IG
46 — Poiii' régicv voti-c iiioiilrc »«iir le son du canon, ajoutez autant de secondes qu'il y a de fois lOUO ou 1100 pieds dans la distance qui vous sépare de l'endroit de la détonation, ou à raison d"à peu près 5 secondes pour un mille, 15 pour une lieue.
47 — Si un enfant, une femme prend feu, hâtez-vous de la jeter par terre, pour que la flamme qui monte toujours verticalement, ne lui atteigne point le visage, les bras, le haut du corps — puis courir une couverture de laine, un tapis de table, un paletot, et en ouvclopper la victime pour étouffer le feu.
48 — Le tour ou périmètre d'un rond en est de
trois et un septième fois la largeur ou diamètre. Pour arriver promptement à la surface ou superffcie du cercle, prenez la moitié, plus un quart, plus la Tème partie de ce quart, d'un carré de même diamètre ou largeur. En d'autres termes : la superficie du cercle vaut 78^ pour cent, près, de celle du carré qui l'enveloppe.
49 — Il y a deux choses qu'une femme ne
peut faire : aiguiser (pointer) un crayon de plomb, plier un journal.
50 — T'as bon ;ii>i)étit ce soir uioii «'iifant — Mou Dieu, papa, c'est pas ma faute, le pain et benri-e est si bon qne Je peux psis m'ai-rélei'.
51 — Lui: poni'qiioi les rats — elle: pour i'ournir à l'homme l'occasion de gagner sa vie à faire des pièges pour les prendre.
52 — Pourquoi une boule au fond d'un entonnoir reste en place lorsqu'elle est poussée à en sortir par un jet d'eau d'en arrière. C'est que l'eau sortant tout autour de la boule, entraîne avec elle,par le frottement, celle en aval de la boule, ce qui laisse un vide contre lequel réag:it la pression «le Tatmosplière.
53 — Pourquoi la terre qui sort d'un trou ne suffit pas toujours à le remplir — C'est que la terre "in situ '" a été ameublie, fouillée en tous sens par des vers, peut être par des " ruissellements souterrains, enfin par expansion par la gelée, etc.
54 — Il doit être évident que pour estimer ce que peut doiiiK'r «IVaii dans une journée, un
tuyau de service domestique, on n'a qu'à voir, montre en main, le nombre de minutes ou de secondes qu'il faut pour emplir un vaisseau quelconque de contenu connu, et en faire le calcul.
55 — Si vous souscrivez à une loterie, payez «le suite et n'y pensez j^lus. Si vous avez à donner à échéance fixe, une somme quelconque pour quelque chose d'inévitable, mettez l'ai'gent sous enveloppe pour ne plus le voir, y penser.
56 — Dieu se laisse coiumaiider |>ar ceux qui Tainient — tout de même (ju'il a toléré que saint Vincent de Paul lui dise, dans sa neuvaine, à l'endroit de la conversion des infidèles — "Voilà Seigneur que l'Enfer s'en emplit à la honte de votre nom.
57 — Jésus-Christ a dit "laissez venir à moi les petits enfants" je les aime parce qu'ils n'ont pas encore appris les fourberies de ce monde.
5§ — Pour ne pas se donner l'air d'être soucieux, inquiet, préoccupé, tracassé ; on siffle, on tur-
liite un air en passant près de vous. Vous en faites autant.
59 — DiCM fait toujours ses miracles de manière à ce que tout en croyant à une interposition divine, on n'en est jamais certain, quoique cnnvaincu.
60— Il y a 40 ans Fowler phrénologiste disait de moi en examinant ma tête sur la scène publique " voici un lioninie qui niante tout, les os avec," —
40 ans plus tard Carpenter autre phrénologue m'en disait autant sur un autre théâtre. De fait j'avais ce jour là, en mangeant une douzaine d'oiseaux-neige, fait passer les os avec.
61 — Il y a bien des petits mots inédits aussi drôles que ceux qu'on voit tous les jours sur les journaux : de retour à la maison, assis à mon bureau, j'entends remuer sous la table. Qui est là, que je dis à i;n mien gamin de 4 ans — c'est moi — que fais tu là— du papier à niouclies. De fait il s'était emparé de la bouteille de " Mucilage " en avait barbouillé. Dieu sait combien de feuilles de mon meilleur papier à écrire. Impossible de se fâcher, ça ressemblait tant à la réalité.
62 — Un autre jour, j'aVjîme mes poignets de chemise sur mon tapis de table — mais, me dis-je, ça ne peut être de l'encre puisque c'est sec. Je vais aux informations : le même chérubin ! avait dépensé toute ma poudre à dent à me faire, disait-il, de l'ciicre. Pas moyen encore cette fois de le battre puisqu'il avait cru me rendre service, me sauver de l'argent.
63 — Les commères attribuaient : qui, à saint Antoine de Padoue, qui à saint Alphonse de Ligouri, qui enfin à sainte Anne d'avoir guéri madame une telle d'un cas compliqué de prolapsus. Elle les avaient, parait-il, priés tous les trois — Maintenant, chacun y a-t-il mis la main ; et si chacun en réclame le mérite, s'en dispiitciitils entre eux ?
64 — Imaginez-vous demander à sa mère en plein souper de baptême : Maman comment qu'on sait si c'est un g^arcon ou une tille, et la mère de réi:)ondre impassiblement •' c'est par le nom mon
enfant."
65. — Maman, n'en achète plus de bébés, on en a assez — pourtant J'aime ça à cause des dragées.
66 — Votre argent, ce doiit vous venez d'hériter, fait qu'OH vous salue plus qu'auparavant.
67 — Il est plus facile de faire porter à une femme un chapeau neuf, que de faire ôter à. un homme son vieux paletot d'affection.
6§ — Voilà 60 ans que je cherche, inutilement, un moyen de me rappeler que chaque fois que je prends de l'encre, je dois secouer ma plume, pour ne pas barbouilller mon papier.
69 — Il y a 40 ans que je me dis, à la suite de chaque repas, qu'on doit toujours rester sur sou appétit,
et si tôt à table, je l'oublie.
70 — L'avocat en transquestions, dira au témoin d'un air convaincu, sachant cependant que ce n'est aucunement le cas : n'est-il pas vrai, sous le serment que vous venez de prêter que en telle occasion, vous avez fait, dit, ou entendu dire telle chose " et malgré le "non" du témoin, l'assistance se dira, "il doit mentir,
car du ton que l'avocat parle, il doit y avoir quelque chose de vrai là dedans.
71 — Que riioinme est iucoiiscquent — pour servir de témoin à un ami dans le cas d'une propriété imposée à un cliiflre prétendu trop élevé, il viendra citer certaines propriétés analogues ootisées à un taux audessous de la valeur — Pour un non ami il viendra le lendemain, faire une preuve tout à l'appui du contraire.
72—Tenex toujours la droite du trottoir,
tout de même que l'attelage tient la droite de la chaussée — de cette manière vous éviterez les collisions. Il faut voir, entendre et penser tout autour de soi, afin de laisser passer ceux qui vont plus vite que nous.
73 — Prenez garde que votre fille dont vous êtes si pressé de vous débarrasser ne vous revienne avec une ' trâlée' d'enfants. Ce ne serait pas la preuiière
fois.
74 L'on dit de M. qu'ayant emprunté §50.00 d'un
ami il le rencontre un mois après et lui dit : Ah ça N.
ne soyez pas en peine de vos $40.00, je vous les remettrai sous peu. Un autre mois se passe, ils se voyent de nouveau et M. de dire : Mon cher N. faut pourtant que je pense sans autre délai à vos $30.00 — Encore quelques semaines et M. dit à la fille de N. qu'il rencontre sur la voie publique — Ma chère demoiselle, dites-donc à votre père s'il vous plaît que je n'ai pas oublié les $20.00 qu'il m'a prêtées. M. voit son prêteur une dernière fois et lui dit, mon Dieu je suis désolé de n'avoir pu encore vous remettre les $10.00 que vous m'avez prêtées. Tiens dit IV. n'en parlons plus, car du train que ça va, c'est moi qui, à la fin vais me trouver vous devoir.
75 — Vous arrivez dans ce monde avec rien — gagnez quelque chose — VOS gendres vous l'enlèvent et
vous partez comme vous êtes arrivé, avec rien.
"76 — Vous devez à votre enfant de le corrigfer sur
le fait même ou de lui dire jiourquoi. Et a fortiori devez-vous battre votre chien que sur le coup du mal qu'il a fait — sans quoi il ne saura jamais pourquoi, et le correctif sera sans résultat.
77 — L.a vieillesse est bien en efiet une se-
l'oiitle eiif'aiice puisqu'on y perd ses dents ; comme l'enfant, on trébuche ; faut finir par manger de la bouillie comme au premier jour, et entin il faut se faire porter conmie quand on arrive.
7§ — On vous esii|>riii3!oi-a $5.00 et osa vous les reiiieltra à ïes-use. Sous quelques jours ou semaines ce sera SIO.OO «ju'il vous demandera. Vous ne sauriez les lui refuser, vous ayant fidèlement remis le premier emprunt ; il vous les remettra aussi à échéance. Il vous fera plus tard un troisième emprunt, mais de $20.00 cette fois. Peut-être ne vous les remettra-t-il janiais ; mais s"il prévoit que plus tard il ait à vous demander de lui endosser un billet de §100.00 alors il vous remettra les $20. 00 pour que vous ne doutiez point de lui, et c'est vous qui payerez le billet à échéance.
■yd — Si un quelqu'un qui passe pour une mauvaise paye, mais à qui un lien d'amitié ou de parenté vous empêche de les refuser, vous demande de l'argent — prêtez lui un §.5.00 ou un î^IO.OO — mais ne le lui demandez janiais ; car s'iljvous les remettait, il pourrait vous prendre ensuite pour une plus forte somme et ne jamais vous rembourser.
80 — A l'câge où on joue aux écureuils, je me suis dit ; mais si cette roue, qui tourne ainsi sur son axe était sur un plancher, un pavé, elle tournerait tout de même et avancerait — et si la roue était dans une enveloppe, avec des palettes ou aubes à l'extérieur, elle avancerait de même sur l'eau — et si l'écureuil était un cheval, et si le cheval était un engin propulseur à roues dentées s'engageant dans les dents d'une ou plutôt de deux lisses sans fin faisant le tour de la paroi intérieur de la roue — ce serait un bateau roulant, pendant que les passagers, le fret installés dans des wagons accrochés à l'engin ne tourneraient point.
81 — Comment g:ouvernei'ait-on un bateau roulant î en projetant par des ouvertures en son axe de rotation une poutre ou arbre de couche munie de de roues de friction ou poulies à ses extrémités, et assez longue pour que la chaine partant de la roue du pilote à l'intérieur et passant par ces deux poulies put de là atteindre le gouvernail sans toucher aux flancs du bateau. Le gouvernail pour ne pas tourner avec le bateau lui serait attaché par une chaîne qui en ferait le tour et qui placée dans une rainure au centre de la quille et y maintenue sous contact jiar des roues de friction permettrait au bateau de tourner sans
entraîner avec lui dans sa rotation le gouvernail, lequel
d'ailleurs serait en même temps assez léger pour flotter
et assez lourtl pour résister à la tendance du vaisseau
de le sortir de l'eau.
82 — Dans 1111 bateau touruaut, c'est-à-dire,
roulant sur l'eau au lieu de s'y glisser, les passagers pourraient, pour prendre l'air et jouir de la vue, du paj^sage, être suspeii<liis de part et d'autre dans des chaloupes accrochées aux extrémités d'un arbre de couche disposé à l'endroit de l'axe de rotation du bateau, tournant ou non avec le vaisseau, et de longueur nécessaire à l'eliet voulu, le lien de support, 'encerclant ' l'arbre de manière à tourner au tour, ou plutôt à permettre à l'arbre de tourner dedans si l'arbre tournait avec le bateau.
83 — A l'exemple du '* Catamaran " bateau des îles Figi, qui pour lie pas chavirer sous l'efïort de son immense voile, i^rojète au large de lui de chaque côté une longue vergue portant à son extrémité un flotteur ; de même dans le cas d'un vaisseau roulant sur l'eau et qui tendrait sous l'eôbrt des vagues à tomber sur le côté, les chaloupes portées à chaque extrémité de son arbre de couche ou y suspendues à
rotation mobile autour de l'axe, en préviendraient le chavirement d'un côté ou de l'autre.
84 — Il faut penser sa parole avant d'exprimer sa pensée et, que l'on y fasse attention : on verra que même i^our une prière mentale il y a un mouvement de la langue tout imperceptible qu'il soit au premier abord.
85 — Un expert, ou arbitre aime qu'un compte soit assez élevé, surchargé, si vous voulez, pour lui donner l'air d'être impartial en le réduisant. Donc, etc.
86 — Pris à l'improviste avec une chemise de quelques jours et dont les poignets ne sont point aussi blancs qu'ils devraient l'être — tonrnez-les à l'envers— .J'ai souvent fait cela, ça m"a réussi on ne peut mieux. II en est de même du col, on peut en rabattre les pointes saillantes à rebours ou en dedans — Ça l'air alors du collet, faux-col d'un clérical et c'est loin d'être laid.
87 — Quant le papier manque ou qu'on a oublié son
calepin, on peut bien écrire ses notes sur ses poignets
de chemise, mais que votre feniuic ne vous voie
pas faire.
§§ — Coiiiiiieiit on trompe un Commissaire, un Ministre pen fnté des travaux publics :
Ajoute 40 % à ton compte, charge 5 à 10 centins de plus sur les charretiers — je te les ôterai, tu t'en plaindras, il me fera venir, tu tiendras ton bout, moi le mien, tu m'insulteras et fera mine d'5ter ton habit pour me frapper. Le ministre croyant à ma sincérité, te dira qu'il lui faut en passer par le témoignage de ses officiers. Ce soir nous prendrons quelque chose ensemble et partagerons les 40 pour cent.
S9 — Dire la vérité à un homme sans l'insulter : ce beurre là est "inmangeable " — vous faites du bon beuri'e — ^jamais vous ne me ferez croire que c'est de votre beurre, c'est du beurre que vous vendez pour un autre.
90— L'Hélice du vapeur est trop petite pour son corps : voyez la queue de la baleine en rapport avec sa taille — aussi fait-elle 50 milles à l'heure pendant que le vapeur n'en fait que 25.
91 — Le vendeur peut vous dire, sans mentir, quelquefois, qu'il vous laisse ses effets au prix eoûtaut ou au-dessous ; et en effet il y a toujours à ajouter son temps dévoué à marchander, acheter ces effets, le coût de les trsnsporter chez lui, les pertes qu'il peut y faire par leur dessèchement, dépérissement, rapetissement par évaporation— puis ses anxiétés, ses inquiétudes valent bien quelque chose.
92— Faute d'uu liabit *' lY queue " pour une soirée, on peut replier endessous ou endedans les pans
d'un surtout.
93— Ecrire anonymement à un maire, comme on en a eu un, de s'exempter de se moucher avec ses «loigts. Il a failli cependant l'oublier lors de la réception de la princesse Louise.
94 — Voyez comment une femme tient, comment elle porte son paquet pour qu'on n'aient pas l'air de la prendre pour une servante.
95 C"est rendre service à un homme que de lui dire
tout bas qu'il a un bouton d'ouvert, une saleté
sur sa chemise, sa moustache.
96 — Il y a des mots inévitables que l'on rend plus indéhcats en cherchant à les éviter, comme lorsque dans les couvents, on fait dire,au lieu de la 17ème lettre de l'alphabet " lettre intléceute." Peut-être aussi Dieu ne veut-il point d'une semblable pruderie puisqu'il y a dans les Saints Livres des mots auxquels l'on chercherait en vain des substituts et que dans les "Merry Wives of Windsor"' Shakespeare a été impuissant à le faire.
97 — On ne saurait se soustraire entièrement a une allusion aux nécessités «le notre pauvre économie animale. Il .serait absurde par exemple pour exprimer ce que fait le chien lUO fois jsar jour, d'emploj'er un mot plus recherché. Cependant la femme en parlant de ses enfants a trouvé des mots singulièrement expressifs sans blesser les oreilles : l'enfant est mouillé — il est sale : expression qui peut toujours laisser croire qu'il s'agit seulement d'une saleté de vêtements, de figure— et l'expression " faire sa toilette, chambre de toilette " a bien sa raison d'être, puisque quand on l'y fait, on élimine du coup tout ce qu'on a de sale.
9S— Je ch.ancelle, je trébuche, je tombe enfin sans avoir l'air de ui'être fait mal — ne paraissez pas vous apercevoir «le ma g^aticSierie.
99 — Madame est-elle à la maison — Oui monsieur, mais elle est ' iiiiiioiitrable ' (textuel,) sa maitresse lui ayant dit, s'il vient quelqu'un je ne me montre point, vous savez quoi dire.
100 — <^ue de petits iiieiisoiiges ou est appelé à, forcé «le «lire, pour ainsi parler— Peut-être dans ce cas doit-on appeler ça des menteries ; et qui sait s^ ce dernier mot lui-même, n'est pas trop tort ; Un individu arrive, il a une faim d'enragé, vous êtes à table — il n'ose vous déranger: merci, j'ai dîné, et il faut le dire pour mettre les gens à leur aise.
loi — Esseuce «l*uuc plus loiiu^ue prière :
" Mon Dieu guidez tous mes sens dans les voii-s de la droiture, " ajoutez, si vous le voulez ou pour être certain que votre invocation telle que formulée, contient bien tout ce que vous voulez dire ou demander ainsi d'un seul trait—: mes pas pour que je n'aille point au mal I mes yeux, ma langue, mon ouïe, mes mains
pour que je ne le voie point, ne le dise point, ne l'entende point, ne le fasse point ; mon esprit, enfin, pour que Je n'y pense point.
102 — Conversez quelquefois avec vos servantes« vos domestiques, consultez-les même sur certains points qu'ils peuvent être censés savoir mieux q'ie vous — vous les empêcherez ainsi de ressentir aussi vivement, l'infériorité, l'humiliant de leur position.
103 — Il y a en nous deux natures : l'homne " à la journée " n'est plus le même homme qu' " à l'entreprise " comme l'on dit vulgairement. Il en est de même de l'homme de profession quis'il n'a pas trop d'autres fers au feu, fera durer une expertise, un procès plus longtemps, sous le prétexte, pour l'acquit de sa conscience, de plus mûrement délibérer sur les considérants.
104 — Se prévaloir du bruit d'une voiture qui passe, feindre une toux, un éternuement pour dissimuler un hoquet, un bruit désag^réable, inévitable.
|05 — Je ne sais trop si la g[rf||i4eur de Dieu
n'est pas plus frappante dans ses inliniments petits — les bactéries, etc que clans ses infiniments grands
de l'Univers.
106 — En vacances de Séminaire à St-Joachin — nous disions la prière du soir, le chapelet tout en mai'chant. Ce n"est que 20 ans plus tard que l'idée m'en est revenue et que je m'en suis rappelé l'avantage, dans maintes courses ou promenades où, à la brunante il était impossible de trouver quelque chose de plus
utile à faire.
107 — Compensation— Un maire empêche d'élire à la présidence d'un comité qu'il voulait lui-même mener, un certain ex-échevin— pour fiche de consolation il lui donne des bancs à faire pour un certain parc, et son nom est substitué à i;n autre pour un bout de rue de 300 pieds de long.
108 — Je ne sais si c'est préjugé de ma part, mais ce me semble que les hommes d'Etat, c'est-à-dire, ceux qui savent pour ainsi dire tout, ou peuvent discuter sur tous les sujets importants qui agitent l'hvimanité, ont «les physionomies pins intellîg:entes qne cenx, môme les plus capables, qui n'exercent
ou ne peuvent vous entretenir tgue sur une spécialité, comme le serait un Chimiste, Physiciste, Architecte, Ingénieur, Astronome, Artiste — le visage de ces derniers ne reflétant qu'une science pour ainsi dire ; pendant que celui du premier revêt les expressions diverses de toutes les connaissances réunies.
109 — De tous les animaux, c'est le serin, peut être dont la voix est le plus perçant, la plus forte eu ég^ard à sa g^raiideur — plus fort, je crois, proportion gardée, que le rugissement du lion.
110 — J'avais 2 V)OÎtes : l'une de plumes d'acier, l'autre d'agrafes-pajjier, et je m'évertuais à trouver un moyen de me rappeler en les voyant, laquelle contenait les plumes, laquelle les agrafes ; lorsque l'idée me vint enfin que les agrafes étant jaunes, la boîte qui les contenait l'était aussi— Après cela, plus de doute.
111 — Il est peut-être plus difticile à celui qui possède les deux langriies de se rappeler dans laquelle certaines lettres composantes sont doubles ou simples — par exemple " literary " (anglais) fait litt©-
raire — symétrique, fait " symmetrical '' en anglais et dans une foule d'autres cas de la sorte.
1 12 — La ville me doit i)lus de $47,000.90 même à mon modeste salaire de $2000.00 pour 7 heures de tra vail par jour ; ^^^'^'^^^"t que l'officier qui à Montréal remplit les mêmes devoirs a $4000.(X) et à Toronto $6000.00.— En effet, pendant les 15 premières années de ma gestion, j'ai eu à travailler 10^^ heures par jour au lieu de 7, et pendant les 15 autres années, 14 heures par jour au lieu de 7. Il est vrai que j'essaie de m'en consoler avec les paroles de l'évangile •' tu g'ag'iieras ta vie à la sueiic ^lo ton front," mais tout de même, la ville me les doit, et doit en tenir compte à mes enfants.
113— L'on ne se rend pas compte que notre plus» {grande sympathie pour uu cnfaut torturé
ou qne l'on fait souttrir, que «laus le cas «l'un
adulte, est due à ce que l'enfant ne peut s'exciter à la haine contre ses bourreaux, et ne le pouvant point, souffre tout à sang froid et horriblement par conséquent ; pendant que l'a lulte }>eut ( j'excepte le martyr qui meurt pour sa religion) s'exciter et de cette manière devenir moins sensible au mal.
114 — Prenez constaiDinent occasion <le l'étude des lioiiionyines pour créer chez vos enfants de l'émulation à la recherche des mots de même consonnance comme sain, saint, ceint, seing, et cinq
devant une consonne — De même de l'anglais ewe une
moutonne — yew un if— you le pronoii vous— II' e
teinte — llng:li nom propre — iie%v couper — Faites-voir
aussi pour la iiremière série, comme le latin distingue
et l'épellation du mot et sa prononciation, comme
sanus, sanctus, cinctiis, sinus, syi^ylluni,
quinquc. Rien de mieux pour imprimer ces mots
dans l'esprit et faire apprendre en peu de temps une
foule de ternies.
115 — Un ex-contremaître des travaux de voirie» arrive comme d'ordinaire tout en sueurs au bureau» s'essuyant le front : " maudite corporation, 'cré
département, cochonnerie, tsnt travailler et si peu payé ($800.00) — un officier comme moi ça vaudrait $2000.00— vous savez M, X. que là oii je passe, y a pas besoin de passer après moi — tout le monde est content ; est-il possible que . . . . , oh si j'avais une petite place de messager — ma plateforme (la Terrasse Dufferin) est en ordre — mes pontons sont en place, mes slips (les passerelles ou tabliers menant aux pontons) sont posés, mes trottoirs réparés, mes rues grattées, mes
grilles (les puisards) vidées — 'cré département, y a ce pauvre T. (son assistant) c'est un bon garçon, mais si c'était pxs pour moi, qu'est-ce qu'i' ferait.
116 — Le carême est bon ftoiir le corps coiiiine pour l'a tue— La nature abonde en cas analogues : les feiimes ont un repos tous les mois, un arrêt plus prolongé tous les neuf à dix mois— les marées se reposent de leurs gi-ands efforts par les petites marées— les grandes vagues sont séparées par toute une série de moindres ondulations— les ou-.-agans, les grands vents, les cyclones se reposent de leur destruction périodique pu.' des interrègnes de brses, de vents alizés plus doux et ut'les — la lune même n'est pleine que tous les mois — toute végétation se repose annuellement— en un mot tout est intermittent, même les périodes et phénomènes astionomiques.
117 — Sur un escalier public Hanqué d'éta lages comme le serait l'escalier de la rue Cbamplain à Québec, c'est la municipalité qui, à ses frais enlève la neige. Injustice criante de faire cet ouvrage aux dépens des autres contribuables. C'est une l'ue comme une autre et c'est à fortiori que les riverains devraient
la tenir désobstruée puisqu'il n'y a guère que ceux qui ont affaire chez eux qui y passent. Quand nos édiles verront-ils le sens commun de cette proposition.
11§ — Deux époux partis aux framboises s'écartent et ne pouvant retrouver leur demeure se résignent à mourir — L'Evangile dit confessez-vous les uns les autres, dit la femme— Oui dit le mari, mais je veux que ce soit toi qui commence. Voilà le mari sur une souche et la femme de s'accuser, d'une indiscrétion, peut-être de lui avoir une fois ou plus joué le tour. Ma G . . . . dit-il, si je ne représentais pas le Bon Dieu, je te fendrais la face.
119 — Sincérité de nos édiles et combien ils ont réellement à cœur la chose publique — En 1866, les déficits annuels du département des travaux étaient de fl5,000.00 — Un nouveau surintendant vient établir l'équilibre avec un surplus de f3,076.(X) durant ses quatre premières années de gestion. Ça ne faisait pas, les représentants municipaux n'avaient plus de prestige, ne pouvaient plus dire à leurs électeurs " c'est mo i qui ai fait réparer vos voies."' On fait caucus et sous le prétexte que c'était trop de responsabilité pour un seul homme, on revient en 1870 à l'ancien système des
comités. Dans huit ans le déficit total était de $251,- 000.00 ou de plus de $30,()0(».00 par année. Tout les corps représentatifs en font autant.
120— Ce serait insulter un arpenteur que «le lui dire carrément qu'il est soîîr. Mieux vaut lui insinuer que s^s piquets, ses jalons ont l'air d'une rangée de soldats ivres. C'est moins frappant et ça le même effet.
121 — Je prends voiture pour une promenade à mes frais. Chemin faisant mes services professionnels sont requis — -je charge alors les frais de transport tout comme si j'eus engagé l'attelage pour me rendre à Tendroit où mes services ont eu leur raison d'être.
122 Si je profite de fa voiture d'un ami
pour faire une course professionnelle, ce n'est pas <à dire pour cela que je n'en chargerai point le coût, la valeur dans mon compte de déboursés. Pareillement : si une promenade en voiture me met à même de mettre à profit plus tard la connaissance que j'y ai acquise d'un fait professionnellement utile à mon client,
à mes patrons, je fais aloi's payer et mon temps et la voiture tout comme si j y étais allé exprès.
123 — Etrnng^c tendance en écri%'ant «n mot, pensant à Psivasice au mot suivant, de teB'iiiiiier ie mot par la première ou une «les lettres couiposanles de l'autre mot,
comm-e dong au lieu de dont par exemple lorsque le mot qui vient après est gond ou second (segond). Je fais une foule de fautes de cette sorte, lorsque je cours ainsi à l'avance après les mots qui viennent ensuite.
124 — Enseignez à. vos enfants la valeur d'un eeitfin — et qu'on n'a rien pour rien en ce monde. 2n e leur donnez pas le centin, faites le leur gagner quand ce ne serait qu'à vous céder une croûte de pain sur laquelle vous tentez. Faites cueillir les ' mouches à patates ' à un centin la petite mesure, tuer les blattes, les escarbots ou autres insectes nuisibles, à tant la douzaine — dans le temps de la mue des chevaux, épilei' votre paletot, en enlever les poils à tant le cent, vous aller quérir un verre d'eau, une chaise, etc.
