‹ Distribution des Racines Motrices dans les Muscles des MembresChapitre 16 sur 30 · PE" VS · texte numérisé non relu

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tractés et de racines excitées, dégager les résultats et simplifier la lecture. (PI. III.)

Si l’on cherche à dégager de ces tableaux compliqués les relations simples, on voit qu’on peut condenser en trois formules définitives, fixer en trois lois générales ces résultats expérimentaux.

17e Lor. — Chaque racine fournit aux deux plans opposés du membre, plans antérieur el postérieur.

Remarquons ici qu’il semble rationnel de rattacher à deux grands groupes demouvements les diverses actions musculaires : flexion, adduction et rotation en dedans, d’une part ; extension, abduction et rotation en debors, de l’autre ; ce sont là deux grandes classes de contractions comparables et d'actions harmoniques, deux systèmes d'effets mécaniques concordants : on peut donc réunir en des séries comparables et rapprocher en deux groupes systématiques les muscles de chacune de nos deux Listes.

Nous sommes loin, avec cette distribution d’une même racine aux deux plans opposés, de la localisation absolue de P. Bert et Marcacci, et de la limitation exclusive de chaque racine à des groupes naturels, nettement antagonistes, extenseurs ou fléchisseurs par exemple.

On note toutefois, à la seule inspection de nos tableaux, que chaque racine ne se distribue point symétriquement aux deux plans, aux deux grands ressorts musculaires antagonistes ; sinon l’on serait forcé de conclure à une action négative pour chaque racine et à une neutralisation mécanique des puissances musculaires respectivement opposées.

Il semble tout d'abord que le plan postérieur soit un péu deshérité, que la différenciation y soit moins complète, l’action des diverses racines moins spécialisée.

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La VI® racine par exemple a déjà fourni, chez le chien, aux fléchisseurs de lavant-bras sur le bras (biceps et brachial antérieur), alors qu’elle n’a poinl encore commencé l’innervation des extenseurs correspondants; la même racine, chez le singe, fournit aux biceps, brachial antérieur, rord pronateur, grand palmaire, alors que le triceps n’a reçu aucun filet, et que, par un saut remarquable, l’innervation du plan extenseur antibrachial est déjà commencée (long supinateur et radiaux).

Alors que la VIIe racine, chez le chien, a donné tous les fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras, plus le rond pronateur et le grand palmaire, elle n’innerve point encore la totalité des extenseurs de l’avant-bras sur le bras ; par une distribution dissociée, que nous n’avons pu retrouver sur le singe, elle donne des filets aux vastes interne et externe, aux radiaux, mais la longue portion du triceps n’est fournie que par la VIII racine.

On voit bien que la distribution n’est point régulièrement symétrique aux deux plans ; l’innervation, au plan de flexion, est plus divisée, parce que les puissances musculaires y sont plus différenciées.

La présence d’une couche musculaire palmaire, de muscles iutrinsèques importants, a entraîné un perfectionnement de l’innervation correspondante ; il y a, chez le chien, un petit rameau annexe, venu de la Ile dorsale, et que nous n'avons point excité chez le singe ; il limite son action aux muscles intrinséques de la main et commande les mouvements de flexion extrème des doigts. Au contraire, l'extension digitale se fait en masse par l’excitation de la VIT cervicale e° de la 1”° dorsale; il n'a point d'action d'extension spéciale localisée à un filet particulier.

2°® Lor. — On voit, à mesure qu'on se rapproche des paires dorsales, la contraction gagner les segments inférieurs du membre.

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C’est là une formule qu’on peut vérifier, une loi qu'il est facile de contrôler sar notre tableau d'expériences. Ce rameau de la Ile dorsale, limitant son action à la main, en est une preuve intéressante.

Cette descente de la contraction ne se fait point toutefois sans irrégularités.

On trouve, au plan d'extension, quelques infractions à la loi: chez le singe, la VI® racine saute du deltoïde scapulo-acromial au long supinateur et aux radiaux, en négligeant l’innervation du grand rond, du grand dorsal et du triceps. Chez le chien ausst, la longue portion du triceps présente un relard dans son innervation ; la VIF racine a déjà commencé la distribution au segment antibrachial (radiaux), alors que la longue portion qui appartient au segment brachial n’a reçu encore aucun filet.

