LETTRE DIX^HUITIÈME
Des malalies cutanées et syphilitiques - IncurabUité de certaines dermatoses - Avantages de l'hydrothérapie employée soit alternativement soit simultanément avec les remèdes spéciaux - De Vcrysîpèle - Son siège de prédilection chez les enfants - Ches les adultes
- Ses symptômes - Son traitement - De l'urticaire - Son traitement - De la zona - Son traitement -Delà mifioirc - Ses symptômes - Miliaire rouge - ttiliaire blanclie - Miliaire bénigne - Miliaire matitjne - Son traitement hydrothêrapique - Des sudamina
- Du panphigus - De la variole - Traitement - Des affections cutanées survenues pendant le traitement hydrothêrapique - Traitement - Des névroses de la peau - De l'anesthésie - Traitement de. l'hyjii-rsthèsic — Traitement - Du prurit- Traitement - Lésions traumatiques de la peau - Traitement - De la syphilis - Opinions de Schédel, de Fleury, de Munde sur cette affection et sur son traitement hydropathique - Opinions formulées dans le congrès des hydropathes en 1843 - traitement rationel.
Celte lettre termine la première partie de cet ouvrage en traitant des maladies cutanées et syphilitiques susceptibles de modification ou de guérison par la méthode hydrothêrapique. Il est aujourdhui avéré et reconnu pour certain, que les maladies chroniques de ta peau, les affections dartreuses qu'elles soient avec ou cans sécrétion, vé3iculeuses ou papuleuses, bulleuses ou squameuses, sont incurables par l'hydrothérapie, nous ne nous en occuperons donc pas; nous ferons seulement observer que le traitement hydrothêrapique peut aider r-onsidérablement les divers traitements soit généraux,
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soit locaux, employée dans ces sortes d'affectioni , et rendre pluB efficaces les remèdes employés. Nous en donnerons la preuve lorsque nous publierons la clinique de notre établissement avec les observations a l'appui, pour le moment nous nous contentons de faire observer que l'hydrothérapie employée soit simultanément, éoit alternativement avec les remèdes préconisés pour la guérison de ces affections, peut rendre de très grands services non seulement dans toutes les dermatoses mais encore dans les affections cancéreuses elles mômes. Cela dit nous aborderons notre sujet.
" Il est des inflammations, dit M. Vidal dans sou Traité de Palhoiogie externe, t. I, pag. 541 , qui tendent à se borner; d'autres qui ont, pour ainsi dire, une marche perpendiculaire. Elles attaquent principalement les organes selon leur épaisseur, et produisent des perforations, des ulcérations profondes. Il en est enfin qui, essentiellement cxtensives, s'étalent sur de larges surfaces. Verysipèle est le type de ces inflaotmalions. Ën générai peu graves quand elles envahissent la peau, elles sont funestes si elles attaquent le tissu cellulaire. Si l'on ajoute à la nature extensive de l'érysipèle la couleur rouge de la peau qui disparait par la pression, un léger gonflement du tissu cellulaire sousjacent, la terminaison ordinaire par résolution et desquamation, et cette autre circonstance, qu'il n'est pas contagieux, on aura les éléments de la seule définition admissible dans l'état actuel de la science >.
L'erysipèle se présente de prédilection chez les nouveaux nés , affecte plus souvent les femmes que les hommes, et principalement les personnes qui ont vu se supprimer un flux habituel quelconque. Toute
cause irritante externe peut déterminer un érysipèle en agissint sur une peau sensible ou prédisposée. Le siège de rrédilection de cette affection est la face, bien que l'on ait eu à la constater sur toutes les diverses parties du corps, excepté chez les nouveaux nés où le siège de prédilection parait être les parois de' l'abdomen et le pourtour de l'ombilic.
