‹ District de Calgary: Lettre du R. P. LeducChapitre 2 sur 2 · AGE · texte numérisé non relu

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rivalisent à l'envi pour multiplier le nombre de leurs églises, de leurs écoles et de leurs divers établissements d'éducation. Plusieurs parmi nos enfants fréquentent, faute de mieux, disent les parents, les écoles protestantes; ils sortent de là non pas indifférents, mais avec les idées les plus fausses sur la révélation, sur l’Église, sur les dogmes les plus sucrés; ils grandissent en dehors de toute pratique religieuse et finiront par rougir de leur nationalité et de la foi dans laquelle ils ont eu le bonheur d'être baplisés. Ils deviendront chefs de famille et leurs enfants serort élevés dans nne secte hérétique du protestantisme. C'est à le triste spectacle que nous aurons forcément sous les yeux dans ce vaste Nord-Ouest, si les moyens les plus prompts, los plus énergique: et les plus efficaces ne sont immédiatement mis en œuvie pour conjurer cet irréparable malheur.

Depuis 1883, il s’est opéré dans ce district un changement prodigieux. Nous n'avions alors qu'un misérable chantier pour toute résidence et voilà que nous sommes aujourd’hui convenablement élablis à Calgary.

Caulgay n’a que trois ans d'existence et compte déjà une population de 4000 âmes. Les catholiques y sont nublement représeutés, Une résidence convenable a été construite, avec une chapelle provisoire déjà insuffisante pour les besoins religieux des fidèles. À côté de notre résidence, s'élève le couvent des Fidèles Compagnes de Jésus, lesquelles dirigent avec le plus grand zèle et aussi avec un bien consolant succès notre école de Calgary. Près de quatre-vingt-dix enfants fréquentent cetle école ; les parents sont enchantés des progrès des élèves, et les Sœurs se sont acquis dans tout le Nord-Ouest une réputation de scicnco, de zèle et de douce fermelé, qui leur aîtire les éloges et la sympathie de tous. Bon nombre de protestants envoient leurs enfants au couvent, quoiqu'ils aient

dans la ville une florissante et nombreuse école de leur dénomination, Outre l’externat, les Sœurs ont aussi un pensionnat qui débute très bien. Les jeunes personnes de notre aristocratie trouvent au couvent du Sacré-Cœur, à Calgary, tous les avantages d'uno forte, solide et complète éducation, dans loules les branches de l’enseignemont. Les Fidèles Compagnes ont foi dans l'avenir de notre Nord-Ouest, et leurs maisons d'éducation augmenteront probabloment en nombre dans ces territoires où elles sont appelées à faire le plus grand bien. Leur établissement de Prince -Albert a, lui aussi, un véritable succès; bientôt elles s’installeront à Edmonton, qui prend tous les jours une importance plus considérable et où nos cütholiques demandent instamment un district scolaire, catholique, séparé. A Calgary, les Fidèles Compagnes sont au nombre de douze, y compris une postnlante qui va bientôt prendre l'habit de novice, pour êlre remplacée de suite par une bonne fille canadienne de Sainc-Albert, laquelle demande instamment son entrée dans la communaulé, Donc, nous avons à Calgary une bonne maison d’éducation, où nos enfants reçoivent l'instruetion religieuse, ct anssi enseignement, en françuis et en anglais, depuis le cours le plus élémentaire jusqu'au cours d’élude qu’on poul appeler supérieur à tous les points de vue. C'est Ià un grand progrès accompli depuis ces deux dernières années.

À cette époque nous n'avions guère, non plus, qu’une cinquantaine de catholiques gronpés autour de nous; noire petite chapelle ne se remptissait complètement que deux fois chaque année, à Noël el à Pâques. Aujourd'hui celte chapelle a été agrandie et mesure 50 pieds sur 20, avec tribune pour les Sœurs et leurs élèves, et aussi pour notre chœur de musique. Chaque dimanche nous avons la consolation de voir cette église se remplir trois fois ; le

matin à la première messe, à 11 heures à la grand’messe et le soir pour les vêpres, le chapelet et la bénédiction du très Saint-Sacrement, Chaque dimanche nous distribuons trois fois le pain de la parole de Dieu. Il nous faut ici prêcher en trois langues; le plus souvent en anglais, sonvent en français et, de temps en temps, en cri. Nos chrétiens sont saintemcent avides de prédications. Généralement nous sommes presque toujours deux Pères à la maison : le R. P. AxpRé et moi; nous nous partageons alors le travail du dimanche; mais si l’un des deux est absent, celui qui reste doit s’exéculer de bonne grâce : biner, chanter la grand’messe, précher trois fois et faire encore une heure de catéchisme de persévérance duns l'après-midi. Il faut aussi, chaque dimanche, aller viciter les prisonniers. Combien je suis heureux de rendre ici au R. P. Anpré le meilleur témoignage pour son zèt et sa bonne volonté. Quand je suis obligé de m’absenter pour visiter les Missions du district, il reste chargé de toute la besogne et d’un travail parfois accablant, surtout lorsqu'il faut prècher en deux langues étrangères, ce qui demande une préparation laborieuse et pénible à la pauvre nature. Les confessions hebdomadaires doivent être entendues, les malades visités, et il y a toujours quelque pauvre adulte ignorant à catéchiser. Le R. P, ANDRÉ rend ici de grands et importants services, et Je suis heureux d'affirmer que l'union et la charilé règnent en souveraines parmi tous les membres du district.

