g. Huronia Stokes
lu
Apparitions par groupo
stratigraphiqae . . .
Apparitions par Faane .
Réapparitions entro
divers étages, à déduire
Toul des espèces dis-
Par suite des actives recherches du Geological Survey du Canada, les faunes siluriennes de ces contrées se sont rapidement enrichies par de nombreuses et heureuses découvertes, durant le cours de ces dernières années. Des circonstances, que nous ne saurions apprécier, ont appelé l’attention de M. E. Billings principalement sur les fossiles qui caractérisent la faune seconde. Grâce au zèle et aux lumières de cet
162 Evolution des Céphalopodes.
éminent paléontologue, cette faune, quoique ses richesses ne nous soient pas encore complètement exposées, est cependant aujourd’hui à peu près aussi bien connue que dans toute autre région et elle nous présente de grands et utiles enseignemens. Nous serions heureux, en ce moment, si nous pouvions mettre de même à profit les résultats des travaux de M. Billings sur la faune troisième silurienne. Malheureusement, cette partie de ses observations n’est jusqu’ici, ni publiée, ni annoncée. Nous devons donc nous résigner au manque d’information sur cette faune; manque qui est très-apparent pour quiconque jette un coup d’oeil sur le tableau qui précède.
Nous avons adopté dans ce tableau, comme dans les tableaux nominatifs ci-dessus (p. 70 à 80) l’ordre vertical des subdivisions stratigraphiques , tel qu’il a été indiqué dans la Geology of Canada par Sir W. Logan et nous y avons introduit le groupe de Québec , à la hauteur provisoirement adoptée par M. E. Billings, dans diverses publications, mais sans conclusions définitives.
Nous présenterons, tout à l’heure, quelques observations particulières au sujet de la position, que nous avons assignée dans nos tableaux, aux formations qu’on distingue dans l’île d’Anticosti.
Le tableau qui précède nous montre, que les genres des Céphalopodes, connus dans le Canada et dans l’ile d’Anticosti, sont distribués dans 6 groupes d’apparition, dont 4 correspondent à la faune seconde et 2 à la faune troisième.
1. Le plus ancien de ces groupes apparaît dans le Grès Calcifère, à l’origine de la faune seconde et il se compose de:
( Orthoceras . Breyn.
Lituites . . Breyn.
Nautilus . . Breyn.
1 s. genre . . secondaire ou local Piloceras . Sait.
Dans ce groupe, nous réunissons aux Orthocères du Grès Calcifère les deux formes de ce type, dont il a été question ci-dessus (p. 116) et qui ont été trouvées dans les couches de transition entre cette formation et le Grès de Potsdam sous-jacent. Comme M. Billings, dans le tableau de distribution annexé à la Geology of Canada , n’a pas cru devoir indiquer ces deux formes sur l’horizon de Potsdam, nous ne pouvons mieux faire que de suivre son exemple.
On voit par les chiffres de notre tableau, que le genre Orthoceras prédomine de beaucoup, par ses 14 formes spécifiques, sur les autres types coexistais. Mais, nous devons faire remarquer, que les Céphalopodes de cet horizon ne sont pas encore tous décrits et que le nombre total de leurs espèces, qui est de 21 sur notre tableau, est évalué à environ 40 par M. Billings, dans le mémoire qu’il a publié en 1866,
Evolution des Céphalopodes. 163
sous le titre de Catal. of the Silur. Foss. of Anticosti, (p. 82). Il est très-vraisemblable, que la plus grande partie des espèces inédites viendra s’ajouter au chiffre 14, que nous indiquons pour les formes déjà connues de Orthoceras. Il en résultera pour ce type, dans la première phase de la faune seconde, un développement spécifique, qui dépasse de beaucoup le nombre de ses espèces connues sur l’horizon correspondant, dans les autres contrées de l’Amérique. Une semblable richesse existe en Russie, dans le Calcaire à Orthocères, qui représente la deuxième phase locale de la même faune et qui a déjà fourni 24 formes d’Orthocères, énumérées sur notre tableau, (p. 62 — 63.) Mais, en signalant cette remarquable analogie, que nous pourrions étendre à la première phase de la faune seconde en Bohême, renfermant 17 espèces du même type, nous sommes loin de penser, que ces divers horizons correspondent absolument à une même époque de la période silurienne. Dans tous les cas, ces rapprochemens sont instructifs et ils peuvent servir un jour à tracer la voie vers des vues nouvelles et plus fécondes pour la science.