Voici comment MM. Chomel et Blache décrivent les symptômes de l'érisypèle :
o L'érysipèle est presque toujours accompagné d'un dérangement notable dans la santé. Ce dérangement, qui dure ordinairement plusieurs jours , est en général c'autant plus marqué, que l'érysipèle sera plus grave, soit à raison de son étendue, soit à raison de son siège.
a Les phénomènes précurseurs sont, du reste, à peu près les mêmes que ceux des maladies aiguës; un malaise général, des lassitudes spontanées, des frissons passagers, un dérangement variable dans la circulation. A ces phénomènes connus, se joignent quelques autres qui sont propres à l'érysipèle. Un des plus remarquables est le gonflement des ganglions lymphatiques voisins de la région ou l'éruption aura lieu., ceux du cou par exemple, si l'érysipèle doit se manifester à la tète; ceux des aines ou de l'aisselle, si les membres doivent en être le siège; une sensation de brûlure ou d'engourdissement, une rougeur partielle, annonce plus clairement le genre de maladie qui commence, et la partie des téguments où l'exanthème va se montrer. Celui-ci est caractérisé par la rougeur circonscrite de la peau, avec gonflement, tension, douleur et chaleur plus ou moins vives. La rougeur, qui est le symptôme le plus apparent, se montre dabord dans un petit espace, et s'étend
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par degrés sur une surface plus ou moins considérable où elle forme une plaque toujours irrégulière ; obscure dans le début, elle devient, en général, très tranchée pendant le cours de la maladie, et offre une teinte qui varie depuis le rose tendre jusqu'au rouge écarlate ou violacé, et qui est quelquefois nuancée de jaune. Dans tous les cas la rougeur érysipélateuse disparaît momentanément sous la pression du doigt, et se reproduit aussitôt que cette pression a cessé.
« Dans le plus grand nombre des cas , les parties affectées d'érysipèle sont le siège d'une douleur incommode, prurigineuse, qui tantôt est continue, tantôt cesse et se reproduit par intervalles ; dans quelques circonstances rares, elle précède l'éruption et c'est quand celle cï est achevée , ou ne commence qu'avec la desquamation ».
Il y a une variété infinie d'érysipèle, nous ne les passerons pas en revue, et nous indiquerons le traitement hydrothérapique qui convient dès l'apparition de l'affection.
La fièvre est combattue par l'enveloppement général dans le drap mouillé, tandis que le siège de l'érysipèle est recouvert de compresses , dont l'eau froide a été bien exprimée. Tant que la peau reste chaude et sèche, l'on continue ces enveloppements', en y laissant séjourner le malade de plus en plus longtemps jusqu'à ce que la transpiration se déclare. Plus la chaleur est vive et plus on fait boire le malade. A la sortie du drap mouillé on soumet le malade a une ablution avec de l'eau qui ne doit jamais être au dessous de 16" R. Lorsque l'inflammation de la peju s'est dissipée, on peut seulement alors employer de l'eau plus froide. Il faut avoir le soin
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de ne pas changer souvent les compresses excitantes, quelque soulagement qu éprouve le malade de ce changement, et faire exprimer le plus possible le drap qui doit servir à l'enveloppement.
L'urticaire se traite à peu près de la même façon, avec cette seule différence que le traitement doit être plutôt général que local.
La zona ou zoster n'étant autre chose qu'un érysipèle se traite absolument de la même façon.
La miliaire est une affection caractérisée par un état fébrile plus ou moins grave, avec sueurs abondantes et éruption par tout le corps de petites vésicules milisires. A ce phénomène, il s'en ajoute souvent d'autres, du côté du système nerveux , par exemple, qui constituent un état de malignité.
Nous emprunterons au traité de pathologie de Monsieur Grisolle la description suivante qu'il fait de la miliaire :
» La miliaire est souvent précédée pendant quelques jours de malaise, de lassitude, d'anorexie, avec ou sans vomissements et diarrhée : d'autres fois le début est brusque ; ainsi les malades s'élant couchés bien portants, se réveillent dans la nuit inondés de sueurs: Celles-ci qui constituent un des phénomènes prédominants de la maladie, en marquent le plus souvent le début. Elles coïncident avec un grand malaise, avec une céphalalgie sus-orbilaire, souvent très vive* et surtout avec un sentiment de constriction douloureuse à l'épigastre et d'un poids énorme qui, pressant le sternum, B'opposerait à la dilatation du thorax; ajoutons à cela encore des palpitations assez pénibles , souvent avec tendance aux lipothymies et aux syncopes. Les sueurs ont, dès
le début, une abondance excessive; elles pénètrent les vêtements et jusqu'au lit des malades. La face est injectée, ia soif est plus ou moins vive, mais rarement proportionnée à l'abondance des sueurs ; la langue est blanche: l'urine rare, rouge; il y a quelquefois de la dysurie et presque toujours de la constipation ; le pouls est ample, d'une fréquence modérée (80 pulsations). Cependant, chez quelques malades, la réaction fébrile est plus grande , et le pouls atteint 120 pulsations. Ces symptômes persistent deux, trois ou quatre jours, et offrent souvent une ou deux exacerbations quotidiennes, mais sans présenter ordinairement rien de régulier. Du deuxième au troisième jour, ordinairement pendant la nuit, et le plus souvent au milieu d'un de ces paroxysmes fébriles, les malades accusent des picotements violents sur tout le corps, spécialement dans le dos; d'autres ressentent dans ces mêmes parties un prurit incommode ; beaucoup se plaignent d'un sentiment de gène, d'engourdissement, de raideur dans les membres, surtout dans les mains, absolument comme au début de la scarlatine. C'est au milieu de cet ensemble de symptômes qu'une éruption apparait.
