‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 173 sur 208 · Orth. annulatum . . Sow · texte numérisé non relu

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Espèces cosmopolites.

Les 4 premières espèces, se trouvant sur le même horizon dans le Wisconsin, pourraient être considérées comme nouvelles. Mais, si l’on déduit les 7 espèces énumérées, il reste encore 9 formes nouvelles sur l’horizon de Niagara, c. à d. plus de la moitié du nombre total des apparitions.

Connexions génériques et spécifiques. 397

En somme, les exemples, que nous venons de citer, aboutissent tous à la même conclusion, savoir: qu’après les intermittences totales de l’ordre des Céphalopodes, les faunes qui apparaissent se composent principalement d’espèces nouvelles et autochtones, tandisque la proportion des espèces migrantes, qui ont pu provenir de contrées étrangères, est partout relativement très réduite. Ainsi, nous retrouvons, après le phénomène des intermittences, les élémens spécifiques parmi les Céphalopodes, entièrement analogues à ceux des premières apparitions de cet ordre, vers l’origine de la faune seconde, sans que les traces de la filiation soient plus manifestes dans le second cas que dans le premier.

Résumé relatif à la filiation.

1. A l’origine de la faune seconde, les Céphalopodes apparaissent et se développent dans plusieurs contrées, avec une remarquable variété de types génériques et de formes spécifiques, sans qu’on puisse leur assigner aucun antécédent, ni local, ni étranger. Nous citons comme exemples, la Russie, la Norwége, la Bohême, l’Angleterre et le Canada. L’apparition de ces mollusques paraît donc indépendante de toute filiation, scientifiquement appréciable et l’on ne saurait leur attribuer qu’une filiation purement hypothétique.

2. Après les intermittences totales de l’ordre que nous étudions, le nombre des types et des espèces qui se manifestent, ne se montre pas sensiblement inférieur à celui qu’on observe dans les faunes, qui succèdent immédiatement à d’autres faunes pourvues de Céphalopodes. Dans ce cas, nous ne remarquons dans les nouvelles faunes aucun déficit, qui nous indique l’absence des espèces dérivées de la filiation locale. C’est un fait observé dans l’Etat de N.-York et dans le Canada.

3. Au contraire, dans certaines contrées, comme le Wisconsin et l’Jllinois , nous voyons apparaître les maxima des types et des espèces, immédiatement après une intermittence totale. Ce fait singulier, s’il se confirme, démontrera par lui seul, qu’il n’y a pas lieu d’attribuer une influence quelconque à la filiation locale, pour se rendre compte de l’apparition des Céphalopodes, sur un horizon déterminé.

4. Lors même que ce fait ne se confirmerait pas, dans'toute son étendue apparente, il rentrerait dans la classe d’autres faits à peuprés équivalens, bien constatés en diverses contrées et particulièrement en Bohême, où nous voyons un développement considérable de types et d’espèces se manifester immédiatement après un minimum des uns et des autres. Par exemple, dans notre bande calcaire g 3, le maximum de 11 types génériques, produisant ensemble 86 espèces, succède à 3 types et à 12 espèces de notre bande schisteuse g 2. (Voir ci-drssus

398 C'oniiexions génériques et spécifiques.

5. Uu autre fait analogue et beaucoup plus général se manifeste vers la fin de la faune seconde. En effet, il existe à cette époque, dans la plupart des contrées siluriennes, si non une intermittence totale des Céphalopodes, comme en Bohême, du moins, une réduction très prononcée du nombre de leurs représentans. Cette réduction aboutit même, dans la plupart des régions, sur les deux continens, à une extinction de toutes les espèces de cette faune, dont aucune ne se propage dans la faune troisième. Par contraste, dans plusieurs contrées, les premières phases de la faune troisième nous présentent les plus fréquens maxima des formes de l’ordre qui nous occupe.

Ainsi, l’époque la plus riche en maxima aurait succédé immédiatement à celle des minima les plus prononcés.

C’est ce que nous avons démontré ci-dessus (p. 303).

Dans ces divers cas, il nous semblerait plus que téméraire, d’attribuer à la filiation d'un petit nombre de formes, le remarquable développement qu’offrent les Céphalopodes, dans les faunes qui suivent immédiatement.

6. Par contraste, après un immense développement des Céphalopodes, dans notre bande e!î, le nombre exigu des formes, qui existent dans la bande superposée f I, ue permet de reconnaître aucun élément dû à la filiation.

En somme, dans tous les cas, où la filiation locale n’a pas pu avoir lieu pour les Céphalopodes, puisqu’il n’existait pas d’antécédens locaux, comme aussi dans les cas, où elle n’a pu produire que des résultats insignitians, à la suite des minima , nous n’observons, dans les faunes qui succèdent, aucun déficit correspondant, ni dans le nombre de leurs types génériques, ni dans le nombre de leurs formes spécifiques. Au contraire, dans certains cas, ces faunes présentent des maxima locaux, aussi bien pour les genres que pour les espèces. Nous constatons aussi un contraste opposé, lorsque les faunes les plus nombreuses sont immédiatement suivies par des faunes très réduites, et dépourvues de traces de filiation.