125 — Pour activer f;h«z vos enfants le désir d'a.|>j>iM'ndre, promettez-leur un centin pour chaque nom ou douzaine de noms de légumes, fruits, arbres, quadrupèdes, oiseaux, poissons, articles d'ameublement, comestibles, vêtements, etc., etc.
126 — Les ieçoBis de mots ont tout aussi bien leur raison d'être, et peut. être plus même que les leçons de choses. P'aites lire tout haut à un enfant à l'école une colonne d'un joui'nal. 'papier-nouvelles' et cent fois vous aurez à l'arrêter sur la prononciation d'un mot, et pour lui demander ou lui en expliquer la signification ; car ce sont des mots pour la plupart qui ne se rencontrent jamais, ni en géographie, ni en littérature, ni en histoire, encore moins dans le catéchisme.
127 — Etudiez-vous à faire dire aux enfants les isiots dont une foule de lettres initiales sont les abréjçés ; car il est étonnant que de milliers de choses ils n'apprennent et n'apprendront jamais à l'école ; la maîtresse, le maître les sachant et s'imaginant à tort que les élèves en font autant ; ou ne les sachant point et n'ayant aucun souci d'en chercher la signification pour en faire jiart aux autres.
128 — Il est clair que l'enfant ne saura point la signification de vaisseau blindé si le maître ne lui explique point que ce sont des plaques de fer dont on protège les flancs d'un vaisseau pour empêcher qu'en temps de guerre, un boulet de canon ne passe à travers ; et qu'il faut aussi dire à l'élève qu'un vaisseau à compartiments, en est un dont l'intérieur est subdivisé par des cloisons en fer pour, dans un cas de feu, en empêcher la propagation ; ou dans un cas de collision avec effraction, empêcher que l'eau qui envahit un compartiment, ne puisse inonder en même temps le vaisseau tout entier.
129 Le meilleur moyeu «l'apprenre les
mots d'une lang^ue est de les "catégoriser" classer par familles. Je parle, d'abondance de preuves ; j'ai eu un jeune allemand à mon service, ou plutôt un alsatien sachant le français et l'allemand. A table, je lui disais, voyons Steckel, prenons l'outillage d'abord : et d'une seule leçon j'apprenais ce que c'est en allemand qu'une assiette, un plat, tasse, sous-coupe, couteau, fourchette, cuiller, huilier, sucrier, théière, etc. Maintenant, disais-je, passons aux comestibles : pain, beurre, sel, sucre, patate, pomme, fromage, lait,
huile, moutarde, etc puis le nom de chaque meuble
de la maison — puis de cha que article de vêtement, pui=>
de toutes les jiarties du corps ; tête, cheveux, oreille, nez, œil, yeux, bouche, menton, joue, dents, épaule, bras, tronc, jambe, pied, doigt et autres parties extérieures — puis enfin je passais aux organes intérieures : cœur, foie, poumon, veines, ou estomac,
intestins, etc enfin, après avoir en même temps
appris à compter, à dire les jours de la semaine, les mois de l'année et avoir appris la nomenclature des diverses jjarties de la maison, les choses extérieures : arbre, chien, cheval, chaussée, trottoir, église, voiture, les édifices publics, les degrés de parenté : frère, sœur, oncle, cousin, etc., quelques pronoms comme mien, sien, tien, etc., quelques adjectifs ; j'étais au bout de quinze jours prêt, dans le cas d'un voyage en Allemagne, à me faire comprendre à l'hôtel, sur le chemin, au théâtre ou ailleurs.
130 — L.a iiiétlio«lc d'Olendorf pour apprendre une langue n'a aucuiieinciit sa raison d'être.
Il vous met en présence d'une série de chapitres, gra* dues si vous voulez, mais où vous ne trouvez jamais juxtaposés les mots qui vont ensemble. Dans un chapitre vous trouverez contcau, mais son adjoint nécessaire fourchette n'y sera pas. Pain y est mais cherchez où est le mot beurre. Vous aurez laitue peut être, mais au lieu d'avoir à la main, comme
vous Tavez sur la table, les condiments essentiels d'une salade à vous confectionner : sel, poivre, huile, etc., ce sera dans un autre chapitre qu'il les faudra chercher. Non ; voyez à ce sujet l'article précédent No. 129. Voir aussi, au même efiFet, De Kastner.
131 — Ce n'est pas tant pour faire punir un petit frère, qu'un enfant dira à sa mère ce qu'il a fait, que pour a|>|»reii(lrc, par la manière dont maman accu aillera la plainte, et la punition qui s'en suivra, le do;^i-é de mal qu'il y avait à faire la chose, à dire le mot incriminé.
132 Si la valse vons est «léfesidue. mais
que vous n'y ayiez fait ou subi rien de répréhensible — alors accusez vous au moins d'une désobéissance.
133— L. A., respectable citoyen du faubourg, à ce que rapporte le père G., qui était apprenti chez lui dans le temps, passait des heures entières, à la selle, à déclamer d'imaginaires discours à ceux dont il convoitait les votes pour l'élire au conseil de ville.
131 — €li:tciiii a soai prix a dit Kichelieu, Talleyrand ou un autre (peu importe) : celui qui s'indi gnera à l'endroit d'une offre de $5, $10 ou $100, deviendrait peut être tout aiuiable s'il s'agissait de $1000.00 ou $10,000 suivant les circonstances — car dans les grosses transactions, l'on se dit, " avec l'intérêt de $50,- 000 à $100|00(J, on peut vivre avef^ comfort, et courir le risque, subir l'affront de se faire traiter de vendu.
135 — Si vous avez oublié votre uiouchoir,
attendez qu'un passant vienne vous dérober à la vue du public, ou distraire son attention pendant votre projection à droite ou à gauche de ce dont vous avez
à vous défaire.
36— Si vous avez un uiouclioir et voulez le luénag^er, portez-vous le au nez pour dissimuler l'action, et afin que quiconque croira avoir entendu un Vjruit étrange, soit sous l'impression en voyant le mouchoir, qu'il s'est mépris et que de fait vous venez de faire la chose d'une manière orthodoxe.
137 — Dieu a créé la femme pour l'homme. Oui. Mais lui a enjoint en même temps que ce n'est qu'en niariag^e soulenieut.
138 — Que l'Iioiiiiiie de profession vaille ?3.00 l'heure, l'Ingénieur 5 % sur ses travaux, cela n'empêche point que plutôt de ne rien faire, de rester oisif, il travaillera pour vous à un taux réduit ; mais dans l^absence de coiulitions eoiiclues à. Tavunce, il anra plein droit au chiffre ordinaire de ses émoluments.
139 — Si vous voulez que votre ouvrage se fasse à bon marché, faites-le par contrat sur un prix basé sur des soumissions reçues à cet effet ; ou que dans tous les cas, l'homme à qui vous voulez donner votre ouvrag^e, soit sous l'impression que vous demandez des prix à d'autres ou à au moins un autre. Craignant alors la compétition il soumissionnera au plus bas chiffre.
140 — Pour que votre boucher, votre épicier ne vous volent point, faites peser devant vous et même si vous ne prenez pas la chose en note, ayez l'air de le faire, en semblant écrire le poids en votre calepin. Ou dites lui une fois que pour essayer une paire de balances, vérifier une romaine, vous avez trouvé le poids entré au compte correct. Il croira
toujours à la même précaution de votre part et se gardera de vous en imposer.
141— Crsiis"*'* ceux qtii se croient reilev»bl«s à vous «le faveurs reçues. Ils vous
promettront de travailler pour ce " que vous voudrez bien leur donner, et de vous attendre tant que vous voudrez." Voici ce que me lit un peintre— un compte de 1720.00. 11 en retrancha du coup le tiers ou $240 — et me demanda mon billet pour la balance renouvelable dit-il, à volonté. Dans l'intervalle je fais pour lui l'estimé de semblables ouvrages, et de même qualité pour une bâtisse à faire pour un tiers— pour voir combien il me faisait payer le travail fait pour moi, je fais le calcul des verges à une, deux, trois couches, celui du verre au i)ied, etc., etc., j'y applique les prix de sa soumission pour l'autre l)â tisse, et je vois que même après distraction du tiers qu'il m'a ôté, le chiffre que je lui ai payé accuse encore pour lui un profit net de 20 par cent sur mon ouvrage.
142 Une bonne dame à Ottawa, mais de ressources
pécuniaires modestes, trouvait moyen en se dépêchant, de faire 13 verres «l'une bouteille de
bière. Elle la versait de haut pour la faire écumer et se hâtait de la servir avant que la uiousse redescendue ne donnât à croire qu'il y aurait eu place au verre pour une plus ample quantité.
143 — Il n'y a pas le mal qu'on pense à prendre «lu sel avee le bout g:raisseux <l'uii couteau, du sucre avec une cuiller que vous venez de tirer de votre thé ; car dans les deux cas, le sel, le sucre ne s'en trouvent compromis d'aucune manière, puisque tout ce qui touche le couteau, la cuiller, s'y attache, y adhère et est enlevé, emporté, l'opération ne pouvant en rien salir ou le sel ou le sucre.
144— Solution d'un des g^rands problèmes du jour. Pour rendre au Pape son pouvoir tem2:»orel, que la chrétienté se cotise pour lui acheter Rome, avec une sortie sur la mer.
l45 Tous les jours il y a ci et là explosions de chaudières à vapeur avec plus ou moins de fatalités — il y en aura toujours tant qu'on n'aura point donné à la soupape dite " de sûreté "' un
diamètre suffisant pour que, manquant d'eau, la
chaudière devenue rouge, la vapeur qui alors se forme
en quantités de plus en plus accentuées, puisse après
avoir forcé la soupape, en sortir aussi vite qu'elle se
produit.
146 Pour conjiirei' l'anarchie : moyeu
supposé de forcer l'iiuuianité à accorder le coniiiinuisuie, faut en venir à une contribution forcée permettant d'établir une fois pour toutes, sur un lopin de terre où il puisse gagner sa vie, chaque communard, et lui dire de par for 3e de loi : mon ami, c'est à faire ou à crever — choisissez ; car enfin Dieu a dit pour le riche, comme pour le pauvre, " tu gagneras ta vie à la sueur de ton front," et il ne veut point que l'un se vautre dans le luxe, l'autre dans la fange. D'ailleurs, il se fait déjà dans certains pays des contributions, comme celles qui se prélèvent en Angleterre sous les "poor laws " lois ayant trait aux pauvres, et le riche l'admet d'ordinaire lor^qu'avant de mourir il fait cession de ses biens pour des œuvres de charité ; car s'il est aussi difficile pour le riche d'entrer au royaume des cieux que pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille, ce n'est point que la richesse soit ellemême un péché, mais qu'elle a été obtenue par des moyens plus ou moins avouables.
147— l^ii'n dit l'avocat Bardoiix dans sa défense de CIis. De Lesseps, lors du procès du scandale du Panama — et en présence du juge sur le banc : " Pourquoi ne s'attaque-t-on point aux " Eouvier et autres grands coupables — c'est que l'on " craint l'influence des grands, des riches, de ceux " qui ont l'autorité en main. On se rappelle que " Lafontaine a dit : amenez devant un juge un riche, '' un misérable, c'est le riche toujours qui aura gain de " cause." II n'eut pu dire cela comme venant de lui même, sans être de suite puni pour ' mépris de cour,' mais comme il ne faisait que citer les paroles d'un autre, fallait bien que la cour en prit son parti, avalât
la vérité.
14§ — Inutile de déTeiidre le tiiéàtre et inconsidéré — c'est au Séminaire même que j'ai ajjpris à l'aimer — Que ceux qui y pèchent s'en accusent. Il y a cinquante ans que j'y vais et je n'en ai jamais rapporté autre chose que le sentiment du mal puni et de la vertu récompensée. Il a toujours existé et a sa raison d'être ; il existera toujours.
149 — !V'écoutez point les abolitionistes.
C'est une absurdité de vouloir empêcher f^u'un homme boive parce qu'un autre ne peut le faire sans se saouler.
150 — I.C 1111, le naturel, l'œuvre de Dieu,
au Luxembourg, à Versailles, au Louvre, aux Tuilleries, au Vatican — A Québec on avait autour de la statuette (fontaine) de la Place d'Armes, des nymphes — quelques uns de nos vertueux citoyens qui ne peuvent voir un sein sans que ce soit pour eux une occasion de péché» s'en sont émus, et le chef de police d'alors, qui de son côté trouvait le climat trop froid pour une semblable exposition, en décréta la su2)pression. L'art a du céder à la stupidité pendant qu'à St Pierre de Rome les anges qui en soutiennent les bénitiei-s sont là tels que Dieu les a faits.
151 — A Metgermette il y a un individu dont tous les prétérits sont invariablement en i — Un jour me ditil, je vis un lièvre, je le suivis, le visis, le tiris, l'attrapis, le tuis, l'écorchis, le cuis et le mangis. Chez d'autres les prétérits sont en a. C'est à l'occasion d'un procès aj'ant trait à un incendie, où le chef de la brigade du feu d'alors racontant comment les choses s'étaient passées, fit part à l'assistance qui s'en tord encore les lianes rien qu'à y penser, que " Madame B me réveilla, je me leva, je m'abilla et je sorta. "
152 — Le niaiiionnête qui veut faire ban-
qiieroute, s'y prend d'avance. Il se Vjâtit, transporte la maison à sa femme, déclare son inhabileté à payer ses créanciers, compose et paye 10 centins dans la piastre ; ou encore, il dote sa femme en se mariant de $30,000.00, lui en paye $20,000.00 au lieu d'employer ses recettes à solder sa marchandise ; puis lorsque au moment de la banqueroute, on l'accuse d'extravagance " Comment dit-il, je dois encore $10,000 à ma femme."
103— .L.es joiii-iiaiix, papiers-nouvelles devraient avoir une échelle d'épithètes appropriées îi la îfravilé des faits qu'ils raccon tent, et pour servir d'en têtes aux articles qui y ont trait. Au lieu d'emj^loyer à tort et à travers les mots horrible, terrible où ils devraient écrire pénible — épouvantable, affreux au lieu de triste, re- S'rettable, etc. En effet il y a assez de différence entre se faire écraser un doigt, couper une jambe, flamber la cervelle — se faire sauter par la poudre, la vapeur — être foudroyé, brûlé vif ; entre un seul individu qui perd la vie et la destruction d'une famille entière, ou de tout un auditoire d'église, de théâtre — de tout un village j^ar une inondation ou un tremblement de terre, pour motiver une en-tête qui laisse deviner à peu près jusqu'à quel point le lecteur va en être affecté. Voir le No. 154.
154 — ^Dcux lioiiiiiics, par exemple, se bat-
tcut : si Tun tue l'autre, il n'y a rien là que de très
ordinaire, et on ne saurait rien y trouver qui provoque
la pitié, l'indignation ; qui fasse bouillir le sang de haine
ou de vengeance contre celui qvxi a causé la mort de
l'autre ; parce que sous l'excitation <l'iiiie qiio-
relie on ne sent, ne souffre plus rien, et c'est ce que
l'on oublie trojD facilement. Mais quand c'est un enfant
incapable de s'exciter pour dissimuler son mal, comme
dans le cas de l'enfant-boucher aux Etats-Unis " the
butcher boy " qui prenait plaisir à torturer des enfants
plu s jeunes et luoins forts que lui ; ah ! c'est alors, si
vous voulez, que l'on doit écrire liorril»Ie ou un mot
plus suggestif encore s'il en existe, car quelque affreux
que soit un accident qui a fait périr tout un peuple,
chacun n'a souffert davantage, par le fait que
d'autres ont souffert avec lui ; de sorte que la mort
de 1000, 10,000, 100,000 individus par une inondation
par exemple est certainement moins horrible que celle
d'un seul enfant torturé, d'un seul martyr soutirant de
sang froid un supplice.
155 — L'on trouve crue dans " La Mascote " l'expression " non lu n'auras pas ma fleur d'oranger" pendant que tout l'équivoque se conjurerait si elle portait à son corsage un bouquet de ces fleurs.
Ce n'est pas pis cependant ni aussi cru que de dire en
pleine église : ne désireras qu'en mariage
seulement.
156 — Scène délicieuse de la ITIascote— La,
la, la — tra, la la, la, la — la, la, la — tra, la, la, la, la — la, la, la— tra, la, la, la, la — la, la, la, la, ou le dernier " la " est un baisé — ce qui veut dire : nous nous aimons, mais il faut attendre la bénédiction nuptiale.
157 — Eien ne ferait mieux comprendre la valeur de la fraction d'un sou, d'un eentin, d'un centime même (un cinquième de sou) qu'une épingle, une allumette, un clou, une broquette, une plume d'acier, une enveloi^pe, un marbre à jouer. Si on en était à sa dernière allumette, la donnerait-on pour un sou, c'est-à-dire pour mille fois sa valeur puisque au gros ça ne se vend que 10 sous les cent paquets de 100 chaque. La donnerait-on pour $10.00 dans un cas de vie ou de mort, comme celui qui au sein des catacombes avait pei-du son fil,et vu éteindre sa lumière ; et pourtant ce serait un million de fois sa valeur.
15§ — Avant de descendre dans une cave,
un puits, entrer «lans un soute l'raiii, y envoyer tout d'abord une lumière, une bougie ou lampe allumée, un bourrelet de ripes ou de papier (une simple ripe, un simple chiffon de papier s'éteindrait trop vite pour permettre de juger). Si la lumière, le feu s'éteint ou même s'affaiblit, diminue, a l'air de vouloir s'éteindre ; il y a acide carbonique dans l'atmosphère de la cavité, et il faut la ventiler, en chasser l'air par l'eau avant d'y risquer sa vie, la mort par l'asjDhyxie.
159 — Pour estimer la fraction d'un pouce
à un millième près : prenez un livre à papier mince et vous y êtes de suite — .Tour la fraction d'une seconde, prenez encore votre livre et feuilletez le entre le doigt et le pouce (l'index). Si le livre a 1000 feuilles et que vous vous les fassiez passer sous le pouce dans une seconde, vous aurez apprécié cette fraction de votre unité de temps — si vous le faites dans la dixième partie d'une seconde, ça en sera la 10 millième partie que vous aurez ainsi rendue appréciable.
160 Pourquoi une inouciie nu plafond
n'en tombe point. C'est que son pied est terminé par une membrane pouvant s'y poser à plat, puis, lorsque la mouche tire la jambe, devenir une cavité, où
la pression atmosphérique réagissant contre le vide qui s'y trouve, y retient la mouche à volonté de cette dernière.
161 — Il y a tant de choses dont il faut se charger la iiiétiioire pour un calcul mental expéditif, qu'on peut être bien aise d'une suggestion qui pour toute une série de ces calculs jusqu'à un chitire iudéliui, en fasse reposer l'appréciation sur une simple unité. Soit par exemple que Ton ait à stipputer le poids d'un pied linéaire d'une barre de fer roiB«l4>, carrée, rectan;;ulaii-e de dinK^nsioits qin^icoïtquj'S— voici un moyen qui m'a bien réussi, et par lequel j'arrivais d'ordinaire plus vite qu'en cherchant le résultat tout fait dans un livre. Je me suis dit : le pied cube «le fer pèse 480 Ibs., donc une tranche d'un pouce d'épaisseur ou d'un douzième est de 40 Ibs — Donc encore une même tranche d'un pied carré pèsera, s'il a ^ \jouce, 2(J Ibs. ; ^ de pouce — 10 Ibs, 1"5 Ibs., ,L— 2^ Ibs., s'.*— U Ibs., et ainsi de suite. Alors il n'y a qu'à voir quelle fraction de la largeur a, d'un pied, celle de la bai're à estimer, pour arriver de suite à son poids.
163 — Pour la fonte de fer, déduisex un
qiiiiizièiiie ou ûter b% à 7% sur le poids du fer. Pour le plomb ajoutez biY/o ou la moitié au poids du fer. Pour du fer rond prenez la moitié de celui du carré, puis le quart et un septième de ce quart.
163 — Le plus afireux mot qu'ait emprunté jusqu'à présent, le français de l'anglais est le mot " interviewé" (avoir une entrevue avec quelqu'un, le voir» lui poser des questions, rédiger ses réponses). Il semblerait suffisant pourtant de dire — un tel a été vu par un tel à tel sujet ; mais il est vrai de dire que c'est substituer tout une phrase à un seul mot, et que la tendance s'accentue de tout dire, écrire surtout, en aussi peu de mots que possible. Mais attendons, peut-être trouverat-on un jour un mot acceptable.
16J — Pourquoi cescouleurs voyaiiîes lioîjt ou afliible la personne du Saui'enr ass i:si'din des Oliviers, où il est à prier, à faire pénitence pour les faibles du genre humain. Où nos arlistos, nos peintres prennent-ils le motivé de ce bleu, cette écai'late. La prière, la pénitence portent aux couleurs sombres, et c'est de ces couleurs que chez nos frères séparés, on habille le Sauveur du monde. Je compiends
que le Sauveur après la condaaination de pilate ait porté jusqu'au calvaire le manteau écarlate dont l'affublaient les Juifs en signe de dérision, de moquerie, ou jusqu'à ce qu'on le lui eut arraché du corps. D'ailleurs si au jardin des oliviers, le Christ était déjà vêtu de rouge, pourquoi lui aurait on mis un autre vêtement de même couleur. Marie Corelli dans son " Barabbas " habille le Sauveur en blanc dans sa scène du Calvaire.
165 — Je favorise le " Lynch law '' quand
on est sur de son homme. L'homme qui vient de commettre un crime est encore dans un état d'excitation et dans cet état soufïre moins de la punition qu'on lui intiige. D'ailleurs les délais d'un procès sont toujours cause d'une intervention sentimentale qui n'a point sa raison d'être et qui met en danger la certitude que justice se fasse. On n'a que trop vu de ce sentimentalisme de la part de femmes qui ont écrit à des scélérats de la pire espèce, meurtriers, leur envoyant même des bouquets de fleurs.
1 66 — Point de commisération pour qui perd sa vie au combat ; mais les martyrs de la reli^j^ion devaient iiorribiemcnt souffrir, si Dieu ne leur venait en aide, leur profession de foi ne leur
permettant point de s'exciter à la haine, de se passionner de rage contre leurs persécuteurs, leurs bourreaux.
isy — Quand on a appétit, on est porté à avaler tout rond, ou sans mâcher, pour combler de suite le gouffre de l'estomac ; mais lorsqu'on a peu de viande, on peut tout de même en jouir, la savourer comme si on en avait dix fois plus, en n'en prenant que grand comme une noisette à la fois, et en la mâchant longtemps, ce qui la retenant au palais nous en laisse le goût prolongé, et fait le même effet sous le rapport de la satisfaction gastronomique que si l'on en avait ingurgité une plus forte quantité sans se donner le temps d'y goûter.
16§ — N'est-ce pas plutôt la crainte que l'amour de Dieu qui nous porte à la dévotion, à aller à l'église : " Eh bien, mon enfant lui dit sa mère en sortant de l'église, maintenant que tu as entendu le service, quelle est la partie que tu aimes le mieux — cette partie ci, maman (la partie où on s'en va). Mais beaucoup y vont pour voir et être vus ; pour y rencontrer, allant et venant des amis et fiiire la jasette ; pour le plaisir, le besoin de sortir, faire une
marche, une promenade, se délasser j souvent dans l'espoir d'un bon sermon, Vl'un prône instructif, intéressant, d'avis utiles ; de sorte qu'à tout eonsidérer, si les raisons qui nous engagent à y aller, ne sont pas absolument orthodoxes ou pui-ement dévotieuses, elles n'en sont pas moins d'ordinaire assez méritoires.
169 — Les ministres de religion, quelques-uns d'entre eux au moins ne pratiquent pas ce qu'ils prêchent. En effet les jalousies, médisances, calomnies, le mauvais vouloir entre institutions cléricales diverses, collèges, couvents, asiles, etc., ou entre internés d'une même institution sont souvent de beaucoup plus intenses, plus acerbes, plus accentuées qu'entre laïques.
170 — L'Eg:lise se donne toujours l'air de ne jamais céder à l'Etat, le curé à ses paroissiens, l'évèque à ses diocésains: Qu'il s'agisse par exemjîle du renvoi d'un curé. La décision peut être s'en fera de suite, mais on ne s'exécutera que 6 à 12 mois plus tai'd pour qu'on puisse dire : " peut-être n'est-ce pas parce qu'on là demandé, mais pour une raison intervenue depuis.''
— Gl —
171 — L.es cléricaux vcMilciit que ce soit ou " i'Eg^iise et i'Eta! " oa •' l'Etat dans
i'Eg:lisc " — jamais le contraire. Un des moyens de s'affirmer à l'air d'être celui de faire faire par un laïque ou une personne vêtue en laïque, le service de valet ou de domestique, comme celui de porter sur un tabouret les souliers ou pantoufles de l'Evêque, l'oreiller sur lequel il doit s'agenouiller, et en l'absence d'un séculier pour faire ce service, on habillerait un clérical en civilien pour avoir l'air de l'aire servir l'Eglise par l'Etat. Rien en cela de repréhensible cependant : ce n'est que «le la diplomatie ecclésiastique.
172 — ITIoyen «le faire taire quelqu'un qui vous en veut : renchérissez sur ce qu'il dit ou écrit de vous. Le journaliste C. accusait M. E. de passer ses veillées à brûler le gaz de la Corporation à donner des cours à ses élèves. C'était faux, jamais il ne leur avait donné de leçons ailleurs que chez lui — mais il s'est gardé de le nier, car qui s'excuse s'accuse — Au contraire M. E. de lui répondre par la presse. " Oui c'est vrai, je le fais et ai l'intention de continuer de le faire." Ça le ferme net.
173 — C. était accusé, l'on s'en rappelle, d'avoir
enlevé, à son profit, d'une bâtisse où le gouvernement les avait fait poser pour lui servir durant l'occupation de l'édifice, des manteaux «le clieiikinées eu marbre, des rideaux «le «lauias. Un jour il accuse sur son journal M. E. de permettre à un sous inspecteur de voirie de vendre à son profit les cendres, les fumiers, les bouteilles vides d'encre. M. E. lui répondit, jjar la voie de la presse, que si lui C. (pardon : l'Hon. M. C.) n'avait jamais rien vendu de plus profitable que cela, il ne serait pas aussi riche qu'il l'était dans le temps, ajoutant pour faire saisir ce à quoi il faisait allusion : " Je ne m'accoude point à vos manteaux de cheminées pour me donner la force de vous le dire — je ne m'en cache pas davantage derrière vos rideaux — Je n'ai pas besoin non pli's, lui dis-je, quand je veux réussir à quelque chose, de me faire mordre les oreilles— ceci était pour lui rappeler un tête à tête derrière une cloisson où, elle de lui dire : mon dieu depuis une demie-heure que vous êtes là, allez vous finir, et lui de répondre — " mors-moi les oreilles."
174 — Il est toujours facile «le tro3U|>4>r les g^ens «le bonne foi, en leur faisant payer le haut prix, comme le fait le marchand qui commence à coter ses effets audessus du pair pour leur faire subir ensuite un rabais simulé de 20 à 40 pour cent.
175 RoikIii à Piiris, .rai cru que je ii*cit
«léiiiorderais point de mon café le matin,
thé le soir — mais au bout de huit jours j'étais tellement fait au vin en mangeant ; que revenu en Amérique j'ai eu à me faire effort pour m'en déshabituer — Les Français ont raison : le vin au repas, le café au lait avec un gâteau, le café noir avec un pousse café après le repas, la bière en fumant — rien de sucré avec la viande. C'est aussi le témoignage de Artemus Ward, dans sa revue de ce que dit Bourget des américicains. Si ditil, nous persistons pour un breuvage que personne n'aime que nous, on n'aura pas été un mois en Europe sans en perdre le goût ; et on n'a pas remis le pied sur le sol natal, en hiver ou été, qu'on en reprend de suite l'habitude.
