‹ Dissertations sur le prêt-de-commerceChapitre 21 sur 152 · LE CARDINAL DE LUGO · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE LUGO

Ce Cardinal, qui avoit e'té Jésuite, mourut en 1660. On ne conteste pas son opinion. On convient généralement qu'il approuve les trois contrats passés en même temps et avec la même personne, et que, quoiqu'il dise qu'il est plus

(1) Suramula casuura consci. , cap. vu, art. 4, tom. 1 , pag. 264, edit. Paris. 1647.

Ideae tlieol. specul. et mor., lib. iv, cap. 10, pag. 233, edit. Paris. i642.

(2) Quaest. morales seu tract, de Apost. missionibus , tit. iv , qu*st. 98 , dub. xxxi , n.° 287 , pag. 27 1 , edit. Venet, iG56,

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expédient que ces trois contrats soient expressément énoncés, il suffit qu'ils soient faits virtuellement et implicitement (1). Mais le Père Concina, en reconnoissant que le Cardinal de Lugo a traité avec supériorité la théologie scolastique, l'accuse d'avoir relâché les liens de la morale chrétienne ; il lui reproche nommément d'avoir enseigné au même endroit que si l'associé qui a reçu l'argent, ne l'emploie pas au commerce, l'autre associé peut exiger ce qui a été convenu. Je ne prétends pas me faire l'apologiste de tout ce qu'a pu enseigner le Cardinal de Lugo, mais sa décision en ceci me paroît juste. Un négociant obtient, sous prétexte du commerce, une somme dont il promet à ce titre de payer l'intérêt; s'il ne l'emploie pa& effectivement au commerce, se croira-t-il par là délivré de son engagement ? On sent quelle porte une telle décision ouvriroit à la mauvaise foi; quel tort il en résulteroit pour des capitalistes qui auroient pu faire et fait un autre emploi de leur argent, s'ils avoient soupçonné la mauvaise foi de leur associé. Lorsqu'un particulier a confié une somme à un marchand, en comptant qu'elle sera employée au commerce et à condition qu'on n'en fera pas d'autre usage, il ne doit pas être responsable de ce que le

(i) Disp. de justit. et jure , tom. a , dîsp. xxx , sect iv> xu° 37 et seq., pag. 4x3, edit. Lugdun. 167 ex.

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commerçant la détourné de sa destination* et la stipulation (pourvu qu'elle soit de bonne foi) lui donne droit aux. intérêts.

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