Celle ci se montre sous deux formes principales ; le plus souvent ou voit naître une multitude de petites taches irrégulières, ayant à peu près la môme nuance que les taches de la rougeole, disparaissant comme elles par la pression du doigt , et offrant à leur centre un point saillant ou dur formé par une petite vésicule remplie d'un liquide transparent. Ces vésicules, moitié plus petites qu'un grain de millet, sont appréciables à la vue; mais il faut quelquefois, pour les découvrir, s'armer d'une loupe. Dans quelques cas, cependant mè-
me avec cet instrument, on ne distingue aucun point vésiculeux sur les saillies, qui sont alors constituées par de petits boutons durs, par de véritables papules; mais celles ci n'existent jamais que sur quelques points circonscrits; et tôt ou tard elles se transforment en vésicules. Telle est l'éruption que l'on nomme miliaire rouge. Une autre forme d'éruption, qui existe rarement seule, est constituée, comme la précédente, par des vésicules dtapbanes ; elle ne s'accompagne pas de rougeur des téguments, elle ressemble tout à fait aux sudamina et ne se distingue de ces derniers que parce qu'elles sont beaucoup plus résistantes, et qu'on ne les écrase pas comme eux par la pression du doigt. C'est là la miliaire blanche. Qu'elle que soit sa forme, l'éruption miliaire commence ordinairement sur la face antérieure de la poitrine, puis on la voit dans le dos, à la partie antérieure des avant-bras, et sur le reste dès membres; elle respecte presque toujours la figure. Elle se montre dans tous ces points plus ou moins abondante, la confluence est telle parfois, qu'on peut à peine saisir l'interstice qui sépare chacune des vésicules; lorsqu'il en est ainsi, la peau offre une couleur rouge uniforme ou par. larges plaques ; elle a un aspect inégal et chagriné qu'on distingue très bien en promenant les doigt sur la surface. L'éruption n'a pas lieu simultanément partout; en général il se fait plusieurs éruptions successives, à douze ou vingt-quatre heures de distance les unes des autres, elles sont toutes marquées par un redoublement dans les sueurs, dans la fièvre , dans l'oppression et l'angoisse éptgastrique.'
L'éruption une fois complète, on voit les sueurs diminuer ; souvent même il n'y a plus que de la moiteur;
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la fièvre persiste, en général, su même degré ; la constriction épigastrique et l'oppression reviennent encore de temps en temps, mais ia céphalalgie cesse. Vers* le troisième jour de l'éruption, le liquide contenu dans les vésicules devient opalin ; les petites tumeurs se rident, s'affaissent; la rougeur des téguments pâlit et s'éteint, la fièvre tombe, l'oppression ne se renouvelle plus, et vers le sixième ou septième jour de l'éruption la desquamation commence. Elle a lieu ordinairement par petites écailles furfuracées, quelquefois par larges plaques, comme dans la scarlatine. Elle est lente à se faire; nous l'avons vue se prolonger pendant six à sept semaines, ce qui dépend sans doute en grande partie de ce que, pendant le desquamation, et même à une époque où la convalescence est déjà avancée , de petites éruptions partielles ont encore lieu sur le tronc et les membres. Celles-ci sont seulement annoncées par quelques sueurs; mais ne s'accompagnent guère ni de fièvre ni de constriction thoracique ».