170 — PieiircB- <-oiniiie rice e»»t bon pour les pouinoïi^ — J'ai l'habitude tle dire " laisse-le donc pleurer, ça lui fait du bien — mais ma femme n'est pas de cet avis :" Sans-cœur qu'elle me dit, laisser pleurer un enfant comme çà.
177 — J'écris, je calcule, je travaille au milieu du bruit le plus épouvantal)le ponrvii que ce soit nii bruit irrég^ulier, comme quand les enfants font le
plus beau vacarme ; tandis que le plus léger bruit d'une nature régulière me désarme : comme quand quelqu'un siffle ou turlute un air, fait jouer ses doigts sur la table ou le bout de sa canne sur le plancher ; pis encore qua.nd on fait le petit bruit du froissement des feuilles d'un livre entre le pouce (l'index) et le doigt.
17§ — Plutôt que ne rien dire quand on achète à crédit, mieux vaut laisser croire que ce n'est pas de sitôt que l'on payera. Rien ne contarie autant que de se faire remettre quand on s'attend à un paieanent immédiat ; lorsque, au contraire, le créancier vous attendra un an, deux ans même plutôt que de ne pas vous vendre, pourvu que vous lui fassiez savoir avant l'achat que vous ne sauriez le faire au comptant.
179 — Avant se rog:ner les ong:les, se laver les mains, les pieds : ceci amollit la substance de l'ongle et fait qu'on le coupe sans en partir des éclats qui en défigurent la silhouette. Avant se raser, se laver le visage au savon, se savonner les mains et s'en frotter le visage. Une ceinture ou courroie de corps eu cuir vaut mieux que tout autre chose pour affiler le razoir, car on y passe la lame à longs traits.
180 — J'ai fait faire une blouse, elle était trop courte. Pour se donner l'air d'en avoir fait une autre, le tailleur me la renvoie au bout de huit jours et me fait dire qu'il viendra me l'essayer — Je savais qu'il ne reviendrait point, mais le dire était pour lui un moyen de me laisser croire qu'en efiet il en avait fait une autre.
181— J'avais 60 ans lorsque, à l'occasion d'une crampe au mollet, je m'avise de me ramener, retrousser l'avant-pied vers l'avant-jambe. La crampe de cesser aussitôt et c'est depuis lors, un remède qui ne m'a jamais failli, mais sauf à persister tant que dure le mal. Une vieille dame me disait entourer sa jambe d'une courroie, une corde.
182 — Le plus mortifiant pour un homme qui parle ou écrit contre vous, est de ne jamais y lairc
allusion, jamais lui répondre ; en un mot avoir l'air de n'en faire aucun cas, car le mépris du silence est le plus dur à digérer. Un autre moyen est, tout en fei gnant de l'ignorer, de faire du bon à votre homme. Il en devient humilié, jaloux de votre force de caractère tout en vous haïssant à cause d'une vertu qu'il ne possède point.
1S3 — liicoiig^i'iiitc «les choses liuiiiaiiies :
Pendant que l'Ingénieur des ^lonts et chaussées de Québec subissait une enquête i^our avoir osé écrire dans les journaux contre le loyer exorbitant qu'il s'agissait de payer aux propriétaires, locataires du quai Napoléon pour droit de voie au quai Champlain, les citoyens par centaines le félicitaient sur la voie publique de son attitude indépendante à l'endroit des intérêts du peuple.
184 —Le gérant de l'Aqueduc et l'Ingénieur, le mieux en' moyen d'en juger, avaient conclu, (sur demande par le comité de l'aqueduc d'un rapport à ce sujet) sur le prix à payer pour droit de voie (déjà payé une première fois en 1853 mais non enregistré) au tuyau d'eau sur une lisière de terrain à St Sauveur. Leur évaluation était de quatre fois par pied le prix moyen de la propriété entière avec les bâtisses dessus. Le demandeur, électeur ^^ influenf" non satisfait, réussit à faire envoyer au conseil une recommandation de lui payer $1500.00. La corjioratiou refusant de se rendre a l'évidence, l'individu poursuivit la ville et au lieu de $1500.00 ou même des $200.00 recommandé par les ingénieurs, eut gain de cause pour §ti0.00 et les frais. Nominalement la corporation avait perdu le procès, comdamnée qu'elle l'était à en payer les frais. Puis
les amis du demaudeui' de dissimuler leur déconfiture sous cette assertion " La Corporation a perdu son procès," les sincères qu'ils étaient, comme si et sachant fort bien que payer $6i).00 de capital et $200.00 de frais, valait mieux que paj^er 11500.00 de capital avec ou sans les mêmes frais.
185 — De même que la mouche qui pi<jue l'écorce du chêne, détermine en cet omlroit une concentration de tanin, attiré des parties voisines pour y former la " noix (dite) de galle " ; de même la sim[)le piqûre ou attouchement d'une mouche <loiaestique, motive autour du point atteint, une centralisation électrique, physique, chimique ou autre, produisant une démangeaison qui vous l'ait invariablement porter la main à l'endroit attaqué, pour i'rotter, frictionner l'emplacement du mal et le faire cesser en le décentralisant, en le forçant à s'étendre par ditiusioii sur un espace de plus grand rayon ; cou^me quand on noie une goutte d'alcohol dans un verre d'eau. Voilà, un exemple du luassa^e «le nos jours.
186 — Je donne à ma sœur un léger soufflet, et pour valeur reçue. Elle exagère à son père l'affront que je lui fais. Le père muni d'une forte corde à plusieurs
replis m'en chatouille le dos. Le feras-tu encore qu'il me dit ? et moi conscient de mon innocence, de répondre carrément " oui " — seconde batterie, même question, même réponse — troisième assauit du père sur son tils endurci, récalcitrant ; il (le père) fesse plus fort que jamais, et s'essoufle, pendant que, les bras croisés, je ne bronche pas. De guerre lasse, mon père, en désespoir de cause, abandonne la partie, s'en retourne en souriant et se disant, je parie, " Ça c'est un brick." Il m'aurait taillé à coup de couteau qu'il ne m'aurait arraché une larme ; tant il est vrai de dire que quant on est excité ou dans le droit on ne sent
rien.
187 — Ne pas être assez confidentiel (comme je disait de E à un ami, le premier ministre d'alors), voulait dire " ne pas empêcher le contracteur de voler le gouvernement, le pays, pour lui permettre de s'enrichir, afin de souscrire largement au retour de ces messieurs au pouvoir; et le grand péché de M. E. celui qui lui a vallu sa feuille de route lorsqu'en 1863 il était préposé à la construction des édifices publics à Ottawa, est celui, lui un simple employé, d'avoir écrit au ministre des travaux j^ublics de l'époque "aucun homme, aucun gouvernement, ne peut sanctionner de semblables prix, sans être voué à l'exécration du ^pays " (textuel).
.188-'H y avait de quoi (187) Dessaules le fit coqapreiuire plus tai'd dans son attaque sur Cauchon à l'endroit de " La tour centrale "' J'avais toujours coHipris et admis qu'avec les coaitracteurs du gouver. neroent il fallait être libéral et pour cause — 50 pour cent, cent pour cent de plus eut été peut-être pardonnable ; mais quand on demandait mille pour cent, c'était trop fort. Mon Dieu que le pauvre peuple est pillé par ses gouvernants. .Je n'exagère point : quand il s'est agi des tranchées pour les conduits souterrains de ventilation, on a payé (avant moi) .f .5.00 la verge pour extraire un roc qui l'eut été suffisamment à $1.00 dans des excavations aussi larges, et qui l'aurait été même à zéro, puisque c'est ce mêmeroc qui servait à faire la maçonnerie des conduits, que l'on payait à plus de cinq fois la valeur de la toise.
189 — Les édifices pabiics à Ottawa — ceux du gouvernement — étaient payés, pour ce qui est de la brique (item de plus de 7 millions de briques) à raison de 20 brique le pied cube — C'était déjà 10% de trop, puisque 51 mesurages faits à autant d'entlroits diUerents ne donnaient en moyenne que 17^ briques au pied. Eh bien, messieurs les contracteurs voulaient en avoir 22 au pied. £at-il étonnant alors qu'ils eu étaient
arrivés d'un seul trait à $260,000.(J(J d'extras, composés d'items comme " ferrures de toiture à 12^ centins la livre au lieu de 2^ c. (valeur réelle avec 20% de profit,) croisées d'hiver à ^1.25 le pied carré pendant qu'on s offrait de les faire à Québec, à Montréal à lUcts. le pied (13 fois la valeur). Enlèvement des cintres des conduits à air à 75 c. et à $1.12^ le pied lin. dont le coût réel avait été de 5 centins le pied lin.
190 — Scène instructive entre le contracteur en chef des Bâtisses départementales à Ottawa et un architecte de Québec, préposé à ces travaux. — II s'agit de l'enlèvement des cintres des conduits ventilateurs souterrains. Le premier mendiant d'Ottawa eut été content de le faire pour le bois dans ces milliers de pieds lin. de cintrage. M. B- leur demande un prix, avec le résultat ci haut (No. 189) de 75 centins le pied pour les cintres plats ou à segment, $1.12^ pour les demi-circulaires — largeur de 2 à 3 pieds — J'avais estimé à $200.CH» leur enlèvement total. Impossible, sans insulter un homme, lui offrir la dime de ce qu'il demande. Nous concluons, les trois architectes en charge MM. Page, Ing., Fuller et l'auteur, d'ordonner à ces messieurs de procéder à faire cet ouvrage " à la journée." Le contracteur susdit
arrive en fureur à mon bure<au— M. B. dit-il en frappant sur la table pour accentuer ses paroles, " faire cet ouvrage à la journée, ça n'a j^as de bon sens, ça va prendre plus d'un an — Mais monsieur, en face du prix exorbitant de votre soumission, nous y sommes forcés. Le gouvernement, reprend M. H. sait que nous dépensons de l'argent dans les élections, le gouvernement ne nous demande pas qu'on travaille pour rien, " The government does n't want any cheese paring " ; certainly not M. H.; but wliesi the riiid is tliicker tliaii tlie clieese, such paring becomes necessary." Pour couper court ; ces messieurs firent l'ouvrage tel que voulu et — le tout se monta à :î;222.0(J pendant qu'aux prix demandés ça se montait à $2,60U.U0 et remarquez qu'à ce chiffre même de î222.()0, les contracteurs empochaient encore plus de 2(XJ% de profit, puisque ils y employèrent trois gamins à 50 centins par jour (juste, ment ce qu'il fallait pour de semblables conduits de 2 à 3 pieds de hauteur) pendant qu'ils recevaient de nous pour un charpentier à $2.00 par jour et deux journaliers à $1.00 plus 20 ^ de profit $4.80 où ils ne payaient que $1.50. C'est instructif n'est-ce pas ; et il en est ainsi de tous les gouvernements : bleus, rouges, cailles ; mais pas toujours, espérons le, sur une semblable échelle.
191 — Cynisme d'un Journaliste interpellé
par un tiers au sujet de ce qu'il écrivait pour faire éliminer un liomme d'une position où il était de l'intérêt du pays de le maintenir, mais contre les intérêts des contracteurs : Pourquoi C, écrivez vous contre B. et lui de répondre "je ne crois pas un seul mot de ce que j'écris contre B., mais je suis forcé de le faire, c'est mon métier de journaliste du parti qui me l'impose, et d'ailleurs je suis payé pour le faire, c'est comme çà que je gagne ma vie. En eflet il recevait $10,000,00 pour le faire, afin qu'on m'éliminât pour que je ne fus pas entendu comme témoin dans l'arbitrage qui allait avoir lieu sur les $260,000.00 d'extras alors pendants ; car B. parti, les contracteurs avaient champ libre, son associé à Ottawa, excellent architecte, mais ne con. naissant rien à la valeur des ouvrages.
192 — Il n'y a pas que les gouvernements qui soient passibles d'extravagance, de dépenser mal à propos l'argent du peuple, en payant de forts subsides pour se faire réélire — les iiiiiiiicipalités eu font autant. Il s'agissait d'un droit de voie, continuation d'un prolongement de rue qui avait coûté, dans la partie la plus commerciale de la ville, là où les terrains étaient de la plus grande valeur, $2.50 le pied carré y compris les bâtisses dessus construites. L'Ingénieur avait fixé à $500 le loyer annuel maximum à i ayer — on
fait rapport pour $1250.00, ne vo3'^ant pas que les futurs experts ou arbitres de la valeur du terrain n'auraient rien de plus pressé à faire qu'à capitaliser à 5% et dire, c'est le chiffre même établi par la ville, soit $10.14 le pied contre $2.50 et en un endroit où il n'y avait pas de bâtisses pour accentuer la valeur du ter. rain. Voilà ce que sous le système représentatif, ça coûte au peuple pour se faire gouverner par des hommes de son choix.
193 — Dans une enquête ou les accusateurs sont les jug'es, la vérité n'est pas lons'tentps à percer. Un ingénieur de ponts et chaussées en a subi une de la sorte où il avait par la voie de la presse mis le peuple à même d'apprécier la situation. Il aurait pu répondre, il est vrai "je suis l'auteur de cet écrit, ce n'est pas cependant en qualité d'ingénieur de la ville que je l'ai fait, mais comme citoyen et contribuable j'avais le droit de le faire, et l'on n'a rien à y voir en ma capacité officielle. Il a préféré pour emijêtrer ses ennemis laisser procéder l'enquête. Aussi, l'assistance, par la persistance de certains à le trouver coupable d'une accusation de " boodlage " ne mit-elle pas de temps à en apercevoir le motif et les enquêteurs ayant honte de leur sale
besogne, abandonnèrent la partie, quand pour tout le monde il était évident que l'ingénieur avait eu raison.
194 — Pour arrêter, retarder l'incarnation des ongles des doig^ts du pied (orteils) laisser tremper pendant une heure les pieds à l'eau chaude — Lire pendant cet intervalle pour ne pas trouver le temps long — Attaquez l'ongle pardessus avec un canif, réduisez le d'épaisseur pour arrêter la croissance ; puis avec l'ongle du doigt, retroussez la partie incarnée de l'ongle de l'orteil et vous finirez par l'éliminer.
19'5 — Idée de la g^rosseiir du soleil : la lune est à 240,000 milles (80,000 lieues) de la terre -le diamètre du soleil est de 830,000 milles. Supposez le centre du soleil fixé au centre de la terre — alors non seulement sa paroi extérieure, sa surface atteindrait la lune, mais elle la dépasserait d'autant, et s'étendrait à 200,000 milles au-delà de la lune. D'ailleurs le soleil est de 1,400,000 fois plus grand que la terre et lOOO fois plus grand que toutes les planètes mises ensemble.
196 — Un mille marin, nautique ou g:éo-
g^i'a.pliique, ou ce que l'on appelle un ii<BUd est
une minute d'espace ou la ôOème partie d'un degré — Or il y a SGO** (degrés) dans la circonférence — donc multipliant par 60 on a 21,6(!)0 milles nautiques tlans la circonférence de la terre. Les milles sont en moyenne de 6076 pieds (le mille ordinaire est de 5,280). Je dis, en moyenne, car la terre est de 29 milles plus petite ou de moindre diamètre aux pôles qu'à l'équateur. Donc une seconde d'arc (60ème partie d'une minute) est de 100 pieds à peu près; donc une différence ou erreur d'une seconde en latitude ou en longitude d'un lieu sur la surface de la terre, le déplace de 100 pieds sur la carte géographique.
loy — Nombre de minutes dans 24 heures — 1440 puisque 24 fois (nombre d'heures dans une journée) 60 minutes par heure donne 1440. Puis le nombre «le secondes dans 24 heures est de 86,400 ; car 1440 minutes multipliées par 60 secondes jjar minute donne ce chiffre.
19S — La vitesse des vapeurs océaniques
atteint aujourd'hui 22 nœuds à l'heure, (près de 26 milles ordinaires) soit 37 pieds par seconde ou 2223 pieds par minute — Deux vaisseaux venant à la rencon-
tre l'un de l'autre s'approchent donc avec une vitesse de 74 pieds par seconde ou de 4456 pieds par minute — près de 4 cinquièmes de mille — Cette vitesse s'aocroit toujours et les vapeurs franchiront bientôt l'espace à raison de i ïnille à la minute, ce qui donnera une vitesse de rencontre de un mille par minute ; voir donc la précaution à prendre sous une semblable vitesse pour éviter les collisions en mer.
199— Les portes des comi^artiments, ou cloisons de séparation en sections, d'un vaisseau océanique, au lieu d'être à niveau de fond de cale ; ce qui ne donne pas le temps de les fermer, lors d'une irruption d'eau dans un cas de collision ; devraient être à plusieurs pieds plus haut, avec degrés de chaque côté pour en racheter la différence de niveau. Ce serait sans doute un inconvénient d'avoir à monter et descendre ainsi pour passer d'un compartiment à l'antre, sauf une passerelle à jour au niveau voulu ; mais tout avantage est accompagné d'un désavantage et d'ailleurs le jeu en vaut la cliandelle.
200 — Quand le potage (la soupe) vient sur la table, demandez tout bas au garçon s'il y en a eiteorc, alin^ue cliacun en ait. Ce pauvre L.
a été bien contrarié un soir cnez G. qu'il lui en manquât 3 assiettées pour faire le tour, et vu surtout que ce qu'il avait servi de trop eut abondamment comblé la lacune. Il est de même difficile de trouver de quoi pour 20 à 40 personnes sur une dinde — suivant son poids — mais la chose peut se faire en y faisant attention. Je l'ai fait au château R. tout en me réservant la mitre, les sot-1'y-laisses, et les rognons pour me récompenser de mon adresse, me dédommager de mon inquiétude.
SOI — Peler une pomme, un fruit non cuit, çà se comprend, mais d'une pomme cuite, d'une volaille, la pelure, la peau est la partie la plus déli cate. A plus forte raison donc faudrait-il déjeter la peau d'une patte de cochon, d'une tête de veau, d'un éperlan, d'un maquereau. Ce serait à ne pas y croire, car la partie de l'animal la plus sensitive au toucher l'est de même au palais.
203 — A lii campag'ue il est rare qu'on entende parier d'une assiette chaude au dîner, d'une soupe qui soit quasi bouillante comme elle doit l'être, d'une tasse de thé qui ne soit pas absolument tiède — Faut prévenir cela en en faisant venir
l'apropop — alors de dire : ce que j'adore c'est une assiette qui ne fait pas figer la savice, du thé boniliant, un potage sortant du poêle.
203 — Je passe à tort pour une "bonne fourchette." C'est que malgré que je ne touche ni à la " fale " (l'estomac), ni aux ailes, ni aux cuisses d'une volaille, j'entasse sur mon assiette les os de la carcasse que je m'amuse à dépouiller — alors on a l'air d'avoir tout mangé. J'en fais autant pour les côtelettes dont je donne aux enfants les parties charnues pour ne me réserver que les os. Ça me fait trouver le temps moins long'.
204 — On ne Joue aux poisson - d'avril qu'avec ses ég^atix, car un supérieur ne le tolérerait point et un inférieur craindrait de vous en faire autant — et encore faut-il que ce ne soit rien de désagréable, pour ne pas être blessant.
205 — Un ancien hôtelier du Victoria, à Ottawa, (1863) nous servait souvent du pseudo-steak fait de tranches de " roast beef " froid, prise dans les parties peu cuites — C'était le cas de dire avec Boileau dans
son " Lutrin " un diiiei* récliaiiffé ne valut
Jamais rien.
206 — De deux personnes, assez souvent, chacune ci'oit ou s'imagine que l'autre ne la i-eg:ai-de
point parce qu'il se croit plus que lui, soit par ses richesses, ses talents ou sa position sociale ; car chacun d'eux, peut-être, touche par un bout à la haute société et par l'autre à la basse. Ce n'est d'ailleurs qu'après 10 à 20 ans, quelques fois, qu'elles auront l'occasion de s'en expliquer mutuellement.
207 — Il est drôle, tout de même, dans un cas de mariage, de baptême ou de sépulture, etc., que par orgueil il faille cacher la vérité au point de taire le nom du père, de la mère, pour dii'e " il est ou était cousin ou oncle ; elle, tante ou cousine de l'échevin un tel, de tel capitaine de milice, membre de parlement, homme de profession ou autre. On voit ça tous les jours sui* nos Journaux.
208 — AtTectez «le ne pas voir si quelqu'un fait quel(iue chose que vous, à sa place, n'aimeriez point qu'on vous vit faire, comme de renvoyer après
avoir troj) bu ou mangé, ou bI vous le voyez soufleter, ou l'entendez insulter.
209 — Qu'on ne vous voie jamais dans l'acte d'enlever de votre potag^e, un cheveux, une insecte quelconque. Si le dégoût vou.s en prend, donnez vous seulement l'air de ne jjas avoir appétit, afin de n'en point d'égoûter les autres.
210 — Si vous voulez qu'on ne voie |>oint vos chaussures crottées, votre faux-col démoralisé, regardez fixement à l'œil même de qui vient à votre rencontre, pour le forcer de vous regarder lui aussi. Faut bien quelquefois jouer de ces petits tours là.
211 — Si on a l'air de trouver des raisons pour un pont sur le St-L.aurent au C'aroug:e
— C'est que pas un de ceux qui s'en sont occui^és jusqu'à présent, autre que l'ingénieur des ponts et chaussées de la cité, n'a pu concevoir le moyen de le construire en face de la ville dans une semblable profondeur d'eau (160 à 180 pieds). En effet, il ne suffit pas d'être ingénieur au point davoir construit quel-
ques sections d'un chemin de fer et quelques ponts ordinaires, pour en donner l'idée, et cela surtout quand on n'a fait aucune étude de génie pour se motiver un diplôme.
312 — Il est peut - être providentiel que cimque invention ou découverte soit attribuée en même temps à tout autre ou au moins
à un ou plusieurs autres qu'au prétendu auteur
lui-même ; comme pour nous faire comprendre qu'on n'a rien en ce monde qui nous soit absolument propre. C'est ainsi que l'on conteste l'inventeur, le découvreur de la machine à vapeur, du téléphone, le constructeur du premier vapeur qui ait traversé l'Atlantique, le premier découvreur de l'Amérique, etc.
213 — En vacances à St-Joachim, avec un compagnon de classe du Séminaire de Québec — c'était un vendredi — La femme de pension de nous demander combien elle nous ferait cuii'e d'œufs. Un la regarde, on se regarde, nous nous regardons, elle attend. Habitués que nous l'étions, à la maison, chez nos parents, à se contenter chacun de deux œufs, on se demandait mentalement si elle ferait les gros yeux si on en disait ti'ois — Elle semble deviner notre pensée et finit par
dire *» une douzaine je suppose " et nous de dire d'un élan simultané : ah ! oui, madame, ça va faire, tout comme si elle n'eut pas dû été surprise qu'on en eut demandé deux fois autant.
214 — Chez demoiselle M., à 8te-Anne, j'ai été à l'avance relevé de toute anxiété quand au nombre d'œux qu'elle me donnerait ou que j'oserais lui demander. Quand elle m'appelle à déjeuner, oh la bonne âme! elle m'avait mis Iti œufs et 12 bouts «le boudins. J'en ai mangé deux de chaque en la bénissant de ses largesses.
215 — On vous fait jurer en Cour de dire " la vérité, toute la vérité et rien autre chose que la vérité." C'est très bien pour la première et 1^ dernière partie de cette injonction : " la vérité '' — " rien autre chose que la vérité" ; mais pour " toute la vérité " n'y comptez jamais, la justice est aveugle et aime à le demeurer — on ne vous permettra jamais de dire " toute la vérité," il y aura toujours un côté qui s'y opjjosera, peut-être même les deux-
216 — Le cas s'estil jamais présenté (voir No. 215)
où, si un témoin, à qui on a fait jurer de dire " toute la vérité," persistant à la dire, la cour lui ait permis la chose, malgré le désir d'un des avocats ou des deux à ce contraire. D'ailleurs si un témoin disait "j'ai juré, vous me faites jurer de dire " toute la vérité " et bien maintenant, j'insiste à la dire," et s'il insistait quel droit aurait-on de l'en empêcher. C'est pourtant comme cela et non autrement que la vérité se connaîtrait. Mais encore une fois, les tribunaux seiiibieiit plutôt faits pour la suppriuier, la dissiuiuler.
217 — Une chance que ce n'est pas d'hier (il y a 40 ans) que j'entends (tous les jours autant que i)ossible) une basse messe — les gens diraient ''quand le «fiable devint vieux, il se fît moine. — [1 vaut autant d'ailleurs que ce soit ici que je fasse ma profession de foi, et à cet effet je dirai que je ne fais jamais, je n'ai jamais fait de promesses, crainte d'y manquer ; et ça lie un homme d'une manière souvent fort contrariante. C'est à ce genre de vie, qui me fait lever matin (5^ heures in été, 6^ heures en hiver) et coucher tard (de minuit à une heure du matin, souvent plus tard) que je travaille IS heures, sur 24, pour en 4onner 6 en moyenne au sommeil.
218 — Je viens de dire (217) que je ne fais jamais de
promesses ; mais c'est pas tout à fait vrai Je partais
assez souvent pour St-Michel (17 milles de chez moi à chez moi) je me promettais de m'y rendre à pied. En route un ami, un paroissien m'offrait de monter dans sa voiture. Xon lui disais-je, j'ai promis d'y aller à pied et je suis trop oi'g:ueiileiix pour manquer à ma parole.
219 — Je disais (217) que jamais je ne fais de promesses, mais à 70 ans, et pour la première fois de ma vie, j'ai été pris d'une sciatique inquiétante — Je fis alors sur suggestion de ma femme, une promesse : celle de me passer de déjeuner tous les vendredis — c'est drôle si vous voulez ou ce ne l'est pas, mais ma sciatique disparut du coup et ne me revint jamais.
220 — Le roi de Sidon, Erhmun Nazar fit écrire sur son sarcophage — " prohibition d'enlever son corps, sa momie, sa bière de l'endroit de sa sépulture, sous peine d'extinction de lui et de sa famille, à quiconque le ferait." L'Archéologue, duc de Luynes en 1861, alors dans l'Est, fit transporter la momie sur la corvette française 'La Sérieuse ' en destination de la collection
d'antiquités du Louvre. Son fils âgé que de 30 ans mourut assez subitement, sa jeune femme (la 2nde du duc) naourut après quelques heures de maladie ; son petit'fils — seul survivant de la famille — fut tué à la bataillé d'Orléans en 1870 — Le roi de Sidon avait dit vrai. Loiuis Napoléon alors au sommet de sa gloire attrait poi faire replacer le sarcophage en sa sépulture première — Il ne le fit point, il devenait donc, en le gardant au Louvre, solidaire de l'action du duc de Luynes. Toutes sortes de malheurs l'atteignirent, il mourut en exil en 1873, en 1879 son fils fut tué par les Zulu — Ainsi s'accomplit la prédiction cl« Erkniun IVazai*, de tant de siècles passés. Je crois à cela : l'on ne profane pas ainsi impunément le tombeau, et surtout en face d'une semblable injonction à ce contraire.
221 — Comment les nonvelles se répandaient avant l'invention, la découverte de Outemberg; : on les disait à une femme, celle-ci à une foule d'autres femmes, ces dernières à autant de groupes de la même persuasion, et de là crescendo, la nouvelle envahissait la ville, le monde.
