‹ Dissertations sur l'hydrotherapie appliquee aux maladies guerissables ou modifiables par ce traitementChapitre 5 sur 35 · LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE CINQUIÈME

Des divers procédés htjdrothérapiques - De la sudation - Moyens d'obtenir la sudation - Sudation au moyen de la lampe à alcool - Manière de procéder - Inconvénients de ce procédé - Accélération du pouls - Moyen de remédier à cette accélération - Avantages de ce procédé - Sudation dans la couverture de laine - Manière de procéder - Quelle est l'Iicarc la plus convenable ? - Précautions à prendre pour h * partie* douloureuses- l'rii-MiHons à prendre dans les cas de congestions à la tétc - Cas dans lesquels l'hydrothérapie cherche à appeler les tueurs - Cas dans lesquels elle les empêche - Danger d'une sudation inopportune - Combien de temps la transpirnliim doit elle être maintenue? - Enveloppement dans le drap mouille - Effets de ce! vnrel'jpji:'ment - Son but ~ Manière de procéder - Ses eflets divers ■- Dans quels cas l'hydrothérapie y-a-t'elle recours - Moyen de ramener ta chaleur aux pieds.

La meilleure chose du monde , dit Pindare dans ses 'chants olympiques, c'est l'eau; et Hippocrate faisait le plus grand cas de cet agent thérapeutique. S'il me fallait passer en revue tous les auteurs qui depuis le vieillard de Cos ont préconisé l'eau, j'écrirais un grand volume et j'en oublierais encore quelques uns, je me contenterai donc de décrire les divers procédés, mis en usage par la méthode irydrothérapique, dans le traitement des maladies. Ces procédés, modifiables à l'infini, suivant la nature et la force de constitution des malades, se rattachent cependant à certaines opérations principales qui servent de base à l'emploi de l'eau.

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Ces opérations sont;

Lee sudations, les lavages, les lotions, les frictions, les bains généraux et locaux, les douches générales et locales, les injections, les gargarismes, ies fomentations, la boisson et le régime hygiénique; que nous allons tour à tour passer en revue, suivant leur importance.

Les sudations s'obtiennent au moyen de trois procédés différents: 1,°, par la raréfaction et la combustion de l'air autour du corps du malade au moyen d'une lampe à alcool. 2.°, par l'enveloppement dans une couverture de laine. 3.°, par l'enveloppement dans un drap mouillé.

Celte dernière opération hydrothérapique essentiellement sédative ou excitante, suivant comment on l'opère, n'est pas toujours employée dans le but d'obtenir la sueur.

Pour faire suer le malade par le premier des procédés que nous venons de citer, voici comment on s'y prend :

Le malade est assis nud , sur une chaise en bois, les pieds appuyés sur un petit escabeau ; il est hermétiquement enveloppé, la chaise et lui, dans plusieurs couvertures de laine , qui traînent à terre de manière à ne laisser pénétrer, sous l'appareil, aucune parcelle de l'air ambiant. Une fois bien en place et la tôle libre et dégagée on met par terre, sous le siège, une petite lampe à alcool. La combustion de celle ci, raréfie l'air en même temps qu'elle réchauffe légèrement le corps du patient, et en moins de vingt minutes, la sueur commence à se déterminer.

Ce mode de sudation ne convient pas à tous les malades, à cause de l'excitation plus ou moins grande qu'il détermine, et de l'activité qu'il procure toujours au centre circulatoire. Les pulsations du pouls, après les

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premières vingt minutes, s'élèvent ordinairement à quatre-vingt ou quatre-vingt-cinq , et après une demi heure, j'ai constaté jusqu'à cent-vingt-cinq et centtrente pulsations. On comprend dès lors tout le danger qu'il y aurait à se servir indistinctement de ce procédé opératoire qui ne convient que dans certains cas, et plutôt en hiver qu'en été. Il m'a paru souvent convenable, en se servant de ce moyen, de faire continuer la sudation dans le lit, lorsqu'elle commençait à se développer, et d'attendre l'abaissement et le ralentissement du pouls du malade, avant de le faire passer à la douche ou au grand bain. C'est à l'expérience et au savoir du médecin hydropathe, d'apprécier les cas dans lesquels ce moyen peut être employé sans danger, ou sans inconvénient; il est alors bien moins ennuyeux pour le malade qui obtient le résultat récherché en bien moins de temps.

