe-r
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ments ? Quand , plusieurs siècles après lui, on voyait ces révolutions se succéder , précisément comme il les avait annoncées , y avaitil un homme raisonnable qui soupçonnât que ce pouvait être le hasard qui faisait cadrer aussi exactement l'accomplissement avec la prédiction ?
En troisième lieu, le fait annoncé peut n'être pas éloigné' de la vraisemblatice , peut même être absolument prévu par la lumière naturelle ; inaia il a été prédit avec une multitude de circonstances diverses très-détaillées, etbien nettement exprimées; decirconstances que rien ne donnait lieu de présumer, et qui viennent ensuite s'effectuer avec une entière exactitude. Je dis que ces circonçtances, par leur multiplicité, par leur variété, par leur improbabilité, n'ont pu ni être prévues naturellement, ni être réalisées dans leur totalité par hasard. L'événement principal est un fait qui, s'il était isolé, aurait pu être imaginé d'avance, ou arriver fortuitement ; mais les particularités qui y sont jointes sont autant de faits différents, que leur ensemble, leur réunion, leur con« cours au même effet, met au-dessus et de la prévoyance humaine et des combinaisons de la fortune. Samarie, assiégée par le roi de Syrie , est réduite à une extrême famine ;
le roi Joram et tout $on peuple sont dans la dernière désolation; Elisée annonce, au nom de Dieu, la levée du siège. S'il se fût l)Orné à cette prédiction, on pourrait croire qu'il avait quelques connaissances particulières qui lui faisaient préjuger cet événement. Mais il ajoute que demain, à Vheure actuelle, la mesure de farine et deux mesures d'orge , ne se vendront , à la porte Ae Samarie , qu'un statère. Un oiEcier refusant d'ajouter foi à cette prophétie, il lui déclare qu'il verra de ces propres yeux ce bas prix des denrées; mais qu'il n'en mengera pas (53). Pottvaît-il prévoir par ces propres con-naissancfs toutes ces particularités? Le liasard pouvait^il en amener la réunion ? Il a fallu, pour que la prédiction fût accomplie, qu'une terjpeur panique ârappàt les assiégeants et. les mit en fuite; qu'ils abandonnassent toutes leurs provisions que l'abondance de ces provisions; mit la Carine et l'orge précisément au prix annoncé ; que l'oSpier incrédule fut chargé par le roi de mettre l'oxydjre à la porte où se vendaient les comestible^, et qu'il y fàtéloufië par la foule du peuple : une combinaison aussi compliquée, ausAÎ détaillée, ne pouvait être ni l'objet de la prévoyance ni l'effet du hasard. Avant de passer à la discussion des pro-r
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phéties, soit de Fancienne, soit de la nouvelle loi, qui prouvent la divinité de la religion chrétienne , il est nécessaire de prévenir deux objections que font ses adversaires sub la prophétie en général.
« XXL C'est un fait, disent-ils, qui ne n peut être contesté , que tous les peuples de n tous les temps ont cru aux prédictions, « (54) et les ont attribuées à leurs divinités» a Si on en doutait, il suffirait, pour s'en con- « vaincre, de parcourir le traité de Cicéron « sur la divination. Dana le premier livre , c( sous le nom de son frère Quintus , il rap- « porte toutes les manières de prévoir l'avefc nir , et s'efforce de prouver , selon la docce trine des stoïciens , que les dieux peuvent « et doivent communiquer aux bommes , la « connaissance de l'avenir (55). Dans le se- «t cond livre , parlant en son propre nom , il «c réfute tout ce qu'a avancé son frère , et préce tend que toutes les nations sont dans l'er- « reur k ce sujet. Que peut-on donc, ajou* «c tent les incrédules, conclure des propbé- « ties eu faveur d'une religion , qu'on ne « puisse de même en conclure pour les au- •c très ? C'est une preuve qui est commune à « toutes , puisque toutes ont leurs oracles. « Les aruspices , les augures, les prophètes, « tout cela se ressemble. Entre ce fatras de
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n prédictions , on ne doit pas faire plus de K cas des unes que des autres ».
XXn. C'est un absurde raisonnement , et tout le monde en conviendra sans difficulté , de dire : il a été publié de faux principes mo-^ raux, de faux arguments, de fausses histoires , donc il n'y a pas de vrais principes , de vrais arguments , de vraies histoires. Ce que l'on propose ici est précisément le même rai* sonnement. On a vu de fausses prophéties ; par conséquent il n'y en a pas de véritables. C'est, au contraire, parce qu'il a existé de vraies prophéties , qu'il en a été présenté de fausses. La manière ordinaire dont se produit l'imposture est de contrefaire la vérité.
La question n'est pas de savoir si les autres religions ont eu leurs prédictions; il s'agit d'examiner si les prédictions de ces religions sont revêtues des mêmes caractères que celles du christianisme. Il ne suffit pas de dire que les aruspices et les augures ressemblent ^ux prophètes ; il faudrait le prouver. Dans le fait entre les uns et les au très , il n'y a qu'un trait de ressemblance , c'est qu'ils prédisaient des choses futures: ils diffèrent sur tout le reste.
