‹ Dissertation sur quelques points d'anatomie, de physiologie et de pathologieChapitre 5 sur 6 · CHIRURGICALES · texte numérisé non relu

CHIRURGICALES

i“ Fracture du péroné.

Traitement. Si l’appareil inventé par M. le professeur ZÎMpf/yfren n’avait pas l’inconvénient de se relâcher et de se défaire facilement, il devrait toujours être préféré aux autres appareils : malgré cet inconvénient, il est encore celui auquel on doit accorder la préférence dans le cas de fracture avec plaie, située sur toute autre partie que sur la face interne de la jambe, cas dans lequel il faudrait préférer l’appareil de M, Boyer.

Le moyen de contention donné par M. Dupuytren se défait, i° parce que les bandes, mouillées au moment de leur application, s'allongent à mesure qu’elles se dessèchent, et que leur distension se prolonge; il en résulte alors queles jets de la bande, qui du pied passent sur l’extrémité inférieure de l’attelle, se relâchent, glissent aü-dessous de cette extrémité , puis l’abandonnent tout à fait, et l’appareil n’existe plus.

D’autres fois , ce sont les jets de la bande supérieure qui, relâchés, remontent au-dessus de l’extrémité supérieure de l’attelle, et l’abandonnent ; le résultat est le même que dans le cas précédent.

2° C’est l’attelle elle-même qui, étant utjie et lisse sur ses faces comme

sur ses bords, remonte ou descend entre le coussin et les jets de bandes, au moindre mouvement, au moindre choc , ou lorsque les bandes sont tant soit peu relâchées.

Si l’attelle remonte, son extrémité inférieure est bientôt abandonnée par les Jets de la bande inférieure , qui se portent du pied à cette extrémité ; le pied n’est plus maintenu, et à plus forte raison porté en dedans.

Si elle descend, son extrémité supérieure passe au-dessous des jets delà bande supérieure, devient libre, et se porte en dedans; son extrémité inférieure se porte en dehors , et l’appareil n’est plus d’aucune utilité.

5° Ces deux modes, suivant lesquels se défait l’appareil, sont le plus souvent réunis, et combinent leur action [Jour produire le même effet.

Pour rendre l’appareil de M. Dupuytren parfait, il faudrait donc : 1 ° empêcher les jets de bande inférieurs de descendre au-dessous de l’extrémité inférieure de l’attelle, et de l’abandonner; 2 ° s’opposer à ce que les jets de la bande supérieure ne remontassent au-dessus de l’extrémité supérieure de l’éclisse ; 3° empêcher l’attelle , lors même que l’appareil est légèrement relâché, de monter ou de descendre entre le coussin et les jets de bande.

Pour obtenir ce triple avantage, il suffit d’une troisième bande d’une aune et demie de long et de trois mortaises de cinq lignes de profondeur , deux pratiquées sur le bord de l’extrémité supérieure de l’attelle, et la troisième sur le bord antérieur de l’extrémité inférieure.

Le coussin et l’attelle placés, on fixera l’attelle en faisant passer les jets cir.culaires de la bande supérieure dans les mortaises correspondantes; en faisant les jets en huit de chiffre de la bande inférieure, on tâchera, autant que possible, de les faire croiser sur la mortaise antérieure de l’extrémité inférieure de l’attelle. 11 est alors de toute impossibilité que cette dernière puisse monter ou descendre en glis-

sànt entre le coussin et les bandes; pour cela il faudrait qu’elle entraînât tout l’appareil avec elle , ce qui est impossible.

Il ne s’agit plus que d’empêcher les jets de la bande inférieure de passer au-dessous de l’extrémité correspondante de l’attelle, et ceux de la bande supérieure de se porter au-dessus de l’extrémité supérieure de la même pièce.

Pour celaj on prend la troisième bande, on la plie par moitiés égales, on place l’anse qu’elle forme entre l’extrémité inférieure de l’attelle et le bord interne du pied , au-dessous des jets inférieurs du huit de chiflFre, qui, par ce moyen, se trouvent exactement appliqués à la plante du pied, et ne sauraient monter plus haut ou descendre plus bas. Le chef anterieur de la bande est porté verticalement le long du bord antérieur de l’attelle, et le postérieur parcourt le même trajet le long du bord qui lui correspond. Arrivés au niveau des jets les plus élevés de la bande supérieure, les chefs sont introduits au-dessus de ce jet, entre le coussin et l’eXtrémilé supérieure de l’éclisse, l’antérieur d’avant en arrière , et le postérieur d’arrière en avant; puis on les croise horizontalement sur la face interne de l’attelle, et on termine par des circulaires que l’on fixe par un double nœud , une rosette, ou des épingles.

