LETTRE SIXIÈME
Des divers-modes d'emploi de l'eau - Gargarisme - Manière de procéder - Reniflement - Injections - Fomentations - Fomentations < : i)\i.iUientes - Fomentations excitantes - Mode de procéder - Ceinture hydrothérapique - Lavages - Bains - Bains des pieds - Bains de tête - Bains d'yeux - Demi bains - Bains de siège -» Utilité de ces bains - Modifications apportées par l'auteur aux bains de siège à eau courante - Bain de siégn a /inu-MÏiv d'eau - Bain de siège à douche - Bain de siège^ hémorrhoidaire - Bain de siège a jets en spirales - Bains généraux - Piscine - Circonspection du médecin pendant les bains de piscine - Précautions à prendre avant de s'y plonger - Danger de la piscine - Douches - Importance des douches graduées - Douches verticales - Leur hauteur
- Douche à déluge - Son diamètre - Quantité d'eau qu'elle jette
- Grande douche à ealonne - Son diamètre - Moyenne douche à colonne - Son diamètre ~ Petite douclie à colonne - Son diamètre
- Douches horizontales - Leur position - Leur but - Grande douche à colonne - Moyeniie douche à colonne Petite douche à colonne - Douche à aiguille - Grande douche à poussière d'eau - Pe- (tfe douche à poussière d'eau - Grande douche à arrosoir- Petite douche à arrosoir - Douche en lame - Douclie. à double courant - Douche à dix jets - De la boisson - Du régirne hydrothérapique.
Après avoir vu les divers procédés de sudation employés par la méthode hydrothérapique, nous allons passer en revue les divers modes d'emploi de l'eau. Bien que l'on ait déjà décrit bien souvent ces diverses opérations , nous n'hésitons pas à les tracer de nouveau succintement, moins pour les rappeller à ceux qui les savent, que pour en donner une simple idée à ceux qui les ignorent.
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Indocti discant et ament meminisse periti.
Le gargarisme est une opération qui consiste a secouer dans le bouche et la gorge, à diverses reprises, une certaine quantité d'eau froide, en tenant la lête fortement penchée en arrière, et en chassant l'air contenu dans les poumons, de manière à empêcher l'eau de pénétrer dans l'oesophage. Le gargarisme. est surtout indiqué dans les intlammatious ou les irritations de la gorge et de la cavité buccale, dans le phlialisme , et dans l'engorgement des glandes salivaires. Dans les scrofules „le coryza et les maladies de la cavité nasale, on emploie la reniflement, dans le but de chasser les mucosités de cette partie et de tonifier les membranes muqueuses.'
L'injection , comme son nom l'indique, consiste à introduire, dans l'intérieur d'une cavité quelconque du corps, une certaine quantité d'eau, plus ou moins froide , avec une force plus ou moins grande suivant l'effet- que l'on veut obtenir. Les injections sont des douches particulières qui changent de nom , suivant les cavités qui doivent être injectées. Ainsi les douches rectales, les douches vaginales, les douches urèthrales, ne sont autre chose que des injections. Ces sortes d'opérations sont assez connues, pour que nous ne les décrivions pas ici ; nous ferons connaitre plus tard les diverses maladies dans lesquelles leçr utilité est incontestable.
Les fomentations sont de deux sortes: les excitantes et les émollienles.
Les fomentations émollienles s'emploient localement .dans toutes les inllammations ou irritations partielles, dans les congestions sanguines, etc. Elles consistent dans
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un linge plié en plusieurs doubles, qne l'on trempe' dans l'eau froide; après l'avoir légèrement exprimé on l'applique loco dolenti en le renouvellant au fur et à mesure qu'il se réchauffe,
Les fomentations excitantes consistent, en un linge plié comme le précédent, en plusieurs doubles, mais fortement exprimé. On l'applique ensuite très exactement sur la chair, et on le recouvre d'un linge sec, aussi très exactement appliqué, de manière à ce que l'air ne puisse , en aucune façon , pénétrer sur la partie recouverte. La chaleur produite par celte fomentation est bien supérieure à celle qu'occasionne un linge de flanelle. Cette chaleur humide agit non seulement comme excitant mais encore comme résolutif. Généralement on ne renouvelle ces fomentations que lorsque le linge mouillé est devenu complètement sec. Il est excessivement important de bien recouvrir exactement par un linge sec la fomentation excitante, le simple contact de l'air sur le linge mouillé, suffirait pour détruire tout l'effet que l'on veut obtenir, et pourrait même devenir nuisible. » ■ ,
La ceinture mouillée , que presque tous les malades, qui suivent le traitement hydrothérapique , sont obligés de porter, n'est autre chose qu'une fomentation excitante. La nécessité de cette ceinture ressortira d'elle même, lorsque nous nous occuperons du traitement dès maladies.