Le R. P. BLais est auesi de résidence à Calgary; c’est là, qu'après ses courses apostoliques, il vient se retremper dans la vie de communauté et travailler, lui aussi, pendant son séjour à la maison, au bien général de la Mission. Il est alors plus spécialement chargé de visiter nos catho- Yiques à domicile pour les encourager à la fidélité aux offices et à la pratique des sacrements. Il doit aussi dé-

couvrir les eatholiques nouvellement arrivés, les indifférents, les lâches, les apostats ; aussi il ne se passe guère de mois que nous n’ayons la consolation de constater quelques heureux retours. Le R. P. BLaïs est surtout chargé de visiter les catholiques établis le long de la ligne du chemin de fer jusqu’au sommet des montagnes, au point où commence le vicariat apostolique de la Colombie britannique confié à M* d'Hersowgz. Les stations de Cochrane, Morley, Anthracite, Banff, avec le Parc-National, Laggan et Hector, reçoivent ainsi périodiquement ja visite du R. P. Bcais. C’est un travail continuel, bien fatigant el parfois bien pénible, Le Père s’acquitte gaiement de cette mission à laquelle il ajoute encore la visite d'un certain nombre de familles catholiques établies dans l'intérieur des terres, parfois à des distances considérables de la voie ferrée.

La plus importante des localités qu'il visite est bien certainement le Parc-National. C’est là qu'ont été découvertes tout récemment des eaux thermales et minérales déjà renommées. Ce parc est à 80 milles environ à l’ouest de Calgary, sur le bord de la rivière des Arcs, au cœur des montagnes Rocheuses. La vue est des plus pittoresques, et le gouvernement u dépensé des sommes déjà considérables pour en faire un lieu de plaisance, Un magnifique sanatorium vient d’y être construit, et la puissante compagnie du Pacifique canadien vient d'y bâtir un splendide hôtel, vrai palais qui coûte plusieurs millions. Nous venons, nous aussi, d'y construire une modeste mais solide chapelle pour les catholiques, déjà nombreux, de la localité. Cette chapelle, je dois aller la béuir dans quelques jours et l'ouvrir au culte catholique, 1 nous faudrait la un Père résidant. Trois différentes sectes sont déjà représentées par des ministres ; une

école protestante, soi-disant non dénominationnelle, est T. XXVL 11

en plein exercice, et nos enfants catholiques vont encore aller puiser là un enseignement religieux empoisonné. Et ce que je dis ici du Parc-Nationa}, s'applique à la lettre à vingt autres localités de ce district où il faudrait des prêtres, des écoles ; nous nous voyons dans l'impuissance d'arrêter les progrès du mal et de le couper à la racine. Plus tard, lorsque des moyens plus abondants nous auront été fournis, le mal aura déjà exercé ses ravages; demandons à Dieu qu'ils ne soient pas irréparables. Ce serait le temps aujourd'hui de nous fortifier et d'élever autour de ju vraie Foi un mur d'enceinte que l'hérésie ne pourrait plus entamer, Hélas! c'est lo coniraire dont nous sommes témoins; nous sommes débordés par les évêques anglicans et les ministres, par les instituteurs hérétiques ou sans Dieu. Æ'œurgat Deus, et dissipentur inimier ejus.

Ces cnnemis de la foi veulent à tout prix s'emparer des âmes et fortifier de plus en plus leurs positions en établissant des évêques titulaires dans toutes les circonscriptiouns civiles de ces territoires. Les provinces ou disiricis civils de Manitoba, de Kiwatin, d’Assiniboia, de Saskatchewan, d'Alberta, d’Aihabaskaw et de Mackenzie, ont chacun un évêque anglican résidant à Winnipeg, à York-Factory, à qu’Appeile, à Prince-Albert, à Calgary, à Dunwegun et à Atbubaskaw.

Pour réussir plus sûrement dans leur tactique contre l'Église, ces évèques ont presque lous embrassé les principes du ritualisme ; eux ct leurs ministres sc donnent comme réellement revêtus du caractère sacré de l’ordre; ils célèbrent la messe, essayent de rétablir chez eux la confession, ne s'opposent pas à l’invocation des saints, adrictient le purgaloire, etc. Ils apportent une énergie extraordinaire a la propagation de leur culte, ne reculent devant aucune dépense ct disposent, eu ar-

gent et en sujels, de ressources qu’on serait tenté de croire illimitées.