D'abord il est évident, et nos adversaires n'en disconviendront pas , que les aruspices et les augures , étaient les ministres de l'idolâtrie, laquelle, aux yeux de la simple
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raison et de l'aveu même des incrédules, est une religion absurde. Les prophètes au contraire enseignaient l'unité , la puissance ^ la justice , la bonté , toutes les qualités que la raison est forcée de reconnattre en Dieu.
Ensuite très -souvent ce qu'annonçaient ces prétendus connaisseurs de l'avenir , ne se réalisait pas , et les plus superstitieux défenseurs de la divination en convenaient (56) < Une seule prédiction non effectuée démontre que celui qui l'a faite, n'est pas l'organe de la Divinité. Que l'on cherche dans tous nos livres saints , une seule prophétie qui n'ait pas eu son accomplissement ?
Les augures 5 les aruspices , n'avaient rien à ci*aindre du mauvais succès de leurs pré« dictions. Pai'mi les Juifs , le faux prophète devait être mis à mort (5 7), et le faux prophète était, comme nous l'avons vu, celui dont la prédiction n'était pas vérifiée par l'é* vénement.
Les oracles, de quelque genre qu'ils fussent, avaient, pour objet, toujours de satisfaire la curiosité de ceux qui les consultaient , et presque toujours de flatter leur vanité , leur ambition, leurs passions. Les prophètes juiis ne donnent rien à la cui*iosité du peuple à qui ils parlent ; ils ne le flattent pas , au contraire, ils le reprennent avec sévérité
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de ses passions et de ses crimes ; ils lui annoncent souvent des fléaux et des misères ; et quand ils lui promettent des prospérités , c*est à condition qu'il les méritera par sa piété.
Nous aurons occasion , dans le chapi tre suivaut , d'observer une autre différence importante entre les oracles du paganisme et les prophéties de F Ancien Testament. C'est que ceux-là sont en petit nombre, relatifs chacun à un seul point , n'ayant aucune suite et ne tenant à rien. Celles-ci sont extrêmement multipliées ; c'est une quantité de prédictions toutes relatives au même objet , au Messie et à sa religion, et qui sont intimement liées à toute l'histoire judaïque.
XXIII. « Mais, et c'est la seconde objeccr tion , le démon peut faire des prophéties : •clés pères de l'Église en conviennent ; ils <c lui attribuent la plupart des oracles du ce paganisme. Si la prophétie* peut être le «c langage du démon , comment peut-on y « reconnaître avec certitude la parole di- « vine? M
XXIV. C'est une question qui partage les savants de décider si les anciens oracles du paganisme que l'on rapporte , étaient to»s des impostures humaines , ou si quelquesuns étaient des œuvres diaboliques. Vandale et Pontenelle , d'un côté , ont soutenu qu'il
n'y avait dans toutes ces prédictions , que des fourberies de préti^es intéressés. Le P. Balthus , et M. seigneur de Gorrevon , ont prétendu au contraire , que parmi ces oracles , il y en avait dont le démon était au* teur. Ce ne sont pas seulement les auteurs modernes qui sont partagés sur cette question. Si parmi les saints Pères on en trouve qui attribuent au démon divers oracles , on en voit d'autres qui les traitent tous de fables et d'œuvres de Timposture : tels sont y. entr'autres , Ta tien (58) , saint Clément d'Alexandi'ie (Sg) , Origène (60) , Eusèbe (61), saint Jean Chrisostome {62) , saint Jérôme (63). Entre les philosophes même de Tantiquité , il y avait plusieurs sectes , spécialement celles d'Épicure etd'Aristote, qui traitaient de mensonges et de friponneries , tous les oracles que le peuple vénérait. Nous avons vu que dans le second livre de son traité de la divination , Gicéron réfutant les diverses manières alors usitées , de prédire l'avenir, montre qu!il n'y a , dans tout cela , que fraude et artifice. Hais au reste , nous n'avons pas intérêt d'entrer dans cette discussion : il nous importe peu que le démon ait fait ou n'ait pas fait des prédictions; que ces prédictions se soient ou ne se soient pas réalisées. En admettant , si on le veut , et
de complaisance, qu'il en fait de telles, nous dirons d'abord que nous ignorons la mesure de connaissances que Dieu a données au dé^ mon sur les choses de ce monde : ainsi , il serait possible que par ses lumières natu-» relies , il prévit des événements futurs , auxquels les nôtres ne peuvent atteindre. Cependant il serait , dans cette hypothèse , im-^ possible de lui accorder la prévoyance des choses qui dépendent de volontés libres sur lesquelles il n'a point de puissance et qu'il ne peut pas connaître. Au reste , quelles que soient les choses que ses lumières naturelles lui font prédire , ce ne sont pas là , ainsi que nous l'avons exposé , des prophéties : nous dirons ensuite sur les prophéties, ce que nous avons dit sur les miracles. Si jamais le démon peut en faire de l'ordre surnaturel , ce n'est que par une permission particulière de Dieu : mais je suis certain que Dieu ne lui permettra pas d'en faire de telles , sans me donner un moyen de découvrir leux* au-* teur. Dieu n'autorise point des prodiges pour accréditer le mensonge : il doit , à lui-même , à ses divins attributs, à sa véracité, à sa bonté, même à sa justice, de prévenir l'erreur funeste où ils entraîneraient.