‹ Dissertation sur les Tingling dont parlent les livres chinoisChapitre 1 sur 3 · A LAQUELLE DOUTAIT LE WOM. DE CEHTAUBE» DANS L ANTIQUITE · texte numérisé non relu

A LAQUELLE DOUTAIT LE WOM. DE CEHTAUBE» DANS L ANTIQUITE

De l'existence des peuples réputés fabuleux. — Erreur de M. de Humboldt.— Importance des livres Chinois, pour l'histoire étrangère. — Figure des hommes à pieds de chevaux. — Les centaures sont les Ting-ting de la Chine.— Origine de cette fable grecque. — Ce sont des Scythes,— Du ccutaure Chiron. — De sa race et de son histoire.

Beaucoup de personnes pensent que tout ce qui nous est rapporté par les anciens des Centaines, des Àrimaspes 9 des Gryphons , des Amazones , est entièrement fabuleux ; et malgré son esprit pénétrant, M. le baron de ffumboldt aussi a nié l'existence de ces nations célèbres, dans son dernier ouvrage, sur V Histoire de la découverte de C Amérique.

M. de Pai'avey, l'année dernière, lui a écrit à Berlin , qu'il admettait, au contraire, que des peuples puissans et existant encore, en Asie et en Europe, avaient porté ces noms purement hiéroglyphiques; et il lui annonçait, que, soit par les cartes géographiques, soit par les descriptions étendues que nous offrent les livres du Japon et de la Chine, il pouvait même assignera quelles nations actuelles, ces noms symboliques avaient été autrefois appliqués.

M. de Paravey a lieu de croire, que par cet avertissement et par les preuves qu'il donnait à M. de Humboldt* de l'existence de ces'prétendus peuples imaginaires, il a puissamment modifié les idées do ce savant voyageur : il a lieu de penser que dans ce moment M. de Humboldt s'occupe de ces nations elles -.mêmes,

k DISSERTATION «UR LES CJSNTAURES.

et cela d'après les livre* dont M. de Paravey lui indiquait l'exis* tence , et lui demandait d'ob)tenir la traduction, aux frais de tf. M. le roi de Prusse, ou par la munificence de l'empereur de Russie.

11 est honteux pour la France, que ces livres admirables, composés par les ordres des illustres souverains M a ut choux, tels que les Kang-hi et les Kien-long, et écrits pour ainsi dire sous leurs yeux, ne soient pas encore traduits, malgré que 4e saints et savans missionnaires, au milieu de leurs œuvres apostoliques à Péking, enssent pris soin , il y a plus de cent ans , de nous les envoyer.

Un seul homme, le docte et honorable M. de Guignes, le père, en a fait un assez fréquent usage, dans sa savante histoire des flum. M. Remusa t en a tiré les détails iroportans mais arides*, qu'il a publiés sur V Histoire de Khoten, royaume ancien, au nord de l'Inde, et sur le royaume de Camboge.

Depuis, si on en excepte M. de Paravey, qui les a montrés et expliqués à de savans voyageurs, et au colonel Filz-Clarence, maintenant lord Munster, ces livres ont été à peine consultés.

On nous a traduit des romans, d'insipides nouvelles, mais aucun ministre éclairé n'a ordonné la traduction complète .du Pian^y-tun, ouvrage fort étendu , orné de belles gravures , qui ne traite que des nations étrangères à Ja Chine, et qui seul peut éclairer les traditions altérées et trop modernes des Grecs et des Romains.

M. de Paravey, depuis sou voyagea Londres, en i83o, s'occupe de ces études importantes , pour lesquelles il n'a trouvé de secours jusqu'à ce jour, que dans son propre courage : il a rapporté de Londres et d'Oxford des cartes calquées sur le chinois et le japonais , des pays de toutes les nations de l'Asie centrale, oh nul voyageur n'a pénétré depuis Marc-Paul.