Nous avons pour nous la vérité, nous sommes établis sur le roc contre lequel les portes de l’enfer ne prévaudront point; la parole de Jésus-Christ nous en est l’infaillible garant; mais il n’en est pas moins vrai que nous devons, dans l'ordre de la divine Providence, travailler, redoubler d'efforts, d'énergie et de dévouement, en un mot, employer tous les moyens possibles pour assurer aux âmes les fruits du mystère de la Rédemption et neutraliser l’action de l'hérésie. Il est de la plus haute importance de ne pas perdre de vue que ces pays, ouverts désormais à la colonisation, se peupleront d'ici à quelque quarante ou cinquante années de milliers d'habitants ; aussi, des sacrifices faits actuellement par notre chère Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, des secours de la Propagalion de la Foi et de la Sainte-Enfance dépendent, avec la bénédiction de Dieu, les progrès du catholicisme, où plutôt son heureuse prédominance dans ces immenses territoires, C'est précisément parce que les ennemis de la foi sont convaincus de cette vérité, qu'ils veulent, coûte que coûte, multiplier leurs moyens d'action et entraver la marche du catholicisme, qu'ils redoutent beaucoup plus pour l'avenir de ce pays que pour le temps présent.

En prévi-ion de cet avenir, complant sur le développement de notre jeune ville de Calgary, poussés par nos catholiques qui ont fait démarches sur démarches à ce sujet, nous avons résolu de bâtir une belle et grande église qui réponde aux exigences nouvelles et à l’augmentalion de la population. Cette église doit mesurer 120 pieds de longueur sur 50 de largeur, avec transept de 70 pieds surmonté d’une superbe coupole. La façade sera ornée de deux tours, et une magnifique statue de la Sainte-Vicrge, haute de 48 à 20 pieds, placée

rene

au-dessus du portail d’entrée, dominera toute la ville de Calgary qne nous consacrons ainsi à Marie, sous le vocable de Notre-Dame de la Paix. Le style adopté pour l’église est le style roman, lequel est le plus goûté de notre population, en même temps qu'il est d'une exécution plus facile. Les fondations de la triple nef ont été jetées l'automne dernier, et ce printemps, si la Providence nous envoie des secours, nous continucrons les travaux. Pour mener à terme le travail entrepris, il ne faut rien moins qn’une somme de 200 000 francs ; nos catholiques ont montré jusqu'ici la meïlleure bonne vojonié et beaucoup de générosité. Une somme de 12 000 à 15 000 francs a été le fruit de leur libéralité, et a couvert les frais de fondations ; mais il faut continuer, et les ressources sont actuellement épuisées. Humainement parlant, c’est presque une folie d’avoir entrepris une telle construction; mais il s’agit de la gloire du bon Dieu, de la gloire de notre sainte religion ; il faut que le temple de Jésus-Hostie ne le cède en rien aux temples de l’hérésie; nous comptons sur la Providence et sur Marie qui nous enverront sans doute des auxiliaires et des bienfaiteurs, in fempore opportuno. D'ici au printemps, je vais parler souvent de cette affaire à l’hôte du tabernacle et à la Vierge Immaculée, patronne de notre basilique en voie de construction.

Mais quittons Calgary, cette jeune métropole et l’emporium de l’ouest sur le versant oriental des montagnes Rocheuses, cet entrepôt déjà considérable du commerce du Nord, cette cilé, à peine âgée de trois ans, et déjà éclairée à la lumière électrique, Grâce au bon Dieu, ce n’est point seulement dans cette partie du district qu’un progrès immense s'est opéré pour nos œuvres depuis le passage de l'excellent Père SOULLIER ; voyons, examinons maintenant le bien qui s'opère à Mac-Leod, à Lethbridge,

à Pincher-Creek, sous la direction du R. P. VANTIGHEN ; jetons un coup d’œil sur les travaux accomplis par les Pères Doucxr, LEGAL et Forsy chez les Pieds-Noirs, les Piegans et les Gens-du-Sang ; examinons l’œuvre si consolante et si pleine d'avenir du R. P. CLaunr, à l’école iadustrielle, et nous dirons ensuite en toute reconuaissance : Digitus Dei est hic, le doigt de Dieu est là, sa bénédiction repose sur nous et sur nos œuvres, et nous prépare de nouvelles conquêtes dans le vaste champ ouvert ici au zèle de la Congrégation.

Le R. P. VANTIGHEN dessert actuellement les deux villes de Mac-Leod et de Lethbridge, situées à 30 milles l'une de l’autre. Ces localités comprennent aujourd'hui une population d'environ 4 200 âmes pour lesquelles le cher Père VANTIGHEN se dévoue avec le plus grand zèle. Il à bâti lui-même une maison-chapelle qui fait à Mac-Leod l'admiration des catholiques et que des ministres protesiants sont venus visiter plus d’une fois, afin de constater par eux-mêmes €e que peut faire un prêtre catholique pauvre, seul et sans aide, mais travaillant sans relâche et sans aucun intérêt personuel à l’œuvre qui lui est confiée.