La miliaire bénigne est caractérisée par l'absence de phénomènes nerveux; il y a malaise, céphalalgie au début, puis les sueurs se déclarent, l'éruption se fait et parcourt ses périodes régulièrement comme il a été dit, et à peine s'il y a de la dyspnée et un peu de sensibilité à l'épigastre.
La miliaire maligne est déterminée par différents accidents, tantôt une violente 'inflammation d'estomac et d'intestins se déclare; tantôt une véritable inflammation des poumons ou de la vessie, ou bien une affection nerveuse promptement mortelle et principalement caractérisée par du délire, du coma et des convulsions. Alors, dit M. Rayer, un resserrement violent se fait
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sentir à l'épigastre, ce spasme s'étend aux organes de la respiratioû, et donne lieu aux plus pénibles anxiétés. Parfois, dès le début, les malades tourmentés de verliges, en proie à une violente céphalalgie, éprouvent des nausées, font des efforts violents pour vomir, etc. Où bien la face est vultueuse et colorée, les yeux sont saillants et rouges, les artères temporales battent assez fort, la pupille est contractée et immobile, et les malades succombent en peu d'heures dans le coma ou les convulsions.
Comme dans toutes les fièvres éruptives, les diverses indications, pour le traitement de la miliaire, se tirent de l'état général du malade, et comme nous venons de le voir les phénomènes principaux se font toujours remarquer vers le cerveau, vers les poumons, ou vers les organes abdominaux. Dans cette fièvre, comme dans toutes les autres, le traitement hydrothérapique a été employé avec beaucoup de succès. Il consiste à employer les enveloppements successifs, dans le drap mouillé, comme moyen sédatif, tant que la peau reste sèche et brûlante, à couvrir la tête de compresses rafraîchissantes, et la poitrine de compresses excitantes , lorsque l'oppression est très prononcée, puis à faire des ablutions avec l'eau dégourdie , à faire transpirer les malades, en leur faisant boire de l'eau froide en abondance, mais en petite quantité à la fois. II faut éviter de refroidir continuellement le malade, ne s'appliquer qu'à combattre la fièvre et favoriser les sueurs que l'on excite par les ablutions d'eau dégourdie.
Des sudamina, le pemphigus ou éruption bulleuse fébrile, la variole et ses diverses variétés, ne demandent aucun traitement particulier ; seulement lorsque
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les symptômes qui précèdent l'éruption se présentent avec une violence trop grande, les enveloppements dans le drap mouillé, faits avec toutes les précautions que □ous avons déjà indiquées plusieurs fois, combattent la fièvre avec une éfficacitc constante. Il ne s'agit pas, comme on le voit, d'inonder d'eau froide les malades, mais bien de favoriser la réaction centrifuge, en aidant à la soustraction du calorique développé par la fièvre.
Les maladies de la peau qui surviennent à la suite du traitement hydrothérapîque, telles que les furoncles, les rougeurs érysipélateuses, les éruptions plus ou moins prononcées au lieu d'être considérées comme une maladie, sont toujours pour le malade un sujet de joie et d'espérance. Nous avons déjà parlé de ce fait, lorsque nous nous sommes occupé des crises hydrothérapiques. Quelques violentes que soient les douleurs occasionnées par ces éruptions critiques , des compresses imbibées d'eau froide , et une boisson très abondante suffisent pour en obtenir la guérison. Nous n'entrerons, donc pas, dans de longs détails à ce sujet, et nous dirons un mot des névroses cutanées.
« La peau , abondamment pourvue de nerfs qui s'épanouissent dans son tissu, chargée comme organe du toucher, de recevoir les impressions tactiles des corps extérieurs, est douée dans l'état normal d'une vive sensibilité. La sensibilité de la peau est susceptible de diverses modifications morbides, auxquelles, avec quel-, ques auteurs, nous donnerons le nom de névroses do la peau. Toute modification de la sensibilité cutanée se traduit soit par la diminution ou l'abolition de cette sensibilité (anesthésie) ; soit par son augmentation ou exaltation ( hypersthésie). On pourrait encore admettre une
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troisième forme dans laquelle la sensibilité de la peau est plutôt pervertie que diminuée ou augmentée. C'est ainsi qu'on a vu certains malades éprouver par le contact des objèls extérieurs des impressions en désaccord avec leurs qualités réelles, ressentir, par exemple, une sensation de chaleur ou de froid non en rapport avec la température de l'objet rais en contact avec le tégument, ou bien d'autres malades atteints d'hallucinations véritables, percevoir des sensations à la peau, alors qu'aucune cause extérieure n'avait pu y donner lieu. Mais ces aberrations de la sensibilité cutanée ne s'observent point comme phénomènes idiopalhiques et sont toujours liées comme symptômes à d'autres maladies; c'est pourquoi nous ne pensons pas devoir en traiter ici.
