DU SIRE DE GIAC
Si le lecteur, qui cous a di^jà si souvent et si C' mplâisamment suivi dans nos ex uisinns historiques à travrr'^ la vieille France, veut bifu, celle f<iis encor', faire av.c nous an pa» rétrograde, nous le transporterons à qm Iques lieues de la jolie peti e ville d Avranches, mire Traii>i et Saii.t Hiiaire, au i^ied d'un château fort d'<ntles mur,iill< s, cachées à Mtie heure snus l'herbe, ctignaient brav. meni, à l'époque Où cordmence cette chroniqae, le bourg de ^aint-Janics de Beuvion.
Sur remplacement occuié par les veries et grasfes prairies qui s'étendent jusqu'à Poniorson, s'élevaient alors les logis de l'arme de Bretagne, q i, de|,uis le commencement du carême de 1425, était venue mettre lesit'ge devai t le château de Saint James. En jetant les >eux sur le fo!<sé qui ceint le camp et sur la pali-sade qui le iiroiéj;e, en si.ivjnt les contours a guleux que forment dans leur circuit ce fo>sé et cette palissaile, on reconnuîtra tout d'ïbor l que c'est un capitaine savast lians l'art da mener une bataille qui a l acé le plaa de ces furtificaiions établies à la foi» pour l'attaque ^ pour la défense. C'est que dans les guerres bizarres du luoyen-àge, où tout se faisait, non ^oint d'après un pan de eampagne unitaire, mais selon le caprice des chefs aven: ureux qui avaient une volonté individuelle > es qu'i s tr. uvaicnl 23 hommes pour les aider dan^ raccomplissement de cette volonté, il ne fallait qu'une gatni'OH inopinément dé iv éequi se mettait en campagne et ma'chait insijnciiv ment au secours d'i ne gsri ison ca itive, pour (jue les assié>;euis d'aujourd'hui fussent assiégés demun; or, c'est ce qji pouvait srriver «l'r,u jour à l'autre à l'armée de Bieia^ue, s'il p'aibmi aux Ang ais d'Avraiiclies de venir en aide à leurs frères <ie Saint-James (le Beiivron.
Mais à cette heure et grâce aux précautions si habilement prises, tout é ait calme dans le camp; le silence de a nuit n'éiait troublé que par le bruit des hommes de garde, qui de quart-d'heure en quart-d'heure faisaient entendre le cri dey iile; tous bs feux éia<ent éteints dans les baraques des so datset dans les logis dc^ capiia nes; une S'ule lente plus élevée iiue les autres. eta)i-drs-us de laquelle flottait à chaque boufl'ée du vent qui venait de la mer, la bann'ère de France et de l'.retagne, était éc'airée eicore; c'est que dans cette tente vei lait, plein rie soucis, le chef de toute cette armée qui dormait tranquille, se reposant sur lui, comme le troupeau sur le berger.
Aussi s'était-il jeté tout cuirassé sur les peaux de loup qui lui se valent de lit; son raque seul, posé prés de la couche militiire, manquait ù son armure, ce qui permettait de recoiinaiire que celai sur lequel pesait une si grande resjionsabilité que celle de 'a vie de ses frères, était un beau j- une homme de trente deux fi trente-trois aus à peine, aux longs cheveux châtains, tombant carréneit sur ses épau es, au teint cla'r, aux yeux bleus, et dont la physionomie au ait eu une expression de douceur (lartaite, si un l'ger fronceuient desMucil, qui lui était habituel, n'avait défoncé celte volonté puissante et continue, qui chez les Bretons dégénère parfois en entêtement. Une lampe de cuivre, la seule qui, comme nous l'avons dit, veillât encore par tout le camp, éc'airait un manuscrit qu'il lisait, la tête apiiuyée .<ur la main g-^uc' e, et dans equel il faisait, de la main droite, des corrrclions en icriture trois fois plus grosse que celle du texte. Ce manuscrit avait pour lit e: histoire d'Arthus, comte de H'chemunt et connétable de France, cont. nnnt sc$ mimuires faicis depuis l'a» UI3 jusqu'à la /in de l'an 1424.
— Ah! mou i'auvre Guillaume, murmura le jeune homme, lor.squ'il fut arrivé au dernier feuillet, j'ai bien p^ur que tu n'aies écrit à cette heure les plus licbes pages de mon bis-