‹ Dissertation sur un statère d'or du roi inconnu Acès ou AcasChapitre 7 sur 13 · Voyez Iconog, grecque^ t. II, p. iOl · texte numérisé non relu

Voyez Iconog, grecque^ t. II, p. iOl

30 DIS8IRTÀ1I0II SUE Ujl STATtlOE D'OE

ëtë inauguré c^ monnayage d'imitation. Si Von 9CGeptait cette hypothèse, les trois pièces connues, avec le nom de Périsadès^ seraient 4^s copies dégénérëes de statères ^^u type lysimacbien à retrouver frappés originairement prohar blement sou3 Périsadès, fils de Sparf ocus, et dont la fabrication se serait coptinuée sous les règnes de ses successeurs^ qi^el qu'ait été leur nom, par le motif que cette monnaie était en pos^ssion de la faveur publique. On citerait bien des exemples de faits analogues qui justifieraient l'apparente témérité de cette proposition. Je m'aperçois du reste que Koebler^ qui a tapt et si savampient fouillé la numisipatique des rois du Posphore, ^ émis sur les statères en question une opinion facilement conciliable avec celle ve^ laquelle je penche. Dans ses remarques sur ^ouvrage de Raoul-Rochette sur les Antiquités du Bosphore^ l'académicien de Saint-Pétersbourg s'était prononcé avec Yisconti en faveur de l'attribution de nos statères à wn Périsadès^, qu'il désigne coipipe le secon4 de ce pom; miiis plus tard, après une nouvel)e étude du sujet, il proposa de les donner à un Périsadès III, supposé par lui et dont il place le règne, d'ailleurs très-possible, dans cet intervalle de plus

I . Voyez dans les œuvres de Koehler ^ Kœhlej^s gesammfilte iSchrifiefif à la page 97 du 1. 1, le mémoire intitulé : Remarques sur un ouvrage intitulé^ Antiquités du Bosphore cimmérien.

DU HOi HICQillH) A^. 31

d'un siècle et demi pendant lequdi on ne sait rien des rois du Bosphore ^ Koehler» pas plus que moi, ne p<>uyait donc se décider k croire ces pièces aussi voisinas de Pépoque de Lysimaque que l'avait pensé Visconti. Entre ces diverses conjecT tures, c'est le temps qui décidera, si d'aventure il amène de nouvelles découvertes de monnaies du Bosphore. Le Périsadès est resté très-lopg-r temps unique $ aujourd'hui il existe trois statères portant ce nom royal; voici le statère d'Àcèsqui vient grossir la série encore peu nombreuse des imitations lysimadhtiennes avec noms de rois ( il n'est donc pas impossible que ces pièces intéres* santés viennept à se multiplier et que l'on re? trouve des Périsadès de l'émission prinesp^.

S^r la 4^^ ^t l^ patrie du statère d^Acès,

Après ce que l'on vient de lire sur les Périsadès, je n'ai plus à démontrer que c'est une copie de la tête d'Alexandre qui paraît sur le statère d' Acès. Le doute possible, à la rigueur, en ce qui concerpeles monnaies de Périsadès qui n'ont pas la çome d' Ammon^ ne l'est pas pour notre pièce,

4 . Voyez, dans le même ouvrage, t. II , à la p^e 48 4q mémoire intitulé : Description dune médaille tfe jSpqrto» cus^ roi duBo$pkore cimmérifin^ elc.

32 DlSSBRTATlOTf SUR UN STATÈilB D*OR

sur laquelle nous avons signalé cet attribut significatif. Ces traits nobles et réguliers, cette beauté idéale nous offrent sans conteste les caractères de rimage divinisée du fils d'^mmon que Lysimaque avait placée sur sa monnaie. Quant à' la supériorité de fabrique et à la perfection de l'exécution , malgré certains signes de dégénérescence, comme l'absence de la lance de Minerve, j*y vois une indication d'antériorité sur les sta* tères de Périsadès que l'examen des caractères de la légende ne pourra que confirmer.

