‹ Dissertation sur un statère d'or du roi inconnu Acès ou AcasChapitre 9 sur 13 · IV. LXXXI · texte numérisé non relu

IV. LXXXI

2. Plut. Apophteg., 48. Justin, IX, 2. Frontin, Strat., II, 4.

3. Hérodote (Vil, 64) dit que les Perses désignaient la . f. Mr. généralité des Por s ca par le nom de Saces, 2axai. Ce nom

est encore donné liux Scythes par d'autres auteurs ; ainsi * Diodore de Sicile parle de Sc3rthes connus sous le nom de Saces (Voyex II, 35). Strabon cite également les Saces, comme des pastears et des Scythes d^origine (Cf. lib. VII, p. 303.)

k, KupouTcaiSeCa, I, 2.

DU ROI INGOUIIU ACte. %3

qu'on ne trouverait pas un seul Grec appelé Acas*. Bien que lo lexicographe n'en avertisse points il ne s'agit pas dans ce passage du yéritable nom de ce poêtCi mais du sobriquet sous lequel il fut souvent désigné^ ce que l'on sait pertinemment d'ail* leurs et ce qui ressort en outre d'un passage plus explicite du même auteur qu'on trouvera à la lettre s. Là, le mot Saxaç est donné comme le nom d'un poète tragique , mais cette fois avec une citation d'Aristophane qui ne nous laisse pas ignorer que le Sacas en question n'est autre que ce poète Acestor, si mal traité par plusieurs écrivains de l'antiquité, et qui fut particulièrement l'objet des sarcasmes du grand comique athénien, lequel précisément, dans les vers empruntés aux Oiseaux par- Suidas, lui reproche son origine étrangère \ Si donc le lexicographe a pu désigner alternativement par les noms à^Àcas et de Sacas un même personnage que ces sobriquets ridiculisaient en le signalant comme un barbare, n'est-il pas probable que c'est parce que ces deux paronymes diAcestor^ nom véritable de ce personnage, n'étaient que des variantes d'un même mot et représentaient également le mot Scythe pour les Athéniens. La synonymie à'Acas et de Sacas s'explique au reste par la propension bien connue du sigma à s'effacer au commencement de

\ • Voyez, Vers 30 et saiVants. Aristophane parle encore de ce poëte dans les Guêpes ; mais là il le désigne par son véritable nond'Aeestor. Voyea vers iSii .

44 DISSERTATION SUR UN STiTÈRB D'oR

cerlaÎDs moto. Daus un travail qui s'adresse à une compagnie qui compte des philologues aussi ëminents que tels de nos confrèresi que je n^ai pas besoin de nommer, il serait superflu de s'é* tendjre sur ce point. Il sjafGra de rappeler un petit nombre d'exemples de cette disparition du sigma qui s'explique par une des fonctions de cette lettre, laquelle dans certains cas représente une aspiration. Je trouve ces exemples dans la synonymie des termes '£X\ot et Se^Xoi, ainsi que dans les noms des villes de Salmydessus de Thrace, de Sagalassus de Pisidie et de Segesta de Sicile, qu^on rencontre parfois écrits AImydessus, Agalassus et Egesta dans les textes, et même sur des monuments numismatiques ^ Il est vrai que je n'établis la suppression du sigma dans le mot Àcas que par une ligne de Suidas qui pourrait être une faute de copiste ou une interpolation. C'est même une objection qui m'est faite d'avance par F. G. Welcker dans une note de ses recherches sur la tragédie grecque % mais elle n'est pas sans réplique, puisque M. Benseler, dans son édition du Dictionnaire des noms propres grecs de Pape, considère Acas et Sacas comme des variantes d'un même nom'.

1 . Voyez l'article des médailles de Ségeste dans Eckbel ou dans Mionnet.

2. Voyez F. G. Welcker. Die griechischen Tragodien. m, p. 1032. Cf. note.

Page 1