Lanesthésie cutanée peut être complète ou incomplète; dans le premier cas la sensibilité est entièrement abolie dans la région affectée, et l'on peut toucher, pincer, et môme traverser la peau avec une épingle sans que le malade éprouve la moindre sensation; dans le second cas, la sensibilité est simplement diminuée; les malades perçoivent encore l'impression des excitants extérieurs mais d'une manière obtuse. Souvent lanesthésie est circonscrite à une partie peu étendue de la peau , et parait bornée à la région , dans laquelle se distribue un nerf du sentiment; quelquefois même l'insensibilité de la peau est limitée à la sphère d'action d'une ou plusieurs branches d'un nerf, tandis que les points de la peau ou se rendent les autres ramifications du même nerf, conservent leur sensibilité intacte. D'autres fois lanesthésie affecte des surfaces plus ou moins étendues de la peau, recevant des ramifications nerveu-
LETTRES sur l' hydrothérapie 269 ses qui proviennent de nerfs différents, quelquefois enfin l'insensibilité de la peau a paru générale.
Tantôt l'anesthésie cutanée est accompagnée de troubles plus ou moins graves des fonctions motrices, intellectuelles ou sensoriales, et parait liée comme ces divers symptômes à une lésion du cerveau ou de la moelle épmière: c'est l'anesthésie symptÔmatique , dont nous n'avons pas à nou3 occuper. Tantôt, au contraire, la paralysie de la peau existe , sans altération sensible des centres nerveux, et constitue l'anesthésie idiopathique « {Fabre, BibL du Med. prat., t. 8, p. 469 et suiv.).
Le traitement hydrolhérapique consiste en douches à dix jets ou à doubles courants , précédées de frictions vigoureuses sur la partie affectée, et suivies de l'application de compresses excitantes.
« L'exaltation de la sensibilité cutanée se présente sons deux formes distinctes; dans l'une la sensation morbide qui en résulte se traduit par une douleur plus ou moins vive au plus léger contact des corps extérieurs; c'est à celte forme qu'on a plus particulièrement appliqué la dénomination d'hypersthésie. L'autre est caractérisée par une véritable démangeaison qui porte le malade à se gratter dans la partie qui en est le siège; c'est le prurit proprement dit.
L'hyperstbésie idiopathique est celle dans laquelle l'exagération de la sensibilité de la peau ne saurait être rapportée à aucune modification appréciable de celle membrane, ni à aucune maladie de l'axe cérébro-spinal. Les exemples en sont rares » (Fabre, loc. cit.).
Le traitement hydrothérapique consiste en enveloppements généraux dans le drap mouillé, suivis de bains de piscine ou de douches à pluie ; douches à poussière d'eau sur les points principalement affectés.
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Le prurit est une sensation particulière qui a son siège à la peau ou sur une membrane muqueuse. Cette sensation, qui ne saurait être définie excite à se gratter la personne qui l'éprouve. Quelquefois elle est poussée à un tel degré, qu'elle constitue une véritable souffrance et que l'on a vu des malades se déchirant la peau, sans assouvir le besoin de se gratter. Une excitation nerveuse générale, convulsive même, l'insomnie, le marasme et quelquefois la mort ont été la conséquence d'un prurit violent.
Le traitement de cette affection est le môme que nous avons tracé pour l'hypersthésie.
