I. Evolution zoologique
Comme nous ne connaisons que la coquille des Céphalopodes paléozoiques , leur évolution zoologique consiste pour nous, dans la succession idéale des formes de cette coquille, à partir de la plus simple jusqu’à la plus compliquée. Cette succession peut être comparée à uu développement embryogénique.
Dès le commencement de l’année 1855, nous avons exposé nos vues sur ce sujet, dans un mémoire intitulé: Ascoceras, prototype des Nautilides (Bull. Soc. gêol. de France , série 2 — XII. p. 157). Nous avons démontré, que la forme la plus simple des coquilles de cette famille était celle des Ascoceras. Nous devons faire remarquer que, sous ce nom, nous comprenions aussi à cette époque, les deux types auxquels nous avons depuis lors donné les noms génériques indépendans: Glossoceras et Apliragmites. Aujourd’hui, ces deux genres associés à Ascoceras limité, constituent la famille des Ascocératides, qui réunit les formes les plus simples des Céphalopodes paléozoiques.
Aphragmites est le premier terme, puisqu’il ne semble posséder que quelques loges aériennes caduques, ou non permanentes, d’après les apparences de tous les spécimens connus.
Ascoceras proprement dit , tel que nous l’avons limité , constitue le second terme de cette série ascendante, pareequ’il possède un certain
nombre de loges aériennes permanentes, mais qui ne s’étendent pas sur tout le contour horizontal de la coquille. Pour le moment, nous faisons abstraction de Glossoccras, que nous allons retrouver.
m tr0 f leme terme (Ie cette série appartient à la famille des Nautdides, dont il représente la forme la plus simple. C’est le type di oit Orthoceras, dans lequel nous trouvons, à tous les âges des ,es aériennes permanentes et qui s’étendent sur le contour entier de la coquille, dans le sens horizontal. Les divers sous-genres, qui sont annexes a ce genre principal, présentent les mêmes caractères essentiels, ou constitutifs. Mais, nous avons fait remarquer, dès 1855, que fun d eux, Endoceras , pourrait être considéré comme plus rapproché des Ascoccras, par sa structure et comme offrant une sorte de transition entre les 2 types, ou les deux familles.
Tretoceras Sait, que nous adjoignons provisoirement à ce groupe, est très imparfaitement connu et pourrait être aussi rangé parmi les types hétérogènes, dont nous parlerons tout à l'heure.
A partir de la forme droite Orthoceras , les autres types des Nautilides se dérivent idéalement l'un de l’autre par la variation et l’intensite graduellement croissante de leur courbure. Ainsi, Cyrtoceras est caractérisé par sa forme simplement arquée, qui n'atteint pas un tour entier de spire.
Viennent ensuite les formes anciennement connues sous le nom de Lituites et qui se distinguent par une spire terminée par une crosse droite, plus ou moins longue.
La spire sans crosse droite, mais à tours disjoints, caractérise Gyroceras , tandisque la même forme, à tours contigus, constitue Nautilus, type historique de cette famille.
Enfin , lorsque la spire , au lieu d’être plane , comme dans les 3 derniers types, devient iusyinétrique , et prend la forme d’une hélice elle détermine le genre Trochoceras.
Tous les types de cette série sont également caractérisés par la suture simple de leurs cloisons. Mais, parmi les Céphalopodes paléozoiques, nous voyons aussi apparaître des types, qui se distinguent de tous ceux que nous venons de nommer, par le tracé plus ou moins anguleux de leurs sutures.
Ce sont les genres Bactrites et Goniatites , constituant la famille des 6 oniatides, qui est placée au sommet de cette série, au dessus des Nautilides.
La série dont nous venons d’énumérer tous les principaux types, est exposée ci-dessus, dans notre essai de Classification des Céphalopodes paléozoiques (p. 5). En se reportant à cette page, le lecteur
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reconnaîtra, qu’il existe une seconde série, parallèle à la première et composée des types, qui correspondent par leur courbure à ceux de la première série, en faisant abstraction de quelques rangs qui sont encore inoccupés. Ainsi, Glossoccras. parmi les Ascocératides , figure au bas de la colonne, comme premier tenue de cette seconde série. Gomphoceras en est le second terme connu, etc.
Mais il est important de remarquer, que ces deux séries se distinguent par un caractère essentiel, fondé sur la forme de leur ouverture.