Les chiffres exposés sur notre tableau indiquent, que la prédominance initiale du genre Orthoceras se maintient dans toutes les subdivisions stratigraphiques superposées, qui constituent, la division silurienne inférieure. On remarquera seulement, une intermittence de ce type, durant le dépôt de la formation schisteuse de Utica, dans laquelle M. Billings n’a jusqu’ici indiqué la présence d’aucun Céphalopode, au Canada. Orthoceras est aussi déjà connu par quelques espèces dans 4 des 11 formations qui composent la division supérieure. Nous avons exposé dans notre Déf. des Col. III. p. 219 — 1865 les motifs qui nous portent à modifier les limites antérieurement assignées à cette division, dans l’Amérique du Nord.
Cyrtoceras n’est point indiqué, jusqu’à ce jour, parmi les Céphalopodes du Grès Calcifère, tandisqu’il en existe d’assez nombreuses espèces, dans le Calcaire à Orthocères du Nord de l’Europe. Mais, le sous-genre Piloceras le représente faiblement, sur cet horizon, qui en offre une espèce au Canada et 4 signalées ci-dessus, dans l’île de Terre-Neuve, (p. 67.)
Lituites, qui apparaît à cette époque, sous 4 formes spécifiques, tendrait à établir une connexion importante avec la faune du Calcaire à Orthocères, en Russie et en Scandinavie, car c’est dans cette formation que ce type se montre sous les formes les plus nombreuses et les plus caractérisées.
Nautilus, représenté par 2 espèces dans ce premier groupe, doit surtout attirer notre attention. En effet, dans aucune des contrées explorées en Europe, ce type ne se montre dans la faune seconde. Ses espèces sont même rares dans la faune troisième. Il en est de
il*
104 Evolution des Céphalopodes.
même sur le continent Américain, du moins d’après les connaissances acquises jusqu’à ce jour. Mais, nous avons signalé dans l'île de Terre Neuve, ci-dessus (p. 68) d’après M. Billings, la présence semblable de
2 espèces de Nautilus , sur le même horizon du Grès Calcifère. Les contrées du Canada et de Terre Neuve sont donc jusqu’ici les seules, qui nous enseignent, que la forme droite, Orthoeeras et la forme complètement enroulée en spirale, Nautilus , c. à. d. les apparences presque extrêmes parmi les Nautilides, coexistaient déjà dans la première phase de la faune seconde. C’est l’époque la plus reculée, durant laquelle l’existence des Céphalopodes se manifeste, avec une véritable certitude scientifique. On remarquera, en outre, que le type Nautilus se propage par 3 espèces dans le groupe de Québec, à Terre-Neuve, et aussi par
3 autres formes dans le groupe de Chazy, au Canada. Voir les tableaux ci-dessus, (p. 67 — 68). Ainsi, ce genre a été bien représenté dans ces deux contrées, durant les premières phases de la faune seconde. L’antériorité de son existence dans ces parages ne saurait être mieux constatée.
2. La seconde apparition de genres a lieu dans les roches du groupe de Québec et elle se compose uniquement de:
1 genre . . principal ou cosmopolite . . Cyrtoceras . Goldf.
1 s. genre . id. Endoceras . Hall.
Nous avons fait remarquer l’absence du type Cyrtoceras dans le groupe précédent. Peut être cette absence est elle dûe au manque de recherches suffisantes. Dans tous les cas, on doit observer, que ce genre se manifeste subitement par 8 formes spécifiques et qu’il se propage verticalement dans toutes les subdivisions de la division inférieure, en exceptant celle de Utica, qui est privée de tout Céphalopode. Après une seconde intermittence, dans le groupe de Médina, il reparaît avec le même nombre de 8 espèces nouvelles, sur l’horizon de Niagara. Nous ne pouvons pas suivre son évolution, en remontant, dans la division supérieure, faute de documens.
Le sous-genre Endoceras , qui apparaît sur le même horizon, n’est représenté que par une seule espèce. Mais il reparaît sous 5 formes spécifiques, sur les horizons de Black-River et de Trenton, où il offre son plus grand développement. On sait que, dans le Nord de l’Europe sa présence caractérise le Calcaire à Orthocères, qui paraît renfermer la seconde phase de la faune seconde, dans ces régions.