De 1877 à 1883, cette partie du district ne nous donnait que sujets de tristesse et de découragement. Rien de stable dans la population; presque pas un catholique sur lequel nous pussions nous appuyer: pas une maison, pas une masure en propre où le missionnaire püt se relirer lorsqu'il visitait ces parages. Il était obligé d'emprunter ou de louer un misérable chantier pour y réunir quelques enfants et quelques adultes, et offrir le saint Sacrifice. La colonie de Mac-Leod menaçait de se dissoudre quand nous apprimes qu'il est officiellement décidé que Le gouvernement choisit cette localité, à proximité des frontières des États-Unis, pour en faire un poste militaire important. L’élan est donné; les arpenteurs envoyés

d'Ottawe, se mettent à l’œuvre et divisent en lots de ville une superficie d'environ 4 milles. Bon nombre de lots sont à peine arpentés, qu’ils sont déjà vendus, et nombre de maisons solides et convenables sont en voie de construction. Le gouvernement bâtit des casernes qui coûtent 200 000 piastres, ou 4 million de francs, et Mac-Leod va devenir une vraie ville, Un terrain de 200 pieds de front sur 280 de profondeur nous est concédé à un prix très réduit dans une partie des plus agréables de la nouvelle ville; c’est là que va s’élever la mission qui, sous le vocable de la Sainte-Croix, portera bientôt des fruits de salut parmi des gens venus ex omni tribu, et linguä, et natione.

A 30 milles à l’est de Mac-Leod, on découvre tout à coup des mines de charbon considérables et riches d’avenir. Une puissante compagnie en fait l'acquisition. Une branche de chemin de fer est immédiatement projetée; elle fra se rattacher au Pacifique Canadien à Dunmore, à une distance de 109 milles. Le projet est à peine conçu qu’il est mis à exécution, et, près de ces mines de charbon, on bâlit avec une rapidité prodigieuse une autre ville déjà considérable qui prend le nom civil de Lethbrigde. Les catholiques nombreux, en majeure partie Irlandais, demandent instamment qu’un prêtre aille se fixer parmi eux. Dans l'impossibilité d'obtempérer de suite à leurs justes désirs, faute d’un sujel disponible, le R. P. Van- TIGHEN promet d'aller régulièremeni les visiter de Mac- Leod; chaque mois, il passera quelques jours à Lethbridge, pour fournir à ces bons chrétiens l’occasion d'assister au saint Sacrifice de la messe et d'approcher des sacrements. Mais Lethbrigde fait de nouveanx progrès, la population augmente rapidement et de nouvelles instances sont faîtes auprès de Ms GRannin. Les calholiques offrent de bâtir une église et de s'imposer géné-

reusement, si on veut leur accorder la consolation d’avoir un prêtre. Monseigneur promet de faire tous ses efforts pour leur donner un missionnaire dès que l'église sera construite. Aussitôt un comité catholique est formé ; le plan d’une jolie chapelle en pierre, de 40 pieds sur 30, avec tribune, est adopté: plus tard on y ajoutere un sanctuaire ; les souscriptions sont recueillies ; un emprunt de 50000 francs, pour combier le déficit des souscriptions, est volé par le comité et l'église se construit. L'ouvrage lerminé, le comité catholique livre cette église à l’autorité diocésaine et réclame, avec de nouvelles instances, qu'un prêtre soit envoyé à Lethbridge. En attendant, le R. P, VANTIGHEN se multiplie pour desservir à la fois Mac-Leod et Lethbridge ; maïs le bien est nécessairement incomplet, car, malgré le dévouement le plus absolu, il est impossible que deux missions importantes, situées à 30 milles i’une de l'autre, sans autre moyen de communication que la voiture publique, soient bien et même suffisamment desservies par un seul missionnaire.

Outre les deux jeunes villes de Mac-Leod et de Lelhbridge, le R. P, VANTIGuEn a dû encore donner ses soins à un nouveau village important qui s’est récemment conslitué à 25 milles au sud-ouest de Mac-Leod, au pied des montagnes. C’est Pincher-Creek, mission dédiée à l'archange saint Michel. Le climat plus clément, la :ichesse du sol, l'abondance des cours d’eau, du bois de construction et de chauffage, de vastes prairies naturelles, exce.lentes pour l'élevage des chevaux et des bêtes u cornes, tous ces avantages réunis ont altiré l'uttentiou des colons, Un village considérable s’est formé en très grande partie, sinon en majorité, d'éléments catholiques. Là jussi on fait des instances pour avoir un prêtre ; la, comme à Lethbrigde, les catholiques so sont imposé bien des sacrifices pour construire une chapelle que j'avais