* * 3^2 — lieux individus arrivent afTamés au
" camp "—il n'y a qu'un poulet — ça ne vaut pas la peine de partager ça — Convenu que celui qui fera le plus beau rêve mangera le poulet au déjeuner ■ — l'un deux se lève, ne trouve plus le poulet, pourtant dit-il à l'autre c'est certainement moi qui ai fait le plus beau rêve — quoi donc lui dit le premier — j'ai rêvé que je montais au ciel, et moi j'ai rêvé que je te voyais monter et je me suis levé pour manger l'oiseau,
223 — Un individu intente un procès à la ville, pour bris du soufflet de sa voiture contre un poteau de lumière électrique. Remarquez que le poteau est à huit pouces endedans du trottoir. Jugement allait être rendu contre la ville, lorsque je m'avisai de suggérer à nos avocats que, si le poteau eut été un individu et que le soufflet en lui frappant la tête l'eut estropié, c'est ce dernier qui certainement aurait eu gain de cause, contre le soufflet alors incriminé, pour avoir empiété sur le trottoir — voir comment le point de vue sous lequel on env^isag^e une chose, peut influer sur le résultat.
224 — Un autre cas de Cour de Recorder.
La police (un municipal comme l'on dit à Paris) trouve
un homme et sa femme en amour sur nos ramparts. La Cour allait les condamner pai-ce qu'ils n'avaient point cherché à se dissimuler — Au contraire, dis-je au juge : c'est qvie couchés on eut pu les surj^rendre, tandis que assis, ils voyaient venir et pouvaient à l'instant se séparer.
225 — Comme le fait voir Ward dans sa revue de ce que pense Boiirg'ctt du peuple Américain, le dogme que le Français est le seul peuple chaste au monde, n'a aucunement sa raison d'être. Ward dit qu'il y a longtemps qu'il est à accumuler des doutes à ce sujet. Ce dernier précepteur (Bourget) ajoute-t-il, a laissé échapper une remarque qui, quand je l'ai lue a renouvelé mes soupçons " Dans notre haute " existence parisienne par exemple a-t-il dit, nous " faisons bénéficier les arts, le luxe, la luxure, la dé- " bauche même de toutes les puissances, de toutes les " faiblesses de l'âme française."
226 D'ailleurs encore, comment le peuple français peut-il vanter sa continence, lorsque son 'mariage de convenance,' où il ne peut d'ordinaire y avoir de véritable affection, réduit tant d'hommes qui en ont le moyen, à la nécessité d'avoir
une maîtresse : tant de femmes à se donner le luxe
d'un cavalier.
227 — .Je vois dans un journal scientifique français le mot anglais " feeder " ; or le français qui dans le cas d'une rivière tombant dans une autre, emploie le mot tributaire, peut tout aussi bien se servir de ce qualificatif quand il s'agit d'un chemin de fer succursale d'un autre, et traduire feeder par l'un ou l'autre de ces deux mots.
2S»§ — ITIalade et ne voHlant pas être à ciiarg'e aux autres un feu de poêle ou de grille voue permettra de disposer des os et autres déchets. Un guichet ouvrant sur une basse-cour ou un fouillis d'arbres pourrait également vous être utile.
229 — "Voilà un verre net" qu'il le soit ou non — votre déclaration suffira pour empêcher qu'on l'examine de trop près. On peut le dire d'ailleurs d'un verre qui n'a reçu que de l'eau — De même d'une assiette qui n'a reçu qu'un gâteau sec et à laquelle on a donné en passant un coup de serviette.
a^O' — Un jour à la cour de " Recorder,"' il était dix heupea et demie et le juge n'avait pas encore fait acte de présence — Un " prisonnier à la barre " tire sa montre, et fait à haute voix la remarque " Il est dix heures et demie, et le juge ne vient point" — Sur les 10| heures — il tire encore sa montre et dit " il s'en va va onze heures, le Recorder ne vient point et pourtant 9a «leinaii^c des aiig^meiitatioiis de salaire»"
231 — Un homme ivre avait été amené devant le Recorder et mis à l'amende d'un dollar pour s'être saoulé — On le congédia ; mais n'ayant pas encore tout à fait cuvé son vin, il est recueilli plus tard par un autre connétable et ramené séance tenante devant la cour. Il se hâte de dire " vous pouvez pas me mettre à l'amende, votre honneur, deux fois pour la même ofiense, c'est la même " sotilade " de ce
matin.
232— C'est une g^aucherie qui se répète
toujours que d'employer des teintes bleuâtres, verdatres pour certains pays sur la carte géograpliique. On ne devrait employer ces couleurs que pour l'eau exclusivement — les rivières, les lacs et les océans — car on est toujous porté à croire que c'est de l'eau et
alors comment distinguer les eaux de ces pays de la terre ferme ou la teinte ne peut varier assez pour en faire un trait saillant.
233 Paul Bourget raconte que lors d'une entrevue
entre Napoléon III et Artemus Ward, le premier aurait dit à l'autre : eh bien, général, je m'imagine que la vie ne saurait jamais être tout à fait ennuyeuse à un américain, parce que quand il ne sait que faire de lui, il peut toujours disposer de quelques années à la recherche de qui était son grand père. Oui dit Ward, mais Sire, le français aussi a sans doute de quoi se désennuyer à chercher qui était son père : ce qui me rappelle la scène de ''Boccace " où le meunier tonnelier lui demande de qui il tient pour en savoir si long, et sur réponse qu'il tient ça de son père, le tonnelier de lui dire : t'as bien de la chance toi de tenir de ton père, moi je tiens du voisin «l'enavant.
234 — En 1896 le Daily Star de Montréal demandait, à l'endroit du chantage (boodlage) des édiles de Toronto, en rapport avec leur chemin de fer électrique : 1 Les citoyens profitent-ils de la somme qu'empoche l'échevin. 2" La compagnie qui fait ces largesses perd-
elle de l'argent dans son contrat avec la ville en faisant entrer en ligne de compte l'argent donné, comme faisant partie de la transaction. 3° 8i non, qui perd l'argent, c'està dire qui jjaye le montant séducteur — Puis il ajoute : " aux deux premières questions l'on peut répondre par un non accentué, pendant que la réponse à la troisième est " les contribuables de la ville pillée." Le Star aurait pu peut-être poser les mêmes questions aux édiles de Montréal à l'endroit du contrat de l'éclairage de cette ville au gaz et à l'électricité.
235 — Paul Bourget assure que c'est la facilité «lu diV4»rce aux Etats-Unis qui fait que Ta- «liiltère y est moins fréquent qu'en France.
236 — On peut faire croire à un g'âteau rond non entamé, (s'il l'a été, en en enlevant une pointe rayonnant vers le centre) en le coupant en plusieurs pointes et en les rapprochant. Si les traits sont visibles le gâteau aura tout simplement l'air d'avoir été coupé à l'avance pour en sauver la peine à d'autres. S'il faut de nécessité l'entamer d'avance, on peut le faire de cette manière.
ft^7—'Voytr eiituiuei* uu g;âtca.u CAttd oh. carré sans que ça y paraisse : lui enlever une tranche au centre, puis rapprocher les deux bouts. On peut en faire autant d'un moule de tête froniagée ; voire même au besoin d'un melon, d'une pomme, peut être même d'un moule de blanc-manger, etc.
238 — Un témoin, dans un cas d'alibi, voulait en conclure, du fait qu'un plat de hachis sur la table n'avait pas été entamé — Mais rien n'empêchait que l'alibi après en avoir mangé en eut disposé le reste, en l'étendant sur le plat à égale épaisseur, pour lui donner l'air de ne pas avoir été touché.
239 — Pour tenir chaud un plat de patates écrasées (purée de pommes comme on dit à Paris) riz-bouiUi, hachis, etc., tenez-en la surfiace aussi unie que possible, tout en le concentrant en volume, pour quïl y ait un minimum de surface, exposé à l'air refroidissant. La difficulté n'est pas de faire la chose, mais d'y penser, puis aussi quand on s'est servi d'un plat, on a l'air en ce faisant de penser à ceux qui viennent après.
240 — Si vous coupez le fromage ou pre-
liez <lu beurre a,vec un couteau dont vous vous êtes servi pour beurrer du ]>aiu rôti (toast) ou pour en enlever le trop carbonisé, ce qvii laissera sur le beurre, le fromage un rebord sali ou ayant Tair de Têtre, et qui peut être considéré tel par qui n'a pas vu faire la chose ; enlevez vous même au moyen de votre couteau, après Tavoir nettoyé sur une bouchée de pain, la jjartie ainsi salie de ces comestibles, afin qu'un autre n'ait point à le faire et à jurer en maugréant conti'e celui ou ceux qui l'ont précédé à table.
241 — Dans un liôtei on n'en ferait pas de caSf mais chez soi ou dans une maison de pension, on devrait en coupant le fromage, le faire de manière que chacun emporte sa part de l'écorce pour la laisser sur son assiette et non sur le plat. Ça a l'air de ne pas s'occuper des autres, et au contraire il convient d'en tenir compte. Il y a manière de faire chaque chose, et comme il n'en coûte pas davantage, pourquoi ne pas couper toujours du même côté au lieu d'entamer, d'échirer le beurre, le fromage tout autour.
242 — Ce n'est pas qu'il y ait de mal de boire à même le pot ; remettre au plat un mor-
ceau de beurre, de viande , retourner à la bouteille,
pour économiser, un restant de vin, de bière ; mais il
est clair que jamais vous ne devez le faire en présence
de qui que ce soit pour ne jias laisser soupçonner
même la possibilité, qu'ont ait à boire ainsi les restants
des autres.
243 — S'il est tellement difficile pour l'homme riche d'entrer au l'oyaume des cieux, ce n'est pas que les richesses soient iii:iuvuises par elles— iiiéiiies, mais qu'elles ont été acquises par des moi-^ens plus ou moins inavouables. La preuve en est qu'à la mort, la conscience s'en inquiète, et la plupart font alors don ou cession d'une partie de leurs biens en faveur des institutions de charité, d'éducation, etc.
244 — Si vous avez un paresseux à votre emploi, dites lui de voir à ce que les autres fassent leur devoir. Il comprendra ce procédé de l'activer lui-même.
245 — Nous avions une fillle qui se fardait
Je disais devant elle aux enfants : Si vous vous leviez à bonne heure comme Rose vous auriez de belles cou-
leurs comme elle ; manière indirecte de lui faire voir qu'on s'en apercevait. Ses cavaliers déjetés lui demandaient sur la voie publique si son maître ne trouvait point diminution dans son stock de peintures.
346 — Il y a, sans doute, d'honnêtes banqueroutes ; comme quand on est entraîné par la chute d'un autre à qui on a fait des avances d'argent ou de marchandises ; mais il est d'oi-diiiaire facile d'éviler
une faillite en faisant l'addition de ses dépenses pour loyer, chauffage, éclairage, commis, etc. ; alors sachant les profits à réaliser, on peut voir si on a le moyen comme tant de gens insensés ou malhonnêtes, d'habiller sa femme, ses entants en soieries, garder chevaux et voitures, boire des vins dispendieux et conduire tous les soirs les siens à l'opéra.
247 — Jusqu'à quel point est-ce mentir que «le dire qu'une chose est faite, qui ne l'est pas niïiis qui va l'être de suite : J'ai
promis de voir ou d'écrire à quelqu'un à votre sujet. Vous venez : je l'ai vu, lui ai écrit dites vous. Vous le faites si tôt après l'avoir dit. La lettre se rendra en temps opportun. Ça se fait tous les jours, çà a l'effet
voulu. Le mensonge n'est guère qu'une mentei'ie. Si on n'en disait pas d'autres.
248 — Au dîner il faut uoniuier le destinataire de l'assiettée que vous passez — c'est péremptoire — si non, imv politesse le récipiendaire la passe au voisin et celui-ci à celui-là, sans que l'on sache où en finir ; d'un autre côté, le voisin peut croire que vous la lui passez parce que vous n'êtes pas satisfait du contenu, soit quantité ou qualité ; et vous le mettez dans la position d'un homme qui accepte ce que vous rejetez.
349 — Expressions intraduisibles mais équivalentes — On est plus obligé à sa peau qu'à sa chemise — " Blood is thicker than water'" — tondre sur un œuf — " cheese paring " — Tiré à quatre épin-
g^ies — " nicely done up " ou " weil dressed " suivant qu'il s'agit d'une personne d'une chose — Ceci me rappelle le père G. qui disait d'un jeune homme qui courtisait une de ses filles " Il est tiré à quatre épingles et fait la cour à ma fille " et qui voulant ensuite faire part du fait à un anglais de ses amis— lui traduit la chose en ces mots " SIe's drawn at four pin and he niake de yard to uiy dateur, '
250 — On est tellement généreux à la campagne, qu'on lai«i$e déborder votre tasse de tlié jusqu'à, ce que la soucoupe eu soit pleine — Ceci est d'ordinaire contrariant pour le récipiendaire qui aime son thé bouillant, pendant que le thé dans la soucoupe ne peut l'être, ne l'est jamais ; et que d'ailleurs, chaque fois qu'il porte son bol à ses lèvres, la nappe est mouillée, salie des gouttes qui s'attachant au fond de la tasse, y tombent, sans qu'il sache comment se débarrasser de ce que vous lui avez infligé.
251 — Ou lie saurait perpétuer les expressions de la nature de '« pas n'est besoin de dire" ce serait pédantesque, : " inutile de dire " est beaucoup plus simple, plus élégant. Que veut dire aussi " sans nul doute " si ce n'est une double négation, valant une affirmation " avec doute." On dit en anglais " without any doubt " " sans aucun doute " " sans doute."
252 — Une longue prière, un chapelet à genoux
contrarie ; dites le en marchant entre chien et loup, où il fait trop noir pour Ure, trop clair encore pour allumer la lampe. Excellent moyen aussi, de retour du théâtre ou d'une veillée, et sachant surtout qu'en
arrivant à la maison vous aurez forte envie de vous mettre au lit sans le dire— Cependant je dirai à ce sujet qu'on ne perd jamais rien au service de Dieu qui nous rend toujours au centuple le temps passé à son service : l'on n'en dort que mieux et d'un sommeil qui s'il est un peu moins long, est plus réhabilitant. Mais quand au lieu du retard d'une veillée à s'amuser, c'est celui d'un travail prolongé, là on peut négliger la longue prière, la rendre très courte puisque le travail est une prière et qu'il n'y a qu'à l'offrir comme telle.
253 — Faites attention, avant «le quitter votre banc pour la communion, à son No, sa
position relative à quelque objet remar.^uable ; car en revenant de la table-sainte, j'en vois tous les jours plus d'un qui cherchent en vain leur place, difficile à reconnaître, surtout si dans l'intervalle, quelqu'un qui y était n'y est plus, ou que le banc vide quand vous Tavez laissé est ensuite occupé, ce qui le rend plus mécon. naissable et difficile à retrouver. C'est surtout contrariant en ce que chacun a l'air de vous voir et de partager votre embarras, ou de vous prendre en pitié.
354 — L'expression " le jeu n'en vaut pas la
cliuiidelle " est sans aucun doute, française, c'està-dire d'origine française et la traduction qu'en font les Anglais en est absurde, incorrecte et inélégante : " the game is not worth the candie " puisque le " n'en " n'y est aucunement rendue et que sans cela le sens est incomplet ; c'est en anglais, comme qui dirait '» le jeu vaut pas la chandelle." Il me semble aussi que l'expression " Ça va sans dire " a une tournure plus française qu'anglaise et sonne plus naturel à l'oreille que la traduction " It goes without saying.''
255- Il y a «les services qu'on ii*aiiiie pas à se faire reii«li'e pai' des mains étrangères— Aussi n'est ce que lorsqu'une dame épuise tous les moyens à l'Eglise, au théâtre, en public, de désobtruer sa chevelure d'un nuage, d'un voile récalcitrant qu'on peut se jjermettre de lui venir en aide . car il y a de ces choses qu'on est censé faire de soimême au risque de paraître gauche en ne pas y réussissant.
256 — Tons les jonrs «Inrant la saison, les
journaux nous annoncent tel et tel revenu de la pêche avec de 300 à 500 ou plus de truites prises dans nos lacs canadiens. C'est un péché mortel pour nos gou-
veinants de tolérer la chose. Si le tout était utilisé par les .ijécheurs eux-mênKs, ou en présents faits à leurs amis, ou mêiue vendu ; ce serait un denii-nial ; mais la moitié de ce poisson est gâtée, laissée sur les lieux. Cette pêche devrait être limitée pour chacun au nombre de jours que peut se garder le poisson sous les circonstances ordinaires, ou s'assurer que chaque pêcheur ou partie de pêcheurs est munie des réfrigérants nécessaires pour conserver le jjoisson. La pêche devrait être de jjlus limitée à du poisson de grosseur ou poids donné ; sans quoi nos lacs deviendront bientôt stériles.
25'3' — Si vous rencontrez sur la voie publique un mendiant, un bossu, un nain, un infirme : remerciez seulement Dieu de ne rêtre point.
258— Ne donnez pas, au dessert, trop de confitures : ça a l'eflFet de les déprécier et on les laisse sur son assiette. Il est étrang^e comme Ton fait bien moins «le cas d'une chose quand il y en a beaucoup que quand il y en a peu. Four la patate, au contraire, qui est peu coûteuse, n'insistez pas à en faire prendre à un convive, ça aurait l'air de vouloix l'en bourrer pom- ménager sur d'autres mets
plus coûteux. Ceci me raiipelle qu'en cléricature chez un vieil oncle ou j'avais droit à un repas par jour, il ne manquait jamais de me répéter : fais toi un bon fond de soupe et de patates, car tu sais (jue la viande est chère et rare.
259 — Chez Nelson, l'imprimeur, rue Lamontagne — je parle d'il y a 50 ans — un gars de la campagne qui aimait à la folie les crêpes, la mélasse, s'engagea comme domestique à condition qu'on ne lui servirait jamais autre chose, aux trois repas, que crêpes et mélasse. Au bout de 15 jours il en était tellement revenu qu'il lui fallut se mettre à genoux pour demander qu'en grâce on lui donnât autre chose — Cela rappelle le dicton que Henri IV, à qui son Chaiiclain ne voulait, naturellement, permettre qu'une femme à la fois, s'en vengea en ordonnant à son cuisinier de ne servir au Chapelain que de la perdrix (mets d'affection de son directeur spirituel). Mais au bout d'un mois, le Chapelain de demander en grâce à sa majesté de varier son ordinaire, et celui-ci de répondre, eh bien ! non, '* toujours la même fcuiiuc, toujours de la perdrix. "
360 — Il est certain que le système français est le
plus rationnel. Un seul uicts à la fois — Ce qui
fait prévaloir le contraire, c'est que l'homme en général est pressé et n'a pas la patience d'attendre ainsi, changement de couvert à chaque plat successif qu'on lui présente — Voilà pourquoi l'anglais entasse tout sur la même assiette : viande, patates, légumes, etc. Certaines choses vont ensemble, comme une côtelette ou un steak avec une pomme frite ou aux petits pois — mais avoir dans la bouche en même temps, un sahnigondi de toutes sortes de légumes, c'est faire preuve de ne savoir rien apprécier.
261 — Dans mon passage sur " La Loire " de Paris à Angers, je déjeunais à Blois avec le digne curé de l'endroit. Toujours «les ]>lats séparés, (voir 2G0) mais assaisonnés à l'épicure : petits radis à la rosée avec pain et beurre — haricots verts délicieux — petits pois — patates frites — salsifis — asperges — artichaux (point de viande, c'était un vendredi), jamais je n'ai fait un repas mieux réussi.
362 — Dans l'absence d'un '' menu " écrit, il convient «l'annoncer en quelques uiois à ses invités, ce qu'il y a à dég^uster. C'est
rationnel, afin que sachant que le potage doit être suivi de un, deux, trois plats de viandes diverses, suivis ou non d'un dessert, l'on sache se ménager pour ce que l'on préfère. Pas n'est besoin de mentionner à l'avance le Champagne s'il y en a : OU a toujours un boyau de vide pour !e recevoir.
263— C'est embêtant à l'hôtel pour qui, dans son désir d'avaler tout rond le menu, demande en même temps un bouilli et un rôti — lorsque le garçon de service qui ne sait trop que faire, lui pose la question : " sur la même assiette, monsieur, ou sur deux assiettes séparées " — C'est là que le dîneur s'aperçoit de sa gaucherie.
261 — Le soleil reluisant à travers les feuilles, dessine sur le parquet, sur le pan de la maison, des ovales — c'est sou iuiH^^e qu'il «lessine — l'ovale est uncercle si le ra,yon tombe perpendiculairement, une ellipse plus ou moins excentrique (allongée) suivant que l'angle d'incidence du rayon est moins ou davantage incliné au plancher, à la cloison — Même à travers les inteistices triangulaires des extrémités des lattes d'une persienne, la figure est encore ronde ou elliptique, et si le soleil pénètre sur toute la longueur entre
deux lattes, les extrémités de la figure sont demi-circulaires ou demi-elliptiques.
265 — Un témoin à l'enquête du coroner, sur Demers accusé d'avoir tué sa femme à St-Henri (1895) a l'air de tirer du fait qu'il sanglotait, la conclusion que son chagrin prouvait le contraire : mais ce chagrin pouvait bien être simulé et même s'il était réel ce ne pouvait être encore que le chagrin du remord, la crainte d'une condamna ion par les tribunaux, le spectre de la potence, riioireur de la punition (jui pouvait l'atteindre. Il vst faciit' de s'att<'iidrii' at d'eu v^ciiii* aux larsiii'»» coiuuio an lliéâti'o.
266 — Prenez garde mes enfants —au inea culpa
— de ne {loint vous violenter la poitrine. Soyez tranquille sur ce i)onit là, monsieur le curé.
267 — Quand le 2>ère G. dinait chez moi — je disais puiBi- EtaC'siaii^er su»» i»09'deaux — prenez de la bière j>ère, je ne vous oifrirai pas de ce vin suret là, ça pourait vous faire mai n'y étant pas habitué ; et, aux sardines à l'huile je disais à F. qui pouvait en ingur-
giter tout une boite : c'est drôle comme il en faut peu, pour en avoir un goût exquis. Il faut bien le faire ; il y a des Gargantua qui nous ruineraient du coup si on n'avait l'air d'y voir.
368 — Si vous faites inopinément In rencontre <1MiiB ci'émicieB' que vous ne tenez pas à voir ou à en être vu : un catarrhe simulé vous suggérera l'usage d'un mouchoir pour vous en dissimuler la figure. Ou encore une mouche imaginaire vous fera porter la main au front tout en faisant la grimace pour supplémenter l'illusion. Tiens — direz-vous — moi qui ai fait ça cent fois dans nia vie, c'est bien nécessaire, vraiment de nous faire de semblables suggestions.
269 — Soyez bon pour vos domestiques, vos servantes—j^arlez-leur, ayez l'air <le les consulter sur des choses qu'ils peuvent savoir mieux que vous —i^n leur fnit sentir moins l'Iinmiiiant «le ieni- position.
270— En adressant la parole à nn corps public, à une assemblée quelconque, iine déi^utation ; quand même vous les prendriez tous pour des nigots,
n'allez pas le leur dire, sans au moins en excepter quelques-uns. Chacun alors se croira désigné par vous comme faisant partie de la minorité éclairée.
271 — La Société Oéog^rapliiqiic de Toulouse (1896) veut siibstituei' îiii système sexag^ésiinal «les «légères, iiiiaiiites et secondes d'iirc, ou d'espace aiif?ulaire;coniine à celui «1<>S heures, minutes et secondes de temps, le système décimal, et fait observer, à ce sujet, qu'ayant mis la chose à l'étude, <>n y sauve un tiers du temps à dévouer au calcul actuel Si c'est là le seul avantage, mieux vaut en rester là ; car c'est tout une génération qu'il faudrait pour introduire la chose dans l'éducation ; le seul moyen pratique d'y arriver, et pour déshabituer du système actuel, les millions d'êtres humains qui s'en servent. D'ailleurs il s'en faut que tout le monde soit de cette manière de voir. Cependant on ne peut nier que pour le système monétaire, le décimal ait ses multiples avantages, surtout si on le comi^are au Lovis, scheUings et deniers, du numéraire anglais ; tandis qu'avec les piastres ou dollars et cen tins, on calcule le tout comme centins pour n'avoir plus ensuite qu'à poser à sa place le point décimal qui les sépare, ce qui facilite aussi, on ne peut plus, le calcul des intérêts à un taux fractionnaire quelconque.
272 — CVst vouloir rendre un fort mauvais service à l'Iiuniaiiité que de chercher à assimiler, comme il y en a qui le proposent, toutes les langues — n'en faire qu'une seule — n'avoir qu'un système de poids et mesures — une monnaie unique. En effet que de milliers, de millions jjeut-être sont employés aujourd'hui à traduire d'une langue en une autre ; à trouver en monnaie d'une nation, son équivalent en celle d'une autre nation ; à réduire les poids et mesures d'un pays en ceux d'un pays étranger ; à traduire, pour en faciliter le calcul, la fraction vulgaire en sa décimale de même valeur, le sexagésinal du temps et de l'espace au décimal ou le contraire, suivant l'usage à en faire. Ce serait donc priver une notable partie des hommes sur la terre des moyens de gagner leur vie, augmentant ainsi les griefs déjà assez nombreux du genre humain, accentuant aussi jjar là même le motivé de l'anarchie pour en arriver au communisme.
273 — Que le bébé s'égosille à pleurer, ce
n'est là i)as toujours une preuve qu'il souffre — ma femme ne veut pas comprendre cela — car, si oui, alors comment se lait-il que généralement, il cesse de suite et même instantanément de crier sitôt que la mère le prend. Et à preuve : ce sont des pleurs sans les
larmes qui accompagnent invariablement les cris motivés par la douleur, la soif, etc.
274 — Le débit, le l'eiideiiieiit d'une rivière, d'un cours d'eau, est la quantité d'eau qui y passe dans un temps donné ou limité. Pour le trouver, il ne faut que l'aire, c'est-à-dire la superficie d'une coupe transversale du cours d'eau en pieds ou en mètres, etc , et la vitesse de l'eau. Prenez par exemple sur le rivage, ou sur le rebord du canal qui conduit l'eau au moulin, suivant le cas, une longueur de 50 à llMJ pieds, ou de 10 à 20 mètres plus ou moins, et observez — la montre à la main — le nombre de minutes ou secondes que prendra un copeau jeté à l'eau en amont du premier point, à franchir l'espace entre les deux points. A^oilà la vitesse à la surface, et vu le retard dû à la friction, ou frottement de l'eau sur les parois du canal où il passe, prenez pour vitesse moyenne les % de celle à la surface. Pour l'aire de la coupe transversale du cours d'eau, obtenez en la hauteur ou profondeur moyenne, en mesurant cette profondeur à des distances à peu près égales, comme de 10 en 10 pieds ou de 20 en 20 pieds plus ou moins suivant la largeur de la rivière. Ces jjrofondeurs ajoutées et leur somme divisée par leur nombre donnera la moyenne voulue.
Enfin la vitesse en pieds ou mètres multipliée par l'aire de coupe aussi en pieds ou mètres, donnera pour l'intervalle de temps atïecté au trajet de l'eau entre 1 s deux points, le nombre, suivant le cas, de pieds ou de mètres cubes d'eau que charroie le cours d'eau dans le temps observé. Il est facile ensuite par simple arithmétique de réduire le résultat obtenu en unités appropriées à simplifier les calculs à faire, comme de tant de pieds ou de mètres cubes par minutes ou par seconde. C est ainsi que l'on sait qu'à Niagara il passe 18 millions de pieds cubes d'eau sur la cataracte par minute — 300,000 pieds par seconde.
