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III. Rapports entre l’extension horizontale et l’extension

verticale des types génériques des Céphalopodes.

Si l’on compare l’extension verticale des types principaux avec leur extension horizontale, que nous venons d’exposer dans les pages qui précèdent, on voit, qu’en général, ceux de ces types qui ont joui de la plus grande extension horizontale, ont aussi présenté la plus longue durée, ou extension verticale, savoir: Nautilus, Orthoceras , Cyrtoccras , Gomphoceras , Gyroceras et Goniatites.

Il semblerait donc, qu’il existe un rapport direct entre l’extension horizontale et l’extension verticale des types génériques de cet ordre et que ce rapport pourrait être considéré comme une loi de la nature. Nous avons déjà appelé l’attention des savans sur cette loi, dans l 'Introduction placée en tête de notre Vol. II. p. XXX. 1867, et aussi dans nos études sur les Ptéropodes ( Vol. III , p. 165, 1867). Mais, nous avons aussi fait remarquer en même temps, que cette loi appareute souffre de graves exceptions, dont les types des Céphalopodes nous offrent un exemple notable.

En effet, nous venons de constater, qu’après Orthoceras, connu dans 32 contrées, le type le plus rapproché par sa fréquence géographique est Endoccras , qui se trouve dans 19 régions, très espacées sur la surface du globe. Or, notre diagramme p. 256 montre, que ce type est précisément celui qui présente la moindre extension verticale, parmi les 11 types cosmopolites. Il échappe donc à la loi, qui semble s’appliquer aux autres types de la même catégorie.

Il semblerait aussi, qu’il existe un rapport direct entre la durée de l’existence des types et leur richesse en formes spécifiques. Orthoceras et Cyrtoccras confirmeraient cette apparence. Mais Nautilus, qui laisse ces deux types bien loin en arrière, sous le rapport de la durée, contraste avec eux par le nombre relativement restreint de ses espèces, non seulement pendant les temps paléozoïques, mais encore durant tous les âges postérieurs, jusqu’à l’époque actuelle.

Avant de quitter ce sujet, nous appelons l’attention des savans sur l’extrême inégalité dans la durée de l’existence des types principaux. Cette durée paraît indépendante de l’époque de leur première apparition. Cependant, nous ferons remarquer que, ■parmi les 5 types qui remontent jusqu’à l’origine de la faune seconde, il y en a 3, que nous citons comme exemples de l’existence la plus prolongée, savoir: Nautilus, Orthoceras , Cyrtoceras. Quant aux 2 autres, savoir: Lituites , Endoccras, ils contrastent par leur durée relativement très limitée.

Ces diverses observations contribuent à nous montrer l’extrême irrégularité , qui se manifeste dans les faits paléontologiques. Elles

Connexions génériques et spécifiques.

indiquent, par conséquent, combien il est difficile de comprendre tous ces faits dans le cadre étroit et rigoureusement tracé de quelques lois, à la fois générales et précises.

Chap. 2.

Connexions établies par les formes spécifiques des Céphalopodes, suivant le sens horizontal et suivant le sens vertical, entre les dépôts siluriens.

Nous nous proposons de considérer successivement, dans ce chapitre, les connexions établies par les formes spécifiques, d’abord suivant le sens horizontal, entre les diverses contrées siluriennes, et en second lieu, suivant le sens vertical, entre les formations qui constituent la > série stratigraphique de cette période. Nous chercherons ensuite à apprécier les rapports, depuis longtemps signalés, entre l’extension horizontale et l’extension verticale des espèces.

Les paléontologues sentiront tous comme nous, que l’exactitude des résultats de la présente étude dépend entièrement de la certitude des identités admises par les savons, qui ont déterminé les espèces des diverses contrées siluriennes. Comme il nous est absolument impossible de vérifier chacune de ces assimilations, nous avons cru devoir les adopter en général, d’après l’autorité des auteurs cités.

Cependant, dans quelques cas, nous ne les avons pas admises. Nous exposerons dans la troisième partie de ce chapitre les motifs particuliers de ces exclusions, qui sont peu nombreuses, et qui se bornent à des espèces supposées communes à divers systèmes paléozoïques.

Malgré ces exclusions, on peut bien douter de plusieurs des identités qui figurent sur nos tableaux. Mais, comme il serait téméraire de notre part, de juger des faits, sans avoir sous les yeux les objets matériels, nous nous sommes borné à placer çà et là quelques signes de doute, destinés à éveiller l’attention du lecteur. Ce qui contribue à augmenter nos hésitations, c’est que la plupart des formes qui ont été ainsi identifiées, n’ont pas été figurées; par exemple, dans la Lethaea Kossica.

Nous avons, d’ailleurs, un autre motif pour adopter sans critique toutes les identifications admises par les paléontologues et nous nous proposons de l’exposer plus à propos, en terminant le Chap. 3 de cette section.