Ces considérations rendent donc imperceptible à nos yeux l’influence de la filiation dans la production des élémens, qui constituent une faune de Céphalopodes, sur un horizon quelconque de la période silurienne. Il nous semble aussi, que cette observation s’appliquera également aux faunes des autres périodes paléozoïques.

Eu présence de ces conclusions, dérivées des faits constatés jusqu’à ce jour, il serait superflu de chercher à déterminer exactement le nombre des formes de Céphalopodes, qu’on peut soupçonner de procéder de la filiation locale, dans les faunes qui succèdent immédiatement à d’autres faunes pourvues d’espèces de cet ordre.

Connexions génériques et spécifiques. 39'J

On conçoit d'ailleurs, qu’une semblable détermination serait inévitablement sujette à beaucoup d’arbitraire, car un observateur peut croire, qu’il reconnaît des caractères transmis par filiation, dans des formes qui, aux yeux d’un autre paléontologue, n'en présentent aucune trace.

En ce qui concerne particulièrement la Bohême, les résultats de nos études nous indiqueraient à peine quelques formes, qui pourraient être considérées comme dérivées les unes des autres, par voie de filiation, dans la série de nos faunes. Mais, il faut remarquer que la plupart de ces formes, au lieu de se succéder immédiatement, sont séparées par des intermittences. Elles ne peuvent être comparées, dans la plupart des cas, que d’après des fragmens incomplets et mal conservés. Il nous serait donc impossible de garantir la filiation, même de ce petit nombre d’espèces siluriennes.

Dans les cas où nous avons observé une notable concordance des caractères entre des formes successives, nous n’avons pas hésité à admettre l’identité spécifique. Par suite de ces dispositions, la Bohême semble être, parmi toutes les contrées, celle qui offre le plus grand nombre d’espèces, qui se propagent verticalement à travers plusieurs étages superposés. B est probable, que d’autres paléontologues auront agi comme nous, dans de semblables circonstances.

III Immigration d'espèces étrangères.

On ne peut s’empêcher d’attribuer à des migrations la présence de certaines espèces identiques, qui existent dans diverses contrées siluriennes, soit sur des horizons notablement différens dans la série verticale, soit sur des horizons à peu près correspondons et que la stratigraphie désigne par les mêmes noms. Ces migrations se présentent avec la plus grande vraisemblance, lorsque les contrées comparées font partie d’un même bassin silurien, comme dans l’Amérique septentrionale, ou dans les régions du Nord de l’Europe.

Il serait inutile aujourd’hui de discuter la possibilité des migrations, puisqu’elles sont admises en principe par presque tous les géologues.

La seule question, qui doit nous occuper dans notre étude actuelle, consiste â évaluer aussi exactement que possible, la proportion numérique des espèces introduites dans chaque contrée par les migrations. Or, les tableaux de notre Section III présentent les résultats de nos observations à ce sujet et il nous suffit de les rappeler ici, d’une manière sommaire. Voir ci-dessus, (p. 361 à 367).

400 Connexions générique» et spécifique».

ÎProporlion des espèces!

migrantes

autochtones

Dans la grande zone centrale d’Europe ....

Dans la grande zone septentrionale d’Europe .

Dans la grande zone septentrionale d’Amérique

Moyenne dans les trois grandes zones . .

Entre les zones centrale et septentrionale d’Europe Entre les deux zones septentrionales d’Europe

et d’Amérique

Ce tableau nous montre que, dans chacune des trois grandes zones, la proportion des espèces migrantes est différente. Le maximum , 0.26 se trouve dans la grande zone septentrionale d’Europe, et le minimum. 0.02 caractérise la grande zone centrale du même continent.

La grande zone septentrionale d’Amérique présente une proportion intermédiaire de 0.16.

Le résultat qui doit le plus attirer notre attention, est la proportion de 0.07, qui exprime la moyenne générale des espèces migrantes, dans l’ensemble des trois grandes zones considérées. Mais, il faut bien remarquer, que cette proportion a été calculée directement, en divisant le nombre total des espèces migrantes, qui est de 112, sur l’ensemble de ces trois zones, par la somme totale de leurs espèces distinctes, qui est d’environ 1607 ( l l e l (l ’* 7 = 0.07.)

Cette moyenne, qui est la seule exacte, diffère notablement de celle qu’on obtiendrait, en ajoutant les proportions relatives à chacune des trois zones, et en divisant par 3 la somme obtenue. La raison de cette différence se conçoit aisément, si l’on remarque que, dans le nombre des espèces migrantes des trois zones, il faut éliminer celles qui se répètent. Nous avons présenté ce calcul, en détail, cidessus (p. 365).

Pour le but de l’étude, qui nous occupe en ce moment, la proportion moyenne générale des espèces migrantes : 0.07, est le résultat important que nous avons à constater, et qui doit être pris en considération, dans les conclusions finales de ce chapitre.

Bien que cette proportion moyeuue paraisse très exigue, nous pensons qu’elle sera plutôt réduite qu’augmentée à l’avenir, pareeque les identités, que nous avons admises sans critique, s’évanouiront en partie, par suite du progrès des études comparatives des formes spécifiques'.

Connexion» générique» et apécittques.

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