Biblioth. grecque latine de Didôt
60 DISSERTATION SCft UN STATÈRB D'OR
'Qa*il me soit permis, en finissant, de présenter le résumé de ces recherches. Le roi Acès ou Acas était d'origine barbare, probablement scythique. Sa monnaie , qui pourrait être postérieure à son règne dont Tépoque inconnue ne peut pas remonter plus haut que celui de Ly. simaque , doit dater d'environ 50 ou 60 années après la mort de ce prince, arrivée l'an 281 av. J. C. On ne peut déterminer les pays sur lesquels a dominé le roi Acès. La banalité du type de 1^ monnaie qui porte son nom ne permet pas non plus de désigner la ville où elle a été frappée, soit sous son influence directe, soit par quelque autre motif, comme l'obligation d*un t)ribut. Cette ville était probablement située sur les côtes ou non loin des côtes de la Thrace. Toutefois il est possible que cette cité ait été située sur l'autre rive du Bosphore, peut-être non loin de la Colchide, ou même dans l'une ou l'autre Chersonèse.
On ne taxera pas de témérité des conclusions aussi dubitatives; je ne regretterai cependant pas le temps que j'ai employé à étudier le statère d'Acès. Ce travail m'a fourni l'occasion de remarques sur divers points de numismatique, qui ne sont peut-être pas sans quelque utilité, en même temps qu'il m'a conduit à rayer de l'iconographie grecque un portrait qui me parait s'y être introduit mal à propos, je veux parler de celui de Périsadès.
En outre^ j'avouerai que ce n'est pas sans un vif sentiment d'amour-propre national que je fais connaître te précieux monument qui vient de s'ajouter dans le cabinet de France à toutes les richesses qui, grâce à un concours inoui de circonstances favorables, s'y accumulent à Tenvi depuis quelques années. On a compris que sans oublier l'allocation annuelle du budget qui nous a valu le statère d'Acès et bien d'autres raretés, ^'e veux parler des libéralités personnelles de l'Empereur, ainsi que de celles de généreux et patriptiques donateurs, comme M. le duc de Luynes, dont les magnifiques collections viennent d'être disposées dans une salle spéciale du département des médailles et antiques ; comme M. Prosper Dupré, le vénérable doyen des numismatistes ; comme feu le vicomte Hippoly te de Janzé, et d'autres encore que je ne nomme pas parce qu'ils font partie de notre compagnie, et ne me permettraient: pas de leur adresser en face les remerciments auxquels ils se sont fait cependant des droits si légitimes ^
i . Ces noms que je n'ai pu prononcer en présence de ceux qui les ont fait connsdtre si honorablement par leurs travaux et l'amour désintéressé de la science, et que je n'écnrais pas dans le volume des Mémoires de la Société des Antiquaires dont sont extraites ces pages, je me crois le droit de les indiquer dans ee tirage à part. Ce sont ceux de MM. F. de Saulcj, A. de Barthélémy, W. H. Waddington, du baron J. de l/Vitte et du duc de Blacas.
61 DttSBTitKm SITR OU STiTiAX D'Oft
BXPUGATIOll PB LA PLAITGHE.
PT 1 . Statère de Lysiiâaqae (rappë du vivant de ce prince et dans ses Etats, dont il est parlé pages ^, 2f et passim. Au revers de cette belle pièce, ou ne distingue aucun symbole; daùs le champ, parait seulement un K. On pourrait faire de cette lettre isolée Tinitiale d'une ville ; làais il eit plus probable que c'est un de ces indices d'ëmissio monétaire, comme on en rencontre si fréquemment dans la numismatique et dont on verra un exemple incontestable sat la thédaille qui suit. Cabinet de France. Mionnet^ U ï, p. 438, n° 15. Il existe d'ailleurs d'autres Lysimaques d'aussi belle fabrique que celui-ci et su^ lesquels il n'y a pas d'indices d'émission , circonstance qui pourrait les faire supposer d'une date antérieure au spécimen qui figure sur notfé planche.
N"" 2. Statère frappé à Byzance, à Fimitation de ceux de Lysimaque, sur lequel paraissent à la Tois le trident symbole de cette ville et ses initiales BY. Dans le champ, à gauche un 0, indke d'émission monétaire. Cette pièce . citée p. 3&, |iFOvient de la coUecdoD de Luynes j aujourd'hui an cabinet de Pitance. M. Mûller cite une pièce serjfnblable dans les monnaies de Lydmaque. Voyez : N* 152.
m ROI mcoNNU àcès. 63
N^ 3. Statère frappé à Panticapée, au nom de Périsadès, roi du Bosphore. Imitation des Lysimaques, moins la corne d'Âmmon. C'est l'exemplaire du cabinet de France, cité page 11 et suivantes. Le monogramme de Panticapée est figuré avec un T sur la planche du t. IV du supplément de Mionnety sous le n" 469; mais je confesse que je ne vois pas ce T. Du reste, ce détail est insignifiant, la lecture étant incontestable.
^^4. Autre statère frappé à Panticapée, au nom de Périsadès. Exemplaire du cabinet Hun ter à Glasgow, cité p. 13, et note 2, eodem loco. V. aussi, p. 20.
N"* 5. Autre statère frappé au nom de Périsadès, à Hermonassa, selon le possesseur de cette rare médaille le prince A. Sibirski. Cité pages 1 4 et 20.
N® 6. Tétradrachme inédit de Mostis, dont le revers est imité des Lysimaques. Cette médaille provenant de la collection de Luynes, et qui fait aujourd'hui partie du cabinet de France, est mentionnée p. 11, et décrite p. 21 et note 1, même page.
mPRmSRIE GSN£RAtE DE CH. UHURE Kot d« Flaonit, 9, à Paris
Ti de In Soc- Inip- d^i A/tn'^. tif fronce. T. XXJÀ.
DISSKRT. SUR l'K STATÈRE DL' ROI ACKS