Le prêt sans espoir de restitution , est eflTec
(i) Estius in cs^p. vi Luc. , V; 34»,
tivement
l>ÏSSJEB.TAl?ÏO!r. 537
tiviement un don sous un nom déguisé moins humiliant pour le prochain , et par là plus conforme à la diarîte chrétienne et à l'objet du di^ cours de N. S. Ainsi JX. S. venoit de dire, quelques versets plus haut : Ab eo qui aufert yesii-
merUumy etiam tunicam noli prohibere
Qui <iufert quœ tua sunt ne répétas. Ce sont là de vrais dons sous d'autres noms. On peut donc très-bien soutenir que J.-G. ordonne de même un don déguisé sous le nom de prêt
Cette première réponse est d'autant plus satisfaisante, que c'est précisément celle que Êiisoit ^iut Basile à une demande semblable (1). Quel est donc ce prêt, dit-il, auquel n'est pas jointe l'espérance de la restitution ? A cela le saint Docteur répond que c'est à la fois un don et un prêt. Un don envers l'homme qui ne restituera pas : un prêt envers Dieu qui s'est engagé à rendre avec usure ce qui sera donné au pauvre. Saint Basile ne pensoit donc pas comme M. Bos;" suet, que dans le discours de IV. S. il s'agit du prêt proprement dit, en tant qu'il est distingué du don; puisqu'il fait le raisonnement absolu-* Xnent contraire.
52.0 Le cas où le préteur n'a aucune espérance de recevoir son principal , n'est pas le plus commun dans la pratique. Il arrive beaucoup plus fré^ quemment qu'il a seulement des doutes sur Tévé;*
(i) V. le passage Je S. Basile cl-dcssus, art. a, n.® 21,
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iiement de la restitution ; qu'il a lieu de craindre^ quoiqu'il n'en soit pas absolument sûr, que son principal ne lui sera pas rendu.. Dans ce cas^ J.-C. ordonne de prêter, et de n'être pas arrêté par les doutes. Prêtez lors même que vous n'espérez rien. Ce n'est pas là un don; c'est un véritable prêt dans le moment où on le fait : mais avec la disposition de le convertir en don, s'il devient nécessaire.
Cette seconde réponse est aussi fondée sur l'autorité d'un Docteur de l'Eglise. TertuUien y comme nous l'avons vu, dit que dans l'Evangile les hommes sont instruits à perdre même le principal dans l'occasion \fenori ipsi si forte perdendo (i). Si le cas y écliet, sifortè jC^ est précisément le cas dont nous parlons. Cest un prêt qui peut devenir un don , mais qui ne l'est pa& encore.
Voilà donc à la demande de M. Bossuet deux réponses également solides, également fondées sur l'autorité des Pères. On peut choisir celle que l'on jugera la plus véritable : ou plutôt on peut les réunir toutes les deux; car elles se concilient parfaitement ensemble. Et c'est encore un des Pères qui nous fera sentir leur union. Disons donc avec le vénérable Bède, que le Seigneur a renfermé dans son précepte ces deux genres
(i) V. aussi le passage de TertuUien ci-dessus^ art. a.
DI^SERTATIOTf, SSg
<3c bienfaisance. Intelligendum est Dominum ipsa duo prœstandi gênera esse complexum (i)y 4que, soit que nous donnions à l'indigent, soit <que nou« prêtions à celui qui pourroit restituer, Dieu rendra toujours le bien qui aura été fait en vertu de son commandement. Nam aut donamus quod darnus henevolèy aut reddituro ^ommodamus.
Qui sive reddat quod eommodastis ^ reddet et Deus quod illo jubentefeeistis ^ sive non reddat^ hœreditas ^estra in œternum erit.
Enfin on peut dire qu'il ne s'agît pas ici td'un prêt distingué du don. La particule conjonctive et prouve qu'il rcunit l'acte du prêt à celui du don.
(i) V. ce passage du vén. Bède en entier ci-desaus, iiTt. 2, n.° 27.