Les lavages se font de diverses manières. Le malade étant debout soit dans un vase plein d'eau froide, soit l'ayant auprès de lui, prend une éponge et se lave lui même ou se fait laver toutes les parties du corps, en frictionnant vigoureusement celles qui sont affectées de
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douleurs. Il est important que tout le corps soit constamment mouillé pendant cette opération, c'est ce qui fait que l'éponge et la main me paraissent tout à fait insuffisant pour obtenir le résultat désiré. Voici donc comment je conseille de procéder.
On trempe un drap de lit dans une assez grande quantité d'eau, pour .qu'il soit complètement mouillé et ruisselant, et on le jette sur le dos de la personne soumise au lavage; et pendant qu'elle même se frictionne vigoureusement toutes les parties qu'elle peut atteindre, un aide frictionne le dos et les parties du corps inaccessibles aux frictions du malade lui même. Ce procédé excessivement simple est d'une exécution très facile et remplit admirablement le but qu'on se propose.
Les bains sont généraux ou locaux. Les bains locaux sont :
Les bains des pieds qui ne s'emploient qne comme dérivatifs et dans tous les cas pour lesquels habituellement on use des -pédiluves chauds. Ou les fait dans des vases appropriés, dans lesquels on ne met que peu d'eau, trois ou quatre pouces au plus. Pendant celte opération, il.faut frictionner les pieds l'un contre l'autre, aûn d'obtenir une réaction plus forte. Avant comme après , il est indispensable de marcher jusqu'à ce que la chaleur des pieds soit déterminée. La durée de ce bain varie suivant le cas dans lequel il a été employé. C'est un moyen efficace dans les douleurs de tète, les maux de dents, les douleurs ou inflammations aiguës des yeux , dans les transports de sang vers la tôle, etc. Us peuvent être répétés plusieurs fois dans la journée.
Les bains de tête s'emploient dans les cas de rhumatismes de cette partie du corps, dans les affections
dea yeux et pour recouvrer l'ouïe , l'odorat et le goût. Voici la manière de procéder pour prendre ces sortes de bains. Le malade étendu sur un matelat par terre, trempe la partie de la tête qui doit prendre le bain , dans le vase qui contient l'eau froide et qui a été placé par terre à la partie supérieure du matelas sur lequel le patient est couché. La durée de ce bain est excessivement variable et dépend autant de la maladie que l'on cherche à combattre, que de la tolérance du malade lui môme.
* Les bains d'yeticc peuvent se prendre dans le même vase qui sert aux bains de tête ou dans de petits vases faits exprès et qui prennent la forme de l'orbite. Quelle que soit l'affection à combattre, ce bain ne doit jamais se prolonger au delà de cinq minutes , il doit toujours être pris en tenant les yeux ouverts.
Les demi bains se prennent dans une baignoire faite exprès pour celte opération hydrothéra pique. Le malade étant assis dans la baignoire, dans laquelle on a mis de l'eau de manière à ce qu'il en ait jusqu'à la hauteur de l'ombilic, on ouvre le robinet qui donne issue à l'eau en même temps que l'on ouvre la soupape qui la laisse fuir, de manière que l'eau se renouvelle continuellement tout en se maintenant à la même hauteur et par conséquent à la même température. Pendant ce bain, .les parties immergées doivent être continuellement frictionnées, soit par le malade, soit par un aide. La durée de ce bain est aussi excessivement variable et l'on ne doit s'y soumettre qu'en présence du médecin hydropathe ou d'une personne parfaitement au courant du traitement hydrothéra pique. Après ces bains, comme en général après toutes les opérations hydrothérapiques,
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il est important de rappelier lu chaleur du corps au moyen d'une promenade à l'air lib^e . faite avec assez de rapidité pour appeller la réaction.
Les bains de siège que Priestnitz ne regardait que comme un acheminement vers les grands bains, sont d'une utilité incontestable, et ont une action, dans beaucoup de cas, supérieure à celle exercée par ceux ci; il est vrai de dire, que chez Priestnitz, les bains de siège se prenaient à eau fixe et perdaient, par ce seul fait, presque toute leur importance. On ne saurait cependant révoquer en .doute, l'utilité de ces bain3 dans tout* les affections du bas-ventre et des organes renfermés dans la cavité abdominale', dans les maladies des reins, du foie, de la rate, de la vessie, de l'urèthre, de l'utérus, ete. etc. Ils peuvent agir comme dérivatifs ou comme calmants, suivant comment ils sont faits et suivant l'organisation de l'appareil dans lequel on les prend. C'est surtout à cause de l'importance si grande de ces sortes de bains, que j'ai cru devoir apporter à mes appareils des modifications considérables, afin de pouvoir répondre à toutes les indications. Ainsi outre les bains de siège à eau fixe, j'ai fait confectionner des bains de siège à eau courante dans lesquels l'eau se renouvelle continuellement, en arrivant excessivement divisée, a travers les parois du bain, tantôt en poussière d'eau, tantôt en véritable douche ; tantôt heurtant la peau avec force , de manière à produire une percussion très-sensible, tantôt en caressant, pour ainsi dire, la peau; tantôt frappant perpendiculairement les parties situées dans l'appareil, tantôt les prenant de bas en haut, tantôt de haut en bas, tantôt en tournant en spirale autour du corps. Suivant l'effet à produire, l'appareil
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est différent et je puis affirmer que les succès obtenus par ces sortes de bains, dans toutes les affections qui avaient leur siège dans 4e bassin, ont été aussi surprenants que rapides.