2T5 — Une " force de cheval " c'est-à-dire '» lin clieval vapeur," est basé sur le travail que
peut faire, un cheval par exemple, dans dix heures de travail par jour. Ce ti-avail est évalué en France à 75 kilogrammètres, c'est-à-dire une force capable d'élever en une seconde, un poids de 75 kilogrammes (soit 150 livres pesant) à la hauteur d'un mètre. En Angleterre on la dit égale ou équivalante à 33,000 pieds-livres, c'est-à-dire à 33,000 livres élevées à la hauteur d'un pied dans une minute (voir 279) — 3,300 livres élevées à la hauteur de 10 pieds — 330 livres élevées à la hauteur de 100 pieds et c'est ce dernier chiffre qu'on saisit
— no —
le mieux — C'est-à-dire qu'un cheval peut dans une minute élever un ijoids de 330 livres (de brique, pierre, mortier, etc.,) à la hauteur de 100 pieds. Mais c'est en réalité dans une demie-minute que le cheval fait cet effort imisqu'il lui faut pour chaque chargea élever aller et revenir au point de départ. En eff"et supposez le pas du cheval de 3 pieds ; alois attelé à son fardeau par une " poulie de retour '" il fera 33 pas pour monter le fardeau, et 33 pas pour revenir s'accrocher à un second voyage, c'est-à-dire 66 pas par minute. Mais comme il peut en hâtant le i)as en faire deux par seconde ou 120 à la minute, on pourra dans ce cas doubler la corde pour diminuer de moitié son effort en doublant le chemin à faire. Donc à 330 livres élevées à une hauteur de 100 pieds par minute, ce serait 600 fois 330 Ibs., ou 21S,(J(30 livres élevées .à cette hauteur durant une journée de 10 heures de travail.
276 — Sachant (375) ce qu'est " une force de cheval " ou " un cheval vapeur '' et (374) s'il s'n^^it d'un pouvoir d'eau dont on ait à cairnier la force, il n'y aura qu'à multiplier le poids de l'eau par la hauteur de la chute pour connaître ce jjouvoir. Or le poids d'un pied cube d'eau est de 62^ livres. Soit donc le débit du cours d'eau de lOi.K) pieds cubes — (ce
que l'on aurait par exemple si la vitesse moyenne du courant était de 100 pieds à la minute et la surface ou l'aire de section de 10 pieds, puisque KM) x 10-1000) la quantité d'eau se précijiitant du haut en bas de la chute serait donc de 1000 pieds cubes par minute et son poids de C2,500 livres (1000 x 62^). Soit encore la hauteur de la chu'e de 100 jiieds — ces chiftrea multipliés l'un par l'autre donnent 0,250,000 pieds-livres et 6,250,000 divisé par 33,000 (les pieds-livres dans un cheval-vapeur) donne 190 près, c'est-à-dire que la force de la chute supi>osée serait de l'JO chevaux-vapeur.
277 — Lîi force utilisable d'un pouvoir d'eau, comme celle d^iiii iiioteiir quelconque : l'air, le vent, la vapeur, l'électricité, le magnétisme, est la force entière calculée comme ci haut (270) moins celle à dépenser pour vaincre la friction, le frottement des parties composantes motrices de la machine et qui est en général de 15 à 20% suivant la perfection du mécanisme— Donc on ne prendrait que les | à peu près de la force calculée (270) poui' le pouvoir de la chute en question.
278— Voici un excellent moyen de se faire une idée ju!!»te et pratique «lu la t'ori^e d'une
chiito d'eau, de son pouvoir pour des fins util' s : Supposez que en iace le haut de la chute il y ait un arbre de couche, un tambour appuyé par les extrémités de son essieu sur des coussinet? qui en joermettent la rotation, la révolution. Suj^posez suspendu par une une corde enroulée sur le tambour, un vaisseau contenant un pied cube d'eau. Il est évident que ce poids de 62^ Ibs. (276) tiendrait en balance un semblable poids susi^endu à l'autre bout ou branche de la corde, c'est-à-dire à celle du côté opposé du tambour. Maintenant quelque peu que l'on ajouterait au poids d'un côté, ou de quoi simi^lement vaincre l'inertie de friction de la roue, ce poids descenderait et en descendant remonterait un poids égal de l'autre côté — Or ce qui est vrai i>our un pied d'eau le serait i>our 10() ou 1000 ou un nombre de pieds quelconque ; donc le poids de l'eau tombant d'une chute, élèverait ou pourrait le faire dans les conditions voulues, ini égal poids d'eau du bas de la chute à son sommet, ce qui fait comprendre de suite, comment on arrive à la force d'une chute, au pouvoir d'un cours d'eau en divisant par 33,000 (275) le nombre de pieds-livres de la chute.
279 — Pour arriver à la force utilisable ou pratique «ruii lioiiiiue, ou de tout autre
animal que Se cheval, comme, du chien, de Tâne, du mulet, du bœuf, do l'éléphant ; il est évident que tout de même qu'on s'est rendu compte de la force du cheval en l'attelant à un })oids de 330 livres, et en lui faisant élever ce poids à la hauteur de 100 pieds dans une minute, aller et revenir, et qu'on l'a tenu à ce travail pendant 10 heures j^ar jour, pour assez de journées consécutives pour s'assurer qu'il pût continuer tous les jours à en faire autant ; on pourrait en agir de même pour tout autre animal, et même pour l'homme et c'est ce qui a été fait. Ce n'est que pour les fins du calcul, j^our le suuplitier qu'on se sert de cette unité (275) 33,000 élevées à la hauteur d'un pied dans une minute, car quand on a pour facteur dans un calcul quelconque l'unité, il est clair que le calcul en est réduit d'autant ; puisque multiplier par 1 ou diviser par 1 ne change aucunement le résultat. Ce chiffre de 33,000 n'aurait autrement pas sa raison d'être, car on ne peut concevoir de cas ou ie cheval serait employé à monter un poids d'un seul pied à la fois, ou que si le cas se présentait, il lui fut j^ossible de soulever ainsi 33,000, sauf par un système d'engrenage multiplicateur de son pouvoir, mais augmentatif en même temps du temps requis à faire la besogne.
iSiëO— Pour calculer la force, le pouvoir,
— lu —
les chevaux-vapeur «l'une «« machine à vapeur," et de même, évidemment, pour toute machine à piston, ou mu par la force de pression de l'eau, de l'air, d'un gaz agissant sur un piston renfermé dans un cylindre : il faut multiplier la pression par pouce carré ou sur chaque pouce carré du dit jiiston par la longueur du cjdindre et par le nombre de coups de piston par minute, pour en avoir, comme dans le cas de la chute d'eau (276) des pieds-livres par minute, et le résultat divisé par 33,000 pieds livres (force d'un cheval-vapeur) donnera, en chevaux-vapeur la force de l'engin ; faisant attention de compter le mouvement du piston dans les deux sens, aller et revenir.
281 — Ce Q»*est uu pieil-iivre. C'est une unité utile, indispensable dans l'estimation, le calcul d'un pouvoir quelconque, de la force d'une machine à vapeur, à gaz, etc., du pouvoir d'une chute d'eau, etc. C'est le poids d'une livre agissant à travers ou le long d'un espace linéaire d'un pied en hauteur. On en est venu là pour réduire la force, le pouvoir d'une machine quelconque en chevaux-vapeur. Le clievalvapeur est (270) de 33,0O0 pieds-livres. La pression de la vapeur, de l'air, etc., sur un pouce carré d'une surface quelconque est celle d'un poids égal portant
sur cette surfiice. Le poids, il est vrai, n'agit que dans la verticale, ou en se dirigeant vers le centre de la terre ; mais on peut toujours, quelque soit l'inclinaison d'un cylindre, le supposer vertical pour faire la comparaison. Ainsi la pression de l'atmosphère est de 15 lbs au pouce carré. C'est-à-dire qu'une colonne d'air de la hauteur de l'atmosphère et de la grosseur d'une ba. guette ou tringle d'un pouce carré, pèse 15 livres. Pression de 100 livres au pouce carré, est la même chose que si sur ce pouce carré il y avait un poids de 100 livres d'une substance quelconque : air, eau, métal, etc. Un poids d'une livre (jui descend un pied, exerce une force suffisante pour élever un autre poids d'une livre à la hauteur d'un pied.
282 — Pourquoi on réduit toute force, tout pouvoir eu pieds-livres : aliii que divisant ensuite 33,000 (270) on obtienne le nombre de clievaux-vapeur (forces de cheval) correspondant. Ainsi un piston est de 1000 pouces carrés de surface et le cylindre ou tuyau dans lequel il va et vient est de 10 pieds de hauteur, alors si la pression de la vapeur, ou du gaz, sur chaque pouce de ce piston est de 100 livres, nous avons un poids de 100,000 livres se mouvant à travers un espace de 10 pieds, c'est-à-dire
1,000,000 de pieds-livres. Maintenant, si le piston va et vient à la vitesse d'une demie seconde, ou qu'il fasse son mouvement d'aller et retour dans une seconde, 20 pieds linéaires de bas en haut et de hau* en bas, ou n'importe dans quel sens (horizontal ou incliné) il se meut ; il fera 60 fois 20 pieds c'est-à-dire 1200 pieds par minute : ce sera donc 1200 fois 100,000 ou 120,000,000 pieds-livres, ce qui divisé par 33,<J(K» donne une force de 363^ chevaux-vapeur, ou forces de cheval (de chevaux si vous voulez).
3§3 — Les marées, à part leur force de translation — aller et revenir— en exercent une de va et vient dans la verticale. Pour utiliser cette force — supposez un flotteur articulé à une bièle, celle-ci k son tour attachée à une manivelle taisant tourner une roue dentée Le mouvement étant lent (mais aussi puissant qu'on le rendra en augmentant la surface du flotteur) et seulement de deux fois par jour, il faudra une grande roue, soit de 100 pieds de diamètre, qui fera donc (à 2 marées par jours) 2 révolutions dans 24 heures (ou à peu près). Celle-ci s'engrenant avec une roue par exemple de 10 pieds de diamètre, la ferait tourner 10 fois plus vite ou 20 fois par jour — Cette seconde roue de 10 pieds en activerait
une, ou plutôt un arbre de couche de un pied, encore 10 fois plus vite ou 200 fois par jour. C'est encore lent : une révolution dans 7 minutes ( 1400 minutes par 24 heures). Cette troisième roue ou arbre de couche, servirait à son tour d'essieu à une autre roue de fort diamètre, lequel communiquerait son mouvement par engrenage ou courroie à une quatrième roue d'un diamètre 10 fois moindre et qu'il ferait par conséquent se mouvoir à raison de 2000 fois par jour (c'est-à-dire une fois par .7 de minute ou par 42 secondes) vitesse pratique qui pourrait encore par d'autres engrenages ou courroies se hâter, se ralentir au besoin.
284— Si l'on utilisait la force de la marée pour créer un pouvoir moteur, il y aurait iiécessairemeut à adopter une forme de manivelle qui permit à la bièle de lui demeurer articulé et la faire fonctionner en tout temps ; car les marées varient et il faut que la longueur de la manivelle puisse s'y adapter, s'y ajuster automatiquement ; c'est ce qui est possible, on le conçoit, en faisant glisser le haut de la bièle le long de la manivelle, tout en l'y maintenant en contact par ressort ou autrement.
2§5 — \.utrefois, quand la forêt était encore dense, on y érig^cait le moulin, on y charriait le bois. Aujourd'hui c'est le moulin que l'on conduit au bois, c'est-à-dire un moulin à pouvoir de un à deux ou jilusieurs chevaux, que les chevaux font non seulement fonctionner, mais déplacent au besoin pour rapprocher d'une touffe de forêt, afin de rendre moins coûteux le transport du bois. Puis, ce sont encore des bateaux à vapeur ayant moulin à leur bord : des moulins flottants (j'en ai dessiné un dans tous ses détails y compris mécanisme — IDOur M. W. il y a déjà 30 ans passés, devant fonctionner sur un des tributaires du St-Laurent en bas de Québec) ces moulins pouvant s'attachera un endroit, y épuiser le bois à scier, aller s'amarrer plus haut, en faire autant ; se rendre encore en amont de sa position dernière, et ainsi de suite.
2S6 — Dans les moulins à roues hydrauliques, c'est d'ordinaire l'eau qu'on amène au moulin ou à la roue jjour la faire tourner. Sa rotation motivée, accentuée par le poids de l'eau dans ses auges ou aubes d'un côté de sa périphérie, pendant que celles du côté opposé sont vides. Mais il y a des cas oii on ne saurait faire cela — A 8t-Ambroise par exemple il y a en aval de la chute, une "dalle" naturelle de
— nomoulin, et comme les eaux et la surface de l'eau clans ce conduit naturel sont variables, et que l'on ne saurait détourner cette eau, au fond d'un profond ravin qu'elle se trouve ; c'est donc la roue clle-inciiie qu'il faiil pouvoir ajuster au niveau de Teau, et pouvoir déplacer au besoin à cet effet. Eh bien il n'y a qu'à concevoir une roue dont l'essieu ou l'arbre de couche soit disposé à chaque extrémité de l'axe de rotation entre deux montants, système permettant d'élever ou descendre la i-oue au besoin, et que cette roue pourvue d'une courroie ajustable fasse fonctionner le mécanisme du moulin.
3§7— Un mille nautique, marin ou astronomique est une minute d'arc ou le ilUème d'un degré ou la 21,0(M)ème partie de la circonférence d'un grand cercle de la terre. Mais la terre n'étant pas spliérique, la minute serait de GU4G pds. à l'équateur et de 01U9 pds. au pôle. Alors l'Amirauté anglaise s'est arrêtée à un mille de 6080 pieds dans la latitude de 48- car c'est en cet endroit que la terre a son diamètre moyen. Les Etats-Unis ont adopté le chifîre G080.27 longueur d'une minute d'un cercle tel que, la surface d'une sphère de cette circonférence aurait une surface égale à celle de la terre. Le mille légal anglais ou ordinaire est de
5280 pds. ; donc \e mille marin est de 800 pds. plus long. D'ailleurs on léduit le mille ordinaire en mille marin en divisant par 0.869, et on réduit le mille marin en mille ordinaire en multipliant par 1.1515.
2§8 — S'il était possible à un homme de faire le tour de la terre aussi vite que le soleil le fait : c'est-à-dire, s'il tournait autour de la terre aussi vite que la terre tourne en sens contraire, il n'y aurait pour lui ni jours ni nuits, ce serait toujours le même jour. C'est-à-dire encore pourvu qu'il partit de jour ; et s'il partait de nuit, il ferait toujours nuit pour lui. Ceci est impossible ; mais ça aide à faire mieux saisir le fait que si llil lioiiiiiie pouvait faire ou faisait le tour de in tei'i'e dans une année, il s'allierait sur le soleil, tous les jours la 365ème partie d'une journée, et dans une année, |J!5 ou un jour. Donc pour cet homme il serait en retard de un jour avec le calendrier de l'endroit d"oi!i il est parti et où il est revenu ; car il n'aurait réelle;nent vu lever et coucher le soleil que 364 fois au lieu de 365 fois, aj^ant ainsi gagné sur le soleil un 365ème tous les jours. D'un autre côté, si notre homme, faisait nii voyaife autour du S:lol»e en sens inverse du soleil ou de son mouvement apparent, ou dans le sens que la terre tourne
de Ouest à Est — dans ce cas il pcrdrîiit ime .ioiir-
néc. Donc encore de deux houimes faisant chacun le tour de la terre en une année, mais en sens inverse l'un de l'autre, leurs calendriers, revenus tous les deux au même point de départ, différerait de deux jours, l'un étant une journée en avant, l'autre une jou! uéo en arrière du calendrier du lieu.
289 — Paliiiieri dit avoir observé par six années d'expériences sur l'action des courants électriques terrestres, ce dont lui a fait foi une ligne de télégraphe ; que qiiaiKS le Vésuve est iiiactif, ou
durant les périodes de moindre vitalité, les courants terrestres s'écoulent de bas en haut ou de la terre au fil, tandisque si le volcau s'anime, les courants descendent du fil à la teire.
290 — Le Dr Rose des Etats-Unis, assure que le grec tel que parié aiijourd'iiiii par 7 millions d'hommes, est prati(jn( ment le même que celui que parlaient dans le tems Platon, Démosthènes et PIutarque. Cette lang le s'est conservée pure co:umo son architecture, parce que les deux sont le nec plus ultia de l'élégance, lîose prétend qu'on n'enseigne point
dans les collèges à parler le Grec comme il se prononce chez les habitants de la Grèce.
291 — L'on discute fort de nos jours, l'opportunité, la nécessite d'ensei^^nci* le g:rec, le latin et les autres langues mortes dans nos collèges ; mais comment peut on dire mortes ces deux langues que l'on fait revivre à tout moment dans les milliers de mots où l'une ou l'autre entre comme radicale. Il n'est peut-être pas nécessaire d'enseigner ou apprendre à parler le grec, le latin ; mais les racines de ces deux langues sont des jilus auxiliaires. Que de mots scientifiques, techniques surtout contiennent ces racines comme diamètre, circonférence et comme ces racines nous sont utiles tous les jours dans la composition de nouveaux mots, motivés par les progrès dans les sciences, les arts, l'industrie. Que de mots on voit pour la première fois, et de suite Ton se dit, ce mot veut dire telle chose, tout simplement jjarce qu'il est comi)03é de racines grecques, latines — paléantologie de palaios ancien, onta être, logos discours, traité, descrijjtion. Voyez kinémaio graphie de kinematos mouvement ei graphein écrire, dessiner, décrire : photographie vivante ou des objets en mouvement — pseudopodes à faux-pieds ; et pourquoi ne dirait-on pas des mouches qu'elles &ont pneumopodes.
292— Le Dr. Robinson dans " Blackwood" prétend que les pliysioiioiiiies tiennent des métiers ;
et de fait puisque certains muscles se développent, •s'accentuent de grosseur et de forme sous une action qui les met en œuvre ; comme ceux des jambes cbez les grands marcheurs, les coureurs, voyageurs et ceux des bras chez les forgerons ; ces muscles ainsi mis en œuvre réagissent sur ceux qui leur sont voisins ; des jambes au tronc, des bras à la tête ; et d'ailleurs il ne fait pas doute que la manière dont on se tient la tête dans l'exercise d'un métier, la direction fixe ou intermittente des yeux sur son ouvrage, tout cela à un effet sur les traits de la face. Ce dont je suis certain pour l'avoir maintes fois observé, c'est que la pliysionoinie tient «le la lang'iie ou «lu lanju^ag^c parlé et cliang^«; avec ce «leriiier. En effej; : qu'une irlandaise, une anglaise ou écossaise épouse un français, un canadien, et que d'anglais qu'elle parlait, elle en vienne à parler la langue de son mari ; vous verrez que dans 20 ans, elle aura revêtu les traits de son mari, c'est-à-dire la nationalité du mari ; vous la prendrez pour une française, une canadienne. J'ai vu cela souvent au Canada, et surtout dans nos compagnes ; et ce qui est vrai de la femme sous ce rapport, l'est également de l'homme, ou le serait s'il venait à laisser aa langue pour parler celle de sa femme.
5i93 — Si ce charretier, tlis-je à ma femme, était " an voyage," il ne se donnerait j^as tant de mal pour entrer dans son ' banneau ' 'piétiner' la neige, la refouler, la tasser pour en remettre davantage et en avoir plus vite fini. Tiens, dit-elle, je parie que t'en ferais
autant.
294 — Voyez ce cliarretiei" se donner l'air d'ig-norer ce qui se |>a«ise derrière lui. lia
comblé sa "breline" de neige (il est à prix fixe pour la "bordée "' ou pour l'hiver). Pour hâter le dénouement, ii va le trot dans les cahots, pour s'alléger en en disséminant le plus possible le long du chemin, et cela à la vue et au su de nos " municipaux " (connétables) qui croiraient déroîçer à leur dig^nité de semi-militaires en ayant Tair de s'en
apercevoir.
395 — Si le systèuke proposé de transporter d'Amérique en Europe, la viande morfe, dans des réfrigérateurs, n'e»i «létériore
point la qualité ; il semblerait que Ion ne dut
hésiter, au choix à faire entre ce transport et celui de la viande vivante, à cause de l'amaigrissement en chemin, la maladie, la mort : perte lors d'une tempête, des animaux sur le pont ; coût de rengraisser, rendu de
l'autre f ôté ; risque en Europe, <lû en partie à la jalousie des éleveurs de l'endroit, de voir con<lainner les bestiaux, sous prétexte de pleuro-pneumonie ou d'autres maladies réelles ou imaginaires.
296 — rVe pas avoir l'air «le s'apercevoir des défauts pliysiqiies «le ses semblables,
encore moins d'y faire allusion : coiume d'une tête chauve, d'un gros ventre, d'une loupe accentuée, d'une épine dorsale recourbée ou proéminente, d'une taille au-dessus ou au-dessous de la moyenne. Vous pouvez en arriver la vous-même et n'aimerez pas alors qu'on se moque de vous à l'endroit des mêmes infirmités.
397— Pourquoi jusqu'à l'âgée de 60 ans, n'ai-je Jamais éternué qu'une fois «le suite ou à la fois, ou sans répétition immédiate de la chose. Maintenant j'éternue toujours deux fois de suite, coup sur coup. Un mien vieil oncle éternuait toujours trois fois de suite, et un coup n'attendait pas l'autre. Feu mon ami T. éternuait toujours 13 fois sans arrêter — J'en ai mainte» fois fait la remarque — Mais pourquoi éternuer plus d'une fois — L'éternuement est une sorte 4' explosion et un vaisseau qui fait explosion, ne le fait
qu'une fois. Les médecins nous disent comment, pourquoi on éternue, mais ne s'expliquent point sur ces explosions nazales récidivistes. Moi, quand j'éternue, je fais un bruit d'enter, la maison en tremble, j'adore cela — D'un autre côté le temps que j'y perds me contrarie.
29§ — Il est insultant de traiter un homme de fou — mais à l'encontre des diminutifs ordinaires, dire d'un homme que c'est un g^ros fou, ;;:r:iii<l fou : l'insulte disparait, ce n'est plus qu'une plaisanterie, et il est tout à fait inofFensif de dire d'un enfant que c'est un petit fou.
299 — Un architecte, un :ti'tist<; ne iiosséduiit point le don de la parole, peut en vantant son 4£iivi'4', faute de termes techniques appropriés, en donner iiise foi't inaui'aisc impression, comme l'a fait mon ami B. en essayant de faire saisir à l'ex gouverneur Royal du Manitoba, les beautés réelles de son intérieur d'église de Beauport.
300 Le Dr Parkhurst (IS'Jô) par ses révélations en
pleine chaire, ses dénonciations, a fait nonuiier le
" Wixlow Committee '' pour s'enquérir des méfaits de la police de New- York. On y a fait de nombreuses destitutions, nominations et remaniements. " Tout nouveau tout beau. " Combien se passera-t-il de temps avant que le nouveau sang se pénètre de la même disposition à accepter des dons des intéressés pour fermer les yeux sur leurs vices et crimes ; voir le témoignage du chef Byrnes re Crawford, Vanderbilt, etc., et concernant surtout les maisons malfamées.
301 — Je n'ai point d'amis, je n'en veux pas avoir. Que «lirail-oii «l<; Uii'ii s'il av:iit des amis.
Serait-il à nos yeux l'Etre souverainement juste, impartial qu'on le sait. Au contraire, il serait par le fait même entaché à nos yeux de partialité — ce serait un des faux dieux de l'antiquité, ou des peuples païens. Voilà j)Ourquni je déteste ce mot " nos amis politiques " ce qui veut dire que lorsqu'on arrive au pouvoir, tous les bons morceaux sont pour eux, rien pour la jiartie adverse, et l'on n'a pas le moins du monde l'air do se douter de l'injustice d'un semblable procédé.
302 — Oii est «l'ordinaire mai à. l'aise et sur tout à la maison, avec des souliers de caout-
chouct aux pieds — Si, ne les ayant point, on croit les avoir, on est encore contrarié — et tout de même quand on les a et ne croit point les avoir, ça ne nous incommode point : et à preuve, à une soirée chez Quimbert, ancien huissier de la verge noire, après avoir dansé de 10 heures à 3 du matin, et au moment de partir je me dis '' c'est drôle, j'ai toujours coutume de me rappeler où je mets mes caoutchoucts, et cette fois je n'en ai pas la moindre idée. Voilà ce que je me disais, lorsque me regardant machinalement (comme l'on dit), je m'aperçois, que je les avais aux pieds. Voilà donc ce que c'est que l'imagination ; car si j'avais su les avoir j'aurais senti le plus grand décomfort possible, malgré que neufs, minces et reluisants il n'y eut rien pour y attirer mon attention ou celui de qui que
ce soit.
303 — xUoyeii de para tre très affairé : avoir toujours devant soi une foule de papiers dépliés, développés, comme dans l'action de les lire. Moi j'ai toujours eu l'air de n'avoir rien à faire parce que faisant tout avant et après les heures de bureau et la nuit, et pliant, re|)liaiil de suite tous les papiers pour les remettre au dossier, ma table à l'arrivée des clients, en était veuve et quiconque eut cru qu'en efiet je n'étais aucuucLueiit afiairé,
304 — Qui aimes- tu mieux, mon enfant, ton père ou ta mère. J'aime mieux la viande (textuel). Il est vrai d'ailleurs qu'on ne peut jamais faire dire à un enfant, si jeune qu'il soit, lequel il préfère. II a l'ins . tinct, dirait on, de la chose — " Je les aime tous les deux pareil," dira-t-il d'ordinaire.
* sic #•
305 — De même que le sublime est voisin du ridicule ; de uiéme il est dang^ereux de iiiéprendie l'orgrueil pour de la modestie.
Quand je voulais quelque chose, j'en écrivais à qui de droit, me disant : ça les dérangera moins, ils pourront me lire chez-eux, à tête reposée. Le fait est qu'ils ne me lisaient point, ou que ce qui de cette manière leur enti-ait par une oreille ou par un œil, leur échappait par l'autre. Quand je leur en faisais parler par un tiers : comment, disaient-ils, croit-il qu'on puisse être povir lui, il ne prend pas seulement la peine de venir nous le demander. De fait. Dieu a dit : demandez et vous recevrez. Cela veut dire — faut croire une demande en personne. Si c'est le cas, comme ça a l'air de l'être, alors ma modestie, ma crainte de les déranger n'était que de l'orgueil : la crainte, non de leur être à charge, mais de m' humilier en le faisant.
306 — Il la regardait au corsage. Le "Figaro" ne fait pas foi de ce qu'il peut lui avoir demandé, mais on peut en juger par la réponse : *• Faites toujours noniiuer luoii mari, monsieur le sous-préfet, après ça nous verrons."
307 — On n'aime point à être taxé d'inconséquence. Combien n'y en a-t-il point qui au moment de la mort, feraient venir le ministre de la religion, si de toute leur vie ils ne s'étaient moqués des pratiques de dévotion ; et qui alors, crainte, par leur conversion d'admettre qu'ils étaient dans l'erreur, et de subir, les rires, les moqueries de leurs amis, compagnons de vice et de péché, meurent de la mort des impénitents.
308 — Le passag^e d'un oiseau, l'ombre d'un nuage, la chute de neige d'un toit, peut quelquefois laisser croire qu'un homme, un animal ou quelque chose a traversé votre chemin, votre ligne de vision.
309 On ne peut Jurer à la légère de ce
que l'on voit à travers une vitre ou fenêtre ordinaire ; car, qu'on y fasse attention, ces vitres
sont pleines de défauts qui distordent ce que l'on voit à travers. C'est ainsi que la ligne droite angulaire d'une bcâtisse, celle d'une gouttière de toiture paraîtront tout à fait croches et irrégulières. De même, il arrivera qu'un défaut sera rectifié, corrigé par un défaut de nom contraire dans le milieu (le verre) à travers lequel on l'apercevra, et fera peut-être méprendre les traits d'une personne pour ceux d'un autre.