Dans la première série, l’ouverture est simple, c. à. d. semblable à la section transverse de la coquille.
Dans la seconde série, au contraire, l’ouverture est composée, ou contractée à deux orifices, et elle n'est pas semblable à la section transverse correspondante.
Abstraction faite de l’ouverture, on peut considérer ces deux séries comme équivalentes, ou concordantes sous le rapport de l’évolution de la coquille.
Les types placés vis à vis dans ces deux séries, sont généralement coexistans, sur le même horizon géologique. Cependant, cette coexistence n’est pas sans exception. Nous devons même faire remarquer, que la plus ancienne forme à ouverture contractée, Gomphoceras , n’apparalt que dans la deuxième phase <le la faune seconde, tandisque nous connaissons diverses formes à ouverture simple, dans la première phase de cette faune.
Trois types échappent à cette classification, parcequ’ils présentent des élémens de nature particulière et qui ne s’observent pas dans les trois familles que nous distinguons. Ce sont les genres: Bathmoceras et Conoceras de forme droite et Nothoceras enroulé en spirale, comme Nantilus.
Dans l’évolution zoologique des Céphalopodes, ces trois types, présentant également des cloisons, dont la suture est simple, peuvent être considérés comme correspondant aux genres clés Nautilides, qui offrent la même courbure. On remarquera, sur notre tableau de classification, qu’ils sont placés d’après la considération de ce caractère.
Dans le tableau suivant, nous figurons l’évolution zoologique des Céphalopodes, en maintenant parallèles les deux séries établies dans notre classification, parcequ’il nous semble, que les rcprésentans de ces deux séries ne peuvent pas être disposés suivant un ordre plus naturel.
Nous ne connaissons, d’ailleurs, aucune observation tendant à démontrer, que les types de la seconde série sont dérivés des types de la première, par transformation successive.
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Nous constatons, au contraire, que les espèces les plus anciennes de cette série offrent une ouverture contractée à deux orifices, avec tous ses caractères les plus prononcés. Par contraste, les espèces dont 1 ouverture semblerait présenter une forme intermédiaire, ou de transition , n ont apparu qu'à des époques postérieures et même dans le terrain dévonien.
Cette observation s’applique également aux types hétérogènes, dont oiigine nous semble indépendante de celle des types de la première série.
Tableau figurant l’évolution zoologique des Céphalopodes paléozoïques
t ère série
2me série
Ouverture simple
Ouverture simple, semblable à la section transverse
Ouverture oomposêe, ou contractée, non semblable à la section transverse
Famille des ttoniatides.
1 Goniatites . deHaan.
Bactrites . Sandb.
Famille «les Wautllides.
Trochoeeras
XatitiliiH . . Breyn.
Gyroceras . Konck.
Eituiiiiculus ? Barr.
s.g .Discoceras Barr.
Cyrtoeeras . Goldf.
s. g. Eiloccras . Sait.
Orthoceras . Breyn.
S.g. Endoceras Hall, s.g. Gonioceras Hall, s. g. Huronia . Stok.
Tretoceras . Sait.
Adelphoceras . Barr.
Ilercoceras . Barr.
Litiiites . . . Breyn s. g. Ophidioceras Barr.
Phragmoceras Brod.
Types hétérogènes iVothoccras Barr.
(■oniphocera, . Sow . j
Famille des Ascocératides.
Ascoceras . . Ban - .
Apliraguiites Barr.
Glossoreras . Barr.
IL Evolution chronologique ou géologique des Céphalopodes.
L’évolution géologique ou chronologique consiste dans la succession des types, suivant leur ordre d’apparition, tel qu’il est aujourd’hui
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constaté par les observations réunies de la stratigraphie et de la paléontologie.
Mais, cet ordre d’apparition semble plus ou moins différent dans chacune des contrées explorées, ainsi que nous l’avons montré ci-dessus (p. 268-272). Nous ne pouvons pas même réduire à une seule série linéaire ces combinaisons diverses, parceque nous ne connaissons pas la correspondance exacte entre les étages ou subdivisions stratigraphiques des contrées comparées. Nous prions donc le lecteur de se reporter à nos tableaux d’apparition, (p. 266-267) et de fixer son attention sur les contrées principales, qui offrent les séries de types les plus complètes, correspondant aux séries stratigraphiques les plus distinctes. Ces contrées sont: