‹ District de Rainy River, Ontario [microforme]Chapitre 17 sur 56 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

Le climat du district de Rainy River, à raison de la situa‘ion intérieure de la région, participe du caractère des climats continentaux. Ces climats se particularisent par de grands écarts de température, ainsi que par une humidité et une précipitation moindres que celles des région rapprochées de la côte ou voisines de très vastes nappes d'eau douce. Le district ne fait pas exception à la règle. Les hivers y sont froids et les étés chauds. Les -ents qui soufflent des deux nappes d'eau comparativement vasies qu'il possède, le lac des Bois et le Rainy Lake, ont pour effet de rendre plus égales et de modérer les températures d'été. La précipitation annuelle, dont la moyenne est de près de 25 pouces, est de beaucoup plus faible que celle des régions du Canada plus voisines des côtes, mais plus grande que celle d’une partie considérable de la région des plaines à l'ouest; car le district est très éloigné des montagnes situées à l’ouest, qui interceptent les vents c'argés de pluie, et il se trouve sur le passage d'un grand nombre des aire: de basse pression ordinairement accompagnées de nuages ou de pluie qui se meuvent à travers le continent, de l'ouest à l'est. Ces perturbations atmosphériques qui se produisent à des intervalles assez réguliers, sant généralement précédées de vents soufflant du sud et de températures plus élevées auxquels succèdent des vents du nord et des températures plus basses. Elles donnent en moyenne un jour ou deux par semaine de temps orageux ou nuageux, les jours intermédiaires marquant un beau temps. On s'est longtemps abstenu de tenir des archives climatologiques à l’intérieur du district. Il n'en a pas été ainsi dans le Minnesota occidental adjacent, au sud, où durant nombre d'années on a tenu de ces archives

diverses stations. L'une de ces stations se trouve à International Falls, dans la partie orientale du district, une autre à Baudette, dans la partie ouest du district, et une troisième à Warroad, à l'extrémité sudouest du lac des Bois. Les archives tenues à International Falis sont

presque complètes, de 1904 à 1914, et offrent des données incomplètes remontant à 1892; celles tenues à Beaudette comprennent 6 années, de 1909 à 1914, et celles de Warroad, 5 années, de 1910 à 1914. Les données obtenues à ces stations ont été publiées dans les rapports mensuels du Weather Bureau of United States Department of Agriculture, pour de 1909 à 1914, et dans un rapport spécial de section n° 57, faisant également partie des publications du United States Weather Bureau. Les indications suivantes ont été compilées d'après ces rapports (18).

La moyenne de la précipitation dans la portion orientale du district, telle que le constatent les registres des observations à la station climatologique d'International Falls, pour une période de vingt-deux années, de 1892 à 1914 inclusivement, est de 25-62 pouces, et pour la saison de végétation, d'avril à septembre, de 17:80 pouces. C'est en 1905 que se produisit la plus grande précipitation, alors que sa somme totale a atteint 33-0 pouces.

L'année où la sécheresse a été le plus accentuée est 1910, qui compte un total de 19-40 pouces. La quantité de la pluie pendant la saison de végétation de 1910 a été de 11:12 pouces. Près de 70 pour cent de la précipitation tombe durant la saison de végétation, et elle est bien distribuée.

Dans la portion occidentale du district, la précipitation moyenne, ainsi que l'établissent les observations enregistrées à Baudette, est d'environ 23 pouces, mais les relevés n’y ont pas été tenus un temps suffisant pour établir une moyenne définie. En 1910, la précipitation totale à Baudette a été de 13:12 pouces et, pour la saison de végétation, de 9:38 ponces.

Le tableau suivant mc ::2 les moyennes mensuelles et annuelles en pouces (de pluie et de neige fondue) pour la portion orientale du district durant une période de vingt-deux ans, 1892 à 1914:

Jin. Fév. Mars Avril Mai Juin

0-88 1:05 1-02 1:81 2-83 3°22 Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc. Année.