310 — rVe |»ns so i-eiidi-o dé$a{;:i-éablc en ayant rair <l4> ^^apereci'^oir de la g:ancliel'ie d*nii antre qui fait un faux jias, ou qui en mangeant salit le devant de sa chemise, répaiiil son verre sur la table, renverse le sel, laisse tomber sa fourchette et que sais-je encore.
31 1 — Il y a iïv^ clioses qn'on fait inienx: de ne jamais «lire îY qni <ine ce soit ; pas même, et moins qu'à tout autre, à sa propre femme, à son enfant, à ceux qui nous sont chers ; car si elles sont incriminantes vous vous épargnez par là le désavantage et aux vôtres la pénible nécessité devant la justice, d'avoir à motiver votre condamnation en disant ce qu'elles savent, ou de se parjurer pour vons sauver.
312 — Ne faites point de calembours, jeux de mots aux dépens d'une personne dont les défauts seraient demeurés inapperçus, saut' voire désir de faire de l'esprit.
313 — La délicatesse, les eoiiveiiaiices veulent
que les '* aisances " soient dis>imulées, situées de manière, qu'en y allant, en revenant, on ait l'air de se diriger vers, revenir du jardin, d'un véranda, etc.
314 — Si la conscience vous reproche de
mettre votre patron à contribution de pai^eterie pour votre correspondance privée ; faites amende ou compensation en utilisant pour les brouillons, des blancs de comptes, des dos de lettres pour lesquels vous pourriez, sans être taxé d'extravagance, employer du papier " à la main."
31 «5 — Le Dr Taylor dans sa lecture sur " an analysis of béer " devant la société : Young Mans' Christian Association, dit que l'alcool durcit la cervelle, (le cerebruni) en cuisant plus ou moins l'albumen qui la compose, et la rend ainsi moins apte à remijlir de la manière voulue les fonctions mentales — tandis- 411e son eflfet sur le cerebelluui, siège des
appétits, est de l'exciter et que c'est ainsi que le buveur d'alcool devient dépravé et capable de liber» tinage et de meurtre, pendant que le cerebruin, siège des facultés intellectuelles est devenu moins apte à exercer sur le cerebelluin son influence salutaire.
316 — De même qu'il peut être bon (No 311) de cacher aux siens quelque chose de compromettant ou qui pourrait le devenir, de même Ton doit dissimuler à l'assistance dans un théâtre, à une assemblée internée quelconque, une alarme de feu — dans un vaisseau, la nouvelle «l'une fuite d'eau qui pourrait causer une panique. Tarte ajoute, en s'en inspirant, qu'en politique aussi il est souvent utile de donner le change à l'opinion sur une dissension intime dans les rangs du parti.
317 — La " Atlanta constitution " relate que la plus grande école du monde en est une que maintient à ses dépens le baron de Rothschild dans une des plus viles localités de Londres. Il y a là, parait-il, 3,500 enfants des plus pauvres familles juives et cent maîtres et maîtresses — déjeuner gratis tous les matins à tous ceux qui le veulent d'entre
ces 3,500 être humains. Le baron donne encore à chaque garçon un vêtement complet et une paire de souliers en avril de chaque année vers la pâque juive ; au mois d'octobre une seconde paire de chaussures à tous ceux dont celles du mois d'avril n'ont jjas l'air de devoir durer l'année — affaire peut-être pour lui de $30,000 par année.
318 — Le baron de Rothschild, a institué en faveur des 3,500 enfants, 100 maîtres et maîtresses de son école des juifs pauvres, une banque «l'épnrg^iies où pour cultiver parmi ceux-ci des habitudes d'économie, il alloue lO par cent «l'intérêt sur toutes les éparg:nes y placées.
319 — La tendance à faire économie de temps,
de mots en toutes choses, se traduit dans l'haVjitude générale de nos jours, de supprimer le nom fictif d'une personne suivi de l'adjectif qualificatif, pour faire du qualificatif le nom même. C'est ainsi que l'on dira Me Maîtresse, Me Bellemère, M. Millionnaire, DUe Pauvrette, M. Tardif, Ma<laine Rusée, etc., etc., pour que de suite l'on sache apprécier la valeur des paroles, des actes, de chacun de ces mis enscène. Ou encore on dira : Il ou Lui , Elle
320 — L.C ♦' IrVestiiii lister Kevie%v " dit que le langage du fuliir iserti raiiglais. Au
commencement de ce siècle (l'Jèuie) l'anglais n'était parlé dit-il que par quelques 20 millions d'âmes, pendant qu'il l'est maintenant par 125 millions. Il y a 100 ans, dit Bernays, Schiller écrivait " Notre langue (l'allemand) commandera à l'Univers " — Mais aujourd'hui, celle de Shakespeare à l'air de devoir être celle qui triomphera. Le volapuk n'est point motivé, ne le sera jamais, parce qu'il n'a point de littérature. Pourquoi en vouloir une nouvelle ou additionnelle pendant que l'anglais est là tout fait, tout court, tout pratique, quoique n'ayant aucunement le fini, l'élégance du français.
321 — l*ouf eu venir (No 325) îY expliquer coiiiiiieiit ou fait le tuyau eu fer ou eu acier, rap])elons tout d'abord la manière dont le corps animal expulse les déchets du système — puis tout le monde sait comment se fait la saucisse — en troisième lieu, le vermicelli se fait en forçant une masse de pâte préparée à cet effet, à s'écouler par un nombre de petits trous dans le fond du vaisseau contenant. Le macaroni est tubnlaire ou évidé, se produisant comme la saucisse, le vermicel, par expulsion sous pression à travers des trous dans le fond du vaisseau récipien-
daire de la pâte ; mais dans ce cas il faut pour que la substance sorte en forme de tuyau, qu'au centre du trou se trouve un fil de fer ou une tige de bois ronde attachée par un bout au pressoir et autour de laquelle, la pâte pressée de tous les côtés, sort en forme tubulaire.
322 — L.e tuyau de plomb se fait comme le msicaroiii. A cet etiet, le plomb est tout d'abord fondu ou au moins chauffé au point d'être prêt à entrer en fusion et par conséquent, en cet état, plastique comme de la glaise bien triturée. Mais il faut dans ce cas une pression plus accentuée pour avoir raison d'une matière aussi lourde, aussi dense ; et de fait, c'est la pression hydrauhque (la plus forte dont l'homme dispose) dont on se sert pour forcer le plomb mis au cylindre, à céder au piston qui le presse par dessus, jjendant qu'il hovt à travers le fond du cylindre par un trou rond y i)ratiqué, du diamètre extérieur du tuyau voulu, et qu'au centre de ce trou est une tige, une âme en fer ou acier de la grosseur du diamètre intérieur du tuyau à fabriquer ; cette tige fixée par son extrémité supérieure à la paroi inférieure du piston-pressoir.
323 — Le fil de fer, d'acier, de cuivre rou-
g'e, de laiton, *lti platine ; enfin le til métallique quelconque se fait en faisant passer dans des filières de plus en plus petites, jusqu'à arriver à la grosseur ou finesse voulue, un lingot d'acier, d'or, d'argent, etc., que l'on rapetisse tout d'abord à un bout afin de l'introduire dans la filière et en le saisissant ensuite par des tenailles le forcer (chauffé tout d'abord au blanc qu'il est ou suffisamment pour l'amollir, le rendre plastique) à cédera l'eff"ort exercé. De même la barre de fer ou le fer en barre roiad, carré, reciaiis^iilaire ; le rail d^acier, la poutre en fer ou acier, et de quelques formes ou dimensions que soient ces pièces, se manufacturent par le même procédé ; c'est-à-dire en les chauffant au rouge ou à blanc avant chaque opération, s'il y a lieu, pour les prendre tout d'abord en lingot, gueuse, saumon, etc. ainsi appelé ; et, en les forçant de passer successivement par le nombre voulu de filières, les réduire aux échantillons et longueurs demandés.
324 — Pour la manufacture de tubes ou
tuyaux en fei- ou acier il j' a tout d'abord à produire par le martelage, ou au moyen du laminoir, des plaques de ces métaux des longueurs et épaisseurs voulues ; puis les réduire à des largeurs calcu
lées à l'avance pour former les diamètres ou circonférences requis ; en tailler les arrêtes à l'équerre pour les petits tuj^aux de | " à 1^ " dont on aboute les rebords pour former le Joint ; ou à biseau, pour les tuyaux de plus grand diamètre, ou de 1^" à 30" et 40", dont on fait le joint en ramenant ensemble les rebords biseautés pour les faire se croiser, se couvrir l'un l'autre — Toutes ces opérations se font au rouge' blanc en passant les fers à travers des fourneaux où ils entrent d'un côté pour sortir du côté opposé. (Voir 325)
325 — Le tiiynii en fer, en acier (No 324) se fait pour les petits diamètres de ^ " à S " en le passant à la filière à peu près comme on fait le tuyau en plomb, le macaroni ; c'est-à-<lire en pousant ou en tirant les plaques préparées comme ci-dessus à travers un tuyau ou bout de tuyau dont le diamètre intérieur est égal au diamètre extérieur à donner au tuyau à produire ; et on assujettit le diamètre intérieur du tu3'^au à faire, au diamètre extérieur d'un autre bout de tuyau placé et maintenu concentriquement au premier et à son intérieur. Le bout du premier tuyau, à TefFet voulu, est ouvert ou évasé pour s'emparer du fer aplati du tube H façonner et l'amener peu i\ j>eu par une forme en entonnoir à se fermer au point d'entrer dans
le tuyau matrice. Pour les li^i'aiids diamètres
au contraire de S pouces en montant, on en ploie, on en arrondit les iliaques constitutives, en jiassant celles-ci aux rouleaux, c'est-à-dire, entre deux cylindres, avec un troisième cylindre s'ajustant aux deux premiers de manière à produire la courbure voulue. Puis entin le jointoiement de tous ces tuyaux, grands et petits, se fait en chaufiant préalablement les fers à blanc pour les passer entre des pressoirs qui en amènent les parois en contact ; pendant qu'à l'intérieur du tuyau, l'on tient par une longue tige, un mandrin sur lequel s'exerce l'effort des rouleaux extérieurs sans risquer l'exactitude de l'intérieur. Ces tuyaux, suivant l'usage à en faire, se soumettent à une épreuve variant de 500 à 5000 livres au pouce caré.
326 — Pour faire un tuyau qui soit plié ou recourbé à un rayon voulu, il faut d'abord le faire droit, comme il est flit au No 325 ; puis le recourber ou le ployer, et à cet effet on n'a qu'à l'emplir de sable pour lui donner la courbure lequise, sans danger d'en plisser ou rider la paroi intérieure, c'est-à-dire le côté intérieur du coude ou de la courbure que fait le tuyau.
337 — Disons, pour qui ne conçoit point
coiiiuieiit on peut faire le plomb destiiiné à. la chasse et appelé " cendrée,'" " plomb à canard," etc., que c'est en projetant ou laissant couler du haut d'une tour, et à travers des trous du diamètre voulu dans un plancher en métal à la température voiilue, du plomb fondu dont chaque jet, sous l'effet de l'accélération due à la pesanteur, finit par se séparer en gouttes allongées, puis en gouttelettes qui deviennent enfin rondes par attraction de cohésion çt qui se solidifiant avant d'arriver à terre, tombent en petites sphères de la grosseur voulue, tout comme la grêle nous arrive aussi peut-être des régions supérieures.
33§ — Les élans «le g^énic se traduisent toujours et en tous lieux : Sarah Bernhart montée au sommet des Alpes, commande à ses guides de la saisir et l'élever au bout de leurs bras — avec l'injonction : vous direz maintenant que c'est moi qui ai atteint le point le plus élevé. Et en effet. C'était tout une inspiration — une idée saisie au vol.
329 — Un qui en voulait à un autre et n'attendait que la première occasion pour le battre, le rencontre : Ah! tu peux remercier le bon Dieu (temps de Pâques) que je sois en état de grâce, et que je
ne peux pas te rosser aujourd'hui ; mais tu perds rien pour attendre, je le serai pas toujours.
330 — Etranges les contradictions humaines — mais c'est suivant les intérêts qui dominent les hommes. Pendant que faisant allusion au traffic, k l'achat dei votes de nos édiles lors du nouvel aqueduc de 1883, je subissais une enquête pour avoir osé dire que la pression était plus forte au dehors du tuyau qu'au «ledans ; chacun me félicitait sur la rue de n'avoir j^as eu peur de le déclarer.
331 — Couiuieut un*i idée peut dominer un homme : Un individu faisait partie de la " société
protectrice des animaux. " Il voit un homme qui avec son attelage était tombé à l'eau, et les deux en danger de se noyer. Il jjerd de vue complètement le conducteur du cheval, pour ne songer qu'à la bête elle-même. Cette idée le dominait. La société protectrice dont je suis membre, me fournit l'occasion de faire parler de moi. En effet il sauve le cheval, laisse périr l'homme, et ce n'est qu'après la chose faite qu'il se dit ; mais mon Dieu qu'ai-je donc fait là.
333 — Les ^rniid^t de ia tcirc ticiiiiciit, tout ceninie le eoHiiiiiiii dc><i» tiiorti;!^, à faire dire dViix qu'il<!> |»os!!«èfleiit toiitrs sortes de qualités, de talents que ne leur out Jamais connus les ^reiis de lesir eiitourag:e. Un reporter député auprès de l'un d'eux pour " l'interviewer " (charmant mot intraduisible) en perd la tête et la carte et ne craint j^oint de nous débiter sur son compte les choses les plus incroyables : l'empereur celui-ci déjeune tous les matins à 5 heures — le roi un tel travaille tous les jours, sans désemparer, 7 heures durant ; et mille autres choses de la sorte. C'est encore comme la moitié des dictons et des botis-mots que l'on débite à l'acquit des hommes haut placés et dont de pauvres diables d'hommes de lettres et d'esprit sont les auteurs.
333 — On se plait à vanter la politesse des français et de ceux qui comme nos lieutenantsgouverneuis (P. Q.) devraient en tenir, prêts qu'ils le sont à les singer à l'occasion ; mais pendant qu'un lieutenant-gouverneur croirait s'abaisser,s'humilier, en vous répondant, autrement que piw la voie de son secrétaire ou aide-de-camp ; le gouverneur-général, au contraire, tous ceux qui se sont succédés depuis un demi-siècle»
ont toujours daigné répondre par des autographes, aux lettres ou billets que j'ai eu l'occasion de leur adresser.
334 — Je vois tous les jours sur nos journaux soua l'en tête de " Faveurs rorsio*» avt^c promesse
«le publier." Telle chose à MM. A. B. C, telle autre
à Dames D. E. F Eh bien c'est à y voir. Nos aviseurs
spirituels devraient nous dire s'il suffit de cela. Je suis «l'opinion coïitrsiire. Dieu a dit "demandez et vous recevrez '" — mais pour demander il faut le faire en personne, ou si on le fait par écrit, y souscrire ses nom et prénoms. C'est s'humilier que de demander quoi que ce soit. C'est ainsi que Dieu l'entend. On ne peut le confesser autrement, faire profession de foi. Vos initiales sont ou peuvent être celles de bien d'autres personnes ; et quand elles ne le seraient point, pas un sur cent ne les divineraient. Ce n'est «lonc aucunement accomplir la promesse «le «> publier " que «le laisser ainsi «Icvincr <|ui vous êtes.
335 Que ce soit en général, Montesquieu ou Talley-
rand, ou un autre qui ait dit quelque chose, aujourd'hui érigée en proverbe : peu imi)orte, sauf counne fait historique et il est oiseux de se chicaner sur l'identité
de l'auteur, pendant que la cliose à «lisciitei* est la philosophie du dicton, sa raison d'être, la vérité ou la fausseté de îa chose avérée, son adaptabilité, sa conformité aux réalités de la vie.
336 — Un ex-maire de Q., mais qui à l'époque de son nouvel aqueduc n'était point premier magistrat, me disait dans le temps, à l'endroit de ceux qui étaient entachés d'avoir vendu leurs votes pour donner le
contrat à E «' Quant îY moi, supposons même
que j'aurais reçu quoique chose, j'étais pour la soumission Carrier Laine, pour un tuyau suivant le désir de l'ingénieur de la cité, et de trois lignes plus épais que le tuyau tel qu'on va le faire. De fait aussi les milliers de piastres dépensées depuis 15 ans à remplacer les longueurs crevées du tuyau mince, ont plus que dépassé, il y a longtemps, la différence du prix de soumission, et tous les ans ce sont des V)ris répétés dus à la même cause, " l'insuffisance d'épaisseur, de force du tuyau actuel pour résister aux coups de bélier hydraulique auxquels il est assujetti."
337 — Citons un trait des faiblesses humaines en présence de ses intérêts person-
iicis. . Il y a quelques années le Dr. F. M., disait à l'ingénieur de la cité " si vous vouliez pai'ler, vous qui en savez si long sur le compte de cette canaille là, vous
nous feriez s ce misérable à la porte. Peu de temp.s
après (seulement quelques mois) " le misérable " " la
s crasse," dont il s'agit se présentait pour le parle.
ment fédéral, et notre échevin d'alors, n'eut rien de 13lus pressé que d'aller parler pour lui à la tribune. Voici le secret de ce subit revirement : l'échevin avait et tient encore une place à la crèche publique et craignant que sa " canaille " pourrait en arrivant M. P.; l'en débouter, eut a rengainer, avaler la pilule et à parler de son hoaame comme du plus excellent choix que pouvait faire le quartier Ouest pour le représenter dans la législature du pays.
33N — J'ai déjà dit (Xo ) que la ville me doit au moins $47,n()il.00 au taux de mon salaire actuel pour avoir travaillé pour Elle hors de mes heures légales de bureau. Vers 1878 (remarquez, il 5' a 20 ans) le gouvernement fédéral avait eu à se mettre de la partie pour forcer la Corporation de me payer quelques $1100.00 part de la ville (par document notarié ou signé des parties contractantes) dans un relevé alors à faire, et depuis fait, de l'estuaire de la St-Charles à l'endroit de l'opportunité, la possiliilité d'y construire
ses bassins. La villo s'était rngagée vis à vis <lu gouvernement de payer A son ingénieur sa jjart de ce travail fait par ce dernier en compagnie de l'ingénieur
du gouvernement, Steckel Eh bien, le croira-t-on, un
échevin à qui l'ingénieur en parlait, vers la fin de 1897 (vingt ans plus tard) lui demanda si ce n'était pas un lait (on le lui avait dit) que ces $11()().()() ($1500.00 croyait-il) avaient tout réglé entre la ville et son ingénieur pour les vingt ans à venir. Esl-co brutal un pou «lo fiiii'O une pareille <1enian<l<^ : forcer un pauvre diable d'accepter ^lOOO.OO pour $47,(X)0.00 qu'on lui doit — Car prétendre aujourd'hui que l'alïaire est réglée ne veut rien dire autre chose — Régler 20 ans avant le temps ; est-ce assez absurde.
339 — A quel â;fe vient au siouveaii-né la pei-cegition des ehoses. J'entends sa mère, me dire qu'à 15 jours, il lui sourit. Je ne sais pas, le sourire n'est pas, en tout cas, accentué. L'enfant a bien comme nous, dessiné sur la rétine de .son œil tous les objets dont les rayons visuels peuvent lui arriver ; mais ce n'est guère avant 6 semaines cà 3 mois qu'il commence à se promener les yeux à droite et à gauche jiour voir quelque chose, et encore faut-il que son attention y soit attirée par un bruit, une voix, un éclat
<\e lumière de ce côté, et il a bien fi mois avant de le faire de lui-même. Il ne commencera à marcher que de 9 à 15 mois et cela en s'aidant de tout objet sous sa main 11 pourra aussi à cet â^e s'asseoir à table et y manger avec ses doigts ce qu'on mettra devant lui. Il aura commencé à 2 ans à dire quelques mots et à se faire comprendre à 2 ans et demi — mais il n'aura pas encore alors la perception de l'intermittence régulière du jour et de la nuit — il ne commencera à compter qu'à 3 ans et cela jusqu'à 2 et 3 et aura de 4 à 5 ans avant d'aller au-delà et de distinguer les jours de la semaine, commençant par dimanche, le jour qu'on va à l'église ; vendredi — le jour qu'on mange du poisson, jeudi ou samedi, le jour qu'on a congé d'école.
340 — Ce n'est pas par vertu que je suis honnête, mais i)ar orgueil. Je préfère aussi Hiie fine crasse, comme l'était l'Hon. X., à un lioiiiiête
idiot. Mais il y a aussi le quasi bonasse ex-maire qui voulant doinier au comité des finances une raison pour lui i)ayer .*5(t().(l() jjar année comme reviseur, n'avait pas honte de dire, "j'ai sauvé ça sur les scieurs de bois et les femmes de journée ; et en etiet il leur avait retranché à chacun 11) centins par jour.
341 — Une pelottc «le ficelle prise à votre patron, à votre client, peut se remplacer par les bribes enlevées aux paquets dont vous êtes le récipien daire. Il y a d'autres bagatelles dont il vaut autant ne jamais parler, crainte de leur donner une importance indue : comme quand vous déboursez une piastre pour le public et vous en refaites sur le casuel.
342 — rVe jamais avoir l'air «le se tromper.
Si, croyant reconnaître un venant vous portez la main au chapeau pour le saluer ; soulevez le tout de même comme pour essuyer une sueur ou vous masser la figure à l'endroit de la piqûre d'une mouche imagi* naire ; regardant en même temps de travers, si vous voulez, pour vous donner l'air de loucher.
343 — Je menaçais en présence de ma femme de donner le fouet à un enfant de 7 ans. Se tournant vers sa mère il lui dit : " il ne dirait pas ça à un homme de sa g^randeur.'
344 — Vous-étes vous jamais pesé, avant et après dîner — on dit qu'on ne s'aperçoit point qu'il y ait une différence.
345 — La plus douce des veug:eauces est la
contrariété que vous faites éprouver à votre individu en ne vous en vengeant point ; lui faisant par là même regretter ce qu'il a fait, et le remors de s'être mis en colère pendant que vous êtes resté froid.
346— Le »' Sherry " (Xcres) est toujours bon, avant, pendant et après la soupe (le
potage) une soupe grasse quelconque — vin léger, chablis ou sauterne avec les huitres, le poisson — bordeaux avec la viande — le Champagne au dessert. La bière, le café noir en fumant, le café au lait avec un
gâteau.
347 — Pour intimer à un parent, un ami, ou cousin de la canipag:ne de ne pas nians:cr avec son couteau, s'en servir au poisson, passer le pain avec ses doigts, etc— dire à l'avance à son fils, si on prévoit la chose, de le faire, afin de vous donner l'occasion de lui dii"e devant l'étranger : mon Dieui petit Jean, je t'ai pourtant dit assez souvent comme c'est mal élevé de manger avec son couteau, etc., suivant le cas.
34ë — Je ne sais trop coin ment le Chinois
fait pour iiiang^cr avec ses g>etits-bois. Au
poisson je me sers de deux fourchettes, et d'une Jburchette pour tout ce qui peut s'y maintenir, aulieu d'une cuiller qui paraît trop enfantin, sauf pour ce qui est trop liquide. Au poisson l'on met de côté le couteau parce que le poisson le ternit et que d'ailleurs la lourcliette suffit. De même il faut le couteau d'argent ou en or pour peler une ijomme ; afin de prévenir le noircissement, l'oxidatiou (la rouille) de l'acier.
349 — La vapeur est dite ag^ir sans expansion lorsqu'elle continue à entrer dans le cylindre par un bout jusqu'à ce qu'elle en ait chassé le piston à l'autre bout. On permet alors à cette vapeur de s'évader en lui i)ratiquant une issue à cet eflet au même bout par où elle est entrée ; pour la faire entrer ensuite par le bout opposé du cylindre, pour repousser, en le suivant dans toute sa course, le piston au point de départ. Ce mouvement intermittent ou de va et vient se continue ensuite indéfiniment, le cylindre dépensant ainsi deux fois son contenu, ou ce qu'il peut contenir de vapeur jîendant chaque trajet et retour du piston à son point de départ. C'est tout comme si un homme pour pousser un autre homme ou un objet quelconque à une distance donnée ; au lieu de
lui donner un élan assez fort pour l'y rendre, suivait l'objet en le poussant toujours jusqu'au point à atteindre, ou même qu'il Vy jîortât au lieu de l'y jeter.
350 — On conçoit qu'il doit y avoir perte à employer ainsi la vapeur sans expansion — En effet on n'a pas été lent à le voir, et maintenant on en coupe l'entrée au cylindre, on ferme le tuyau par où elle arrive, aux trois quarts, à la moitié, au quart, au huitième même de la longueur du cylindre ou du coup entier de piston ; la vapeur continuant ensuite en vertu de sa faculté expansive ou d'expansion à agir encore sur le piston, quoique qu'avec une moindre force de propulsion, jusqu'à rendre le piston au bout opposé du cylindre ; pour s'évader ensuite par oii elle est entrée ; puis entrer par l'autre bout, repousser le piston au point de départ, et continuer ainsi ce mouvement alternatif de va et vient. Voilà le cas oi"i l'on dit que la v^apeiii" agrit par expansion.
351 — La macliinc si vapeur est «lite *' si «loiibic, SI triple, si qiisidriiple, etc., expsiiision lorsqu'il y a 2, 3, 4, etc., cylindres de même longueur de coup de i)iston pour s'a<lapter à des manivelles encore égales de longueur, mais disposées à des
angles divers Tune avec l'autre : \)()°, 120 , 72-^ suivant le cas. Alors la vapeur avant de passer au condenseur après sa sortie du cylindre No 1, comme quand il n'y a qu'un seul cylindre, passe au cylindre Xo 2 ; de 2 à 3, de 3 à 4 et ainsi de suite, pour enfin se rendre du dernier cylindre au condenseur, oii elle redevient de l'eau pour être de nouveau renvoj'^ée dans la chaudière. Eh bien, cette vapeur agissant (350) par expansion et perdant ainsi de sa force de propulsion, il convient de la faire agir sur des pistons de plus en plus grands, et c'est ce que l'on trouve dans les systèmes à expansion double, triple, quadruple, etc. ; le diamètre du cylindre B étant plus grand que celui de A, celui de C plus grand que B, et celui de D plus grand que C. Voilà comment on utilise, pour ainsi dire, la totalité de la force de la vapeur, tout en la ménageant de quantité.
352 — II y a, à ne pas en douter, pour les bonnes g^ens, ceux qui croient en Dieu et l'aiment, des dionx pénates, dieux domestiques, tiitélaires,
Anges gardiens en un mot. En effet, un bec de gaz à l'extrémité d'un bout de tuyau trop long articulé à la muraille, se dérangeait chez moi, et mettait le feu au plafond boisé de mon rez-de-chaussée. Ce soir là, je veillais encore, ma femme comme par intuition ou
conduit par son bon ange, y descend juste à temps pour prévenir la destruction de la maison, et peut être de la famille.
353 — L'on sait si dans le cours «l'une année il y a des accidents et t'atalBlés |>ai' le feu. Dans plus de la moitié des cas (on le voit constamment par les journaux) ce sont des enfants qui en jouant avec des allumettes ont mis le feu. Il y a un remède à ceci. Le remède est tout d'abord persuasif, lorsqu'on allumant la bougie, le poêle, le gaz, la lampe, sa pipe en présence de l'enfant on feint de se brûler avec la flamme de l'allumette devenue trop courte pour continuer de la tenir à la main — on jette un cri et on a l'air de se tordre de douleur. Ce subterfuge renouvelé de temps en temps, car les enfants n'ont pas la mémoire longue, réussit assez bien pour leur faire peur. Mais il y en a toujours qui sont plus osés que les autres. Alors il n'y a qu'un remède certain. Ça peut avoir l'air cruel, comme le trouve ma femme ; mais ce ne l'est pas plus que de donner le fouet à un enfant qu'on aime, pour le corriger d'un défaut : le remède est de faire en sorte que la flamme d'une allumette, l'atteigne un tout petit instant au doigt, à la main ou au bras. C'est là le seul moyen certain de le guérir une fois pour toutes déjouer avec les allumettes.