Écrite avec des lettres élégantes et fines, d'une forme qui, quoique plus grêle, se rapproche de celle employéesur les vrais Lysimaques, la légende BÂSIAEns AKOT, par sa netteté et sa régularité, se distingue de celles des Périsadès et à priori slu-toriserait à ne pas placer la date du statère sur lequel on la voit, trop longtemps après l'année 281 avant J. C, qui vit mourir Lysimaque. Ce n'est pas la forme particulière des alpha A employés dans cette légende, qui contredirait cette appréciation. A la yérité, l'apparition de cet alpha sur des médailles dès le troisième siècle avant J. C, serait une nouveauté, car je ne crois pas qu'on l'y ait encore signalé à une époque antérieure à . l'an 92 avant notre ère, où on le voit sur le plus ancien spécimen d'une série de tétradrach* mes d'Aradus datés % mais outre qu'il n'est pas

4. Eckhely Doctrin. Num. Fêter. ^ III, 393. On voit aussi cet alpha, sur des monnaies de rois de Bithynie.

BD ROI INCONNU ACftS. 33

impossible qu'il en existe qu*on n'ait pas encore remarqués, je dois dire que je ne verrais rien qui dût étonner, dans la nouveauté du fait que je suppose, puisque aussi bien dès l'époque à laquelle je rattache le statère d'Acès, le troisième siècle avant J. C, les marbres nous montrent fréquemment des alpha figurés comme ceux de cet important monument.

D'ailleurs y un aussi mince détail ne saurait être décisif en pareille matière. C'est l'examen et la comparaison de la fabrique, du style, des mille éléments dont se compose l'aspect d'ensemble d'une médaille qui déterminent l'opinion d'un numismatiste, et non la forme d'une lettre isolée, attendu que l'étude des monnaies de l'antiquité fournirait de nombreux exemples de dérogation aux lois de la paléographie numismatique qui d'ailleurs n'ont pas encore été promulguées irrévocablement*. Pour conclure, je serais

i • Depuis les deux remarquables tentatives de l'auteur du Forage du Jeune Anacharsis pour établir les lois de la paléographie numismatique, cette branche de la science n'a pas fait de pas décisif et l'étude des monuments nous a bien sou^ vent démontré qu'en pareille matière, il n'y avait pas de règles absolues. Des caractères réputés plus anciens que tels autres ne se trouvent-ils pas sm* des monuments non-seulement contemporains, mais encore se rapportant aux mêmes personnages. Qu'on me permette de citer un seul exemple de ces dérogations à ce qu'on aurait tort d'appeler des lois. Cet exemple, qui me revient en mémoire parce qu'il est récent, m'est fourni par le cabinet impérial où l'on acqué-

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donc tenté de placer la date de l'émission de notre statère dans les environs des années 230 ou 220 avant J. C, c'est-à-dire, à cinquante ou soixante années de distance de la mort de Lysimaque,

L'alpha coquettemeut enjolivé de notre statère nous guidera- t-il mieux dans la recherche de sa patrie que dans celle de sa date? Ceci est encore fort douteux . On pourrait incliner à voir dans la forme de ce caractère un indice d'origine asiatique, attendu que cet alpha est fréquent sur les monnaies de l'Asie, et que c'est sur celles de l'tle d'Aradus, on vient de le voir^ qu'on le rencontre le plus anciennement ; mais comme je le remarque aussi sur plusieurs pseudo*Lysimaques d'or du cabinet impérial qui portent les initiales des villes de Byzance , de Tomi et d'Istrus ^, toutes

/ .. rait, il/ a trois années, une drachme de Triphène, femme

' i/ de Polémon II, roi de Pont, uniquement parce que le 2) qui

, / termine le mot TPI0AINH2I y était figuré ainsi 2 et non C

/ T comme sur la drachme de l'ancien fonds de la même reine,

décrite par Mionnet {en i829 (t. IV, p. 478, n° 5). Ai-je besoin d'ajouter que la paléographie appliquée à la numismatique présente de telles difficultés que les deux Essçlîs consacrés par l'abbé Barthélémy à ce sujet sont séparés par quarante années d'intervalle et qu'il n'a pas mené à fin cette entreprise dans laquelle il a cependant fait preuve d'une justesse de vues et d'un tact numismatique qui n'ont pas été surpassés (Voyez Mémoires de F Académie des inscriptions et belles-lettres. Essai dune paléographie numismatique^ par l'abbé Barthélémy, t. XXIV, p. 30 et suiv., !'• partie et 2* partie, dans le t. XLVII, p. 181 et suiv.J.

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