Le mois d'août, avec une pluie moyenne de 4-20 pouces, est le plus humide: juin, puis juillet viennent ensuite. Le mois qui offre la plus faible précipitation est janvier. La plus grande précipitation en un mois a marqué 6-43 pouces; c'était en août 1911; la plus faible a été de 0-07 pouce; c'était en décembre 1913.

La chute moyenne de neige atteint 50 pouces annuellement dans la portion orientale et quelque peu moins dans la portion occidentale, près du lac des Bois. La moyenne par mois est à peu près la même pour décembre, janvier, février et mars, mais un peu plus élevée pour février. La plus forte chute de neige pour une année s'est produite en 1911;

elle a atteint à 92-6 pouces ou 9:26 pouces de la précipitation totale. La chute de neige la plus faible pour une année s'est produite en 1912; elle a marqué un total de 29:5 pouces.

Le nombre moyen annuel des jours marquant 0:01 pouce ou plu de précipitation est d'environ 85; le plus élevé pour un mois est généralement celui de juillet, mais le nombre de jours par mois est presque le même pour juin, juillet, août et septembre. Les autres mois de l'année ont comme moyenne environ la moitié autant de jours avec précipitation, et le nombre de jours est à peu près le même pour chacun de ces mois. Presque toute la précipitation durant les mois d'hiver, se produit sous forme de neige et les dégels d'hiver sont de rare occurrence.

Le boïisement, qui caractérise une grande étendue du terrain du district, favorise l’évaporation durant l'été, car une forte proportion des eaux de pluie absorbées par les arbres en est chassée par exsudation. Les vastes espaces envahis par les marécages exposent aussi de grandes surfaces d'eau aux rayons du soleil. La partie inférieure peu profonde du lac des Bois, qui, à certaines époques, subit une température de surface d'un maximum de 72 degrés, apporte son contingent d'humidité à l'atmosphère, par évaporation, et a pour effet d'uniformiser jusqu’à un certain point les températures estivales. Le quantum de i'évaporation est inconnu; il n'offre de l'importance d'ailleurs, comme facteur climatérique, que dans les saisons d'exceptionnelle sécheresse.

La température annuelle moyenne, pour la partie orientale du district, telle que déterminée par le registre des observations faites à International Falls, est de 38-5 degrés (Fahrenheit), et les températures moyennes de la portion occidentale du district sont un peu plus basses.

Le mois le plus froid est janvier, avec une température moyenne de 2 degrés, et juillet est le mois le plus chaud, avec une t:mpérature moyenne de 67 degrés. Février toutefois est généralement presque aussi froid que janvier et il arrive qu’en certaines années il soit plus froid. En certaines années aussi, la température moyenne de juin ou d'août est plus élevée que celle de juillet. Les plus basses températures enregistrées sont: 55 degrés le 6 janvier 1912; 35 degrés en 1911 et 1913; et 40 degrés en 1914. !e mois de décembre de cette dernière année a été le plus froid que l'on ait observé, sa température la plus basse marquant 25 degrés et sa plus haute 40 degrés avec une moyenne de 6:5. Les températures très basses ne persistent, en règle générale, qu'un petit nombre de jours durant l'hiver.

La température la plus élevée qui ait été enregistrée a atteint 101 degrés, le 21 juin 1910 et le 1er juillet 1911. En 1913, la température maxima a marqué 98 degrés le 29 juin, et on a enregistré des températures de 90 degrés ou plus durant les mois de juin, juillet, août et septembre. En 1914, on a enregistré des températures variant de 90 à 95 degrés en

juin, juillet et août. Ces températures de 90 degrés ou plus ne durent généralement qu'un jour ou deux en un mois.

