La douche à dix jets
L'importance de chacune de ces douches ressortira d'une manière évidente, lorsque je parlerai du traitement des maladies.
La boisson de l'eau pendant le traitement hydrothérapique n'est pas une chose indifférente , et doit être employée avec circonspection et suivant les ordres du médecin. La quantité d'eau que les malades doivent boire varie entre dix et quarante verres ; et plus les sudations sont abondantes, plus abondante doit être la boisson. Ainsi, en élé l'on doit boire plus qu'en hiver et dans les temps secs plus que dans les temps humides. Une trop grande quantité d'eau absorbée par l'estomac cause une sorte d'ivresse, qui ne tarde pas à se dissiper , si l'on fait des mouvements forcés , des exercices gymnastiques ou une marche rapide. Souvent, dans les premiers temps, et lorsque le médecin a du insister sur une boisson abondante, il n'est pas rare de voir
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survenir des vomissements ou la diarrhée, ce n'est pas une raison pour s'abalenir de boire ou pour diminuer la quantité, si la maladie est du nombre de celles qui exigent une absorption considérable. Le docteur Lubanski indique les deux règles suivantes comme à peu près invariables, et son opinion a été généralement adoptée par tous les médecins hydropalhes : \.° j'administre, dit-il, l'eau en boisson comme excitant des voies digestives, dans ce cas là je recommande d'en user avec modération et de la boire la plus fraiche possible; 2.° je la prescris dans le but d'exercer une action dissolvante et dépurative, et dans ce cas, j'en fais prendre une très-grande quantité, et autant que le permet la tolérance de l'estomac. En procédant graduellement et avec précautions , on peut, sans fatiguer les voies digestives, en faire prendre jusqu'à des doses considérables. Suivant l'état de l'atmosphère, l'administration de l'eau en boisson doit être modifiée.
La boisson de l'eau non seulement a pour but de nettoyer, mais encore de fortifier l'estomac, et de le mettre en état de mieux effectuer la digestion, en lui faisant élaborer des sucs meilleurs. L'eau absorbée par les vaisseaux lymphatiques, dans le canal digestif, se répand dans tout le corps avec la plus grande rapidité, purifie le sang , dissout les matières acres et sébacées, et dans certaines congestions agit comme résolutif.
Les malades qui suivent le traitement hydrothérapique doivent suivre un certain régime qui contribue puissamment à l'effet des médications. Ce régime consiste à manger froid, et à s'abstenir de boire toutes les boissons excitantes, telles que le vin, les liqueurs, le café, le thé, la bière, etc. Ces boissons seraient
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d'autant plus nuisibles que le traitement lui même est déjà un excitant. Voici ce que dit ie docteur Claridge à propos du vin: <i Le raisin est agréable au goût et salutaire, mais le vin est pernicieux et produit nombre de maladies physiques et morales. Dieu n'a pas créé le vin, par ce qu'il n'était pas nécessaire à la vie. La providence qui a créé toutes les choses nécessaires aux besoins de notre machine nous aurait encore pourvus de ruisseaux ou de pluies de vin ; si la conservation du genre humain l'avait exigé. Le vin est surtout fatal aux personnes irritables , délicates et pléthoriques. Le vin n'est pas digestif comme on le croit; loin de là il retarde la métamorphose des substances alimentaires, propriété qui lui est commune avec toutes les substances alcooliques ; il irrite le système nerveux , réchauffe le sang et prédispose aux maladies inflammatoires. Bu avec excès, il donne de la soif, une chaleur fébrile, des congestions, des vertiges, des tremblements, il stupéfie les sens et débilite le corps et l'esprit. Si l'usage en est continué, il porte le désordre dans les fonctions digestives; les membranes de l'estomac et des intestins deviennent turgescentes et s'endurcissent, le foie et les glandes s'obstruent , le sang se corrompt , les sécrétions se ralentissent, et il rompt l'équilibre de toutes les fonctions organiques. L'usage môme du vin plus ou moins modéré altère les fonctions digestives, et le dommage plus ou moins grand de notre organisation, occasionné par celte liqueur, dépend de la constitution de l'individu et de la qualité du vin. Pour les enfants c'est un poison ».
Cet article, malgrès sa forme paradoxale, est essentiellement vrai pour les malades soumis ou traitement
hydrothérapique. La privation de toutes les boissons excitantes, et une nourriture froide, servent de complément à la cure par l'eau froide. Le lait et le beurre, constituent la substance alimentaire la plus convenable, comme les salaisons constituent celle dont il faut user avec la plus grande modération. En résumé nourriture substantielle et simple, absence de liqueurs excitantes, boisson abondante d'eau pendant le repas, mouvement ou promenade à l'air en sortant de table, pendant une heure environ, exercice modéré, voilà le régime à suivre pendant le traitement hydrothérapique. Toute lecture prolongée, toute étude de cabinet trop sérieuse est essentiellement contrindiquée.
l.F.ÎTHKS S lis L'HÏDftOTHÉBAME