La contraction descend d’ailleurs plus brusquement au plan d'extension ets y étend plus promptement à la totalité du segment antibrachial du membre. |

IL est une autre irrégularité à noter. Des racines inférieures, comme la VIT par exemple, chez le singe, qui semblent limitées au segment antibrachial du membre, fournissent des filets supérieurs, à trajet ascendant (grand pectoral et grand rond; grand dorsal), sans rien donner au segment brachial lui-même.

Ce sont là autant d’irrégularités de distribution que nous utiliserons pour expliquer les paralysies à localisations irrégulières, à déterminations capricieuses, que les clhiniciens constatent et qu’ils ne peuvent expliquer.

8e Lor. — À mesure que l'excitation se rapproche des paires dorsales, les contractions gagnent progressivement les masses musculaires, du bord radial du membre vers son bord cubital.

A l'avant-bras en effet, ne voit-on pas, chez le singe, la VI racine se distribuer : dans le plan antérieur, au rond pronateur et au grand palmaire ; dans le plan postérieur, au long

supinateur et aux radiaux ? Chez le chien, la VII racine limite son action à ces deux mêmes attelles musculaires externes, respectivement opposées sur le bord radial du membre.

Ce n’est qu'avec la VIII racine et la [°° dorsale que les contractions gagnent la région interne des muscles antibrachiaux et se généralisent au plan profond des fléchisseurs et des extenseurs.

Car c’est une loi secondaire que les couches superficielles soient fournies avant les couches profondes : c’est une proposilion corollaire de la seconde loi, puisque les muscles, plus profondément situés à l'avant-bras, sont aussi ceux dont le trajet est le plus long et qui fournissent aux extrémités digitales.

Ce transport régulier des contractions vers le bord cubital du segment antibrachial est une localisation remarquable que le tableau suivant fait plus nettement ressortir.

Constitution du plermus brachial chez le Chien.

Faisceau de la VI. — Biceps ; brachial antérieur ; deltoïde claviculaire.

Faisceau de la VIF®.— Biceps ; brachial antérieur ; deltoïde

claviculaire ; rond pronateur ; grand

Médian externe 1

; palmaire.

= Faisceau de la VIIE. — Rond pronateur ; grand palmaire ; È , © fléchisseurs superficiel et profond; à 2 cubital antérieur.

2 à | Faisceau de la [°° dors.— Fléchisseurs superficiel et profond; a cubital antérieur ; muscles intrinsèques de Ja main.

Faisceau de la VIF.— Vastes externe, interne ; radiaux. r Faisceau de la VIII. — Longue portion ; deux vastes ; radiaux ; £ extenseurs ; cubital postérieur.

À Faisceau de la T° dors.— Longue portion ; extenseurs ; cubital

postérieur, interosseux.

Cugrraz. — Faisceau de la I dorsale. — Kléchisseur profond, cubital antérieur, muscles intrinsèques de la main,

te.

Constitution du plexus brachial chez le Singe.

2 Biceps ; brachial antérieur; del-

S | Tronc commun des Ve et Vre. toïde claviculaire.

© Rond pronateur; grand palmaire.

À S raisceau de ta VIr.. ne CE LL | Rond pronateur; grand palmaire.

E s| / Rond pronateur; grand palmaire = = | (légèrement.)

S. Tronc commun de la VIIF \ Fléchisseur profond.

S cervicale et [° dorsale. Fléchisseur sublime.

Z | Cubital antérieur.

À Muscles intrinsèques dela main.

Faisceau commun à la V° et à la VF.— Deltoïae scapulo-acromial.

Long supinateur et radiaux.

ie Faisceau de la VIL.— Grand dorsal, grand rond; triceps ; radiaux; £ / extenseurs (légèrement) .

£ Faisceau du tronc commun de la VIII et de la T° dors. — Grand

dorsal ; triceps ; extenseurs commun et propre. Abducteur du pouce.

CugrraL : Fléchisseur profond; cubital antérieur ; muscles intrinsèques de la main.

Nous verrons plus tard quelle explication nous avons cru pouvoir fournir de ce transport très évident des contractions du bord radial du membre vers son bord cubital.

Ces deux tableaux, on le voit, sont absolument comparables et également concluants. Nous avons ainsi déterminé les territoires musculaires correspondant à chaque branche d’origine des troncs définitifs ; nous avons tracé les frontières exactes de ces zones de distribution, et nous en avons fixé les limites en des cartes

1 Notous ici que, par une disposition qui se présente d'ailleurs quelquefois en. anatomie humaine, les branches musculaires du musculo-cutané sont fournies par le médian,

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