le bonheur de bénir moi-même il y a déjà près de dixhuit mois. Les Canadiens français sont aussi nombreux, ils voudraient se grouper de plus en plus autour de la mission, inviter leurs compatriotes à venir se réunir à eux, soit de la province de Québec, soit des États-Unis; mais, pour que leur invitation soit récilement efficace, ils comprennent qu'il faut assurer aux immigrants tous les avantages d’une mission permanente : le secours, l’appui, les consolation< de notre sainte religion, el celle promesse ils ne peuvent la faire tant qu’ils sont privés de la présence habituelle du prêtre. Pendant près de deux ans, le R. P. VANTIGHEN a ajouté la visite de ces chrétiens à la desserte de Mac-Leod et de Lethbridge ; mais il ne pouvait réellement suffire à tout; il a dû renoncer à ce surcroît de travail, ot la colonie de Pincher-Creck reçoit maintenant la visite, à peu près mensuelle, du R. P. LEGAL.

C’est en la fête des saints apôtres Pierre et Paui que, assisté du R. P. VANTIGuEN, je bénissais aussi solennellement que possible cette nouvelle église dédiée à saint Michel. La population tout entière était accourue à la cérémonie et la chapelle était remplie. Le ministre anglican nous avait gracieusement prêté l'harmonium de son église, et s’excusait de ne pouvoir assister lui-même à la cérémonie à raison des hôtes qui lui étaient arrivés ce matin même; quoi qu'il en soit, il nous souhaïilait toutes sortes de bénédictions. Pour sujet d'instruction, je commentai ces paroles : Tu es Petrus, et super hanc petram ædi. ficabo ecclesium meam. Je m'efforçai de fortifier la foi de nos chrétiens à l’autorité de Pierre et de ses successeurs, et fis une charge en règle conire la révolte de Luther, Calvin, Henri VIII et consorts. Un de mes auditeurs, que je voyais pour la première fois, semblait prêter une atiention plus soutenue que les autres; à la collecte, il fit

gracieusement une généreuse offrande. J'appris ensuile que cel auditeur était bel et bien le ministre méthodiste de la localité; probablement, le soir, il s'efforça de réfuter auprés de ses coreligionnaires, les arguments des prêtres papistes assez ignorants et assez aveugles pour ne pas comprendre que ces paroles de Notre-Seigneur : et super hanc petram, ne désignent pas saint Pierre du tont, mais se rapportent directement et exclusivement à Notre Seigneur lui-même! Ce brave méthodisie ne goûta pas davantage la célèbre parole de saint Augustin sur laquelle j'appuyais à différentes reprises : Ubi Petrus, bi est Æcclesia. 1] aurait préféré : Là où est Wesley, là cst l'Église, car, selon lui, jusqu'à la prédication du ciloyen Wesley, la réforme elle-même n’était ni complète, ni parfaite dans sa morale et dans son dogme. Le lendemain, le ministre anglican nous demandait une place dans notre voiture pour se rendre avec nous à Mac-Leod, et à peu près tout le long de la route nous nous entretinmes de questions religieuses. Pour lui, étant membre de la haute église, ritualiste avancé, il anathématise de tout son cœur tous les méthodistes, presbytériens et autres adeptes des diverses sectes dissidentes; il permet à ses coreligionnaires d’aller assister, quand il est absent, aux offices de l'Église catholique, mais il leur défend de prendre part aux services religieux des autres dénominations. L'Église catholique est l’Église mère, dont la haute Église d'Angleterre est une des plus belles branches. — Belle branche ! en effet, lui répondimes-nous, mais elle est desséchée, elle ne tient plus à sa mère, elle a perdu la vie. — Fils d’un ministre anglican et d’une mère catholique, cet homme connaît notre foi et s’en constitue le défenseur contre les attaques des presbytériens et des méthodistes. «Je donnerais { 000 piastres, me disait-il encore tout récemment, pour avoir la foi que vous avez, exempte de toutes perplexités

et de tous douts ; mais cette foi je ne puis l'avoir, je ne puis eroire que vous seuls catholiques soyez dans la vérité. » Il va assez souvent visiter le Père qui, de son côté, lui rend de temps en temps des visites, Dieu frappe certainement à coups redoublés à la porte de cette âme ; espérons que la grâce remportera la victoire et que l’Église recevra un jour dans son divin bercail cette victimo de l’hérésie et de la peste des mariages mixtes !