Toutes les lésions traumaliques de la peau, les plaies qui résultent des blessures faites avec des instruments tranchants, les contusions, les plaies par arrachement, les brûlures, trouvent dans le traitement hydrothérapique les ressources les plus grandes et la méthode la plus ralionelle. Rhozfts el Avicenne employaient déjà avec beaucoup de succès dans ces diverses affections les linges imbibés d'eau glacée ; de nos jours l'hydrothérapie a perfectionné ce moyen eu employant l'eau froide soit en irrigations continues, soit en fomentations , soit en douches, soit en bains. Ces moyens là doivent être , dans tous les cas que nous venons d'énumérer, continués avec persévérance et pendant un temps plus ou moins long, jusqu'à ce que le malade accuse du soulagement.
Dans les plaies faites avec un instrument tranchant, la simple application de compresses émollientes fréquemment renouvellées et continuées longtemps conduisent à la guérîson. Il en est de même pour les contusions, et dans les plaies par arrachement, après avoir mis en rapport les lèvres de la plaie. Dans les brûlures, si elles
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sont étendues, les bains généraux prolongés pendant plusieurs heures, et fréquemment répétés ; le pansement de la plaie aves des compresses céralées recouvertes de grands linges trempés dans l'eau froide, sont les moyens les plus énergiques et les plus rationnels que l'on puisse employer.
a La possibilité de guérir les affections vénériennes primitives sans avoir recours au mercure, dit Schedel, pag. 488, ne fait plus l'objet d'un doute dans l'esprit des médecins. Ce qui les préoccupe, c'est la question de savoir si l'apparition ultérieure de la maladie n'est pas plus à craindre alors, que quand le médicament a été administré. Au reste , ces questions , si vivement controversées ont eu pour résultat de mettre hors de doute, l'existence d'un virus capable d'exercer dans l'économie les ravages les plus profonds Pour tout
médecin éclairé, ii reste démontré qu'aucun traitement ne possède le privilège de mettre sûrement la constitution à l'abri du développement ultérieur de la syphilis, lorsque celle ci une fois a pénétré dans l'économie.». La cause qui fait que des accidents vénériens consécutifs se montrent après un laps de temps plus ou moins long chez certains individus, tandis qu'on ne les observe point chez d'autres, est un grand mystère que nous ne dévoilerons peut être jamais Pour guérir les affections vénériennes primitives, on doit préférer le traitement qui parait le plus capable de chasser de l'économie la cause mystérieuse du mal , et qui offre en même temps la certitude de ne pouvoir exercer sur la constitution aucune influence fâcheuse. De tous les traitements proposés contre la syphilis, l'hydrothérapie seule présente ces garanties, et je la crois le seul moyen ca-
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pable d'expulser de l'économie cet agent morbide venant du dehors. Aucun remède ne guérit plus vite, aucun ne guérit plus sûrement, aucun ne laisse comme lui l'esprit sans inquiétude pour l'avenir. D'ailleurs l'utilité des sudorittques était bien reconnue avant que ceux ci fussent remplacés par le mercure. Loin de nier les effets avantageux des préparations mercurielles dans la syphilis primitive, je les reconnais hautement. Il y a même quelque chose dans son action modifiante qui tient souvent de la magie, mais l'hydrothérapie et son régime sévère guérissent aussi vite et offrent l'inappréciable avantage de ne pas introduire dans l'économie un médicament d'un effet douteux et qui ne met pas le malade à l'abri de tout accident consécutif.
La syphilis consécutive ne permet pas d'espérer une élimination aussi facile de la cause du mal. La nature même de l'affection indique que l'économie en a élé profondément pénétrée. D'autres moyens, convenablement administrés, seraient une ressource précieuse ai l'hydrothérapie ne réussissait pas, car il serait injuste de vouloir qu'elle put effectuer les miracles que nous voyons journellement se produire en pareils cas, par l'administration des composés iodurés et mercuriels. Il sera toujours convenable de débuter par un traitement hydrothérapique , car si les résultats n'étaient pas favorables, il n'y aurait qu'un peu de temps perdu , et encore les faits semblent prouver que la modification avantageuse que les médicaments produisent sur l'économie, est encore plus sûrement obtenue après un traitement hydriatrique ».
