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UNE AME A NAITRE

De tfmps en temps l'ange passait auprès d'elle et lui disait : » Patienc«l ■>

L'imealteiidalt.

Ehliu un soir qu'elle rêvait, comme de coutume, en regar daui une r-veutlouqui s'ipérait dans une étoile, l'ange s'approcha d elle :

— Ta mè e est née aujourd'hui, lui dit-il

— Ma mère 1 s'écria l'âme.

-Oâ.

— Aliirs 'i<' n'ai guère plus que dix hu't ans à attendre ; car j e.'père qu'eilf se ma irra jeune, ma mère.

— Attends, et pri<^ en at'' niant

L'âme était uiomphiule Ele quitta sa soUlude, elle oub'ia la révoluton He son é oile, U \iiit se niëlcr aux autres, faisant part de tous côti'S iie 'a nais.-ance d^ sa mère.

Maintenant qu'elle avait la certitude de naître, une chose rin<|uiéiait » ncure : c'était de saoir fi elle naîtrait bnmnie ou frmme. Vais, pour ceci, les mvstères ds ra>enir éiaient imp u trahies : ii 'allait iiltt-ndre.

Chaque joi r elledema- daii à l'ange :

— Conim nt va ma mèreauj-urd'hui ?

— E'ie vi^ Ht de faire sa pre uière deBt.

— Que' bonh«ur I disait I âme

El !■• Ir-uilem in e le recommençait ses questions. Cependant chaque jour e le entrait de plus en plus dans son pèche ; avant H^ê ne de nailre, elle avait déjà à expier. Un matin l'ange vint au devant d'elle et lui dit :

— 'l'a mère s'est mariée aujourd'hui.

— Ma mèie s'est niarieel

— Il y a une heure.

— E j>- n'ai plus à atiendre?....

— Que neuf muis, dit l'ange.

L'âme alla faire part du uiariage de sa mère, comme elle avait lait part de sa naissance et de sa première dent; elle rçui les félicitai ions de tout le ciel. La chroiiniue dit même quelle rçul des commissions de celies qui avaient oublié ou laissé quelque chose sur la terre.

Du reste, comme un péché ne va jamais sans l'antre, elle devenait d'une flrté in-nppo. table, il n'y a'^ait plus moyen de l'approch^^r, el d'-puis nu'elle devait aller sur la terre, cela lui avait tellement tourné la lêie qu'elle s'était fait beaucoup d'ennemis, et elle éiait complètement brouillée avec deux propheies et cinq martyrs

Qu«l châiiiiieut Deu révervaii-il à cette âme qui troublait alBsi la sérénité éternelle du tlrmament?

Plus elle approihait du moment tant at'endu depuis six mille ans, plus elle voulait savoir que qu- chuse du monde qu'elle allait babiier; mais on eût dit qu'à mesure quelle approihaii de sa naissance, elle avançait dai s l'oncbre : si bien qu'el e ne se doutait pas de ce nu'elie allait trouver.

Sur ces entre ailes elle rencontra l'auge.

— hh bien? lui dit-ell ■.

— En b en! la mère est enceinte.

— De moi?

— De toi.

Lâ'iie poussa une exclamation qui sur la terre serait un péché, et qui dans le cisl serait un crime.

Jamais on n'avait vu une âme plus oc upée et plus désireuse de la vie corporelle ; aussi «elles qui n'avaient d'autre amour que Dieu la laissaient à ses amours lerrcsstres, et l'on commençait â prier pour elle.

Sa joie iUsmentai' doi c à mesure que le temps passait, et un jour qu'ehe élait plus joyeuse, parce quelle vei ait de calculer qu elle n'avait plus que quelcjues jours à aittiidre, l'ange vint a elle.

— Eh bien? dit l'âme.

— Hélas I tii I ange, la mère est morte en couches.

— El moi ? s'écria l'âme é^oï le.

— Toi tu es morte eu veuani au monde

La punition suivit de près la faute.

L'âme sentit que le ciel manquait sous ses pieds: elle était pré ipii-^e dans les limbes.

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