3. La troisième apparition de types a lieu dans l’étage de Black- River, qui est considéré dans le Canada, comme inséparable de la formation dite Bird’seye, dans l’Etat de New-York. On remarquera sur notre tableau, que la formation de Chazy, interjacente entre les horizons de Québec et de Black-River, ne présente aucun nouveau type de l’ordre qui nous occupe.
Evolution des Céphalopodes. loi
Ce troisième groupe se compose de:
1 genre . . principal ou cosmopolite . . Phragmoceras . . . Brod.
1 genre . . secondaire ou local .... Conoceras .... Bronn.
1 s. genre id. Gonioceras (Orth.) . Hall.
Gonioccras n’est représenté que par une espèce sporadique, qui apparaît et disparaît sur ce même horizon.
Quant au genre Phragmoceras , l’espèce unique qui existe sur l’horizon de Black-River et qui se propage sur l’horizon de Trenton, doit attirer toute notre attention, pareeque, dans l’état actuel de nos connaissances, elle paraît, si non la forme initiale de ce genre, que nous ne pouvons pas nous flatter de connaître, du moins la plus ancienne qui ait été signalée. M. Billings, en donnant à ce fossile le nom de Phragm. praematurum , a très bien fait remarquer cette circonstance. (Ganad. Natur. J une 1860 p. 173.) Il n’est pas certain, que l’on connaisse en Europe un seul représentant de ce genre, dans la faune seconde, car l’espèce découverte dans le diluvium de Sadewitz en Silésie, quoique attribuée à cette faune dans notre tableau, d’après les indications du Prof. Ferd. Roemer (Faun. v. Sadcw. p. XIV.) ne peut pas être considérée comme appartenant indubitablement à cet âge. Nous rappelons aussi, qu’une autre espèce de Phragmoceras a été annoncée dans l’Etat de Wisconsin, sur l’horizon de Utica, par le Doct. D. Owen, et indiquée sous le nom de Campulitcs ventricosum. (Geol. Surv. TFt'sc. Jotc. Minnes. I. p. 626 — 1852.) Mais, son existence laisse encore quelque doute, pareeque la forme de son ouverture n’a pas été indiquée par ce savant.
D’après ces circonstances, on voit, que Phragm. praematurum semble avoir été une forme très isolée, et prophétique. En effet, entre son existence sur l’horizou de Trenton et celle de la seconde forme congénère, connue au Canada, dans la formation nommée Guelfe superposée au groupe de Niagara, nous comptons 6 subdivisions de la série stratigraphique, dans cette contrée. Ce fait constitue une immense intermittence, dans l’existence du genre Phragmoceras au Canada. Mais on peut concevoir, que cette intermittence sera modifiée par de nouvelles découvertes.
Conoceras n’est représenté que par une seule espèce, dont nous avons déjà fait mention ci-dessus (p. 13.) Cette forme singulière, provenant de Fîle de Thessalon, dans le lac Huron, paraît appartenir réellement à l’horizon de Black-River de la série typique de New-York. C’est ce qui a été plausiblement démontré par feu Louis Saemann, dans son mémoire sur les Nautilides (Palaeontogr. III. p. 145 — 1852.) Ce gisement, sur un horizon placé presque au milieu de la hauteur occupée par la faune seconde, semblerait indiquer une existence un peu postérieure à celle de notre Bathmoceras , qui est le type analogue dans
notre bassin et qui apparaît dans notre bande d 1 , c. à d. dans la première phase de la faune correspondante en Bohême. Mais, nous sommes loin de pouvoir juger exactement quelles sont les phases de cette faune, qui ont été absolument contemporaines, sur les deux continens.
Du reste, le type américain Conocerae n’est connu que par le seul exemplaire auquel Bronn a donné le nom spécifique de Conoc. angulosum. H serait très désirable, que de nouvelles recherches fussent faites par M. M. les géologues du Canada, dans la localité où cette espèce a été découverte, il y a près d’un demi-siècle, par notre respectable doyen et maître, M. le Doct. J. J. Bigsby.
4. Le quatrième groupe apparaît sur l’horizon, qui porte encore le nom de Hudson River, dans certains ouvrages américains, tandisque celui de Cincinnati-group a été proposé par M. M. Worthen et Meek en 1865. (Troceed. Acad, of Sci. Philad. Aug.) Nous croyons devoir maintenir le nom ancien, en attendant que M. M. les géologues américains s’accordent sur le choix d’une nouvelle dénomination. Ce groupe se compose de:
{ Ascoeeras . . Barr.