Car mieux vaut un petit bobo qu'un g:ros,
Je le sais pour en avoir assez souvent fait l'expérience.
334 — Pour les enfants il faut <listin;;uer
entre le feu et la flauiuie, entre les deux et
quelqu<; cliose qui sans être rou^e-tison ou
charbon artleiK, peut briller et brûle en
effet, comme le ponle, tout noir qu'il est, une assiette
chaude, une cuiller qui sort de votre thé bouillant.
Alors c'est un nouveau moyen qu'il faut employer
pour prévenir l'enfant contre les brûlures où la flamme,
les tisons ardents ne sont pour rien. Tout ceci paraît
fort simple et l'est en effet, mais il faut y penser voilà
tout. Eh bien de même que (353) et sur le principe
de '' siniilia siniilibus curaiitur " il faut guérir
ou empêcher le feu par le feu ; de même il faut faire
en sorte que votre enfant se Vjrûle un tant soit peu,
pour l'éloigner du poêle ; et la manière pratique de le
faire, (si l'assiette chaude, la cuiller brûlante ne fait
pas l'affaire, et s'il y a persistance à aller auprès du
poêle, est de faire en sorte qu'il y touche du doigt une
seconde ou fraction de seconde pour le convaincre que
c'est la vérité que vous lui inculquez.
,* , :155 — Il faut à Fenfant une preuve cou-
cillante, sans quoi, pour lui l'admonition ne sert à rien et voici pourquoi : c'est que, il y a mille choses qu'il faut lui dire qui ne sont pas vraies ou qui si elles le sont plus ou moins, sont plus ou moins conditionnelles, et l'enfant les entendant constamment répéter, par ses père et mère, ses grands frère et sœur, et ne les voyant jamais réaliser finit par ne pas y croire. Ainsi il est vrai que le sucre fait carier et enfin tomber les dents — c'est vrai en thèse générale, mais ça n'arrive pas toujours, et ça arrive, en tout cas si lentement, ça met tant d'années à arriver que pour l'enfant ça n'arrive pas, puisque quand ça arrive il ne l'est plus (enfant). On veut l'astreindre au " bubuce " (de l'eau chaude et du lait) sous jji'étexte que le thé fort, le café étant noir va le faire noircir et ainsi de suite. Il n'est pas lent à voir par lui même la fausseté de ces prédictions— Puis si vous lui dites que le feu brûle, il ne le croit point non plus et voilà pourquoi il lui faut les preuves concluantes de la chose indiquée aux Nos. 353, 354.
356 — Pendant que nous sommes sur ce sujet, plus que pertinent, du feu et des accidents par le feu, dus aux enfants ; faut se cloiiiier la peine de faire en présence de l'enfant ce qu'il convient qu'il fasse lui-même plus tard ou étant un peu
plus grand, dans un cas où il met lui-même le feu, ou qu'un autre des enfants le fait — et il faut le faire aussi de manière à lui laisser croire que la chose est accidentelle — Ainsi chacun a dans son bureau, chez lui un panier à papiers de rebuts, dans la cuisine une boîte, un tiroir au même effet et devant servir à " la fille " à allumer son feu. Eh bien, et comme l'allumette qu'on allume pour allumer la chandelle, la lampe, attire toujours l'attention de l'enfant, c'est de la jeter toute flambante au panier: et de dire : mon dieu qu'est-ce que je viens de faire, voilà le papier en feu, vite mon enfant; quelque chose pour l'étouffer ; un bout de tapis, une vieille "couverte" (couverture de lit), un vieux paletot. L'enfant assiste avec intérêt à ce procédé, et ce procédé lui reste gravé dans l'esprit puisque tout en l'employant vous avez le soin de dire — voilà mon enfant ce qu'il faut faire pour éteindre le feu : faut l'étouffer, et si jamais ta petite sœur prend feu, dépêche-toi de la jeter, l'étendre par terre, pour que la flamme ne lui monte point à la fig:ure à la poitrine ; car vois-tu, regarde comme la flamme monte tout droit, et après l'avoir jeté à bas, vite quelque chose pour étouffer le feu. Voir No 356 et si je me répète, admettez que l'importance du sujet le motive.
357 — Tous les peuples sont donnés aux jeux-demots, iiiots pour rire, petits mots d'enfants, aux reparties fines, vives, piquantes. Il y en a une foule de celles qu'on lit dans les journaux, brochures de toutes sortes, qui sont spontanés, choses qui de fait se sont faites, se sont dites. Mais il y en a bien plus qui sont faites <à plaisir, imaginées par des gens, qui en font le métier — On est toujours porté à croire néanmoins à leur originalité tant elles sont (si non vraies) vraisemblables. C'est une littérature à suivre, pour s'en inspirez au besoin — car il y a bien des cas tous les jours où quelqu'un vous dit quelque chose de désobligeant, désagréable, contrariant, et il faut toujours s'étudier autant que possible à répondre, de manière à avoir raison de la personne qui vous les a dites, faire rejaillir sur elle les traits qu'elle a lancés.
358 — Si les mille-et-un médicaments brevetés de i^ar le monde n'ont pas chacun d'eux, raison de tous les maux à guérir, il faut croire que au moins chacun d'eux en guérit quelques-uns, à en juger par les certificats à cet eôet en la possession des inventeurs ou découvreurs des drogues ou procédés dont il s'agit. Dieu appareniiiieut veut qu'il eu soit ainsi pour que tout le monde vive. Il a dit aide-toi
et je t'aiderai et de fait, tous ces guérisseurs dépensent de fortes «ommes en annonces, s'aidant ainsi euxmêmes, et les imprimeurs qu'ils font vivre, ces derniers aident à en faire vivre d'autres et voilà ce qui aide à perpétuer rhumanité.
3î59 — On ne saurait mettre en doute qu'il y a prostrés, qiiaiitititif au moins, si non" qualitatif" dans le nombre et le traitement des diverses maladies du ^enre linmain. Plus nous allons, plus nous faisons la connaissance de mets nouveaux. Durant les premiers âges fin monde, on se contentait d'une nourriture moins variée que de n'>s jours. Les maladies nous venant, d'ordinaire par l'estomac, il j en avait moins, moins de variétés ; car de même que le travail, l'action extérieur iuHuent sur les muscles, la nourriture agit sur les tissus. Tant que durera donc l'humanité, il y aura des maladies additionnelles ou des phases, des variantes d'icelles motivées par les substances alimentaires variées qui leur donneront naissance. Puis ensuite les nouveaux médicaments imaginés pour conjurer ces maladies nouvelles, créeront eux-mêmes des modifications, et le nombre en ira toujours grossissant indéfinunent.
360— Que de progrès n'a pas fait restaiiipage
de nos jours. Il suffit de rudoyer la surface d'une feuille mince de métal, carton, etc., pour lui donner davantage de force, de roideur. < )a frappe d'un seul coup, ou l'on obtient par pression hydraulique, une cuiller qu'on peut vendre à 10 centins la douzaine. Ce procédé est des plus utiles dans la confection des jouets d'enfants : on fait les petits soldats, chevaux, chèvres, poissons et autres animaux, en deux moitiés, la ligne de partition ou de séparation dea parties composantes, suivant la ligne médiane de ces vertébrés, savoir l'épine dorsale, le sternum, etc. A chaque moitié l'estampe, c'est-à-dire, le coup de marteau, la pression donne la concavité voulue, et les deux réunies à sou dure : la concavité, le relief naturel de l'animal. <)n emploie aussi le procédé du moulage et la fusion ou fonte comme dans les forges et usines en grand, pour imiter les locomotives des cheujins de fer, les vvagotSs à passagers et autres, et on les fait encore par moitiés symétri<iues que l'on réunit ensuite par de petits boulons rivetés. Li; $i^aiifi-ai^4N la '» corrjii^aîioi»," le rudoiement, etc., jouent aussi un grand rôle dans cette accentuation des forces de simples feuilles minces de substances métalliques et autres.
361 — S'il vous plait madame, on a de la viande à
manger aujourd'hui, et maiiiaii demande si vous voulez lui prêter vos fausses dents — Oui
volontiers mon chéri, mais je les ai prêtées ce matin à la cuisinière chez madame Lassizeraie pour ornementer le rebord des pâtisseries pour leur bal de ce soir.
363 — Pour éeurer, nettoyer un tuyau d'ég:oïit de petit diamètre comme de 4", 6", 8",
15", c'est-à-dire trop étroit pour qu'un homme y puisse passer ; un des moyens bien réussis, est celui d'y lancer un rat au cou ou à la patte dn quel on a attaché une ficelle ; puis pour faire remuer le rat qui autrement resterait peut-être indéfiniment Vjlotti dans le tuyau, on lance à sa poursuitte une belette qui lui fait raj^idement franchir l'espace à parcourir. On détache le rat pour une autre fois. A la ficelle on attache une corde assez forte dont on a raison de cette manière et à la corde une gratte, sorte d'instrument composé de feuillets ou tranches en acier et à ressort et qui maintenues autour d'une tige centrale par un anneau ou un manchon à cet efiet, se prêtent par élasticité aux rugosités ou inégalités intérieures du tuyau s'il y en a.
363^--Je ne sais si c'est parce que jai lu un die-
tionnaire, des vocabulaires d'homonymes ; que j'ai aujourd'hui, et depuis cette époque une tendance, quand je n^y fais point attention, d'écrire ou |»lulôr de terininer iiioii mot par la finale d'un mot iiomonyme du premier mais n'ayant i>oint, naturellement, la signification voulue. C'est ainsi que mon imprimeur pourra corroborer la chose en omettant à l'endroit du mot cou du dernier article (362) vin i> que je lui avais ajouté et qui en faisait coup. Une autre fois ce serait peut-être coût ; sauf que l'accent sur l'u y apiselât mon attention.
3<>1 — Plusieurs meurtres — après outrage de la victime - arrivés de nos jours, ot dont les auteurs n'étaient pas au préalable connus pour de mauvais sujets, semblerait faire foi que nous sommes dégénérés de l'époque ou Racine écrivait (dans Phèdre) :
*^ Un luiir Ese suffit point «l'un mortel v^er-
[tueux «' &*our faire un assassin, un lâche inces-
[tueux."
305 — L'homme parait capable aujourd'hui d'exploits, de faits de prouesse que l'on n'eut pas même osé soupçonner, stig-
gérer il y a un siècle passé. En effet il est incroyable que de nos jours un homme ait pu iiarcourir en bicycle un mille en une minute et 35| secondes ou à raison de 38 milles à l'heure — 32g milles en une heure (784 milles par 24 heures) — 616 milles en une journée ou à raison de 25^ milles par heure — 1983 milles en six jours, soit 14.7 milles en moyenne y compris les repos, ou 15.8 milles en les éliminant. Et durant ces six jours ou 144 heures, notre homme ne descendit do sa roue que pendant un collectif de 9^ heures, dont 4^ pour sommeil ou | d'heure de sommeil par 24 heures, avec 5^ heures pour repas, etc. Et après cet effort auquel on a peine à croire, on constata que son pouls, sa température étaient encore à la normale — sa nourriture pour les si.K jours : du riz bouilli et du lait. Il est donc, une fois de plus et de cette autre manière, avéré que i'iioniine est capable d'efforis au deUi des lorces de la g^ente animale.
366 Quelqu'un qui en aurait le temps, la
patience, devrait fiiire l'énuméré des drôles de noms propres que Ton trouve dans une seule ville contme Londres ou Paris — Nous avions dans le seul département de la voirie (ville de seulement 60,000 âmes dans le temps) : Latulipe, La-
violette, Larose, Lalibeité, Laframbroise — Les Lenoir, Latour, Lebiun, Legris sont communs partout et il n'y aurait probablement pas à chercher longtemps pour trouver les autres couleurs. Une série de no.ns exprime la parentée : Cousin, Parent, Neveu, elc Une
autre série, les métiers ou industries : Meunier, Cliarron, Berger, etc — Une autre série, les animaux : Ulioval, Poulin, Lebeuf, Leloup, Poisson, LeCoq, etc — encore une, et si non tous dans la même langue, alors dans des langues diverses, ceux de la plupart des matériaux : Bois, Lapierre, Leroc, Leverre, etc., en français ; Brass, Stone, Wood, (iold, Steel, etc., en anglais ; Silber, Stein, Salz, etc., en allemand. Certains noms indiquent le penchant de l'individu : Boivin, Boileau— d'autres, certaines qualités : Lobon, Ledoux, Lavertu, etc l'état:
Roy, Major, Sergent — le jihysique : Legros, Lecourt, Le* ' petit, Lebossu, etc.
367 — 11 y en a qui sont heureux : rue St-Ours, un individu paye $1.00 par année, le penchant d'un coteau ou peuvent grimper et paître les chèvres — La ville met en valeur une extrémité de ce terrain en le nivelant pour y trouver de quoi remblayer un chemin qui n'exis tait point quand X a acheté son avoir et qui lui donne maintenant une sortie sur la voie publique. Sa rente annuelle capitalisée à 0% représente f 16.0J. La ville
— IGi —
lui prend, pour la voie susdite, un seizième de son terrain ou pour une valeur de $1.01) — Il la poursuit en dommages et les experts lui accordent trois ct'iil fois le |»rix «l'achat. Un autre fortuné i-aye -25.(J(J une autre partie du même coteau, la Corporation lui prend le tiers de son avoir pour l'escalier de la rue Colbert et lui paye $595.00. Il en demandait $600.00 ; mais pour sauver les apparences et laisser croire à un chitFre motivé, on lui retranche $5.00. Ça a l'air outré ; mais ce n'est pas que l'on ait eu nue propriété pour rien, qu'on doive la céder au même prix!!
36§ — De même qu'uiie feinine sp fait comprendre en suspendant à la muraille le portrait d'un favos-i — de même un honune sans rien dire, peut en flatter un autre et entrer dans ses bonnes grâces, en mettant en évidence chez lui ou dans un bureau ou autre endroit imblie, le portrait de cet autre, qui, s'il n'est pas encore son bienfaiteur, peut par là même le devenir.
369 De même que d'après Darwin, La
marque avant lui. Spencer et iTautres il y a évolution^ croissance, amélioration des espèces, des règnes
animal, végétal par le croisement, par le développement des muscles dû à leur mise en activité, par cela du cerebrum et du cerebellum (la cervelle) chez l'homme, en activant les facultés, les appétits qui en dépendent — et sans admettre avec Darwin : que c'est l'effort constant de la girafe, pour se repaître des feuilles haut placées des arbres dont elle se nourrit, qui a fini par tant lui allonger le cou — l'on admet cependant, que chez certains animaux, il y a faculté de reproduire un membre tranché ou perdu par accident — De même il y a la «lé^ciiéresccuce, déperdition de membres, de facultés, d'appétits non activés, non motivés soit à cause des lieux ou des circonstances. C'est ainsi que le têtard, (vulgairement la 'queuede-poêlon' perd sa queue quand cet accessoire lui devient inutile, à la suite de la formation de ses pattes — le iioisson perd ses yeux dans les eaux noires ou non éclairées d'une caverne, «l'un souterrain, tout en en conservant cependant, l'embryon, l'empreinte de l'endroit. Le crustacé perd ses jambes, ses pattes quand il devient un parasite se nourrissant de la substance d'un autre être et n'ayant par conséquent plus besoin de ses organes de locomotion ; ou, ces membres devenus inutiles deviennent atrophiés et finissent ainsi par dépérir après la cessation des fonctions qui leur étaient propres.
370- — C'est peut-être le lieu de rappeler ici (c'està-dire à la suite de l'article ci-dessus) que même clit'Z l'animal, connue chez l'Iioinine, son entoiirag^e y est pour quelque chose dans sa manière d'être, de se tenir, de se comporter. Le cheval de travail a toujours la tête basse, .ses facultés sont atrophiées parle va et vient continuel au même train ; il a l'air conscient de l'infériorité du rôle qu'il exerce. Chez le cheval du bourgeois au contraire, dont la circulation du sang est activée tous les jours par le peigne, la brosse, la friction, la propreté, les petits soins, la nourriture et auquel le conducteur fait prendre l'habitude de se tenir la tête haute ; il y a mise en activité de ses fonctions de l'ouïe, du tlair, de la vue, et il a l'air plus noble que son compagnon de misère. Il en est de même pour le chien qui, à ne pas s'y liiéprendre, est plus intelligent d'ordinaire à la ville qu'à la campagne, se tient la tête haute, la queue relevée, tandis que son cousin suburbain va tête baissée et queue basse.
371 — L.a même faute commise par deux individus peut être plus ou moins grave pour l'un d'eux suivant le chemin par lequel elle est passée ; c'est-à-dire, suivant le plus ou moins d'intérêt à la commettre 5 le plus ou moins de tentation,
de coercition qu'à subi le prévaricateur. Il est bien bon de dire qu'il ne faut pas mentir, par exemple, même pour .'e sauver la vie, ou celle d'un autre, mais Dieu n'est jias si stricte que cola — De iiiciiiC pour l'ivrog^no, ie péché d'ivresse est certainement plus pardonnable chez celui qui aime la boisson, que pour qui en fait peu de cas. Cependant (voir La Patrie du 7 décembre 1897) le recorder de Montréal a condamné un charretier à une certaine amende pour s'être enivié, et à une autre amende, parce que sous le coup de cette ivresse il avait voulu surcharger im client. C'est là aussi la manière de voir de cert.'iins juges, pendant que d'autres sont d'avis contraire.
372 — Il est étonnant comme les gens sont forts de leur aptitude à remplir la charge de premier magistiat d'une ville. Les journaux d'Ontario, 27 décemltre 1897, donnent les noms d'au moins huit candidats à la mairie de Toronto, i^ii'oai est cnticliô de soiiiiêiiic.
373. — Connue le serpent charme l'oiseau, le tient tout pétri d'efi'roi et incapable ('.'un mouvement jiour se soustraire à son ennemi ; de même l'homme, une femme, un enlant surtout, peut être transis de
fra3'eur, sous VefTet <l*iiii clinriiic puissant et incontrôlable en présence d'un <lnng:er iiiiniineiit. En effet, tout doniièrement à New York, une femme et sa petite tille surprises par l'approche d'un engin de la brigade du feu, restent immobiles sur la voie. Le pauvre conducteur pour ne pas les écraser, donne un tour trop de court à l'engin qui tombe sur le côté et le tue dans sa chute.
374 — L'incendie du Cotisée de Chicag^o est dû parail-il à un petit chien qui tout de lane revêtu, prit feu à l'occasion d'un lampe à gazoline qù fit explosion et dont le contenu atteignit et arrosa en passant le petit animal. Ce dernier sous l'effet de la douleur et. de sa terreur, courant ça et là parmi les tentures du thcAtre y comumniquale feu à 20 endroits à la i'ois. Disons comme les Espagnols '* Si liou e voro, e lM!ne trovato. "
S75.-Un liomn:e achète une paire de bottes et paye pour. La transaction n'est pas limitée par le liaicii.<!nt do l'argent. Il faut qne ciiaciin de ceux qui ont coiilribiié à produire les bottes reçoive sa part «lu prix de revient : ce s nt les éleveurs du bétail, les tanneurs de la peau, les
constructours et ré<|nipage du vaisseau qui a transporté le matériel, le faiseur des hottes ou cordonnier — en un mot tous ceux qui ont contribué directement ou indirectement à la production des matériaux saJis nombre, et des innombrables machines qui ont contribué à la production des bottes, ont à être rénumérés à même le paiement fait par le dernier acheteur.
376 — L'Angleterre (fin de 1897) admet être peu intéressée dans la question «les pêcheries, du loiip-inai'iii «rA insien, «laiis in luerde Beiiring: ; que c'est le Canada qui y est le plus intéressé et que l'Angleterre refuse d'entrer en arrangement avec les Etats-Unis, la Russie et le Japon pour arrêter cette pêche, chose à laquelle le Canada est opposé.
377 — Ln pnilition «lu vaste empire «le La Chine entre les nations «le la terre, est
aujourd'hui à l'étude, comme l'a été pendant bien des années celle de la Turquie : mais depuis que le Sultan s'est montré les dents, et que les nations qui veulent prendre part au partage se jalousent entrent elles, la question est au repos pour le moment. Les intérêts en jeu du côté de la Chine sont autrement importants.}-
tant sous le rapport de l'étendue territoriale que de l'importance commerciale quand il s'agit de la Chine et de ses 4(M) millions d'habitants. Il es! question dii prêt par l'Aiijflctori-e ù In Cliiiie <1<><« 100,000,000 «le tnels qii*il fniit iV «-ette «leririëre pour |»nyer :iii Japon riiKleiiiiitfé ag^rééc. L'Angleterre pour s'assurer du roinboursement à échéance veut naturellement y avoir un pied-àterre. La Chine de son côté, forte de l'appui de la Russie, à 1 encontre des prétentions anglaises, refuse de placer le " likin " (les douanes intérieures) sous un contrôle étranger comme sûreté pour le prêt par la banque Hong Kong et Shanghai, et déclai-e qu'à moins que l'emprunt ]>uisse s'effectuer sans cette condition ; elle va de suite faire des arrangements avec la Russie pour une garantie de 4 % sur les 100 millions de taels à 93 net. La Chine en retour pour l'emprunt donnerait à la Russie le monopole des mines et voies ferrées au Nord de la " gran-muraille " et un port ouvert à la mer comme terminus d'un chemin de fer russe. Elle remplacerait aussi par un directeur russe des douanes impériales, le directeur anglais actuel. C'est ainsi que les g:raii<les nations «le la terre se eoiitrôlent l'une l'autre par «les en -jeux «l'iininensc importance.
37§ — Telle est aujourd'hui la folie, la fureur pour les peintures «le la vieille écol« aiig'Iaise que le baron <le Rotchschid (il est bon d'avoir de l'argent à gaspiller) vient de payer £3,250 îouis sterling ($16,250,) un tableau par un peintre inconnu, et contenant de nombreuses fautes de dessin. Portrait de la comtesse de Coventry qui n'avait coûté que £25 à son propriétaire, et dont des tableaux d'égale mérite avaient été vendus un an auparavant pour £100. Ça été tout une surprise pour messieurs les professeurs du laid dans l'art, qu'un joli visage et un beau buste
aient attiré à la vente tous les acheteurs d'images de
la métropole.
379 — Le nouvel eldorado canadien au
Klondyke, Canada, près Alaska, met la fièvre partout — une immense immigration (précisément ce dont le Canada a besoin pour grossir sa trop minime population) se prép.are. Le Japon, La Chine, L'Europe vont nous envoyer au printemps, leurs désœuvrés par dizaines de nulle. Tout cela, ces nouveaux moyens de gagner sa vie, désarmera pour quelques années encore les dynamitards, qui par la frayeur qu'ils inspirent aux gens de bien, cherchent à les pousser au coinmunisme, c'est-à-dire à partager avec les fainéants leur «avoir. Il est bon que la Providence dans les grandes crises nous ménage de ces agréables surprises.
3§0 — Un alinéa de journal sur la nouvelle invention des nlliiiiiettes en |»:i|>jer, faites d'nne lisière de papier d'un de:ni pouce de longueur tortillée, tordue ou enroulée de biais, passée à la filière après avoir été tout d'abord revêtue d'une couche de matière collante et inflammable, puis coupée par longueurs et trempées au phosphore ; le tout par une machine laite à cet effet, et qui coûtent moins cher que les allumettes ordinaires en bois, dont l'immense quantité manufacturée tous les ans menace d'épuiser nos forêts des essences propres à ces petits bois — suggère l'idée de rappeler à la génération naissante qu'autrefois, c'est-àdire avant l'invention ou la découverte des allumettes telles qu'on les connaît aujourd'hui, il fallait pour allu- .j,,mer un feu, produire une lumière, de la tlauime, tirer , d'une pierre (silex ou jjirrre à fusil ainsi appelé) une étincelle au moyen d'un briquet (^pièce d'acier recourbé) avec lefjuel on frappait la pierre à cet eff'et. Il fallait de plus et nous avions alors de i)etites boites en fer-blanc renforinant de l'amadou, du " tondre," de la guenille ou charpie préalablement carbonisée. L'étincelle mettait le feu à l'amadou, puis à des allumettes souffrées en souillant le feu i)Our l'activer, et produire de la flamme. Après cela est venu la petite bouteille (grandeur du petit doigt) contenant ilu phosphore, substance intlamuiable au contact de l'air, dans la- (juelle on plongeait une allumette pour produire son
ignition — puis enKii ralluinette phnsi)horiiiue de nos jours. Voilà révoliitioii do ralliiiiicttc cliiiiiiqtEO qsie Toiï cossiiait.
381 — Le dernier alinéa suggère encore de rappeler aux enfants qu'iiiiti-t'f'ois mous nous éclaiiioiis,
nos «Ictneures, nos rues, tout d'abord à l'huile de baleine, de marsouin, de loup marin — puis est venu la chandelle de suif— puis la bougie de cire — puis le gaz (tiré de la houille) — i)uis l'huile de pétrole, puis enfin la' lumière électrique — maintenant l'acétylène et que sais-je encore.
382 — L'évoiiitioii du ch:luf^il^^e a passé aussi par plusieurs i)lKi.ses : le l^oi.s, la tourbe, la houille ou cliailH)u de terre qu'on brûlait siu- un âtre ou foyer ouvert, et audessus duquel on suspemlait le canard, le pot au feu, ou -À ciel ouvert, comme encore aujourd'hui en été à la campagne. Puis l'on employa ces combustibles dans des poules en fer, en fonte de formes variées. Li'aii' clinud succéda à ce dernier mode avec l'avantage de pouvoir, en le dirigeant par des tuyaux sur les diverses pièces à chauffer, sauver ainsi le coût d'autant de poi'lcs séparées. Plus efHcaco ensuite : le chauffage à l'ciiM cliaudc ou à la va-
peur; le premier néressitant un réseivoir andessus du niveau le plus élevé ;i chauffer, le dernier dû à sa propre force ascentinnnello, n'exigeant point cet iiltimat'im. Noua nous cliautlons encore aujourd'hui à l'huile de pétrole, au gaz ; c'est un iirogrès ; mais quand le cliaiiirug:c à, l'électricité sera devenu assez économique pour nos besoins domestiques, nous serons à l'apogée du comfort, du hoidieur à l'endroit d'un systèu o qui nous fournira l'S-ence du combustible, sans l'en. barras du bois, de la houille, et Cjui aura éliminé i\o nos deuieup s toute cette peine que nous avons à nous donner aujoui'd'hui, à cause des cendres dont la i»oussière [«énètre jiartout.
3 83 — Pauvre André et ses deux compagnons d'infortune, partis en ballon, il y a plus de 6 mois à la découverte du pôle nord — les reverr.a t-on jamais. C'était sans doute le moyen le plus prompt d'arriver, mais le plus risqué — Le sj'stème des étapes et des piedà -terre de 10 en 10 milles parait le seul qui soit plausible et prati(iue. Mais ne perdons pas l'espoir de le revoir ; car il est très plausible qu'en j^résence de vents contraires il ait atterri au Spitberg, ou à la terre de Franz Joseph pour y attendre un courant favorable, et cà Franz Joseph, y arrivât-il l'automne, qu'il serait certain
de secours au printemps par les vaisseaux qui fréquentent en saison propice ce territoire inliospitalier.
