MÉDICALES
1 ° Les rhumatismes débutent fréquemment la nuit; très-souvent les douleurs qu’ils causent sont beaucoup plus fortes la nuit que le jour. II en est de même de l’otite, d’un grand nombre d’affections squirrheuses, de névralgies faciale et sciatique. Dans l’ergotisme convulsif observé par M. Janson de Lv’on, il y avait la nuit, dans les membres, des douleurs profondes et lancinantes qui ne laissaient aux malades ni repos ni sommeil; beaucoup de praticiens ont donc tort de
considérer des douleurs comme syphilitiques, par cela seul qu’élles sont plus intenses la nuit que le jour.
2 ° Il est souvent impossible de distinguer les maladies de l’axe cérébro-spinal de celles des organes qui l’entourent; assez souvent-aussi les maladies de ces organes ne peuvent être distinguées les unes des autres.'J’ai vu un double psoïtis qui se termina par suppuration, et simula successivement une myélite chronique, puis une carie vertébrale.
5° La simple congestion cérébrale peut offrir tous les caractères de l’attaque d’apoplexie.
4” Les affections organiques du cerveau peuvent être prises pour un tic douloureux ou pour une simple amaurose,
5“ L’otite interne se termine rarement par une véritable résolution, quels quesoient les moyens employés.Cette maladie est plus fréquente qu’on ne le croit généralement, si je dois m’en rapporter à ce que j’ai observé en faisant mes recherches anatomiques sur l’oreille. Sur vingthuit cadavres dont j’ai disséqué l’organe de l’audition, j’ai rencontré cinq fois cette inaladié. Dans quatre cas, la mort semblait avoir été produite par une des affections appelées , presque indifféremment , fièvres putride , ataxique, typhoïde, etc. Peut-être trouvons-nous dans ce fait la cause pour laquelle la surdité est si fréquente dans ces maladies; elle ne serait plus alors un phénomène symptomatique de l’état du cerveau, mais bien de l’altération de l’oreille. J’engage les personnes qui font de fréquentes autopsies à porter leur attention sur ce point, afin d’infirmer ou de confirmer ce que j’ai cru observer.
6° L’observation cadavérique m’a prouvé que dans la maladie dite hydropisie de l’ovaire, il est très-rare que ces deux organes ne soient pas malades à la fois, et qu’il est encore plus rare que le kyste ne ren-
ferme que de la sérosité. De ces deux faits anatoïnicO'q)alhcilogîqües, découle ce précepte : Ne jamais tenter aucune opération grave pour là cure de cette maladie. ■
7° La grossesse n'a pas toujours des caractères Si traiichés''quellte n’ail été quelquefois confondue par des praticiens, même fort habiles, avec diverses affections des organes génitaux. J’ai eu occasion d’obser-^ ver quatre grossesses qui ont été; prises, les unes pour des h3'drôpisîés de l’ovaire gauche, ies autres pour des métïites chroniques.' Ges faits sont trop intéressans pour-qiie je neies rapporte pas brièvement. '
Dans l'un des cas où la grossesse fut prise pour unê hydropisie de l’ovaire, la menstruation s’était continuée,- irrégulièrement il est vrai, pendant les trois premiers mois-de la gestation ; le corps de l’utérus s’était déjeté dans la fosse iliaque gauche , où il causait -de vives et continuelles douleurs , qui irradiaient tout le long du membre infé' rieur correspondant ; ce membre était même légèrement œdématié au pied et à l’articulation tibio-tarsienne.
Cette tumeur, disait la malade (qui était'enceinte pour la première fois), avait été précédée de douleurs assez vives.
Des emplâtres de poix de Bourgogne, saupoudrés d’émétique, fu-* renl appliqués sur l’endroit douloureux, ainsi qiüe quatre-vingts sangsues, à diverses reprises.
Cette femme, voyant son mal 8 ’accrOÎtre‘d’e jour en jour, quitta l’hôpital de la Pitié, où elle avait été ainsi traitée, pour entrer â l’hôpital Saint-Louis, salle Samte-Marthe; n° Se, Elle étaitalors etteeintede près de cinq mois.
Nous évitâmes l’erreur dans laquelle étaient tombés les deux premiers médecins qui l’avaient soignée, par le double toucher, qui par le rectum nous fît reconnaître'l’absence du corps de l’utéras, et, par le vagin , que la tumeur était formée aux dépens de l’organe geslateur, dont l’orifice était tourné à droite. Aucune prescription ne lui fut faite; elle accoucha dans l’hôpital, au huitième mois de sa grossesse.
Dans l’autre cas, la malade vint de l’hôpital civil de Saint-Denis, près Paris.
Ici le diagnostic était plus difficile; la malade était âgée de quarantehuit ans, ne voyait plus ses régies depuis un an, était atteinte de douleurs abdominales depuis dix mois, et avait en même temps une hydropisie ascite; elle était maigre; ses traits étaient tirés, la peau sèche, terreuse et pâle; les deux extrémités inférieures œdématiées; elle avait continuellement la fièvre; la tumeur formée par la matrice était aussi dans la fosse iliaque gauche, on ne pouvait la sentir qu’à travers le liquide contenu dans la cavité abdominale.
Voilà, je crois, autant de signes qu’il en faut pour diagnostiquer une hydrppisie ovarienne : aussi tous les médecins qui la virent la crurent-ils atteinte de cette affection. Averti cependant par l’exemple précédent, je conservai quelques doutes; je touchai cette femme et reconnus une grande analogie entre les deux cas; je lui fis part de mes soupçons et je l’engageai à retourner chez elle : un mois après les mouveinens de son enfant levèrent toute incertitude.
Les trois premiers mois de grossesse peuvent quelquefois simuler l’inflammation chronique du corps de l’utérus. Pour prouver ce que j’avance, il suffit de jeter un coup-d’œil sur les signes de cette maladie, qui, d’après tous les praticiens, est caractérisée jjar les symptômes suivans : douleur obscure dans l’hypogastre, les lombes, les aines, les cuisses. Cette douleur est gravative, augmentée par la station prolongée et la marche ; le volume du corps de l’utérus est augmenté , ainsi que son poids, d’où son abaissement, sa chute vers la vulve ; le col est souvent ramolli, entrouvert; sa fente, au lieu d’étre transversale , est ovale ou presque circulaire; il est souvent raccourci en raison directe de l’augmentation de volume du corps; souvent on. sent à l’hypogastre une tumeur arrondie; il y a un écoulement utérin opaque, épais, blanchâtre, ou d’un jaune rouillé. Assez souvent, les règles sont arrêtées, pu au moins très-irrégulières et accompagnées de douleurs ; il y a décoloration de la peau, faiblesse, amaigrissement, trouble sympatique des fonctions digestives; les mamelles elles-mêmes
‘di^ienneni un peu plus Toliimineuses et plus chaudes ; le mamelon >fait un peu plus de saillie.
Tous ces signes ne peuvent-ils pas se rencontrer dans un commencement de grossesse? Oui; c’est même ce qui avait lieu chez les deux malades dont j’ai parlé, et qui ont été traitées pour des métrites chroniques, l’une à la Pitié, l’autre à Saint-Louis ; chez toutes les deux , des sangsues ont été appliquées à l’hypogastre, sur le col de la matrice lui-méme; à l’aide du spéculum^ des emplâtres de poix de Bourgogne ont été posés autour du bassin : toutes deux accouchèrent à terme d’enfans bien portans, malgré les tourmens que la médecine leur fit endurerl