Gomphoceras Sow
La présence du type Ascoeeras , représenté par deux espèces dans cette formation, donne lieu à des observations semblables à celles que nous venons d’exposer au sujet du genre Phragmoceras. En effet, ces deux formes d 'Ascoeeras sont les plus anciennes que l’on connaisse sur les deux continens. Elles doivent aussi être considérées comme sporadiques, pareeque, après s’être propagé sous 2 formes, dans le groupe d’Anticosti, immédiatement superposé, ce type semble disparaître complètement au Canada. Cependant, nous ferons observer que le type analogue, Glossoccras, a été déjà signalé dans la faune troisième de la même contrée.
Gomphoceras se montre à la même époque, sous une seule forme spécifique, isolée. Ce type reparaît après une très longue intermittence, sur l’horizon de Helderberg inférieur. Mais, lorsque nous posséderons de plus amples documens sur la faune troisième du Canada, ces apparences seront peut-être modifiées et l’immense intermittence, qui sépare ces deux apparitions sporadiques de Gomphoceras , pourra être vraisemblablement subdivisée en plusieurs autres de moindre étendue verticale, comme pour le genre Phragmoceras , dont nous venons de signaler les apparitions très espacées.
Les deux groupes suivans ont apparu durant l’existence de la faune troisième.
Evolution «les Céphalopodes. 167
5. Le cinquième groupe d’apparition a été signalé dans les formations de l'ile d’Anticosti, qui sont désignées dans la Gcology of Canada (p. 302.) 1863, par le nom de divisions 3 et 4 de cette île. M. E. Billings ayant déclaré en 1866 (Catal. SU. foss. of Antic. p. 79.) que ces deux divisions représentent la formation de Clinton du Canada occidental et de N. York, nous n’avons pas hésité à adopter cette identification stratigraphique. Ainsi, le cinquième groupe, qui nous occupe, est indiqué comme apparaissant sur l’horizon de Clinton.
Les types de Céphalopodes qui surgissent sur cet horizon, sont:
1 genre . . secondaire ou local . . . Glossoceras Barr.
1 s. genre .... id Huronia . . Stokes.
Le type Glossoceras n’est représenté, au Canada, que par une seule espèce sporadique, qui paraît et disparaît sur cet horizon. On n’a observé aucune trace de ce genre dans les autres formations, qui constituent la division supérieure; du moins, d’après les documens publiés.
Le s. genre Huronia est représenté par 10 formes, dont la plupart ont été recueillies par M. le Doct. J. J. Bigsby, sur l’ile Drummond, dans le lac Huron, avant 1823. Les autres ont été découvertes plus tard par le Geological Survey du Canada, sur l’ile d’Anticosti, dans les divisions 3 et 4, déjà mentionnées. Ce type n’est signalé jusqu’ici sur aucun horizon supérieur, et il paraît aussi très limité dans son extension géographique.
6. La sixième apparition de types de Céphalopodes semble très retardée dans la série verticale des formations, qui constituent la division silurienne supérieure, au Canada. En effet, c’est seulement dans la formation de Helderberg inférieur, que le genre Gyroceras apparaît sous une seule forme sporadique. La trace de ce genre disparaît dans les formations suivantes, que nous adjoignons à la même division silurienne. Mais, il ne faut pas perdre de vue l'état incomplet des publication relatives à la faune troisième, au Canada.
Avant de terminer, nous appellerons l’attention sur ce fait important, savoir:
14 types de Céphalopodes sont représentés dans les formations siluriennes, au Canada. Ce chiffre est le maximum connu en Amérique, car les autres contrées de ce continent qui en possèdent le plus, sont : l’Etat de New-York, où 9 genres ont été signalés et l’Etat de Wisconsin, où on en connaît 10.
Mais, dans aucune contrée du même continent, nous ne trouvons plus de 6 types réprésentés dans la faune seconde. C’est ce qu'indiquent nos tableaux, qui vont suivre pour res contrées.
Evolution des Céphalopodes.
Au contraire, dans le Canada, sur 14 genres connus, il y en a 1 1 qui ont apparu dans cette faune. Ce fait semblerait indiquer un privilège d’antériorité relative en faveur de cette contrée, par rapport aux autres régions du même continent.
