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Orlboceras . Brejn

268 Evolution des Céphalopodes.

Ces six contrées principales doivent être comparées, si l’on veut se faire une idée de la diversité et de l’irrégularité qui se manifestent, sous le rapport de l’apparition des types des Céphalopodes, dans le monde silurien. Trois de ces contrées représentent l’Europe, savoir: la Bohême, l’Angleterre et la Russie, tandisque les trois autres représentent l’Amérique, savoir: le Canada, l’Etat de New-York et l’Etat de Wisconsin.

Ces six régions nous offrent autant de combinaisons plus ou moins distinctes, dans l’apparition et la succession des types des Céphalopodes. Mais, malgré ces contrastes partiels, elles nous montrent des analogies plus ou moins puissantes, suivant leur position relative sur le globe. Ces circonstances nous permettent, soit de le» grouper, soit de les isoler.

Ainsi, la Bohême présente une combinaison particulière, qui suffit pour caractériser et séparer la zone centrale d'Europe, dont elle est le type.

Les 5 autres régions, au contraire, sont liées ensemble par des analogies fit des apparences propres à la grande zone septentrionale. Cependant, nous voyons que l'Angleterre et la Russie doivent être distinguées des contrées américaines. Celles-ci à leur tour, contrastent partiellement entre elles et nous indiquent dans le grand Océan américain, des parages divers, sur lesquels l’évolution des Céphalopodes s’est opérée d’une manière notablement différente, durant les âges siluriens.

Faune seconde.

En jetant un coup d’oeil sur les tableaux qui précèdent, on reconnaît aisément le principal contraste qui existe entre la Bohême, représentant la grande zone centrale d’Europe et l’ensemble des 5 autres contrées, qui appartiennent à la grande zone septentrionale des deux continens. Ce contraste réside dans la différence du nombre de types, qui apparaissent pour la première fois dans lu faune seconde et dans la faune troisième, sur ces deux grandes zones.

En effet, pendant la durée de la faune seconde, nous voyons surgir en Bohême 8 types, dont 6 à son origine, dans la bande d 1 et 2 dans la bande d 5, c. à d. vers sa limite Sqiérieure. Ainsi , il n’y a eu aucune apparition durant le dépôt des bandes intermédiaires : d 2 — d 3 — d 4 — occupant ensemble plus de la moitié de la hauteur de notre division inférieure.

Dans la zone septentrionale d’Europe, il y a 10 types qui apparaissent durant la faune seconde. On en voit sur notre tableau, 8, qui ont apparu dans la Pléta en Russie, et les deux autres se montrent en Angleterre, dans la faune seconde, savoir: Püoceras — Treto-

Evolution de» Céphalopode».

ceras. Ainsi, cette zone présente 2 types de plus que la Bohême et elle montre aussi uue répartition différente des apparitions, pendant la durée de cette faune.

La zone septentrionale d’Amérique montre 12 apparitions de types dans la faune seconde. Ils sont tous énumérés dans la colonne du Canada et Terre-Neuve, et ils sont un peu irrégulièrement distribués dans la hauteur totale de la division inférieure. Ainsi, il y a 2 types de plus que dans la zone septentrional# d’Europe et 4 de plus que dans la zone centrale, représentée par la Bohême.

En considérant maintenant l’ensemble de toutes les régions septentrionales sur les deux continens, nous voyons, que 16 types ont fait leur première apparition sur cette zone, pendant l’existence de la faune seconde. Nous venons d’indiquer 12 de ces types dans la colonne du Canada et Terre-Neuve. Les 4 derniers sont: Discoceras — Ophidioceras — Bactrites — Tretoceras — qui existent en Russie, ou en Angleterre.

Il résulte de ces chiffres, que les 16 apparitions de types sur la grande zone septentrionale, ont été exactement en nombre double des 8 que nous observons en Bohême, c. à d. dans la grande zone centrale.

Il semblerait, que le contraste entre les diverses régions que nous venons de comparer, est pour ainsi dire, graduel et en raison de leur distance géographique, de sorte que ce sont les contrées du Canada et de la Bohême, qui diffèrent le plus fortement entre elles. Cependant , la distance ne doit pas être considérée comme la seule cause des différences observées, car- notre tableau montre, que la faune seconde, dans l’Etat de N. York et dans le Wisconsin, ne présente que 5 à 6 tvpe^fc. à d. moins qu’en Bohême.

Faune troisième.

Dans la faune troisième, nous observons des contrastes opposés, dans lesquels l'avantage se trouve en faveur de la grande zone centrale d’Europe.

En effet, notre tableau montre que 12 types ont fait leur première apparition en Bohême, durant l’existence de cette faune.

Dans la zone septentrionale d’Europe, 3 types seulement ont surgi dans la faune correspondante. On remarquera même, qu’on n’en connaît jusqu’ici que 2 en Russie. Cette zone ne présenterait donc que -J des nouvelles apparitions constatées en Bohême.

Dans la zone septentrionale d’Amérique, les contrées comparées offrent un nombre différent de nouvelles apparitions de types, dans la faune troisième. Nous en comptons 3 seulement au Canada, tandisqu’il

Evolution de» Céphalopode».

y eu a 4 dans l’Etat de N. York, comme dans le Wisconsin. Ces chiffres sont très inférieurs à celui de la Bohême.

Si l’on considère maintenant l’ensemble de la grande zone septentrionale, sur les deux continens, on voit, que le nombre des types qui ont fait leur première apparition durant faune troisième, se réduit à 3, savoir: Huronia — Glossoceras — Gyroccras, qui sont énumérés dans la colonne du Canada. Il faut remarquer, que les 3 autres types indiqués dans cette faune, sur les connues de N. York et du Wisconsin, avaient apparu dans la faune seconde du Canada et de Terre-Neuve. Il en est de même pour les types nommés dans les colonnes d'Angleterre et de Russie.

