TOME III
dissimuler que ce contrat a été condamné plusieurs fois par divers Evêques, et par des Facultés de théologie, entre autres par celle de Paris en différens temps. Malgré toutes ces autorités , je ne crains point d'avancer que c'est à tort que l'on prétend rejeter le prêt- de-commerce , sur le fondement qu'il est interdit par les Ecoles théologiques : et pour établir bien nettement l'état de la question que je traite dans cette dissertation , je déclare que je ne parle ici que du prêt d'accroissement ou de commerce auquel je joins le prêt de conservation , lesquels, comme je l'ai expliqué dans l'article premier de la première dissertation , ne sont pas des prêts de consomption et ne donnent par conséquent pas lieu à l'usure. Je ne parle donc plus de l'usure proprement dite, c'est-à-dire de l'intérêt du mutuum même envers les riches : mais je soutiens que le contrat, dont je défends la légitimité, n'est point condamné par l'autorité des Docteurs scolastiques. Je vais tacher d'établir cette vérité dans trois chapitres.
J'examinerai dans le premier , quelle est l'autorité des Théologiens sur cette matière.
Dans le second , je discuterai l'opinion des Théologiens notamment sur le prêt - de - commerce.
Dans le troisième, je répondrai aux objections que l'on tire du sentiment des Théologiens.