Les chefs de la bande, se croisant, comme je viens de l’ndiquer, entre le coussin et l’extrémité supérieure de l’attelle, forment une anse qui empêche les jets de la bande supérieure de remonter.

Quand l’appareil se relâche un peu, il suffit de rapprocher-les anses de notre troisième bande pour le resserrer au degré convenable.

Deux fois, étant interne à l’hôpital des Enfans malades, j’ai appliqué l’appareil de M. Dupuytren ainsi modifié, et j’ai pu le laisser jusqu’à quinze jours sans avoir besoin de le réappliquer ; dans un cas c’était pour une fracture du péroné; dans l’autre, pour une déviation du pied en dehors.

Pour mettre de la clarté dans la description de cet appareil, je proposerai de nommer la première bande, qui est la supérieure, bande circulaire; la deuxième, qui est l’inférieure, bande en huit de chiffre ; et la troisième , bande verticale^

Carie i nécrose.

Ces deux maladies des phalanges des doigts sont souvent prises , surtout chez les enfans , pour un spina ventosa.

Cela tientà ce que les doigts sont composés d’une grande quantité de tissus, tant cellulaire que fibreux, qui s’affectent concurremment avec les os, et deviennent le siège d’hypertrophie, d’induration, ou d’infiltration d’une matière blanchâtre et comme gélatineuse ou même lardacée.

Ces affections des tissus cellulaire et fibreux , isolées ou réunies , donnent naissance à une tumeur qui offre la marche et presque tous les caractères du spina ventosa.

Ces tumeurs fendues, on trouve l’os carié ou nécrosé dans une plus ou moins grande étendue : dans un cas, j’ai vu toute une phalange nécrosée.

Les os, loin d’avoir augmenté de volume, en ont au contraire diminué.

Je pourrais rapporter plusieurs exemples à l’appui de la proposition que je viens d’émettre.

3° Constriction spasmodique du sphincter du vagin.

C’est en vain que j’ai cherché dans les auteurs la description de cette aflFection, qui a la plus grande analogie avec la constriction spasmodique de l’anus.

Comme cette dernière, elle peut être essentielle ou bien symptomatique.

La constriction symptomatique est presque toujours produite par diverses espèces d’herpès, soit Vherpes squamosus simplex, soit Vherpes squamosus madidans , soit enfin Vherpes squamosus scabioïdes de M. Alibert, ou eczéma dej Willan, développés sur la vulve et l’ouverture inférieure du vagin ; de même que nous voyons ces affections amener la constriction de la bouche, de l’anus et des paupières , quand elles siègent sur ces parties.

J’ai vu une induration et un épaississement considérables delà membrane muqueuse de là vulve amener une constriction telle de l’ouverture du vagin, qu’une grosse plume de cygne eût pu à peine être introduite dans ce conduit. La muqueîlse était rugueuse, inégale, FENDILLÉE, et d’un gris blanchâtre, comme quand on a déposé une grande quantité de vinaigre sur les lèvres. Elle était entièrement insensible; la malade en enlevait des lambeaux de la largeur d’une pièce de six liards, avec un rasoir, sans en souffrir le moins du monde. Les profondes cautérisations avec le nitrate d’argent n’étaient pas plus douloureuses, c’est à peine si celles faites avec le nitrate acide de mercure l’étaient.

Cette femme ne put guérir.

Ce n’est pas de cette constriction symptomatique, observée par tous les dermato-pathologistes, que je veux parler, mais bien de la constriction essentielle dont j’ai observé un exemple fort remarquable à l’hôpital Saint-Louis.

Le 2 juin i83i , entra à l’hôpital la nommée M. U. Sang...., âgée de vingt-cinq ans, couturière, demeurant rue du Faubourg-Saint- Martin , n” 63.

Cette jeune femme, d’un tempérament nerveux et sanguin, fort vive et très-impressionnable, s’était livrée avec excès aux plaisirs conjugaux depuis à peu près dix-huit mois.