La transpiration dans la couverture de laine, dit Schedel dans son examen critique de l'hydrothérapie, page i5 , s'obtient en enveloppant le malade dans celleci de manière a concentrer autour du corps tout le calorique qui en rayonne. Dans les affections chroniques, c'est vers quatre ou cinq heures du matin que l'on provoque la sueur; l'éxpérience ayant prouvé que ce moment est le plus favorable à la production de ce phénomène. Le procédé est fort simple : une couverture de laine bien sèche est placée sur un paillasson, et le malade se couche dessus entièrement déshabillé ; les tuméfactions goutteuses, les parties douloureuses ou les exosloses, s'il en existe, sont alors rapidement recouvertes de compresses dont l'eau a été bien exprimée, ce qui se fait en partie pour diminuer les douleurs qui deviennent ordinairement très vives au moment de l'ap-

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parition des sueurs, et en partie pour exciter sur ces points mêmes une transpiration plus copieuse et l'on procède immédiatement à l'enveloppement. Ceci se fait en commençant par renverser l'un après l'autre les deux coins supérieurs de la couverture sur les épaules, et en faisant passer un des cotés de la couverture sous le coté opposé du malade, en ayant soin de maintenir d'une main le côté encore non relevé , pendant qu'avec l'autre on borde, pour ainsi dire, de haut en bas; puis on procède à la même opération du côté opposé , de manière à empaqueter le malade le plus hermétiquement possible; le point le plus important et le plus difficile , c'est de bien appliquer la couverture autour des épaules et du cou, sans quoi la chaleur se dégage par cette ouverture et la transpiration ne s'établit que difficilement. L'on obvie à cet inconvénient en commençant , ainsi que nous l'avons indiqué, par ramener par dessus l'épaule et au devant de la poitrine d'abord l'un, puis l'autre coin supérieur de la couverture. Lorsque les congestions vers la tête ne sont pas à craindre, on fait remonter le bord supérieur de la couverture de manière à ce que le visage seul soit à découvert, l'oreiller se trouvant même quelquefois compris dans l'enveloppement. Chez les personnes qui devront rester ainsi enveloppées pendant très-loog-temps , ou a soin de placer un urinai entre les jambes. Du reste si cette précaution n'avait pas été prise, ou y rémédie en défaisant la couverture vers les pieds et en y glissant le vase réclamé. La couverture de laine une fois fermée le plus hermétiquement possible , on place sur le malade un lit de plumes ou des couvertures ouatées, et l'on attend la sueur, ayant toujours soin de laisser un gardien auprès

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du patient ainsi garotlé. Quelquefois pour mieux maintenir tous ces objets autour du corps, on passe sous le malade et à des distances égales, trois serviettes pliées dans le sens de leur plus grande longueur, et l'on fixe ainsi solidement le tout en nouant les extrémités ramenées au devant du corps.

Cette dernière précaution est d'autant plus utile que souvent la transpiration ne s'établit que plusieurs heures après, et pendant ce temps il serait impossible de garder une immobilité complète, l'excitation qui précède la sueur disparait en général, dès que celle-ci survient; mais s'il n'en est pas ainsi, et surtout si l'on a des raisons de craindre une congestion vers la lôte, on recouvre cette partie d'une compresse trempée dans de l'eau froide, et l'on donne au malade quelques gorgées d'eau froide ; on fait de même si, sans être très rouge, le malade accuse un mal de tête un peu violent. L'intervalle qui s'écoule entre l'enveloppement et l'apparition de la sueur varie beaucoup, non seulement selon les individus , mais encore chez la môme personne, et suivant la saison. Celui qui, en été, transpire en un ijuart d'heure , mettra de trois à cinq heures en hiver. D'autre fois un état d'atonie de la peau semble y mettre obstacle, et j'ai vu des malades ne pas transpirer après cinq heures d'enveloppement. Dans les affections fébriles, l'hydrothérapie ne cherche à amener les sueurs que lorsque la vivacité de la fièvre a été tempérée soit par les efforts de la nature, soit par les applications d'eau froide. Vouloir dans des cas pareils forcer la transpiration, c'est exposer le malade à des graves dangers, à des congestions violentes vers des organes importants. On ne saurait Irop le répéter, le but de l'hy-

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drothérapie dans les fièvres et les phlegmasies est, non de hâter la sueur, mais de produire une sédalion efficace, au moyen du drap mouillé fréquemment renouvellé.

Dans les maladies chroniques, lorsque la sueur larde à paraître, on conseille au malade de faire des mouvements de haut en bas avec les pieds et les mains.

Dès que la transpiration s'est établie, on peut dessercr un peu les linges de manière à permettre quelques mouvements, et à laisser respirer le malade auquel on donne aussi de l'air en ouvrant la fenêtre. Pour contribuer à la transpiration en calmant l'excitation générale, et aussi pour rendre au corps les fluides qui se dégagent par les pores, on fait boire au malade, toutes les cinq , dix ou quinze minutes quelques gorgées d'eau froide. Ce précepte doit surtout Être suivi lorsqu'on veut maintenir long-temps le malade dans un état de transpiration générale.

Combien, de temps la transpiration doit elle être maintenue? Dans les affections chroniques ce temps varie d'une demi heure à trois heures. On la fait durer quelquefois davantage chez les personnes robustes. Dn reste , c'est la viguenr de la constitution qui doit servir de guide à cet égard, la durée de la transpiration,- dans les affections aigUes, se prolonge quelquefois bien davantage, surtout lorsque la sueur se montre sous forme critique.

