Toyéfc t. li, p. 149, n*2i
M DISSERTATION SUE UN STÀTfcEIS d'OR
fils de Spartocus plutôt qu'à tout autre prince du nom de Périsadès, et surtout, il n*a pas prouvé que la tête qui paraît sur lestatère du'cabinet impérial fût, ainsi qu'il se Test persuadé, le portrait du prince dont le nom est inscrit au revers. Tout le monde n'en suivit pas moins Visconti dont Mionnet enregistra la décision alors souveraine au tome IV de son supplément, et nul depuis n'a songé à la discuter \ Il aurait cependant suffi d'un coupd'œil pour faire reconnaître qu'un grand intervalle devait séparer l'émission des Lysiroaques et celle de cette pièce qui n'en est que la grossière contrefaçon. Le style et la fabrique du Périsadès de Paris accusent en effet une époque assez basse, et la légende est si inhabilement écrite et si mal disposée qu'elle en est presque barbare. C'est évidemment à l'impéritie de l'artiste qui a gravé cette monnaie que la tête doit cette physionomie sauvage qu'on retrouve d'ailleurs sur d'autres pseudo-Lysimaques et qui a dicté à
i. Il faut excepter Haoul-Rochette qui, s'attaqvant à ce qu'il y avait d'inattaquable dans la dissertation de Viscouti, s'efforça de prouver qu'il fallait maintenir Périsadès I en possession de notre statère et n'en aperçut pas le point vulnérable qu'il laissa subsister, à savoir la croyance à un portrait réel sur cette pièce; voyez p. 48, de ses jiniiqwtés du Bosphore cimmérien. Cet ouvrage parut en 1822, et le t. IV du Supplément de Mionnet en 1829. On voit que l'assertion de Raoul-Rochette n'eut aucune influence sur l'esprit cependant assez timoré de son vénérable confrère.
Visconti, parlant du célèbre roi de Thrace, une observation vraiment plaisante aujourd'hui : la physionofhie de ce prince paratt indiquer la férocité^. En résumé, de deux choses Tune, ou il faut supposer que Panticapée était au commencement du troisième siècle avant notre ère fort éloignée du degré de civilisation des diverses contrées où furent frappées les monnaies ori^nales de Lysimaque, ce que démentirait Texistence des belles pièces autonomes de cette cité ; ou bien il faut admettre, et ceci est ma conviction^ que les statères au nom de Périsadès n'ont été frappés que longtemps après la mort de Lysimaque, le créateur du type qu'ils reproduisent. Si maintenant on me demande auquel des rois du nom de Périsadès j'attribuerais ces pièces, je répondrai qu'il me parait impossible de répondre à cette question, parce que leur fabrique permet de les faire descendre jusqu'au dernier de tous, et aussi parce que, ainsi queje l'ai fait remarquer, la chronologie du Bosphore est des plus incomplètes. Nous avons vu qu'<;)n a frappé dans diverses villes grecques d'Europe et d'Asie des statères au nom de Lysimaque longtemps après sa mort; ne peut-on avoir également frappé dans le royaume du Bosphore des statères au type lysimachien, mais avec la légende bâSIAEOS nAlPiSAApT, longtemps après la mort d'un roi Périsadès sous lequel avait