Trois mois environ avant son entrée dans l’établissement, elle avait commencé à éprouver de temps en temps de la chaleur, de l’ardeur, et un sentiment de constriction au centre de la vulve , qui était un peu plus.rouge que dans l’état ordinaire. L’introduction du pénis dans le vagin était pénible, fatigante et parfois douloureuse : elle ne tint aucun compte de ces accidens passagers ; elle continua â se livrer à sa funeste habitude , et son affection s’accrut; l’irritation de la vulve et de l’orifice du vagin augmenta; la chaleur, la rougeur devinrent plus fortes, ainsi que le sentiment de constriction.

bientôt un écoulement blanc assez abondant se joignit à ces.symptôines, et l’intromission du pénis fut constamment douloureuse. Ce

temps de la copulation devint si pénible et la constriction si forte , que notre malade fut obligée de diminuer la fréquence de ses rapports; mais son penchant étant toujours le même, elle eut souvent des rapprochemcns incomplets, qui se bornaient à des excitations portées sur la vulve et l’entrée du vagin, excitations qui ne contribuaient pas moins à augmenter la maladie.

Si, au milieu de l’orgasme vénérien , elle était portée à permettre une introduction, la scène changeait tout à coup: les souffrances les plus fortes succédaient aux plus vives émotions ; un mouvement brusque, convulsif, accompagné de plusieurs cris aigus, l’éloignait delà source de ses plaisirs, et le souvenir des douleurs qu’elle éprouvait toujours dans de pareilles circonstances la rappelait à la tempérance ; enfin ses souftrances s’accrurent tellement que l’idée seule de la copulation lui vêtait insupportable, elle se décida alors à entrer à l’hôpital. Les organes génitaux étaient dans l’état suivant : les grandes lèvres n’offraient rien de particulier ; les nymphes étaient plus rouges et un peu plus volumineuses qu’à l’état ordinaire, légèrement douloureuses, et humectées par une matière blanchâtre assez abondante, qui semblait tirer sa source de ces parties et du vagin ; l’hymen était entièrement détruit, les caroncules étaient volumineuses; l’orifice vaginal était rétréci au point de permettre à peine l’introduction du doigt auriculaire.

Ce n’est qu’en suppliant en quelque sorte la malade , et en lui faisant connaître l’importance de cet examen, que nous obtînmes d’elle la permission de nous y livrer ; nous reconnûmes alors que le vagin était sain , et qu’immédiatement au-dessus de la constriction il avait son diamètre naturel.

Les parties environnantes , rectum , vessie, cloisons recto-vaginale et vagino-vésicale étaient dans l’état normal.

Le doigt se trouvait embrassé par un bourrelet étroit, ayant deux à trois lignes d’épaisseur sur sept à huit de large

Traitement. Un grand bain d’une heure tous les deux jours ; tisane

de chiendent, de réglisse ; bains de siège éniolliens tous les jours ; injections vaginales avec décoction de racine de guimauve et tête de pavot.

Quatre à cinq jours après l’usage de ces moyens, presque tous les aecidens disparurent, il ne resta plus que la contraction spasmodique du sphincter, du vagin, et le sentiment de constriction que nous cherchâmes à combattre en appliquant successivement sur la vulve et l’orifice du vagin des pommades faites avec le calomel, la belladone , le laudanum ; nous en introduisîmes même, avec une mèche, dans l’intérieur du vagin : tous ces mo 3 'ens furent inutiles contre la contraction.

Les injections narcotiques furent alors employées sans plus de succès.

Pensant que le traitement employé par M. Boyer contre la fissure et la contraction de l’anus était ici applicable, nous le proposâmes à la malade, qui le rejeta bien loin d’elle, et voulut attendre encore, quelque temps ; enfin , fatiguée de son séjour à l’hôpital et de l’inutilité des moyens employés, elle demanda sa sortie, qui lui fut accordée le 2 août, après être restée soixante-deux jours dans l’établissement. Quatre jours après elle vint me voir, et me pria de lui donner des soins ; je fis de nouveau mon possible pour la convaincre de l’utilité de l’opération que je lui avais proposée : cette fols elle me parut moins effrayée.

Trente à trente-cinq jours après, ne pouvant supporter l’idée d’être privée pour toujours de l’usage des organes génitaux, elle consentit à cette légère opération.

Assise sur le bord de son lit, chaque pied posé sur une chaise, deux aides la maintenant dans cette position , j’introduisis dans le vagin un bistouri boulonné, graissé avec du beurre. Cette introduction fut faite en portant le dos de la lame sur la partie droite du rétrécissement , de manière à écarter le tranchant de la partie opposée. Après l’avoir porté à la hauteur d’un pouce et demi, je dirigeai le tranchant directement en dehors et à gauche, j’incisai l’ouverture

