‹ Distribution des Racines Motrices dans les Muscles des MembresChapitre 27 sur 30 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous avons pu, sans violenter trop les observations médicales, sans les façonner à plaisir, pour les exigences de la théorie ou les besoins de la thèse, faire entrer dans ce cadre, expérimentalement établi, quelques cas cliniques, quelques constatations pathologiques. |

Nous sommes arrivé à une conciliation satisfaisante, à une concordance relative entre les données de l’expérience et les observations de la pathologie. L'œuvre, assurément, est imparfaite, mais elle n’a aucune prétention clinique. Nous avons voulu élucider un point de physiologie et non faire l’étude d’une question de pathologie spéciale. Notre tentative d'adaptation clinique n’est qu'un contrôle de nos résultats, n’est qu'un moyen de vérification. à

On ne peut point prévoir toutes les applications cliniques d'un fait expérimental : CL. Bernard, sectionnant le sympathique, ne pensait point quel usage ou plutôt quel abus on ferait de cette expérience pour l'appliquer à outrance à la pathogénie de phénomènes morbides multiples. Hitzig et Ferrier, excitant l’écorce cérébrale, ne pouvaient fournir à l'avance toutes les listes de lésions corticales, toutes les localisations cliniques qui ont suivi. C’est en général un fait expérimental plus précis qui inaugure une série de recherches plus exactes ; ce serait beaucoup si nos résultats expérimentaux étaient un guide pour des autopsies plus minutieuses, pour des constatations anatomopathologiques plus complètes.

On peut être sceptique sur l’utilité de cette tentative de physiologie pathologique. N’est-il point cependant permis d'espérer que des localisations plus exactes dicteraient, en l'espèce, une

thérapeutique plus précise ? Au lieu d’actions locales aveugles et incertaines, elles permettraient une intervention éclairée localisée aux points de lésion, limitée aux parties atteintes. Remak a noté, dans trois cas de la paralysie radiculaire de Erb, la compression des racines par des ganglions lymphatiques dégénérés ; si, de la connaissance des troubles moteurs, on pouvait déduire la notion des racines intéressées, l'intervention thérapeutique serait ainsi plus efficace, parce qu’elle pourrait être plus immédiate et mieux dirigée.

Et d’ailleurs, si l’on doute des applications utiles de ces recherches, ne serait-ce point assez que d’avoir comblé une lacune anatomique, établi une notion pathogénique juste? Aux hypothèses banales de déterminations capricieuses de la lésion en certains groupes musculaires , d’affinités inexplicables ou de préférences inadmissibles, on substitue une raison anatomique constante, une condition organique invariable. Au lieu d’une symptomatologie désordonnée, c’est une distribution régulière des troubles observés : le désordre symptomatique apparent a pour raison un ordre anatomique constant. Lors même que ce ne serait qu’une notion pathogénique nouvelle, ne voit-on pas, par une tendance malheureuse, le chapitre de la Pathogénie empiéter de plus en plus, dans l’étude des maladies, sur celui du Traitement, etréduire ce dernier à une importance minime, à une place restreinte ?

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