Les bains gènérauœ se font dans de vastes piscines, dans lesquelles l'eau arrive d'un côté et s'en va de l'autre. Il y a à cela deux avantagés : l'un, que l'eau se renouvellanl sans cesse conserve toujours sa même température, l'autre que la sueur étant essentiellement onctueuse, surnage toujours et se trouve constamment emportée par la surverse; ce qui explique la pureté constante de l'eau , quel que soit le nombre de personnes qui s'y baignent. Il est très important" que ces piscjnes soient vastes et larges, afin que le malade qui s'y plonge, puisse^y faire de nombreux mouvements, et s'y exerce, pour ainsi dire, à une agitation gymnastique. L'eau doit cependant y être fréquemment renouvelle en entier, afin .qu'elle ne manque jamais d'acide carbonique, qui est l'élément le plus nécessaire à l'eau qui sert à l'usage hydrolhérapique. La durée du bain général est excessivement, variable, et se trouve constamment modifiée par la constitution du malade , la nature de la maladie, et la durée de la sudation qui l'a précédé. Le médecin hydropathe a besoin de la plus grande circonspection pendant l'emploi de ce moyen, surtout chez les malades qui ont une tendance aux maladies, du coeur, du cerveau ou des poumons. Avtint de se plonger dans la piscine, il faut toujours avoir la précaution de se mouiller la tête, le visage, la poitrine et la nuque. 11 est, effectivement, à remarquer que les cinq sixièmes des malades, accusent une violente douleur à la nuque à la sortie de ce bain : immédiatement après
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ta sortie de la piscine, des aides tiennent prépares des drapa très-secs, avec lesquels ils frictionnent vigoureusement toutes les parties du cwps ; le malade doit s'habiller le plus promptement possible et courir pour faire sa réaction ou du moins marcher assez rapidement pour rappeller au plutôt la chaleur cutanée.
Les douclies constituent les moyens les plus énergiques du traitement hydrolhérapique, et c'est principalement dans les maladies chroniques, qu'elles agissent avec une efficacité vraiment surprenante. L'action des douches s'opère autant par la percussion que par l'action de froid qu'elles impriment au corps ; voilà pourquoi il est très important d'avoir des douches dont on puisse graduer la force , de manière à pouvoir à volonté augmenter ou diminuer la percussion., C'est malheureusement ce qui manque dans un grand nombre d'établissements hydrotliérapiques , dans lesquels on a une colonne d'eau toujours la même , égale pour tout et pour tous. Tous les malades ni toutes les maladies w sont pas aptes à recevoir le même volume d'eau, et ne peuvent pas supporter la môme percussion, aussi la graduation de ce moyen hydrothérapique me parait une chose d'autant plus indispensable qu'elle a été jusqu'à ce jour plus négligée. Il ne suffit pas de diriger une douche sur tel ou tel point douloureux, il faut encore pouvoir la rendre supportable et efficace. Si la doucbe est constamment la môme, elle sera trop forte ppurjes uns, trop faible pour les autres, et souvent chez le même malade, elle aura des effets différents, suivant le degré de sensibilité dans lequel il se trouve, sensibilité qui, comme chacun sait, varie constamment, el suit , pour ainsi dire , les variations atmosphériques.
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L'on ne saurait trop insister sur ce point dans la construction d'un établissement hydrothérapique.
Les douches peuvent varier à l'infini, et peuvent être modifiées suivant l'effet que l'on veut obtenir. Le nombre des douches que j'ai dans mon établissement est considérable, et chacune de ces douches, forte ou faible à volonté peut constamment s'équilibrer avec la tolérance du malade, ou les nécessités de la maladie. Les douches sont verticales ou horizontales. Les verticales, fixées au plafond, à une hauteur qui varie entre sept et huit mètres sont au nombre de quatre :
1. ° La douche à déluge; du diamètre de quatorze pouces environ, laisse échapper suivant la pression qui lui est donné 200 , 250 et jusqu'à 300 litres d'eau par minute.
2. ° La douche grande à colonne du diamètre de trois pouces environ.
3. ° La douche moyenne à colonne du diamètre d'un pouce et demi.