inférieure du vaginjdans l’étendue de sept à huit lignes , en portant le poignet vers la cuisse gauche , et, en le retirant vers moi, l’incision fut ainsi pratiquée de dedans en dehors ; elle fut prompte, facile et pas très-douloureuse. Sans désemparer et sans changer le bistouri de main , nous fîmes de l’autre côté une incision à peu près semblable ; elle fut moins profonde et supportée avec moins de patience. Un verre et demi de sang environ s’écoula de ces deux incisions ; une petite artériole fut ouverte en pratiquant la première. Une heure après, je pansai la malade en introduisant dans le vagin une mèche assez volumineuse enduite de cérat opiacé , et maintenue par des compresses et un bandage en T ; cinq heures après, des douleurs et une distension du vagin , causée par du sang accumulé au-dessus de la mèche , nous obligèrent à l’enlever ; je fis placer la malade dans un bain tiède, et j’introduisis une mèche moins volumineuse.

Je pansai ainsi la malade pendant vingt-huit jours en augmentant un peu le volume de la mèche; déjà le vingt-cinquième jour les incisions étaient guéries, le doigt pouvait être introduit dans le vagin avec une grande facilité et sans douleur.

Deux mois après, cette femme put se livrer à la copulation avec autant de facilité qu’avant la manifestation de son affection. Toutefois, cette leçon ne fut point perdue, et elle usa avec modération des plaisirs dont elle avait tant abusé.

4° L’amputation de la cuisse, immédiatement au-dessus ou au niveau du petit trochanter, à laquelle les chirurgiens ont à peine pensé, peut, dans un grand nombre de cas, remplacer très-avantageusement l’amputation dans l’articulation coxo-féinorale.

J’espère plus lard faire ressortir les avantages de cette amputation, et donner une description détaillée sur la manière de la pratiquer,

5“ Taille périnéale , méthode latéralisée.

Après avoir introduit le cathéter dans la vessie, pour éviter avec plus de certitude la lésion de l’artère transverse du périnée et du hulbe

de l’urètre, il est important de tirer sur le pénis, en lui faisant faire un angle droit avec les pubis ; il faut éviter avec soin d’exercer cette traction sur la peau, afin de ne pas changer ses rapports avec les parties environnantes.

Par celte traction, on éloigne l’artère et le bulbe de la paroi antérieure du rectum, on agrandit l’espace dans lequel les instrumens manœuvrent, et l’urèlre, tendu sur le cathéter , s’incise beaucoup plus facilement.

La méthode bilatérale, prevue exclusivement employée aujourd’hui parM. Dupuytrerij peut se passer de cette précaution.

6 ° Vagissemens utérins.

Jusque dans ces derniers temps, on a nié, et plusieurs praticiens nient encore, que l’enfant puisse crier dans le sein de sa mère.

Je puis cependant en rapporter un cas qui m’est particulier : appliquant, avec M. le docteur Th. Lemasson 3 le forceps sur la femme d’un nommé Guérineau, menuisier, rue Grange-aux-Belles, l’enfant jeta plusieurs cris très-aigus au moment od j’introduisis la seconde branche du forceps, qui tenait les parois du vagin dilatées et écartées l’une dè l’autré.

Les cuillers n’ayant pas été portées assez haut, la tête glissa, et nous fûmes dans la nécessité de les réintroduire; les mêmes cris furent de nouveau entendus lorsque je plaçai la seconde branche : ils furent si intenses, que le père, les assis tans, et même la patiente, en furent effrayés.

7 “ Dâns lès abcès 'du foié, le pUS esi le plus souvent crémeux, d’un blènc jèunâtre, comme celui des atitrés parties; on a tort de lé dire lie de vin 3 il n’a cette couleur que dans les hépatites produites par ürie violence extérieure qui a déchiré la substance dû foie. Le pus des abcès de la rate est lui-même d’un blanc jaunâtre malgré la substâhcè rdüge èt puI^èùSe ^ue rdn tt^ouve’dèînS la trame de cet ôrgâne.

8® Les débris du placenta peuvent faire corps ayec l’utérus, et devenir, quoi qu’on en ait dit, les premiers rudimens de polypes san- . gu 1ns,

9 ° 11.est vrai, comme l’a dit M. Magendie^ que la cornée transparente tient sa sensibilité organique et vitale de la branche ophthalmi^ que de Willis, et que la lésion de ce nerf amène son opacité et son ulcération.

10 ° Il faut surveiller de près les engorgemens qui suivent les inflammations, ou les violences extérieures sans inflammation manifeste, quand ces engorgemens ont lieu sur des organes dont les fonctions sont périodiques, et qui agissent beaucoup plus dans un temps que dans un autre, comme sont les seins, l’utérus, les testicules, etc., sous peine de voir ces engorgemens suppurer ou dégénérer.

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