Fleury ne nie pas l'heureuse influence de l'hydrothérapie dans les maladies syphilitiques, mais il ne veut
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pas qu'elle agisse seule ou du moins qu'elle soit seule employée ; voici comment il s'exprime , pag. 375 : « Plusieurs malades atteints d'accidents syphilitiques primitifs ou consécutifs ont été reçus à Bellevue; quelques uns d'entr'eux désiraient être traités exclusivement par l'hydrothérapie, mais j'ai cru devoir résister à leurs instances; à plus forte raison, n'ai je point voulu expérimenter celte médication sur ceux qui déclaraient s'en rapporter à moi. J'ai donc toujours eu recours aux spécifiques, mais je leur ai associé les sudations et les douches froides générales, et je m'en suis constamment fort bien trouvé.
« Les hydropathes préconisent la diète, le régime lacté, et Veau froide à haute dose à l'intérieur; je n'ai point suivi ces errements, et j'ai appliqué, quant au régime, les préceptes si bien développés par Mons. Ricord. Dans ces conditions, l'hydrothérapie m'a paru être un adjuvant précieux du traitement spécifique; elle est fort utile pour combattre la chloro-anémie que l'on rencontre si fréquemment chez les malades atteints de vérole constitutionelle, et qui a été particulièrement signalée par Monsieur Ricord ; elle m'a paru aussi exercer une influence très favorable sur la marche de la maladie, et principalement sur celle des accidents secondaires et tertiaires. Cette influence s'est manifestée surtout chez les individus faibles, débilités, lymphatiques, à tendance scrofuleuse, suivant les expressions de Monsieur Ricord ».
Schedel écrivait en 1845, Fleury en 1852, et en 1854 le professeur Charles Munde publiait à Naples un ouvrage sur l'hydrothérapie, et il disait en parlant de la syphilis et de l'abus que l'on a fait du mercure, dans le traitement de cette affection, les paroles suivantes, pag. 315.
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a Ma di quale compiacenza, per chi conosce l'abuso che si fa del mercurio, non dovrebbe riuscire l'incontrarsi in un ospedale raililare, dove la sifilide non si traitasse col mercurio, c tutti i sifilitici, senza pericolo di schivare Scilla per urtare in Cariddi, vï venissero radicaimente guarili ! Un taie ospedale è a Freiberg; e nella quasi universale fallace persuasione che la sifilide non si possa guarire senza il mercurio, mérita veramente una piena riconoscenza. Il trattaraento è lungo, ma senza pericolo, e sicuro perché anche qui, corne a Graefemberg, la cura ha per iscopo di cacciare il veleno fuori del corpo, non di palliarlo sollanto con un altro veleno. Migliaja d'esempi di un esilo pienamente felice esislono; e se mai si dicesse che anche questi debbonsi considerare quali effetli del mercurio anteriormente somministrato , potrei loro rispondere : che se dopo molli anni, e ad onta di tutlo il mercurio già preso, ricomparisce la malattia qual'era in origine, convien conchiudere che il mercurio non ha punto giovato ma sottanto tenuto ferroo nel corpo il veleno; per cui posto quello in movimento questo pure riprese liberamente la sua perniciosa influenza, sinchè la cura coll'acqua giunse effettivamente ad espellerlo del tutto dal corpo umano ».
Voici maintenant sur le traitement hydrothérapïque de la syphilis le résumé des opinions des médecins qui emploient plus spécialement ce moyen, opinions formulées dana le congrès des bydropalhes de 1843 (voir Schedel, pag. 502 ) :
■1 .* Les symptômes vénériens primitifs sont généralement guéris promplemenl et solidement au moyen de l'hydrothérapie. La durée du traitement a varié depuis onze jours jusqu'à deux mois. La guérison des bubons
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s'est quelquefois fait longtemps attendre quand on les avait ouverts. L'opinion générale de l'assemblée fut contraire à l'emploi de l'eau toute froide, au moins dans le début du traitement , celte température devant être alors de 15° à 20° R. , tant pour les bains de siège que pour les autres bains. Ce n'est que plus tard et seulement lorsque le traitement avait produit un effet avantageux , qu'il convenait de revenir à l'usage de l'eau froide. L'emploi de l'eau froide dès le début a paru favoriser le développement des bubons.
Les grands bains froids sont le plus souvent mal supportés et retardent la guérison ; les frictions et les ablutions lièdes doivent leur être préférées dans le commencement. Plus tard, vers la fin du traitement, quand le chancre, sans être tout-a-fait cicatrisé, n'offre plus ses caractères spécifiques, le bain entier parait favoriser le rétablissement de la santé générale.