Il <a fait plus encore, il a calqué, dans le Pian-y-lien et dans les Encyclopédies Japonaises et Chinoises , les figures plus ou moins symboliques et caractéristiques de tomes ces anciennes nations, dout Hérodote seul nous parle avec quelque vérité.

Ces figures sont accompagnées d'un texte fort court, mais qui doit remonter ft une haute antiquité; et il est inouï que

D1MSHTATI0N MU LIS CSNTAUULS. S

©es textes eux-mêmes , jusqu'à ce jour, iraient pas clé traduits et publiés avec les dessins qui les accompagnent, et que la Société de Géographie de Paris en ait méconnu l'importance.

Les Annales de philosophie chrétienne en ont donné un fragment en publiant la figure remarquable de ce juif ou marchand du Tu Uin qui vient dans l'Empire du Milieu, soit la Perse , soit la Chine , vendre le corail rouge de la Méditerranée ' : elles vont en o(Trir un nouvel extrait, en donnant ici , pour la première fois, la figure d'un des peuples connus sous le nom de Centemrcs, dans la haute* antiquité.

M. deParaveya adressé à la Société Royale de géographie de Londres, ce même calque que nous publions ici., et Ta aussi communiqué à l'Académie des Sciences de Paris, dan» la séance du 8 juillet dernier. Mais à Paris» on a feint de ne pas le comprendre, on a à peine mentionné sa communication assez étendue, et dans laquelle nous puisons les détails que Ton va lire, sur la nation antique des Ting-ling, nation cavalière par excellence*, et qui fut à la fois la tige des anciens Sarmates, et celle des Polonais et des Russes actuels.

Le dessin que nous en publions est tiré de V Encyclopédie Chi~ noise, p. a?, Uv. mi.

Fait par un dessinateur peu exercé, la tête seule peut avoir quelque vérité jet l'on doit yrcmarquer la barbe, les moustaches, et surtout les cheveux se bouclant sur le col, ce qui n'a jamais lieu, daus la race Mongole ou Chilienne proprement dite, race dont les cheveux sont rares, durs, noirs, et droits comme des baguettes.

De cette tête on peut conclure, quoique le texte fort court ne le dise pas, que les peuples du nord de l'Asie étaient blonds, et avaient les yeux bleus.

Les mains et les bras sont , aussi bien que les jambes , fort mal dessinés; les jambes, malgré leurs sabots mal figurés, ne sont pas des jambes de bouc. » ■

D'après le texte qui accompagné ce dessin, ce sont des

1 Cet article a été inséré dans leN°70,tomexti, p. £'* 5, sous Je titre 4e: T)i$$erlation sur le Taquin ou tur te nom antique et hiéroglyphique de la Judée.

6 DISSERTATION SLR I.RS CE M TA Vit ES*.

jambes de chevaux Ma jtâj Ty n et nullement «tes jambes

de chèvre , ce qui se rendrait par Yang chèvre, suivi du

inème symbole des pieds 7'j, et ce qui aurait pu faire croire aux Satyres.

Aucune confusion n'est possible ici , d'api le texte ; mais le dessinateur inepte , voyant de longs poils À ces jambes dé quadrupède , .attribuées aux Ting-ling, aura été porté à leur donner quelque ressemblance à des jambes de botic< D'ailleurs tout doule est lové par la ligure n" a que nous donnons dan» notre planche,*;! qui offre évidemment des jambes dé cheval:

Les peuples a pieds de chèvres, dont parie déjà Hfrodoie , étaient des peuples montagnards, tels que les Arabes de l'Yémen , et les pasteurs de chèvres du Thibet ; et leur nom , formé du symbole Bouc irJiV supporté par le symbole / (y, Homme, était retracé par le caractère Kiang. qui n'a aucun rapport avec le nom des Tbig-fing , et qui s'applique , encore en ee moment, au* pasteurs du Thibet.