On a observé que le district subit des gelées dans tous les mois de l'année, mais il arrive très rarement que ces gelées soient dommageables durant les mois de juin, juillet et août, et rarement dans la première moitié de septembre, comparativement. La date moyenne de la dernière g<lée préjudiciable de printemps est approximativement le 1er juin, et la première gelée destructive d'automne se fait sentir vers le 10 septembre. Plusieurs années on vu de faibles gelées se produire dans le dernière partie du mois d'août, mais ces gelées ont rarement causé d'autre mal qu'un dommage local. L'influence des vents, soufflant des nappes d'eau de la région, a un effet marqué d'atténuation du danger des gelées précoces destructives. En 1914, une faible gelée est survenue dans la portion occidentale de la région, le 24 août, mais elle n'a causé qu'un dommage local. Une autre faible gelée s’est produite le 22 septembre, mais aucune gelée destructive n'a eu lieu avant le 14 octobre; on a ainsi joui d'une saison de récolte, de 135 jours, exempte de gelées dommageables. En 1913, la dernière gelée destructive du printemps s'est produite ie 10 mai et la première de l'automne, le 23 septembre. En 1912, la preniière gelée destructive d'automne a eu lieu le 27 septembre, mais de faibles gelées sont survenues en mai et le 16 juin. La durée moyenne de la saison des récoltes exempte de gelées est d'environ 100 jours, mais elle varie grandement d’une année à une autre.

Les directions des vents dominants varient également de mois en mois et d'année en année. Durant les mois d'hiver, les vents soufflent généralement de l'ouest, du nord-ouest et du nord. Durant les mois du printemps, les vents de l'est et du nord-est se pr” duisent plus fréquemment qu'en toute autre saison, mais cette situation varie aussi grandement. Durant les mois de l'été, les vents du sud et du sud-ouest sont ceux qui soufflent le plus souvent, et durant les mois d'automne, ce sont les vents du sud-ouest et de l’ouest qui dominent. Les vents violents surviennent à bonne heur: au printemps ou tard à l'automne et soufflent généralement du nord-ouest. On a observé que la plupart des arbres abattus par le vent, dans les futaies, sont couchés dans la direction du sud-est. Les tempêtes de vent, cependant, n'exercent que très rarement leurs ravages dans la région.

La moyenne par mois de la vitesse du vent varie de 6 à 12 milles à l'heure: elle marque son minimum en juillet et août et atteint son maximum en avril et novembre.

La longue durée de la saison des récoltes ou la période de végétation exempte de gelées destructives, constitue un facteur de première importance dans les relations du climat avec l'agriculture. La saison des récoltes dans le district de la rivière à la Pluie est d'environ 100 jours

en moyenne; elle crée ainsi une situation qui soutient favorablement la comparaison avec celle qui existe dans le Manitoba méridional et même dans certaines parties méridionales de l'Ontario central, et suffit, toutes autres conditions étant d'ailleurs favorables, pour permettre à la plupart des produits végétaux ordinaires de la ferme, communs à la zone tempérée, de croître et mûrir.

Un autre fecteur important est la distribution relative des pluies durant l'année, surtout quand la somme annuelle de ces pluies n'est pas considérable. La quantité annuelle des pluies dans le district est faible, si on la compare avec celle des régions plus humides de l'est, mais la pluie tombe dans la proportion de 70 pour cent, au cours de la saison de végétation et elle est bien distribuée, de façon à constituer des conditions favorables à la croissance. En 1910, la quantité totale de pluie n'a été que de 19-4 pouces dans la portion orientale du district et de 13-1 dans la portion occidentale; cependant les récoltes n’ont pas manqué, parce que les pluies se sont produites, pour une grande part, durant la saison de végétation.

D'autres facteurs sont la température et la quantité de soleil; chacun de ces derniers facteurs exerce une act'n bienfaisante dans le district, dès que les températures y sont élevées et que la quantité de soleil est égale à la moitié de la quantité maxima possible. Il arrive de temps à autre qu’un manque exceptionnel de pluie durant une saison menace du danger de la sécheresse, mais les circonstances déjà signalées d'une précipitation annuelle, qui se produit en grande partie pendant la saisor de végétation, et d’un niveau des eaux d'infiltration rapproché de la surface, sur une vaste étendue de la région, contribuent largement à conjurer le danger. La sécheresse des étés de 1886. : 896 et 1910 qui a été, dit-on, exceptionnelle et les incendies de forêt qu'elle a provoqués, ont causé des dommages considérables au bois en pied. On observe aussi qu'un grand nombre de marais ont été desséchés durant ces saisons, mais les récoltes n'ont pas généralement manqué.

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