Ainsi, les 3 apparitions de types dans la zone septentrionale, durant l’existence de la faune troisième, ne représentent que des 12 apparitions nouvelles, constatées dans la grande zone centrale, c. à d. en Bohême.

D’après ces comparaisons, on reconnaît que chaque zone a été favorisée à son tour, sous le rapport de l’apparition des types. Mais, c’est la grande zone septentrionale, qui a joui la première de cette faveur relative. Il en résulte un privilège d’antériorité pour cette zone, dans l’existence de certains genres , sur lesquels nous devons appeler particulièrement l’attention des savans.

IV. Antériorité de certains types génériques dans la grande zone septentrionale d’Europe et d’Amérique, par rapport à la grande zone centrale d’Europe.

On conçoit, que cette antériorité doit être remarquée surtout pour les genres et sous-genres principaux ou cosmopolites, tandisque la plupart des types secondaires échappent à cette observation, pareequ’ils sont locaux.

Le privilège d’antériorité existe en faveur de la grande zone septentrionale, par rapport à la Bohême, au sujet des 5 genres principaux qui suivent:

Nautilus — Trochoceras — Phragmoceras — Gomphoceras — Cyrtoceras.

En effet, nos tableaux montrent que ces 5 types apparaissent sur des horizons plus ou moins profonds, dans la grande zone septentrionale, au Canada, à Terre-Neuve, en Angleterre, en Russie, tandisqu’en Bohême ils ne se montrent qu’à une époque de beaucoup postérieure.

Ainsi, les 3 premiers: Nautilus , Trochoceras , Phragmoceras , ne surgissent que dans nos bandes e 1 — e 2 c. à d. dans les premières

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phases de notre faune troisième. Il y a donc entre ces apparitions respectives un long intervalle de temps, variable suivant les contrées.

Quant à Gomphoceras et Cyrtoceras , nous avons déjà fait remarquer ci-dessus (p. 126) qu’ils se manifestent sporadiquement dans notre bassin , l’un dans la bande d 5 et l’autre dans les colonies , durant la 5 èmo et dernière phase de la faune seconde, tandisqu’ils existent dans les groupes d’apparition les plus anciens de cette faune, dans la grande zone septentrionale, savoir: le second en Angleterre et le premier en Russie. 11 y a donc entre les époques de ces apparitions comparées presque toute la durée de la faune seconde.

Nous ferons observer aussi, que cette antériorité est un fait bien constaté et qui ne pourrait être modifié, que par la découverte de ces 5 types sur les horizons inférieurs de notre faune seconde. Nous avons peu d’espoir de voir cette découverte réalisée.

Il est intéressant de constater, que les types Trochoccras — Phragmoceras — Gomphoceras — Cyrtoceras , sont précisément ceux qui, après Orthoceras, ont fourni le plus de formes spécifiques dans notre bassin. Voir le tableau numérique, p. 123. Au contraire, ces genres, à l’exception de Cyrtoceras, n’ont offert qu’un très petit nombre d’espèces, sur la grande zone septentrionale, soit en Amérique, soit eh Europe.

Notre tableau permet également de reconnaître l’antériorité relative des trois genres: Phraymoceras — Trochoceras — Ascoceras, dans la zone septentrionale d’Amérique, où ils apparaissent dans la faune seconde, par rapport à la zone septentrionale d’Europe, où ils ne se montrent que dans la faune troisième. Nous avons même fait remarquer ci-dessus (p. 139) que le dernier type, Ascoceras, apparaît en Angleterre, vers les limites supérieures de la faune troisième et apparemment plus tard qu’en Bohême.

Enfin, si l’on compare entre elles les trois contrées américaines rapprochées sur notre tableau, on reconnaît, que les types Nautilus — Trochoceras — Phraymoceras — Gomphoceras, ont apparu dans la faune seconde du Canada et Terre-Neuve, tandisqu’ils ne sont connus jusqu’à ce jour, que dans la faune troisième des contrées de N. York et du Wisconsin.

On ne peut s’empêcher d’être étonné si l’on remarque, que ces 4 genres sont précisément au nombre de ceux, pour lesquels nous venons de constater l’antériorité dans le Canada, et autres contrées, par rapport à la Bohême. Quant au 5 èm ” genre, Cyrtoceras, il se montre également dans la faune seconde, dans les trois contrées américaines comparées, mais sur des horizons un peu différens ; l’antériorité restant en faveur du Canada.

Evolution des Céphalopode*.

Notre observation, au sujet des 4 premiers types, parait indiquer que leur propagation horizontale dans le grand océan silurien d’Amérique, n’aurait pas été plus rapide qu’entre la mer du Canada et la mer de Bohême qui n’ayant , pour ainsi dire, aucun fossile commun, semblent avoir été complètement séparées et privées de toute communication, durant la période silurienne.

Cette circonstance tend à affaiblir les fondemens de l’opinion considérant tous les types comme dérivés d’une commune souche et d’un même centre de diffusion.

Parmi les types locaux, Ophidioceras apparaît en Norwége et en Russie dans la faune seconde, mais, en Bohême, seulement dans la faune troisième.

V. Parallèle entre l’évolution zoologique et l’évolution chronologique ou géologique des types génériques des Céphalopodes, durant la période silurienne.

Il est indispensable de définir d'abord ce que nous entendons par les termes: évolution zoologique et évolution géologique ou chronologique.

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