‹ Dissertation sur les Tingling dont parlent les livres chinoisChapitre 3 sur 3 · DISSERTATION SUR LES CENTAURES · texte numérisé non relu

DISSERTATION SUR LES CENTAURES

M. Klaprolk 1 a traduit ce traité, conclu par les Chinois avec les O-lo-sse ou les Russes actuels: et, dans les commentaires qui accompagnent les textes chinois , on voit que les envoyés de ce peuple immobile, chez qui se conservent les livres assyriens et égyptiens les plus anciens , reconnaissent les O-lo-sse actuels, comme occupant le pays des antiques Ting-ling^ c'est-à-dire le nord extrême de l'Asie , et les vastes steppes de la Sibérie et de la Sarmatic.

Or il est question de ces mêmes Ting-ting, et îTs sont figurés aussi à la manière grecque la phvs ancienne, avec un corps d'homme et deux pieds de chevaux seulement, dans le Ctiun-hay-king, livre mythologique, sur les mers et les montagnes, que fait traduire en ce moment M. le marquis de Fortia; et ce livre remonte, . dit- on, a plus de 2,000 ans avant notre ère.

Depuis plus de 4*000 ans, les Russes et tes Polonais ont donc conservé, au moins dans l'écriture hiéroglyphique, ce nom de Ting-ling , dont M. de Paravey nous dévoile la valeur dans cet article, qu'il aurait pu étendre beaucoup plus, et appuyer do toutes les pièces justificatives.

Il se borne, en finissant, par observer en outre, que la sphère céleste nous offre encore, dans le système grec, et dans le système plus ancien conservé en Chine, la preuve de ces antiques noms d'hommes et de peuples appliqués aux étoiles principales du ciel.

Rien , vers le centaure , entre la croix du sud et la balance du zodiaque, ne dessine des chevaux reconnaissables , dans les étoiles; et Ton peut y supposer tous les objets possibles: et cependant, si les Grecs y ont mis leur centaure Chiron, combattant un animal féroce, et placé non loin d'un autel, type de civilisation, nous voyons également, la sphère hiéroglyphique conservée en Chine, et plus ou moins modifiée à des époques modernes, mettre dans ces mêmes étoiles, le préfet de la cavalerie et les cavaliers des chars, et d'autres types d'équitation, qui montrent évidemment, dans ces constellations, des idées de centaures et d'hippocentaures *.

1 Tome 1, p. 86, Mémoires relatifs à C Asie.

» T. x. Mémoire présenté à l'Académie des sciences, 17 81, p. 13, 20,

DISSERTATION SLR LES CENTAURES. il Le hasard, certes, ne peut produire , à des dates de plus de 3,ooo ans, et à des distances de lieux aussi grandes, des rapports aussi complets et aussi positifs.

La question des Amazones nous offrira quelque jour, les mêmes identités surprenantes, entre ce qui est dit de ces femmes héroïques, dans les livres conservés en Chine, et ce que nous en rapportent les Grecs: et , par des exemples tels que ceux ci , nous engagerons peut-être les vrais amis de la science, à ne pas supposer, que l'antiquité est un livre fermé maintenant aux efforts les plus persévérans, et surtout; à ne pas admettre les stupides négations des Dupuis, des Volney,et de toute l'école qui en dérive , et qui se croit seule philosophique.*

P, S» M. Rémusat dans les Ting-ling, voit des Samoiedes, mais si on lit dans M. de Guignes ', l'histoire de leurs guerres contre les Huns, avant et après notre ère, et celles de leurs invasions en Chine, on y reconnaîtra un grand et puissant peuple, occupant un pays de la Sibérie, nommé Ma-king, c'est-à-dire, où l'on ne marche (Hing) qu'à cheval {Ma).

Or, dans la carte des Ty , ou Scythes du nord , que donne l'encyclopédie japonaise, on place ces Ting-ling vers le lac Aral, uni à la mer Caspienne. Et dans un planisphère japonais , rapporté par Kae m pfer, publié par M. Klaproth, la Russie porte le nom de Kontouriya , ou pays des Centaures , nom que ne put expliquer M. Klaproth. Enfin, suivant le célèbre Al. de Hammer , Origines russes, les Russes asiatiques dériveraient de Thiras , ou Ros,fiIs de Japheth, et ce nom de Thiras, est celui des Taures, ou Centaures, suivant divers auteurs que cite notre docte ami.

24, Planisphère chinois traduit par M. de Guignes le fils, d'après celui du P. Noël , savant jésuite , missionnaire en Chine.

1 Notice académ. , inscript. , t. x, p, 169.

» Histoire des Huns, 1. 11 , p. 27, 72 , 74, 84, 93, 120, 347.

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