Observations sur l’horizon stratigraphique des formations de 111e d’Anticosti.
Nous éprouvons quelque difficulté à faire entrer exactement dans le cadre de nos études les résultats des recherches qui ont été faites dans cette île, très intéressante par la variété et la richesse apparente de ses faunes siluriennes. Cette difficulté provient principalement de ce que la série des formations composant le Groupe (TAnticosti, selon Sir W. Logan, a été décrite comme représentant le silurien moyen. Nous considérons cette subdivision du système silurien comme inutile et nous ne l’admettons pas dans notre nomenclature. Nous faisons aussi remarquer, en passant, qu’elle n’est pas adoptée par l’illustre fondateur de ce système, ni par le Geological Survey d’Angleterre.
Il s’agit donc d’assigner aux diverses formations du groupe d’Anticosti l’horizon qui leur correspond, dans la série typique américaine. C’est ce que nous allons tenter de faire, d’après les documens publiés.
Nous apprenons dans la Geology of Canada (p. 298. 1863) que ce groupe correspond aux 4 formations suivantes de l’Etat de New-à ork, rangées suivant leur ordre naturel et ascendant:
Niagara
Clinton
Médina
Oneida
division supérieure, division inférieure.
Cette assimilation, faite par sir W. Logan, laisse beaucoup à désirer, si l’on veut savoir comment chacune des quatre subdivisions de New- York est représentée dans les 4 formations superposées, que ce savant distingue dans le groupe d’Anticosti et qu’il nomme divisions : 1 — 2—3 — 4.
Heureusement, M. E. Billings, après avoir présenté la description des fossiles de ces 4 divisions, a essayé d'établir un parallèle entre elles et les subdivisions de la série de New-York. (Calai, of Silur. Foss. Antic. 1866.)
Ce savant nous enseigne d’abord, (p. 76) que la div. 1 dAnticosti présente une faune, consistant déjà en 86 espèces de toutes classes, parmi lesquelles il décrit 5 formes de Céphalopodes. Cette faune, par son ensemble et surtout par çes Trilobites: Asaphus-Illaenus— parait
Evolution des Céphalopodes. 1G9
à M. Billings, comme à nous, beaucoup plus apparentée avec la faune seconde qu’avec la faune du silurien moyen. Ainsi, cette divis. 1 d’Anticosti se range naturellement et immédiatement au dessus du groupe de Hudson-River, avec lequel elle est liée par un assez grand nombre d’espèces communes, et nommément par 4 des 5 formes mentionnées de Céphalopodes, savoir: 3 Orthoccras et 1 Ascoceras.
Il serait possible de concevoir, que la divis. 1 d’Anticosti représente le groupe de Hudson-River, avec des apparences locales, un peu différentes. Mais, ne nous permettant pas de décider cette question, nous avons provisoirement placé cette division sur nos tableaux, comme couronnant la division silurienne inférieure. Bien que 18 de ses espèces se propagent dans la divis. 2, cette circonstance ne nous semble opposer aucune difficulté à l’établissement de la limite que nous indiquons entre les deux grandes divisions siluriennes, qui possèdent un certain nombre de formes identiques, dans certains pays, comme en Angleterre.
La divis. 2 d’Anticosti est moins bien connue que la divis. 1, à cause de difficultés locales et elle n’a fourni jusqu’ici que 39 espèces, dont 18 proviennent de la divis. 1, tandisque 23 se propagent au dessus. Ainsi, M. Billings reconnaît que cette division offre {dus de connexions avec les divis. 3 et 4 superposées, qu’avec la divis. 1, sousjacente. Il ne signale même dans la divis. 2 que deux formes très caractéristiques de la faune seconde, savoir: Strophom. altemata et Murchisonia gracilis. On voit, au contraire, la faune troisième s’annoncer sur cet horizon, par la prédominance de Pcntam. Barrandei Bill. (Rep. of Progr. p. 296 — 1857.)
Il nous semble donc, que la divis. 2 d’Anticosti peut être placée, d’une manière très plausible, à l’origine de la faune troisième.
La divis. 3 a présenté 53 espèces, dont 13 sont indiquées comme provenant de la divis. 1 et 26 se propagent dans la divis. 4. Cet horizon est caractérisé par l'apparition de Pentam. oblongus et autres formes apparentées.
