‹ Distribution des Racines Motrices dans les Muscles des MembresChapitre 12 sur 30 · FL J · texte numérisé non relu

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des racines, d'étude analytique de leurs filets différents ; c’est là une décomposition expérimentale des racines, une analyse minutieuse de leurs fibres, plus conforme aux règles de l’expérimentation, plus fertile en conséquences cliniques.

Nous discuterons cependant les effets mécaniques complexes, les contractions résultantes que Ferrier et Yéo ont soigneusement déterminées après l'excitation de chacune des racines motrices du plexus brachial et lombo-sacré chez le singe.

Excitation des racines du plexus brachialchez le singe. — A la description obscure des mouvements coordonnés, spéciaux à chaque racine ; aux détails fastidieux des muscles associés en une contraction combinée ; au compte rendu froid et aride de Ferrier et Véo, nous substituons ici la reproduction des divers mouvements obtenus, le tableau comparé des diverses actions musculaires résultantes qui suivent l'excitation de chaque racine. (PI. [.)

[V® cERvICALE. — L'épaule et le bras sont tirés en haut et en avant; l'avant-bras fléchi et en supination. — L'action est celle indiquée par Ferrier et Yéo: ces derniers notent l'extensi n du poignet; nous n'avons remarqué, au contraire, qu'un ballottement passif de la main, qui tombe inerte et à demi-fléchie par son poids.

V° ceRvICALE. — L'actionprécédente se continue: c'est le même mouvement associé, avec-une excursion moindre. Ferrier et Yéo notent l'extension des phalanges basales et du poignet : nous avons an contraire observé cette flexion passive de la main pendant inerte sur l'avant-bras. Nous verrons d’ailleurs que les excitations isolées nous donnent raison ; les seuls muscles fournis ici sont : le biceps, le brachial antérieur, le long supinateur.

VI° cerRviCALE. — Le bras est en adduction et porté en arrière; cette rétraction est peu accentuée. L’avant-bras étendu en pronation. Mais, contrairement aux observations de Ferrier et Yéo, le poignet n'est point en flexion; les radiaux, contractés, le placent au contraire en extension légère.

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VIL cervicace. — Le bras est en adduction, lourné en dedans el rétracté, comme l'ont avancé Ferrier et Yéo. Comme ils l'ont noté aussi, l’avant-bras est étendu de façon à « porter le dos de la main du côlé du pouce » (action des radiaux).[ci commencent les divergences : ils signalent la fleæion dupoignet et des doigts ; nous avons noté aucontraire l’extension du poignet, et l’action des fléchisseurs se borne à contre-balancer les puissances extensives : à peine note-t-on une légère inflexion palmaire dela main.

VIII ceRvICALE. — Ferrier et Yéo reconnaissent qu'ici l’action est complexe. [ls notent la rétraction du bras, l'extension de l'avant-bras, la flexion du poignet sur le côté cubilal (?}, lacléture de la main en flexion. Mais ils avouent que « les muscles extenseurs furent surtout trouvés en état de rigidité à l’avant-bras ». Notre mouvement est composé : de l'adduction du bras, de l'extension de l'avant-bras sur le bras, d'un renversement du poignet en arrière sur l'avant-bras, d'un écartement des doigts (extenseurs), el d’une inflexion de la main renversée sur le bord cubilal. C'est là le résultat d'une dernière expérience de contrôle : or, le 9 avril, nous notions dans une Observation sur la même racine la flexion du poignet, la contraction forte des fléchisseurs des doigts, et nous nous rapprochions des conclusions de Ferrier et Yéo. Que penser de mouvements combinés aussi variables, de contractions associées aussi inconstantes ? S'il y a une harmonie fonctionnelle préétablie entre Chaque racine et chaque mouvement coordonné, elle est bien peu fixe et bien infidèle.

