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LE BILLET DE CINQ CENTS FRANCS

Une fois dehors, je respirai plus librement. Chose singulière, c'est homme m'inspirait une répulsion que je ne pouvais comprendre, et qui ressemblait au dégoût qu'on éprouve à la vue d'une araignée ou d'un crapaud ; j'avais hâte de le voir hors de danger pour cesser toute relation avec lui.

Le lendemain, je revins comme je le lui avais promis ; la blessure allait à merveille.

Le propre des plaies faites par les coups d'épée est de tuer raide ou de guérir vite.

La blessure de monsieur de Faverne promettait une guérison radicale.

Huit jours après, il était hors de danger.

Selon la promesse que je m'étais faite, je lui annonçai alors que mes visites devenant parfaitement inutiles, j'allais les cesser à compter du lendemain.

Il insista pour que je revinsse, mais mon parti était pris, je tins bon.

— En tout cas, dit le convalescent, vous ne me refuserez pas do me rapporter vous-même le portefeuille que je vous ai remis : il est d'une trop grande valeur pour le confier à un domestique, et je compte sur ce dernier acte de votre complaisance.

Je m'y engageai.

Le lendemain, je rapportai effectivement le portefeuille; monsieur de Faverne me fit asseoir près de son lit, et, tout en jouant avec le portefeuille, l'ouvrit. Il pouvait contenir une soixantaine de billets de banque, la plupart de mille francs ; le baron en tira deux ou trois, et s'amusa à les chiffonner.

Je me levai.

— Docteur, reprit-il, n'y a-t-il pas une chose qui vous étonne comme moi ?

— Laquelle ? demandai-je.

— C'est qu'on ait le courage de contrefaire un billet de banque.

— Cela m'étonne, parce que c'est une lâche et infâme action.

— Infâme, peut-être, mais pas si lâche. Savez-vous qu'il faut une main bien ferme pour écrire ces deux petites lignes :

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