Cyrtoceras
Goldf.
Les recherches paléontologiques dans ces 4 contrées étant jusqu’à ce jour très-incomplètes, nous ne possédons sur les Céphalopodes qu’elles renferment, que des documens insuffisans pour établir l’ordre de leur apparition. Cependant, il est constaté par le tableau qui précède, que quelques espèces ont été observées dans la faune seconde de chacune de ces diverses régions. Mais, il ne nous est pas possible d’assigner à ces apparitions un horizon exact et comparable à ceux des autres contrées siluriennes. On peut remarquer seulement, que la présence du s. genre Endoceras en France et en Espagne indique une phase de la faune seconde , peu éloignée de son origine et peut être contemporaine de celle de notre bande d I, et du calcaire à Orthocères du nord de l’Europe. Cette supposition parait confirmée, du moins en Espagne, par la présence du genre Lituitcs.
Evolution îles Céphalopodes. 135
Aucune trace quelconque du genre Cyrtoccras n’a été signalée jusqu’ici dans la faune seconde des 4 contrées en question. Sans doute, dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons pas ajouter «ne grande valeur à ce fait négatif. Cependant, comme il est. en parfaite harmonie avec l’absence remarquable du même genre dans la faune seconde, proprement dite, de la Bohême, il mérite d’être noté. Cette absence, jusqu’ici absolue sur toute la zone centrale d’Europe, établit un contraste caractéristique entre elle et la zone septentrionale des deux continens, dans la quelle le même type générique a été largement représenté, durant l’existence de la faune correspondante.
Notre tableau constate, qu’à l’exception de l’Espagne, les 3 autres contrées considérées ont 'déjà fourni un nombre plus notable de Céphalopodes dans la fauiie troisième, que dans la faune seconde. Cet accroissement se fait surtout remarquer en France et en Sardaigne, puisque chacune de ces contrées nous permet d’énumérer 15 formes d’ Orthocères, sans en compter d’autres, qui nous sont insuffisamment connues. Les apparences de ces formes droites les rapprochent presque toutes des espèces de la Bohême et nous n’avons pas hésité à admettre entre elles plusieurs identités, indiquées sur nos tableaux, (p. 50 — 52) Ces circonstances nous portent naturellement à considérer l’horizon sur lequel se trouvent ces Orthoccres, en France et en Sardaigne, comme pouvant représenter celui de l’étage E en Bohême.
Nous ne pouvons donc pas adopter l’opinion tendant à regarder ces fossiles comme appartenant à la faune seconde et à admettre par conséquent, que la division supérieure manque totalement en France. Cette opinion, exprimée avec hésitation et réserve, dans un passage de la Siluria (p. 438 — 1859,) a été reproduite par feu le V 10 . D’Archiac dans sa Géologie et Paléontologie p. 413 — 1866. Mais, si la comparaison des fossiles et les analogies qu’ils présentent continuent à être appréciées dans notre science, comme les seuls moyens à notre disposition, pour établir - la «contemporanéité, si non absolue, du moins relative, des dépôts séparés par des distances géographiques, il nous sera impossible de concevoir, qu’une série de formes éminemment caractéristiques de la faune troisième silurienne en Bohême, puisse également caractériser par son ensemble la faune seconde, sur la surface de la France. Nous employons l’expression de série de fossiles, pareeque, outre les Orthocères que nous venons de mentionner, nous connaissons encore un assez grand nombre de formes de diverses familles, établissant de nouvelles connexions entre les horizons comparés, en France et en Bohême.
D’ailleurs , dans cette série de fossiles, nous n’avons pas rencontré une seule espèce caractéristique de la faune seconde.
Comment donc reconnaître la faune seconde, au moyen de formes appartenant exclusivement à la faime troisième?
Evolution des Céphalopodes.
Notre illustre maître et ami, M. de Vemeuil, en reconnaissant depuis longtemps la présence de la faune troisième, dans les localités du Nord-Ouest de la France, qui ont fourni les fossiles en question, a fait une sage application des principes de la science, auxquels nous devons rester fidèles, si nous ne voulons pas retomber dans la confusion des âges de l’ère paléozoique. (Bull. Soc. Gêol. de France. — • 1850 — Réunion au Mans.)
H. Grande zone septentrionale d’Europe.