I" porsaLe. — Nous notons, comme Ferrier et Yéo, l’'adduction du pouce, la flexion des doigts aux articulations métacarpo-phalangiennes (lombricaux).Tousles muscles fléchisseurs de l’avant-brassont contractés; la main se tord en prime.— Quant à l'action indiquée par Ferrier et Yéo sur les muscles du cou, c'est une diffusion de l'excitation, car aucune disposition anatomique ne peut la justifier, et nous ne l'avons jamais noté.

Avant toute critique, nous exposons ici nos résultats chez le chien.

Excitation des racines du plezus brachial.

VI® RACINE CERVICALE. — Le bras est porté en avant, l'avant-bras maintenu en légère flexion et en pronation à peine sensible ; le poignet est en faible extension.

VIT®RAcINE. — Le bras est porté en arrière et appliqué contre le thorax; l'avant-bras est en pronation et en position moyenne de demiflexion ; la patte est étendue sur l'avant-bras.

VITIS RAGINE. — Le bras est en arrière et en adduction ; avantbras en complète extension, la main étendue sur l’avant-bras et les doigts écartés l'un de l'autre par une extension extrême.

[re porsaLE. — Le bras est en arrière, l’avant-bras en demi-flexion, la main fléchie à angle droit sur l'avant-bras, les doigts en flexion complète.

Si l’on étudie ces résultats, on voit que les contractions d’ensemble ainsi observées sont peu démonstratives. On peut douter de l'intérêt physiologique ou de lapplication pratique de ces recherches ; chaque racine, disent Ferrieret Yéo, commande une combinaison musculaire, un mouvement associé ; sa-section entraîne, non pas la paralysie des muscies correspondants, car ils recoivent de plusieurs racines, mais seulement la suppression de cette association préétablie, de cette combinaison fonctionnelle déterminée.

Il faudrait, en vérité, beaucoup de bonne volonté et de mauvaise mécanique pour adapter à des fonctions aussi complexes que celles du membre supérieur des mouvements combinés aussi élémentaires. Que serait le singe s’il en était réduit à un répertoire de mouvements aussi peu varié, à un jeu mécanique aussi restreint? Si, chez le chien, on objecte l’éducation imparfaite du membre antérieur, onne peut même pas, dans les effets observés, retrouver des contractions associées qui soient applicables à la mécanique animale la plus rudimentaire: quatre com-

binaisons de mouvements d'ensemble, c’est, on l’avouera, une bien pauvre gamme d'actions musculaires pour d'aussi riches

variations.

Au lieu de cette détermination stérile de quelques combi- Laisons musculaires, de quelques mouvements associés, nous avons fait l'analyse du plexus, nous en avons dissocié les branches constituantes, et, dans l'innervation totale des troncs définitifs, nous avons dégagé la part relative des divers filets coim-

posanis.

Excitation isolée des branches du plevus brachial. — I est utile de placer en tête de ces observations le tableau comparé du plexus brachial chez le chien, le singe et l’homme. (PL. IF, fig. 1.)

Nous avons établi ces schémas après longues et minutieuses dissections chez les deux premiers ; pour l’homme, nous avons reproduit le schéma que donnent Mathias Duval et Morel. Rien ne varie d’ailleurs, suivant les auteurs, comme les réductions schématiques des plexus chez l'homme; on se lexplique en considérant l’emmêlement compliqué, les anastomoses multiples, les échanges de fibres des diverses racines. Que l’on étudie la figure classique du plexus brachial d’après Hirschfeld : on verra qu'on peut imaginer des dispositions variées, faire des combinaisons différentes, et que la comparaison banale, le type classique des deux X et de l’Y interposée, ne sont point des axiomes anatomiques indiscutables.

C’est précisément un des résultats importants de notre dissection physiologique des plexus, d'éliminer les fibres secondaires, de dégager des filets insignifiants les branches principales, d’élaguer un peu ces réseaux complexes. Le scalpel dissocie des filets nerveux, décompose leurs mailles intriquées, mais il est impuissant à nous renseigner sur la nature motrice ou sensitive du rameau dégagé, sur son importance dans la constitution du

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