L'application de compresses excitantes sur les chancres parait indispensable , ainsi que de fréquentes ablutions avec de l'eau fraîche. Comme traitement général , de fortes transpirations provoquées une ou deux fois par jour, un régime sévère, pas de viande, deux ou trois plats de potage maigre ou bien du lait écrémé. On a cité des cas où avec le régime illimité de Graefemberg , deB chancres primitifs avaient persisté près d'une année. L'exposition au froid, surtout au froid intense, doit être évitée avec soin, le malade doit garder l'appartement par le mauvais temps et pendant l'hyver. Cependant plusieurs membres du congrès rapportent des cas de guérison rapide obtenus sans avoir pris toutes ces précautions. L'opinion unanime de l'assemblée est
S70 LETTRES sun l'hydrothérapie
qu'aucun cas de syphilis secondaire n'a été observé
après un traitement hydrothérapique modifié.
2. ° Tous sont d'accord sur la possibilité de la guérison des blennorrhagies primitives, mais il y a beaucoup de dissidence à l'égard du traitement à employer. Les uns veulent qu'il soit le même que pour les chancres , les autres soutiennent que ni les enveloppements dans le drap mouillé, ni les bains de siège, ni la douche, ni les transpirations provoquées dans la couverture de laine, n'exercent une influence favorable sur la maladie. Ces derniers préfèrent un régime sévère consistant en lait écrémé avec une petite quantité de pain; ils recommandent en outre peu d'exercice, un suspensoir et des ablutions fréquentes. Le docteur Parow, de Berlin, dit avoir guéri beaucoup de gonorrhées primitives inflammatoires en faisant boire abondamment de l'eau froide, et en y joignant une diète sévère ; d'autres foi3 la transpiration, même de peu de durée, dans le drap mouillé, paraissait indispensable, tandis que tous ces moyens sont restés sans utilité dans les cas de gonorrhée secondaire qui guérissaient , il est vrai , à la longue, mais seulement après un temps qui ne prouvait rien en faveur de la méthode. Sur cinq cas de gonorrhées secondaires , un seul fut guéri , et le temps ainsi que le régime ont paru au docteur Parow avoir eu autant et plus d'influence que l'hydrothérapie elle même.
3. " Plusieurs symptômes secondaires , et entr'autres des ulcérations de la peau, ont cédé à la méthode hydrothérapique. Maïs ces sortes d'altérations extérieures paraissent céder plus aisément a ce mode de traitement que celles des membranes muqueuses et des os. Cer-
LETTRES SUR i.'hïdrothé-eupie
taines ulcérations syphilitiques du col se sont souvent montrées très rebelles, et la cicatrisation a été hâtée en les touchant avec de l'eau aiguise'e d'acide murialique, à la dose de cinq à dix gouttes par once d'eau; mais dans ce cas il ne fallait pas que le malade eut pris de l'iode.
4. " Pour la guérison des angines syphilitiques secondaires, le traitement bydriatrique général doit être employé conjointement avec les compresses excitantes à l'extérieur et les gargarïsmes d'eau fraiche, La disparition rapide des taches syphilitiques est généralement admise tandis que les rhagades et les végétations cèdent plus difficilement; il en est de même de la rupiaproeminens syphilitica. Dans les condylômes avec fissures devenant de plus en plus profondes, l'extrémité de la végétation parait perdre peu à peu de sa vitalité , une sorte d'absorption interstitielle s'établit, elles se flétrissent et disparaissent graduellement, laissant la peau saine à la place qu'elles avaient occupée.
5. " Les afïfielioos syphilitiques des os se guérissent toujours, lorsque le traitement hydrolhérapique provoque dans l'économie un mouvement général.
6. ° Un phénomène sur lequel tout le monde est d'accord, c'est le retour de certains symptômes disparus depuis longtemps et dont les malades se croyaient entièrement débarassés. La plupart des membres du congrès ont ainsi observé, non seulement des chancres et des gonorrhées, mais encore des condylômes, des tumeurs diverses, des angines, etc. On a même cité un cas dans lequel la salivation s'est montrée de nouveau et en l'absence de toute cause capable de la produire.