‹ Distribution des Racines Motrices dans les Muscles des MembresChapitre 6 sur 30 · LS LE · texte numérisé non relu

LS LE

excite leur bout périphérique, s'assure, par la mise à nu et la dissection, des muscles contractés, et réunit en tableau les muscles qui se rapportent à chaque racine depuis la 5° cervicale jusqu'à la 1" dorsale. Il établit qu'une seule racine fournit à la presque totalité des muscles, que la distribution est complexe et non pas limitée à des groupes naturels extenseurs ou fléchisseurs, et que les muscles de la main sont fournis par les racines voisines des paires dorsales. Quant aux filets sensitifs, ils se distribuent aux surfaces cutanées qui recouvrent les muscles contractés.

Ces recherches ont été en grande partie confirmées par Krause". Ce dernier a fait une expérience intéressante sur un singe. Il divisa le 6° et le 7° nerfs cervicaux, et s'assura par la dissection qu'il n’y avait pas de dégénérescence dans les filets sensitifs, du cubital et médian. Il conclut, par comparaison avec ses résultats obtenus chez le lapin, que les nerfs digitaux sensitifs du cubital et du médian dérivaient de la 8° paire cervicale et de la 1" dorsale.

David Ferrier et Gérald Yéo ont expérimenté sur le plexus brachial et le plexus lombo-sacré chez le singe. La configuration du plexus brachial est, suivant ces auteurs, absolument comparable à ce qu’elle est chez l’homme. Pour le plexus lombaire, la disposition semble, à première vue, différente : l’identité anatomique se rétablit, disent-ils, si l’on détache la première vertèbre lombaire pour l'ajouter aux dorsales, et si l’on compte la dernière lombaire comme première sacrée : nous aurons à discuter cette construction analomique.

Voici quel était leur manuel opératoire : L'animal était profondément narcotisé par le chloroforme ; les arcs vertébraux étaient sectionnés, les racines postérieures coupées pour éviter tout

1 Krause ; Beitrage zur Neurologie der oberen Extremilät, 1865.

réflexe. L'excitation était faite au moyen d’un courant induit : le courant employé était à peine perceptible à la langue ; l'isolement absolu des racines empêchait toute diffusion. Dans certains cas, ils ont employé l'excitation unipolaire. |

Ces auteurs se préoccupaient moins de déterminer les muscles mis en action que de noter le mouvement d'ensemble. [ls reconnaissent la difficulté d'analyser dans chaque combinaison musculaire ses facteurs individuels ; dans le cas de grande incertitude, ils dénudaient partiellement les muscles Ils pensent d’ailleurs que les considérations anatomiques et les principes de physiologie permettent de déduire du mouvement observé la connaissance des muscles contractés.

Nous ne nous étendrons point sur ies résultats de ce travail ; nous en ferons l'exposé en commençant sa critique, et nous en discuterons les conclusions en proposant les nôtres.

Il nous suffira de dire que, sans être localisateurs à outrance, Ferrier et Yéo semblent admettre qu'il y a une corrélation constante entre chaque racine médullaire ek chaque mouvement combiné; s'ils ne spécialisent point chaque racine, à chaque groupe musculaire, ils. la considèrent cependant comme présidant à des contractions résultantes bien déterminées, des combinaisons mécaniques constantes. La localisation n’est point anatomique, elle n'est que fonctionnelle. h

Paul Bert et Marcacci?, dans un travail postérieur, font de la localisation plusradicale. Leurs recherches ont portésur le plexus lombaire du chien et du chat. Pour Bert et Marcacci, les localisations motrices sont de toute évidence : la distribution des filets nerveux des racines motrices présentée une systématisation régulière. L'animal en expérience était ici immobilisé par la sec-

1 Lo Sperimentale, octobre 1881, Richerche sperimentale escquite nel Laboratorio della Sorbone dal prof, Paolo Bert e Dott. Arturo Marcacci.

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