L'enveloppement dans le drap mouillé produit des effets si divers qu'il peut être appliqué le plus, fréquemment, et que Priestuilz y soumettait indistinctement tous ses malades. Aussitôt après l'application du drap mouillé un sentiment de fraîcheur pénètre tout le corps, et fait naître un frisson d'abord assez désagréa-

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ble. Mais après un laps de temps variable, la réaction centrifuge s'établit , le froid pénétrant du drap mouillé est remplacé par une simple sensation de fraîcheur à laquelle succède une chaleur douce et agréable; bientôt l'eau dont le drap est imbibé, s'échauffe par la concentration du calorique que retiennent les couvertures et forme à la surface du corps une véritable couche de vapeur. Les sécrétions de la peau s'activent alors, le visage devient rouge et la sueur se déclare.

Dans le traitement des maladies chroniques, dit Schedel, page 41, ce procédé quoique en usage chez presque tous les malades, n'a pour but que de préparer convenablement la peau à recevoir les modifications qu'on veut lui imprimer ; aussi en général , dès que la moiteur survient ou que la chaleur générale se rétablit à la surface du corps, ce qui se reconnaît d'après l'état des pieds, on dégage le malade et l'on procède aux ablutions; ces dernières sont aussi de rigueur, quand au lieu de retirer le malade dès qu'il se réchauffe , on le laisse transpirer plus ou moins long-temps.

L'application du drap mouillé se fait de la manière suivante : le lit ayant été préalablement arrangé, on le recouvre d'une épaisse couverture de laine et par dessus on place le drap mouillé. Le malade se couche dessus, et on l'y enveloppe étroitement , dabord en ramenant un côté du drap sous le côté opposé du corps, et viceversâ, de manière à l'entourer symétriquement: on l'enveloppe ensuite de la même manière dans la couverture de laine par dessus laquelle on place de nouvelles couvertures ou un édredon. Si lorsque la chaleur se rétablit, le sang se porte à la tête, et si alors le malade accuse uue forte céphalalgie , on a soin de

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placer sur cette partie des compresses mouillées d'eau froide.

L'enveloppement dans le drap mouillé est une des plus belles inventions de Priestnitz, et au moyen duquel il remplit une foule d'indications. Ce procédé peut remplacer avec avantage les affusions de Currie, comme moyen antiphlogistique ; car par la méthode de Priestnitz , la réaction est plus assurée, puisqu'elle se trouve soutenue par des moyens artificiels, qui empêchant la chaleur de s'échapper la concentrent autour du corps. Par ce procédé on peut donc à volonté soustraire la chaleur de la surface du corps ou l'y accumuler sans fatiguer le malade autant qu'avec la couverture de laine. Cependant ce moyen ne peut pas entièrement remplacer les affusions, bien que l'effet sédatif qui en résulte soit aussi prononcé ; mais il ne produit pas le même effet perturbateur, et ne peut pas servir à ranimer la vitalité avec la môme énergie que celles-ci.

L'hydrothérapie a recours à ce procédé dans toutes les affections fébriles. C'est le moyen antiphlogistique et le calmant par excellence, surtout quand le drap est bien mouillé et souvent renouvellé. Tant que la peau reste sèche et chaude, un drap doit remplacer l'autre, d'abord toutes les dix ou quinze minutes, puis, à des intervalles de moins en moins rapprochés, à mesure que la peau tend à se couvrir de moiteur, ayant soin lorsque celle-ci existe, de ne point le renouveler, mais de laisser arriver la sueur dans laquelle on laisse le malade souvent pendant des heures entières, et en général, jusqu'à ce que la sueur cesse ou diminue d'une manière très prononcée. Le malade est alors dégagé et l'on procède aux ablutions avec de l'eau à 1 0 ou à 1 4° R.

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à mesure que la fièvre diminue, et pour hâter le développement de la transpiration , on a soin d'employer les draps moins mouillés, et d'où l'eau est de plus en plus exprimée. On est cependant quelquefois obligé de retirer le malade des couvertures à cause des malaises qu'il éprouve avant que la transpiration ait cessé d'elle même. Ainsi que cela se pratique dans l'enveloppement dans la couverture de laine, on emploie dans celui-ci des applications de compresses bien imbibées d'eau froide pour combattre ia congestion vers la tete qui survient lors du retour de la chaleur générale, et surtout vers le moment où la transpiration commence à s'établir; mais alors pour ne pas déranger celle-ci, on les applique moins mouillées et à de plus longs intervalles. Dans le cas où les pieds resteraient toujours froids, quoique la chaleur paraisse généralement bien rétablie, on conseille de les dégager et de les bien frotter, et de les entourer de la couverture de laine.

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