Parlons maintenant des missions sauvages de ce district. Ges missions comprennent quatre réserves importantes et, par réserve, nous entendons une étendue plus ou moins considérable de territoire, propriété foncière de la tribu, et sur laquelle, en vertu des traités passés avec le gouvernement, les sauvages doivent demeurer avec les agents et les fermiers nommés par Ottawa pour les former au travail et à l’agriculture. Les quatre réserves de ce district sout respectivement occupées par une des quatre branches qui forment, réunies, la grande nation des Pieds-Noirs ; savuir : les Pieds-Noirs proprement dits, les Gens-du-Sang, les Piegans et les Sarcis. Les premiers, au nombre de 2200, ont un territoire de 36 milles sur 6 environ, et sont établis sur les bords de la rivière des Arcs, au sud de la station de Glüchen, sur la ligne dn chemin de fer ; les seconds, qui aomptent une population de 2 500, ont un territoire plus vaste encore sur la rivière du Ventre, à 20 milles au sud de Mac-Leod ; les Piegans, au nombre de 900, habitent les bords de la rivière du Vieux, à 12 milles à l’ouest de Mac-Leod ; enfin, les Sarcis, qui forment la bande la moins nombreuse, habitent, au nombre de 300, à 8 milles au sud de Calgary. Il m'est impossible de vous dire, mon révéreud et bien cher Père, tout ce que nos Pères ont dû, depuis quinze ans, endurer de souffrances, de privations, de peines morales, au milleu de ces sauvages, jusque-là si insensibles

au zèle, au dévouement des prêtres, des Oblats de Marie Immaculée! 1l faut dire cependant que jusqu’à l'année dernière nous n'avons pas eu les moyens d'agir directement sur le gros de la nalion. Que pouvaient faire un seul pauvre missionnaire, ou deux tout au plus, n'ayant ni les ressources pécuniaires absolument nécessaires, ni les moyens de transport indispensables, ni la connaissance complète de la langue? Ils ne pouvaient que difficilemont et rarement voir les mêmes sauvages; c’élait une course continuelle pour suffire à tout, une laborieuse mission à vol d'oiseau, dont le fruit se bornait nécessairement aux baptêmes des enfants. Plus de 2000 ont été ainsi régénérés dans les eaux du baptême et les deux tiers sont maintenant au ciel où ils prient sans doute pour leur nation, pour leurs parents encore infidèles. Plusieurs adultes ont aussi embrassé la foi lorsqu'ils ont eu le bonheur d’être assistés à la mort par un de nos Pères.

Dans le courant de l'été de l’année dernière, je visitai les chers PP, LeGaz et DoucET, sur leurs réserves respectives. En nous entretenant ensemble de l’apathie des Pieds-Noirs, de leur répugnance à embrasser la foi, nous cherchions à nous expliquer pourquoi nous avions eu si peu de succès auprès des adultes. Tout bien considéré, nous arrivâmes à la conclusion que nous ne pouvions avoir lieu de nous éionner de ce résuliat ; le contraire serait plutôt un vrai prodige. L'Évangile n'a réellement pas encore été annoncé, préché, à ces nations. Les Pères ont souffert de mille manières, c’est vrai; ils n'ont reculé devant aucun sacrifice personnel ; ils ont surtout vécu dans le plus pénible isolement et n’ont pu, la plupart du temps, que déplorer les circonslances qui paralysaient leur action. Des difficultés de tout genre surgissaient autour d'eux, soit du côlé de l’étude de la langue, soit d’un autre côté. Le R, P, Douce? ne cessu,

durant cette période, de donner des marques d'un dévouement à toute épreuve. Le R. P. LACOMBE avait, il est vrai, visité plusieurs fois les sauvages Pieds-Noirs dans leurs camps, avant d'être fixé à Winnipeg en 4873; il s'était attiré leur affection et leur estime par sa charité et son dévouement, mais aucune mission véritable n'avait pu leur être donnée. En 1882, ce cher Père reçut une obédience qui le ramenait du vicariat de Saint-Boniface dans celui de Saint-Albert. C'était la mission qu’il appelait de tous ses vœux; il prit donc aussitôt la direction du distriet de Calgary. Outre l'excellent P. Doucer il reçoit deux précieux auxiliaires dans la personne des PP. Lecaz et VANTIGHEN. Mais ni l’un ni l'autre de ces deux Pères ne sait encore un mot de pied-noir, Puis, comme je le disais au commencement de ce long rapport, ce district change complètement d’aspect ; la voie ferrée le traverse dans toute son étendue ; des catholiques arrivent nombreux de la province de Québec, de l'Irlande et des États-Unis. Nous nous devons aussi à ces domesticis fidei, qu’il faut grouper autour de l'Église et dont il faut se servir pour fonder de suite des missions permanentes, des paroisses canoniques; le R. P. LacomBe ne peut consacrer que deux Pères aux six mille infidèles établis sur les quatre réserves ci-dessus mentionnées, el à des distances variant de 35 à 130 milles. Le R. P. Doucer ira donc chez les Pieds-Noirs proprement diis, et le R. P. Leçaz chez les Piegans, dont il apprendra la langue; ce qui revient à dire que, pour un lemps considérable encore, la mission des Pieds-Noirs reposera tout entière sur un seul Père, jusqu’à ce que le R. P. LeGaL ait appris suffisamment la langue pour exercer son zèle. Le cher P. Doucer va s'établir sur les bords de la rivière des Arcs, près du grand chef de la tribu, le célèbre Growfoot ou Pied-de- Corbeau, qui visitait naguère, au Canada,