La divis. 4 a fourni 70 espèces, dont 26 proviennent des divisions inférieures. L’ensemble de cette faune offre les caractères de la faune troisième.
Ces documens, par lesquells M. Billings résume son Catalogue et ses descriptions d’espèces, sont complétés dans le parallèle qu’il établit un peu plus loin et dans lequel il déclare que: ,,1’horizon des divis. 3 et 4 est identique avec celui de Llandovery en Angleterre et très certainement avec celui de Clinton du Canada occidental et de New- York." (L. c. p. 79.)
Cette déclaration, si positive, nous autorise à indiquer sur nos tableaux les divis. 3 — 4 d’Anticosti, sur l’horizon de Clinton, dans la série typique américaine.
170 Evolution dits ('tplinlopodes.
Remarquons, en passant que, par cette déclaration de M. Billings, la formation de Niagara se trouve totalement exclue du nombre des équivalens du groupe d’Anticosti, indiqués dans la Geology of Canada. (p. 298).
Reste maintenant à assigner une place à la divis. 2 d’Anticosti.
Cette place semblerait naturellement se trouver au niveau de la formation de Médina, s’il n’existe pas une lacune naturelle entre les divis. 1 et 2. Cependant, la présence et même la prédominance de Peut. Barrandei établit une forte connexion entre la divis. 2 et les divis. 3 et 4, tandisque nous ignorons les connexions paléontologiques entre cette divis. 2 et l'horizon de Médina proprement dit, dans la série américaine.
Malgré cette difficulté, que nous ne pouvons pas résoudre, en considérant que les Pentamères peuvent avoir apparu plutôt dans la région orientale, que dans la région occidentale du Canada, et qu’en somme, il ne s’agit que de placer 2 espèces de Céphalopodes, qui se trouvent dans la divis. 2, nous inscrirons provisoirement cette division sur le môme horizon que la formation de Médina.
Lors même que nous commettrions ainsi une erreur, elle serait peu importante et dans tous les cas, elle n’aurait aucune influence sensible sur les résultats de la présente étude.
Observations générales sur le Canada et nie d’Anticosti.
1. Nous avons déjà fait remarquer que, sur 14 types connus au Canada il y en a 11 qui ont fait leur première apparition durant l’existence de la faune seconde et 3 seulement pendant celle de la faune troisième. Ce rapport, à l’avantage de la faune seconde, est plus marqué dans cette contrée que dans les autres régions du nouveau continent. R contribue à bien caractériser la faune seconde de la grande zone septentrionale et à établir un contraste avec la faune correspondante de la grande zone centrale d’Europe, où nous voyons surgir un nombre de types beaucoup moindre.
2. En considérant la répartition des genres entre les subdivisions de la série verticale, on voit sur notre tableau, qu’elle est très irrégulière et très inégale. Le maximum absolu des types coexistans est de 7 et il se trouve dans la formation de Black-River c. à d. vers le milieu de la hauteur totale occupée par la faune seconde. Un maximum approché, consistant en 6 types, se montre dans la fonnation de Hudson-
Evolution de» Céphalopode». t ? 1
River et mérite notre attention, parcequ’il se manifeste après une intermittence totale de l’ordre des Céphalopodes, pendant le dépôt des schistes de Utica, dans la division inférieure.
Le minimum absolu, réduit au seul genre Orthoceras, correspond à la base de la division supérieure, dans le grès de Médina. Il est peut-être temporaire.
3 . Le nombre total des genres ou sous-genres, connus au Canada
s’élève à 14, savoir:
dans la faune seconde 11
dans la faune troisième 7
types communs aux deux faunes, à déduire .... . 4
total des types distincts .... 14
Ce nombre dépasse notablement le chiffre correspondant, signalé jusqu’à ce jour dans les autres contrées de la zone septentrionale, dont aucune ne présente plus de 10 types. Mais il est encore inférieur au nombre de 20 types, existant en Bohême, sur la grande zone centrale d’Europe.
4. Parmi les 14 types du Canada, nous distinguons 9 genres ou sous-genres cosmopolites et seulement 5 genres ou sous-genres locaux. Ils sont tous énumérés sur les colonnes qui suivent, et rangés suivant leur ordre d’apparition.
Types cosmopolites
Types locaux
Faune troisième