- Le* Tin g- lin g, au contraire, ainsi que leurs chevaux rapides^ ' faisant 5o lieues en un seul jour, dit le texte, habitaient les steppes du nord de l'Asie, et ne gravissaient pas sur tes montagnes.

Les cartes , calquées par M. de Paravey , les mettent , aussi bien que les textes qu'il a consultés , an nord des pays' de Aang-kiu , et des contrées immenses qui sont bornées au sud par' la mer Caspienne , et habitées par des peuples nomades pan excellence ; ils ont dû bientôt s'étendre , non-seulement jusqu'au Tanais ou au Z>on , mais encore jusque dans YÀsié- Mineure et la Grèce , pays parcourus, encore en ce jour, par lés tribus errantes de Turcomans et de Curetés.

Or les Amazones, dont nous parlerons peut-être incessamment, et que figurent aussi, avec un seul sein, les livres conservés en Chine , vivaient également sur les bords du Tanaïs , : fleuve où elles se baignaient , nous dit-On , et qui même fut , à cause d'elles, nommé autrefois YAmazonius.

< On conçoit donc comment les Amazones, venant attaquer Athènes, avaient avec elles un corps de Scythes, c'est-à-dire de

Qentaura ou de Cosaques. Justin 1 nous le dit formellement , et

DISSERTATION StR LkS CKNTÀUKKS: ?

nomme Pana-8agoi<e , le fils du roi ries Scythes / commandant la cavalerie auxiliaire de ces femmes intrépide?.

Le* métopes du Parthénon , et les antiques frises du temple de PhygalieY déposées à Londres au Brithh muséum , ont montré à M. de Paravey, et ces Amazones d'une admirable beauté, el ces Centaures . véritables Cosaques , aussi sauvages que ceux des armées russes , et figurés avec des faces écrasées , et mordant leurs prisonniers ou les assommant à coups de massue.

Le moine Bacon 1 lqs : décrit précisément ainsi» et donne les Amazones comme nourrissant de leur mamelle unique les Centaure* el les Minotaures„ monstres épouvantables qui les suivaient partout ; et d'après Pline , il les place dans les lieux mêmes où les livres chinois font habiter les Ting-Ung; c'est-à-dire dans le kharisme actuel. . • ,

Mais l'antiquité ne nous donne pas tous les Centaures comme féroces ; si el|e dépeint ainsi, ceux de la Thessalie et ceux que tua la belle et farouche Alalanle 4 véritable Amazone à la c/«velure naturellement blonde et magnifique '«elle nous montre aussi» j>armir los.Ceu taures, le sage et docte Chiron, qui fut La personnification d'une autre partie» de celte nation.

Savant précepteur de> Castor et Pollux , habiles dans l'équitalion ; de Palamèdc, versé dans les lettres et les sciences; d'Ulysse, rusé en politique 3 : de Thésée* vainqueur duMinotaure ; d'Achille, intrépide dans les combats ; père adoptifdu dieu de la médecine, Esculape; créateur de l'astronomie et de la sphère céleste , où il figure encore, non loin de la Croix du sud , et auprès du Sagittaire , Chiron était donc le type d'une race éclairée et policée , telle que Ta toujours été la noble nation des Slaves, guerrière et lettrée tout à la fois, et ayant porté sa langue, voisine du sanscrit, dans les Indes, aussi bien qu'à Haguse et en Italie , pays également conquis par elle.

El en effet, Ovide nous appreiul que la belle Ocyrhoè, savante

1 Dans fiergeron, 1. 11, p. xi.

tv.yvX\ âpoc , x«t fxnpûmt', • zaX'^v yvTs'o; tpyrrj y yj'it'J:. Elicn , llistûires dît. I. xui\ c. 1.

. 5 Sur une cornaline' du cabinet du' roi , le piteûs ou casque d't/lysse , est orné de deux centaures ; u»ycz n° U.

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