les villes de Montréal, Ottawa, etc., etc., sous la protection du R. P. LacomBe. Le bon P. Doucer va-t-il pouvoir même suffire à cette réserve, où 2200 Indiens sont dispersés sur une échelle de 36 milles d’étendue et divisés en une dizaine de villages? Evidemment non; il ne pourra donner ses soins qu’à un petit nombre, et les Indiens de cette réserve, grossiers, infidèles, sans aucune idée des choses de Dieu, ne se géneront certainement pas Pour venir recevoir une instruction dont ils ne comprennent point la nécessité. Et puis, les Sarcis, au nombre de 300, les Gens-du-Sang, au nombre de 2 500, sont forcément encore négligés et demeurent sans missionnaire, sans prêtre catholique. Les Piegans, formant une population de 900, vont avoir le R. P, LeGaL assez souvent au milieu d’eux, mais ils ne pourront entendre de lui l'annonce de la bonne nouvelle de l'Évangile que lorsqu'il aura pu apprendre suffisamment leur langue. Avant même d'arriver à ce résultat, les besoins du district et l’obéissance le feront revenir à différentes reprises à Calgary ou à Mac-Leod, où il devra résider pendant un temps considérable,

Au mois de juin de l'année dernière j'étais à Winnipeg, occupé à faire tous les achats annuels d’objets nécessaires pour les missions du diocèse, lorsque je reçus de Me: Gnanbin, alors à Montréal, mon obédience pour venir prendre la charge de ce district. Une de mes premières visites fut pour les réserves des Pieds-Noirs ; j'aljais unc fois de plus admirer l’abnégation du R. P, Doucer. Seul, dans une vraie bicoque en ruine, il vivait sans se plaindre jamais, et cela depuis longtemps déjà, dans la pauvreté et la misère, sans avoir près de lui une âme de qui il püt être compris, sans distraction aucune, Son minisière se bornait forcément à faire le catéchisme à quelques enfants mieux disposés, à l'administration du

baptême, aux nouveau-nés, et parfois aussi aux adultes mourants. En faisant ma visite au R. P. Doucer, je pensais, en moi-même, qu’il était impossible de voir une maison plus délabrée, plus misérable que la sienne, et pourtant je dus me convaincre du contraire quand, une semaine plus tard, le cher P. LeGaz me conduisit sur sa réserve des Piegans. « Voilà mon château,» me dit-il en riant : pour moi, je vous avoue que, tout cuirassé que je sois contre une trop grande sensibilité, j'avais plus envie de pleurer que de partager la gaieté de mon compagnon. J'ai vu bien de pauvres bâtisses dans nos missions ; les commencemenls de toutes nos œuvres dans ce pays reposent sur uu solidc fondement de pauvreté, mais ici c'était certainement plus que de la pauvreté : c'était la misèrel EL pourtant, si on n'avait pas fait mieux, c’est que la chose était al-olument impossible, et le bon P. LACOMBE, si cha 1itable, si dévoué, si empressé à se dépouiller de tout pour ses frères, ctait le premier à se désoler de ne pouvoir faire davantage cn faveur de ces deux pauvres missions. Jamais, me dirent les deux Pères, jamais nous ne pourrons rien ohteuir des Picds- Noirs, si nous n'avons pas des mogens d'aclion plus étendus, si nous ne recevons de l’aide en ressources matcrielles et en sujels. Les Picds- Noirs sont, il est vaai, dûrs el rebelles, mais il y a espoir de les anicener à la foi, si nous pouvons nous occuper séricusement des enfants. Pour cela, il ous faut des écoles; et, pour des écoles, il nous faut une maison convenable ci quelques menues provisions à distribuer aux enfants, sous forme de collation, au milieu du jour. il nous faut encore des maîtres d'école dévoués, et, celte fonction, nous ue pouvons la remplir nous-mêmes, car nous devrons, pour réussir, passer chaque jour de cabane en cabane, de tente en tente, cherchant les enfants, pressant les parents de les envoyer à ladite école. Cela fait, nous

nous chargerons de l'instruction religieuse de ces enfants, nous visiterons les adultes, et le maître d'école nous sera, le dimanche, d’un puissant secours lorsque nous réunirons les sauvages pour assister à la messe et à l'instruction. II veilleta gur eux, les fera prier et chanter pendant le saint Sacrifice ; tandis que, dans les circonstances actuelles, si nous disons la sainte messse en présence de ces pauvres infidèles ignorants, dès que nous sommes à l'autel, ils se mettent à parler, à rire, à fumer; d’autres font mieux encore, ils se permeltent de piller dans la maison tout ce qui peut tenter leur convoitise, et s’en vont avec leurs lareins, avant Ja fin de l'office, bien entendu.