326 Connexion* générique» el spécifiques.

Dans tous les cas, lorsqu’un paléontologue quelconque s’est décidé à adopter l’identité de deux tonnes, c’est certainement pareequ’il a observé une forte similitude entre les fragmens comparés. Cette similitude se serait peut-être évanouie à ses yeux, s’il avait pu confronter des spécimens complets. Mais, nous ne devons pas moins tenir compte des ressemblances qui ont frappé ses yeux et qui indiquent, au moins, deux espèces représentatives ou très apparentées. Ainsi, en admettant ces formes parmi les identités, nous ne croyons pas amoindrir notablement la valeur des résultats de cette étude.

I. Connexions horizontales résultant de la diffusion de certaines espèces dans diverses contrées et dans les grandes zones siluriennes.

Nous exposons dans les tableaux suivans les noms de toutes les formes spécifiques, qui ont été signalées comme existant dans diverses contrées situées, soit sur une même grande zone, soit sur des grandes zones différentes. Voici l'ordre de nos tableaux.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Nr.

Connexions spécifiques entre les contrées de la grande zone centrale d’Europe.

Connexions spécifiques entre les contrées de la grande zone centrale et les contrées de la grande zone septentrionale d’Europe.

Connexions spécifiques entre les contrées de la grande zone septentrionale d’Europe.

Connexions spécifiques entre les grandes zones septentrionales d’Europe et d’Amérique.

Connexions spécifiques entre les contrées de la grande zone septentrionale d'Amérique.

Résumé numérique des connexions spécifiques, entre les contrées siluriennes.

Chaque tableau, à l’exception du premier, est présenté sous deux formes différentes, qui doivent également contribuer à donner à cette étude toute la clarté nécessaire.

Dans le tableau A, nous énumérons simplement, pour chaque contrée particulière, les espèces qui ont été reconnues dans ses formations siluriennes, après avoir été découvertes et nommées dans une autre contrée. Ces espèces sont celles qui ont été déjà indiquées en

Connexions génériques ci spécifiques. 327

lettres italiques, comme répétitions horizontales , sur nos tableaux nominatifs Sect. I., sauf quelques rectifications.

Comme la priorité résultant de la nomenclature n’a aucun rapport avec l’antériorité d’existence des espèces, dans les contrées comparées, nous présentons les documens connus pour apprécier cette antériorité, en indiquant l’horizon d’apparition dans chaque pays. Nous avons déjà fait observer ci-dessus, (p. 265) que les relations verticales entre ces horizons ne sont pas définitivement fixées. Cependant, nous pouvons les considérer comme approximativement indiquées sur nos tableaux exposant 1 apparition des types génériques (p. 266). Au moyen de ces documens, on pourra juger le sens, suivant lequel une espèce commune à divers parages a dû opérer sa migration, lorsque son existence est signalée sur deux horizons nominalement différens. Dans les cas, au contraire, où une même espèce se trouve sur un semblable horizon nominal, dans diverses contrées, le sens de ses migrations ne saurait être déterminé, dans l’état actuel de nos connaissances.

Dans le tableau B, nous présentons la série des espèces distinctes, qui se répètent dans les contrées d’une même grande zone, ou de deux grandes zones différentes. Nous indiquons pour chacune de ces formes spécifiques, toutes les contrées, dans lesquelles elle a été observée, en distinguant en même temps la faune à laquelle elle appartient dans chaque pays. Ces faunes sont désignées par les chiffres romains: Il — III.

Il est clair, que ce tableau alphabétique des espèces montre immédiatement leur nombre pour chaque genre et pour chaque contrée. II permet aussi de reconnaître, au premier coup d’oeil, le nom et le nombre des espèces communes à deux contrées déterminées.

Les nombres placés au bas des colonnes des tableaux de la forme B indiquent la somme des espèces migrantes, qui se trouvent dans chaque contrée, quelle que soit la région où ces espèces ont été primitivement nommées.

On remarquera, que ces nombres totaux sont généralement difïérens de ceux qui sont placés au dessous du nom de chaque contrée dans le tableau A. La raison en est que le nombre total du tableau A ne comprend que les espèces étrangères, qu’on pourrait appeler reçues ou adoptées ; tandisque la somme totale dans le tableau B, outre ces espèces, renferme aussi celles qui ont été pour ainsi dire empruntées à la contrée considérée. Ainsi, pour l'Angleterre, le tableau Nr. 5. A indique 7 espèces étrangères adoptées. Eu y ajoutant les 23 espèces anglaises empruntées par divers pays, on trouve la somme totale de 30 espèces migrantes, portée sur le tableau Nr. 5. B, comme établissant des connexions entre l’ Angleterre et les autres contrées de cette zone.

L’étude combinée de ces documens nous conduira aux observations, qui peuvent offrir quelque intérêt, au sujet des connexions hori-

zontales établies par les espèces des Céphalopodes siluriens. Nous allons donc parcourir les contrées et les zones, auxquelles se rapportent nos tableaux.

Connexions spécifiques entre les contrées de la grande zone ce»i-

! t'aie rtEurope.

Tatal. BTr. 3. -A— JB.

Bohême

France

Espagne {

Portugal

Sardaigne '

Orthoeeras

Breyn.

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