Il m'est bien doux de pouvoir dire aujourd’hui que les choses ont déjà bien changé de face depuis ma visite de l'été de 1886, 4 l'automne de la même année, je fis part à Monseigneur et à son conseil des plans suggérés par les PP. Lecaz et Doucgr; je demandai instamment que ces plans fussent mis à exécution. Monseigneur el le R. P. Lesranc, partant alors pour le Chapitre général, je revins à Saint-Albert, et le R. P. LacomsE fut chargé de se mettre en mesure de fonder des écoles chez les Picds- Noirs et les Piegans. Au mois d’août dernier, je revenais prendre la direction de ce district. Les PP. Doucer et LEGAL ont aujourd’hui chacun une maison d'école convenable, avec des iustituieurs dévoués. J'ai vu, dernièrement, une vingtaine de petits Piels-Noirs à l’école du R. P. DoucET; ils sont tout fiers de savoir déjà passablement lire et calculer; fiers aussi de connaître un certain nombre de mots anglais, Chez le R. P. Lrca, le: Piegons étant mieux disposés et la réserve moins étendue, trente-quatre enfants étaient réunis. Celte école donne les meilleures espérances, et l’inspecteur protestant des écoles créées sur les réserves des sauvages, me faisait le plus grand éloge de cet établissement. « Connaissan! le caractère de

ces Indiens, comme je le connais, me disait-il, le succès de cette école, qui n’a encore que quelques mois d’existence, est une véritable merveille. » Il faut dire aussi que le R. P. LeçaL, outre l’aide qu’il reçoit de son instituteur, est puissamment secondé par le jeune et excellent P. Foisy, qui fait là son apprentissage de missionnaire, et par le frère du R. P. VANTIGHEN, religieux d'une communauté d'hommes voués à l'enseignement dont la maison-mère est en Belgique. Ce bon frère Jean BERCHMANS a été, sur la demande de Me' GranDin, envoyé dans nos missions où sa communauté pourrait trouver un vaste champ d'action, et rendre les plus importants services à la cause de l’éducaiion. A côté de l'école du R. P. Lea, les ministres protestants en ont ouvert une autre à laquelle ils s’efforcent d'attirer nos enfants. Chez le R. P. Doucer ils en ont établi deux pour faire opposition à la nôtre. De plus, ils ont également ouvert de ces maisons d'éducation chez les Sarcis et chez les Gens-du-Sang, où nous n’avons pas eu les moyens de nous établir.

Le gouvernement vient de faire le recensement des enfants sauvages de ce district, en âge de fréquenter l'école. Parmi les quatre branches qui forment la nation des Pieds-Noirs, il y a 4 980 enfants que le gouvernement veut envoyer aux écoles. Le surintendant général des affaires sauvages doit présenter cette année au Parlement, un projet de loi qu'il nous a communiqué. Il demande que 48 écoles soient au plus tôt ouvertes chez ces sauvages du district de Calgary. Il y a là pour nous une question de vie ou de mort. Ou nous aurons les moyens de prendre ces écoles, ou non; ou nous aurons les ressources et les sujets nécessaires, ou bien nous ne les aurons point. C'est, dans le premièr cas, la nation toute entière qui embrasse la foi; dans la seconde hypothèse, l'hérésie fait de cette nation sa malheureuse victime,

Dans une prochaine lettre, je traiterai avec vous cette question vilale. Déjà, j'ai, ce me semble, été beaucoup trop long. Je ne dis rien aujourd'hui de l’œuvre importante du R. P. CLAUDE, à son école industrielle ; j'en parlerai longuement lorsque, vous écrivant de nouveau, je vous dirai les combats que nous avons à livrer, les efforts inouis que nous devons faire pour conserver nos établissements d'éducation parmi les blancs et les sauvages; les lattes et les démarches dans lesquelles M# GRANDIN, le R. P, LacomBg et moi, étions tout dernièrement engagés auprès du gouverneur des territoires et du déparment des sauvages. Monseigneur et le P. LACOMBE sont allés continuer la lutte à Otlawa, pendant que je la soutiens de mon mieux moi-même à Regina.

Aux autres supérieurs des districts de mission appartient de faire connaître leurs travaux, leurs succès et leurs nombreux besoins. Pour moi, je me résume en disant que dix prêtres, dix bons Pères Oblats de Marie Immaculée, jeunes, vigoureux, zélés, trouveraient tout de suite de quoi s’occuper dans ce district avec une quarantaine de bons frères instituteurs. Nos missions, chez les blancs, prendraient alors une extension rapide, et tous les sauvages seraient à nous,

Agréez, mou révérend et bien cher Père, l'expression bien sincère de mon respect et de ma fraternelle affection,

IT. LEbuc, 0. M. 1,

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