384 — Les méilecins sont lents à adopter un traitement dont la découverte n'est pas sanctionnée par un nom quel(jue peu célèbre, et surtout quand le non luimême ne se piésoiite pas à l'ouïe, connue faisant foi à l'avance de capacités itarticulières, d'un talent inné ; lui nom sans prestige et (jui n'annonce rien, ne promet rien. Le Dr. Briggs, des Etats Unis, est de cette catégorie—Il est l'inventeur de l'llH'iii:itliéra|»ic : traitement par la l>ovinine (sang de bœuf) et dont la " Modem Médical Science " de New York donne déj V des centaines de guérisons opérées sur les ulcères les plus virulentes, et une foule de maladies, tant par injection et application extérieure qu'étant administrée intérieurement. Un syndicat de médecins s'est enfin emparé du fait et a fondé à Stanford au Connectlcut le " Sound View Hospital " dévoué à ce traitement et où l'on constate déjà des guérisons de maintes cas abautlonnés en <lésespoir de cause par tous les autres médecins. La cure est d'autant plus facile à admettre qu'elle est sous tous les rapports rationnel sous quelque point qu'on la cji sidère.
385 — 11 est vrai que c'est d'Europe, de France peutêtre surtout fjue nous viennent la pluj^art des découvertes scientifiques, physiologiques, psychologiques ; comme celle du traitement, la ^uérison de la rage de l'hydrophobie, etc — mais les Etats Unis avec ses collèges, ses institutions supplémentées de tant de fortunes, s'accentuent aussi fortement depuis quelques années ; et de même que dans les Arts et Manufactures, la République Américaine se fait valoir déjà en présence des productions du monde entier, il est possible aussi que ce soit elle qui arrive à trouver, à expliquer enfin, le principe de la vitalité. C'est ce qu'un certain professeur de Washington D. C. croit entrevoir maintenant dans l'étude plus approndio que des microscopes plus forts, plus efficaces lui ont permis de faire des éléments cellulaires des tissus des règnes végétal et animal — 11 se «lit it>ali$fnit que la vifnlité, la vie, le pliéiioiiièiie «le la vie est iiii |>li4'>iioinèiie mental. Nous verrons.
386 — Lombroso cite une foule de cas à l'appui de sa thèse : que les eai-iictéaisliqiit'S physiques artifieielleiiieiit aeqiiis ont élé lit'* iv «lit aire meut traiismi<<i. L'histoire biologicjiie du chameau, dit-il, donne la (juasi certitude que la bosse sur le dos
(lu chameau, comme celle sur Tépine dor^rale du portefaix, que l'on sait être une accuiiuilation de matière grasse autour d'une légère proéminence de la colonne vertébrale, est une uiodification physique tenant à l'habitude de porter des fardeaux ; le llama sauvage, ancêtre ou auteur du chameau, n'ayant absolument aucune bosse de la sorte et la bosse disparait par atrophie chez le chameau coursier. Les callosités, dit le même, que se fait ou s'est fait le chameau aux genoux, à la poitrine, et qui proviennent de ce qu'il a constamment eu à s'agenouiller pour recevoir sa charge, ont été acquises coumie l'homme les acquiert et d'une manière analogue, et quoique n'existant aucunement chez le frère sauvage de l'animal, sont paifaitement visibles, sensibles au toucher dans les jeunes chameaux.
3^7 — LiC siiicido csl-il liéiéditairo. Le professeur Bouvardel de Paris relate qu'un fermier se pendit, laissant sept tils et quatre filles. Sur ces onze enfants, dix après avoir élevé des familles, se suicidèrent ; et les enfants de ces derniers terminèrent leur vie à diverses époques et do différentes manières, toujours en s'ôtant eux mêmes la vie. Le dernier survivant des onze premiers enfants est maintenant Agé de 08 ans. On ne sait comment il finira.
3§8 — L'éxpiession " le cceur me lève " j'ai des '* haut-le cœur " quand on a ce qu'on est convenu d'appeler " mal tle creur '" (envie de vomir) est tout à fait motivée — C'est le diaphragme, membrane qui sépare les boyaux des intestins ou organes situés audessus qui, en se soulevant, soulève l'estomac ; et a fortiori lorsque ce mouvement est accentué à bord d'un vaisseau par le tangage du navire, qui si vous êtes surtout à son avant ou A l'arrière plan, où le mouvement vertical est le plus tranché, vous cause un malaise extrême, des nausées irrésistibles par le fait que, Testomac détaché qu'il est du bas du corps et flottant comme dans un ihiide, audedans, ne participe pas de suite ou iumiédiatomont au mouvement du corps qui descend avec le vaisseau. C'est-à-dire que l'estomac reste en arrière ; ce qui produit sur lui le même etfet que s'il était soulevé, motivant jjar là même le vomissement.
3S9 — Le Dr Stocker, d'Ecosse : que dans le cas de mal tic mer, la ilescente du corps avec le vaisseau, fait sur la victime l'otlet d'un enlèvement subit des fondations do la structure abdouiinale, comme si le tout allait tomber dans l'abime. Cette sensation, dit-il, est naturellement accompagnée de la fermeture de la glotte du larynx qui arrête l'inspiration de l'air ; et que le
remède consiste à contrôler ce serrement naturel de la gorge, en ayant soin à chaque tlescente du vaisseau dans l'abiine, c'est-à-dire à chaque oscillation du tangage, d'inspirer l'air à i>leins poumons, en faire une forte inspiration. L'effort à faire d'une manière aussi rhythmique, aussi suivi avait aussi pour effet de fixer l'attention sur la simultanité des deux et de distraire d'autant du mal à éviter.
390 — Eu Italie ou |>ciit se n'iidre eoii|>uI»le «le bigamie sans que la loi puis-se y i-eiiié- (licr. Ceci est dû à ce que depuis la constitution du royaume en 1870, les autorités ont nisisté sur la suffisance d'un mariage civil. De son côté l'Eglise refuse de reconnaître la validité d'un mariage dans ces conditions, et exige un mariage en Dieu. Le gouvernement sévit de toutes ses forces contre un ecclésiastique qui célèbre ainsi un mariage devant l'église avant qu'il ait été conclu civilement. Mais eu Itlialie la grande majorité du peuple est catholique et ne veut point que l'on empiète ainsi sur les droits de l'Eglise. Le résultat en est que les gens peu scrupuleux en profitent pour se donner le luxe de deux femmes, l'une civile, l'autre liour ainsi dire, s[)iiituelle : L'une reconnue par le gouvernement, l'autre par l'église.
391 — Iii4;ii «rtitilo 4;oiii:iic les étuts synoptiques <lc toute sorte pinir les lins éilucationnelles, commerciales et iiutrcs. Los sciences, sont aujourd'hui si variées, si nombreuses, la vie est si courte, qu'il faut à l'œil un moyen graphiquç de tout saisir pour ainsi dire, sans se donner le temps de lire le texte : Carte synoptique de l'histoire du Canada de Christophe Colomb et Cabot jusqu'à nos jours — Carte synoptique généalogique de Victoria depuis le temps de Cédric le Saxon — Histoire analyti<|ue du premier siècle de l'Ere Chrétienne, avec les principaux événements de la vie du Sauveur— Cartes synoptiques de botanique, de la flore, de la faune : des oiseaux, des quadrupèdes, des reptiles, des poissons, etc. Enfin le système s'applique à tout : à. l'histoire, à la science, aux statistiques- Etats comparatifs grai)hiques des superficies, i>opulations, produits, navigation, commerce de tous les pays; des grosseins et distances comparatives des iilanètes et du soleil, etc., etc.
392—11 vient de se faire dans Tfndiana un double iiiai'in^e entre un père et sa tille, un frère et sa sœur : M. Debusk à Dlle Bevars et M, Bevars à Dlle Debusk — Mme Debusk est souu* de M. Bevars et M. Debusk est père de Mme Bevais. L.e résultat est que la sœur de Bevars devient sa belle-mère, et son
beau-père est en même temps son beau-frère. La fille de Deljusk devient sa belle-sœur— Mme Debusk est bellomère et belle-sœur de Mme Bevars. Mme Bevars étant la s(eur de son père est en conséquence sa propre tante. Debusk étant frère de sa fille se trouve être nécessairement son ijropre père.
393 — J'ai une liabiliidc à laquelle, je perds tout espoii* de me '«ou'straii'e : celle de coiisiaBiiuieut oublier mou |>;ii'a|>luie, mes |;:auts, etc. Je viens de lire dans un journal de la u)élro[)ole anglaise un état qui me console et fais que je me trouve moins bête que je ne le croyais à ce sujet. A Londres, l'an dernier pas moins de 38,025 personnes ont laissé, oublié quelque chose dans des voitures ou autres véhicules, etc., dont 2,955 bourses, 2('6 montres, 2,595 sacs de voyage, 811 lunettes d'opéra, 257 tapis de pieds. On est cependant parait-il plus porté a oublier son paraj^luie que sa canne, cette dernière ne figurant à l'état que pour 81») pendant que les parapluies y sont pour 17,020. Mais coaiment un homme a-t-il i)u oublier qu'il avait avec lui un bicyle — A (juoi pouvaient songer ceux qui y ont laissé les machiiios à coudre qu'on y voit, sans comj)ter 7 cages contenait des oiseaux, des chèvres, des chats, un lapin, etc. .le devrais peut être avoir honte de le dire, mais j'ai bien uu^ fois oublié ma mère abord d'un vapeur.
394—1^0 '« Kai<<>cr l¥illiclin der Grosse "
dernièrement (1897) construit en Allemagne pour la Compagnie Hambourg Américaine, est le plus magnifique vapeur océani(iue du jour. Il a fait 56-4 nœuds dans une journée, 22.34 nœuds est sa vitesse moyenne- La même comjiagnie a aussi mis en service les plus immenses vaisseaux à fret de l'époque l:i " Pciisylvaiiiii " et la " Pretoria." Ces navires ont une longueur de OOD i)ieds et un déplacement de 23,<MJ<) tonneaux. L.' " Océaiiic " nouveau vaisseau exprès en construction pour la Compagnie White Star, est en chantier. Il dépassera, à flot, plusieurs des dimensions du " Great Eastern." Sa longueur devant être de 704 pieds. Ces vaisseaux auront un tangage à la mer, bien moins accentué que les vaisseaux de moindre longueur. Car si les grandes vagues de l'Atlaniique, ne dépassent guère 2;-!U' dans les plus fortes tempêtes, et sont en général de beaucoup moins que cela, le vaisseau portera toujours sur au moins trois vagues ou points d'apjiui, fatiguant jiar conséquent bien moins que ceux dont la longueur n'embrasse que 2 vagues, et les plus courts encore qui prenant les vagues de biais peuvent n'en embrasser qu'une seule.
395 — Les vaisseaux roulant sur l'caii, anlieu d'y glisser en s'y enfonçant, n'ont pas
eu le succès que se sont |»roiuis leurs constractcui's Bazin en Fr:iiice, Knapp au Canada. Il est vrai que le vaisseau du type actuel tire beaucoup d'eau et dévelo2)pe une friction retardatrice considérable; mais par contre, le vaisseau rotatif soulève à l'arrière, adhérente à la surface subuiersive de sa coque, une nappe d'eau dont le poids, l'effet retardateur détruit pour beaucoup la vitesse que pourrait atteindre un semblable vaisseau. L'auteur de cet alinéa avait déjà dès 1853 imaginé un vaisseau île la sorte, dont le " Canadian Engineer " de Toronto a dernièrement roiiroduit le dessin, pour montrer que l'idée n'en était j^oint nouvelle.
396 — L'année 1S97 a vu ouvrir l'Obsert^atoire Astronomique Vcrkes à "Williams Bay " près le '' Lake Geneva " au Wisconsin. L'objectif du télescope, de 40 pouces de diamètre, est le plus grand au monde, celui de l'Observatoire Lick au Mont Hamilton, Californie, venant ensuite sous le rapport des dimensions. Les doux sont dos dons personuols, ot assurent pour beaucoup aux Etats-Unis leur importance actuelle dans le monde astronomique.
397 — Durant un récent incendie à £ber-
fcld, AI]oiii:i^^iic, les propriétés et effets à 10 kiloinôtres (deux lieues) à la ronde, mais surtout du côté où portait le vont, ont été enrloininagcs par dos particules de teinture, provenant de la manufacture des couleurs anilines dans les usines incendiées. Dos meubles, des maisons récemment peinturées ont souffert considéra Ijlement. Dans l'égLae St-Laureniius d'Eberfeld les vêtements et ornements ont été tachés au i^oint d'avoir l'air de hardes d'arlequin dans une pantomime. 11 se prépare de nombreuses réclamations en dommages contre les i)ropriétaires de la manufacture ; mais il est probable que la décision de Injustice sous cette en tête sera que ceux qui en ont soulFert des doniu âges doivent s'adresser à leurs assureurs respect f s (compagnies d'assurance) ces dommages étant comme tous autres dont peuvent souffrir les voisins dans un cas d'incendie, et surtout si le feu n'a pas été dû à la négligence des teinturiers eux-mêmes.
39§ Le torpilleur Porter de la Marine Américaine, ne fait pas moins de 28.74 nœuds à l'heure —plus de 33 milles. (1897).
La manufacture Krupp de Russie, proluit maintenant à ses usines les plaques à blinder les plus fortes qui se fassent où que ce soit, réunissant connue elles le lont, la dureté de surface des plaques Harvey,
avec une résistance extraordinaire à se laisser déchirer comme ci devant.
liC canon à enveloppe en fil «raciri* continue de gagner en faveur et il y a en un progrès accen tué dans la vitesse du tir et augmentation d'énergie de la pièce en rapport avec son poids.
399 — L'Archéologie a été enrichie par les découvertes en Egypte du savant archéologue De Morgan ; et MM. Grenfell et Hunt ont réjoui le monde théologique par leur découverte en Egypte d'une vaste collection de papyri, au nombre desquels était une feuille d'un livre-papyrus du 3ème siècle, contenant une collection des *' paroles '' «lu Christ.
400 — Ramésès le Grand. Pourquoi faire aux autres ce qu'on ne voutlrjiit point qu'on nous fit. Les souverains d'Europe, le curateur mêiiic du Musée Gizeh ou son propriétaire aimeraient-ils se voir, voir leurs momies respectives exposées ainsi derrière un vitrail aux regards, aux qnolit)ets impertinents de tous les passants. Pourquoi donc :i-t on .linsi exposé aux regaidi du vulgaire ce que Ton no devait voir qu'avec le respect révérenciel dû aux morts, à
ceux qiii ne sont plus : les restes mortels de Seti I et de son tils Raniésès II. Je partage sous ce rapport la manière de voir do Philpotts. Pourquoi, dit-il, parce que ces fameux Pharaons ont péri, il y a quelques milliers d'années, verraient ils ainsi outrager leur poussière. C'étaient de grands rois, qui à l'âge où de nos jours on entre à l'Université, au collège, s'asseyaient au conseil des nations — Rameses II régna tiT ans, mourant à SU à peu près. Il occupait le trône à l'âge de 12 ans, bâtissait des villes, faisait d'immenses travaux (l'irrigation, améliora l'agriculture, étendit les limites de sou p.iys — et 1300 ans avant l'avènement du Sauveur, son nom était certainement le plus grand de la terre. C'est en 1831 que les restes de ces rois ont été tirés do leur tombe de plus de 30 siècles passés, à Thèbes, par Moriette Bey.
401 — Le récent incendie du Colisée de Chicago nous rappelle encore une fois — et on ne saurait trop y insister — !c dusiger que court coiistaiiinient
le public dans les théâtres, les églises ; nos enfants, dans les dortoirs, toujours aux étages supérieurs des bâtisses, vu le manque de moyens efficaces de sauvetage immédiat et simultané en cas de feu— insuffisance des issues, portes trop étroites et trop peu nom-
bfeuses, absence d'escaliers extérieurs en fer, ou intérieurs mais ne communiquant avec les étages que jiar des balcons extérieurs et portes donnant de ces balcons sur ces escaliers. Nos g'oiivoriieiiicnls devraient certaiiioiiicnt s^occiipei- «le lu chose.
402 — La question des écoles du Manitoba. Non, francliement, une demie-heure d'enseignement religieux par jour, c'était trop peu ; pourquoi ne pas avoir dit an moins une heure.
403 — Nos forêts s'en vont. Incurie criminelle de nos gouvernants. Le " reboise;nont '' n'est qu'une larce. Le bison, le cerf, le phoque d'Alaska (mer de Behring), le saumon de nos rivières, la truite do nos lacs — tout s'en va, faute de moj'ens protecteurs. L'homme sous ce rapport — je puis l'avoir déjà dit, mais je ne saurais me lasser de le répéter — est l'animal le plus imprévoyant. Que ne fait on comme en France, en Allemagne, dans les Indes et ailleurs pour régler la coupe du bois, protéger les bêtes fauves, empêcher la destruction de nos ressources lacustrine?, fluviales, pélagiques, forestières el al.
404 — Les réclames des journaux en faveur
de leurs souscripteurs, de ceux qui y annoncent leurs
marchandises en vente sont maintenant sous des
en-têtes de " £|»onvaiitablc accident au KIon
dyke," ** Tei-i'ible liolocauste," etc. Ceci devrait
cesser. Il n'v a déjà que trop de véritaV^les accidents
et de fatalités, sans nous inHiger la lecture de ces
absurdités.
405 — La santé continue du Saint Père à
l'âge où il est de près de 90 ans, nous fait foi que le '* clian^'enicnt d'air " préconisé par le médecin pour faire plaisir à un riche client, n'est pas aussi essentiel qu'on le croit. Que l'action de l'homme sous ce rapport est peu d'accord avec ses enseignements. On vous dit qu'il faut à l'homme l'équivalant d'une chambrée d'air de 10 x 10 x 10 ou 10(X) pieds cube?, pendant chacune des 24 heures de la journée. Comme c'est drôle — moi qui ai vu (le Dr C. le sait) tout un comité (une commission) d'hygiène siéger à huis clos, 3 heures durant ou sans désemparer, et au nombre de 5 personnes dans une pièce de 10 x 10 x J5 ou de 1500 pieds cubes à peu près— soit 300 pieds cubes d'air à chacune d'elles pour les trois heures, 100 pieds par heure au lieu de 1,0{X) ; et remarquez, s'il vous plait, que pas un seul, durant la séance ne dit mot à ce
sujet. Le fait est qu'il y a Iiîmi «le la l)lague diins ce monde, et jo m'étonne seulement qu'on ne voie l'exagéré de semblables tliéories, en présence du fait que c'est à peine si un homme, au repos, respire plus ou même autant qu'un quart de litre d'air à la fois et cela, soit 20 fois piar minute, ;,0() pieds cubes dans les 24 heures au lieu de 24,00:).
40G — L.CS cboiilciiiciits, glissements du sol
ont lieu dans tous les pays où les eaux de pluie ou autres pénétrant des couches perméables et sableuses (comme à St-Alban, Canada) reposant sur un terrain de glaise ou imperméable incliné à l'horizon, finissent par miner la couche supérieure en sous-œuvre et à en lubrétier la surface de la couche inférieure, au point d'y faire glisser la couche superposée comme le fait un vaisseau sur son lit de inise à l'eau.
407 — L.*a>uvi'e «les éti'ciiiics aux eiifaiils pauvres. Je la préconise et j'y contribue ; mais, paraitil, et il faut éliminer de suite ce sujet de plaintes : il se présente, il s'est présenté pour recevoir de ces étrennes, des personnes, plusieurs personnes plus capables d'eu donner que méritant d'en recevoir. De plus on
ne devrait dépenser pour de simples jouets que 20 %, un cinquième tout au plus, de l'argent donné à cet eftet, et ceux qui au lieu de donner de l'argent achètent eux-mêaies des effets, ne devraient sur le montant de leurs contributions respectives, en affecter que la dime à peu près à des choses d'aucune utilité i-éelle, comme les sucreries et les jouets. Le reste devrait se donner pour dos articles utiles de vêtements ou de nourriture ; mais ces petites étrennes, pour qu'elles aient cet air aux yeux des enfants, devraient revêtir un caractère distinctif, par exemple en étant de couleurs gaies et multicolores.
40§ — On prête à saint Paul le dirtoii : JfIari"iez-voHS, vous ferez bieii nc vous mariez point, vous ferez encore mieux ;
mais tout partait que pouvait être le saint vis-à-vis des choses de Dieu, c'est Dieu luimc'me qui semble avoir enjoint à l'homme de se marier. Maintenant sur ceux qui se marient quelques uns ont des enfants, d'autres n'en ont point. Quels sont les plus heureux. Eh bien la vie, la providence de Dieu a des ménagements, elle est pleine de compensations. La femme qui en a, a pour la dédommager de ses soins, de ses veilles les caresses de son enfant. L'homme qui n'en a point n'est
pas dérangé la nuit, n',i pas à courrir les flocteurs, les nourrices ; mais demandez lui et il vous dira qu'il se donnerait volontiers ce trouble, cette peine, pour le l^laisir d'un trait d'union d'afï>clion entre lui et son épouse ; pour le plaisir d'en tenir un petit par la main, le prendre sur ses genoux, le promener, lui montrer à lire, lui expliquer chemin faisant tout ce «ju'il voit, le nom, le pourquoi de chaque clio^o — Mais mon Dion, aussi, qu'elle anxiété de tonsl>-s ii:o;i!ents, ciainte iju'il ne leur arrive malheur, à l'endroit de leur futur, et là on se console de n'en ] as avoir : i: ais évidi iiuuent que le plus méritoire est pour les parents qui ont de la famille, et en ont tout le soin, toi'.e l'inquiétude.
409 — "Ce qui î>ii* «r<>iï<;«il B»icii (a dit Boileau dans son " Art roéti'|ue ") s'éiiaiicc cluii-ctiioilt et U'S mois pour ic <lii-e :ira-jvesit ai<>»éiiient/'
Que de peine n'ai-jo pas cîue à ' Laval ' 2;)our comprendre la valeur de " l'excès ou de l'excédant spérique" c'est-à-dire le montant, le nombre de degrés, minutes, secondes, et décimales de secondes dont les trois angles d'un triangle ^iilié. iquo, ou d'un triangle dessiné sur la surface d'une spliéj-e, dépasse la somme, toujours 180', des trois angles d'un triangle rectiligne ou ordinaire. Disons tout d'al)ord que le Iriuagle
spliérjqiic a ijour côtés trois arcs de grand-cercles de la sphère ; et par grand-cercle il faut entendre la circonférence d'un i>lan de section coujiant la sphère en deux dans un sens quelconque, c'est-à-dire en passant par les pôles de la sphère, ou dans un sens perpendiculaire à ces premiers, peri^endiculaire à Taxe de la S2)hère et à distances égales des deux pôles, ou enfin obliquement à l'axe, mais aj'ant, tous ces cercles, un centre commun, le centre même de la sphère : par exemple les cercles méridiens sur une sphère terrestre, l'équateur, l'éclii^tiquo, etc.
410— Eh bien donc (40.') isoiis voilà en présence d'un triang:ie spliéi-iquc et il s'agit d'en établir la somme des trois angles. Si i)ar exemple le triangle est celui fait jiar trois quadrants, tous les trois à angles droits avec chacun des deux autres (voir la sphère terrestre, c'est-à-dire le plus i)etit modèle d'icelle, ou tracer ces trois quart-de-cercles sur la suri'ace* d'une pomme ou d'une orange) comme le serait le triangle compris sur la surface de la terre entre deux méridiens à 90^ l'un de l'autre, et l'équateur ; on voit de suite que ce triangle à trois angles droits, et que sa surface, sa sui^erficie est de un huitième de celle de la sphère entière. Son excédant spliéi-iquc à. ce- Uii-lù est de 90°. Si ou partage ce triangle par
d'autres méridiens ou quarts de méridiens menés du pôle à l'équateur, on aura quatre vingt dix triangles, dont les deux angles de chacun, à l'équateur, seront encore droits ou toujours droits et dont l'angle au sommet ou au pôle, sera de 1°. Donc ici l'excès sphérjque est de 1^, Continuant ainsi à partager un de ces derniers triangles en 60 parties égales par autant de quart-de-cercles ou de méridiens, chaque triangle résultant de cette subdivision aura encore à la base deux angles droits, et au sommet un angle d'une minute ou d'un soixantième de degré. Donc son excès splicriqiie sera de une iniiiiite. Continuant toujours le partage, divisant encore par 60, il viendra un triangle dont l'excédant sphérique ne sera plus que d'une seconde — Ce dernier triangle partagé de la même manière en 10, en 100, en 1000, etc. donnera un triangle dont l'excès sphérique sera de ^ç, lèuj tAc ou 0.1, 0.01, 0.001 de seconde.
411 — Il est évident maintenant (410) que la superficie, la surface de tout triangle sphérique bi-rectang:le, c'est-à-dire à deux angles droits est «lirecteinent proportionnelle à son ang:le au pôle ou à son sommet, c'est-à dire à son excès ou excédant sphérique. Donc pour un triangle
de cette sorte, il suffit de connaître l'excès sphérique pour arriver de suite à sa superficie — celui dont l'angle au sommet est de 90 ayant pour surface, comme il est dit plus haut, un huitième de la surface de la sphère entière— celui de 1^ d'ouverture d'angle ou de divergence des côtés ou des méridiens, un quatre-vingtdixième du premier, celui de 1' (une minute d'arc) un soixantième du dernier — celui de 1" (une seconde d'arc ou d'ouverture angulaire) au sommet, la soixantième I)artie du triangle de 1* — celui de un dixième de seconde de divergence des côtés à son sommet ou au pôle de la sphère, un dixième de la surface du triangle d'une seconde et enfin pour 0.01, 0.001, 0.0001 etc. toujours le même rapport au triangle premier, que l'angle au sommet à 90'" — Donc rien de plus facile que d'établir par le plus simple calcul arithmétique la surface d'un triangle de cette sorte.
412 — Pour arriver à la superficie d'un lijaiigle sphcriqiie quelconque, ou tracé d'une manière quelconque sur la surface de la sphère et avec des arcs de grand-cercles dans des positions relatives quelconques et de longueurs quelconques ; il y a analogie absolue, comme dans le cas (411) du triangle spérique à deux angles droits ; c'est-à-dire que cette super-
iicie ne tient encore dans ce cas là que de l'excédant de la somme de ses trois angles sur deux angles droits ou 180°. L'on ne peut s'arrêter à démontrer cette analogie ; car il ne s'agit pas ici d'un traité de mathématiques ; mais l'on doit être prêt à atlmetfcre cette analogie, dont les géomètres démontrent l'existence. Maintenant il faut trous'er (voir Le Stéréométricon- Baillargé, page 56) la suj^erficie de l'unité de surface, c'est-à-dire, pour 1", 1', 1'", 0. 1". 0.0 1", 0.00 ["—multiplier ces données jjar les nombres respectifs de degrés, minutes, secondes, décimales de secondes dans l'excès sphérii]ue, en faire la somme et la multipliant par le carré du diam. de la sphère, on arrive à la superficie voulue du triangle proposé.
413 — La Basilique de Notre-Dame de Québec est en face de mon bureau, quel vacarme quand il y a un enterrement le matin, nn baptême le soir. Ah 1 c'est àîors que je me rappelle le mot du " Lutrin de Boileau " : " pour honorer les morts font mourir les vivants." Je faisais baptiser l'antre jour et je donné anï bé<îeau la piastre tiaditiohneUe — " pour sonner, qtï'il me dit," " non malheureux, lui dis je, c^'èst |>oUl' lie |Kis sujiiior Qiie J4' te la doiiiic.
414 — Pour écrire ces " Divers " ces enseigriiemeiits de la vie — je les saisis au vol.
— J'ai chez moi deux éditions : les enfants du second lit, une encore non ujariée du premier. Je viens d'entendre de la part d'une de celles de la récidive, un mot acerbe à l'adresse de sa ( " step sister " ) sœur de père, comme on ajjpelle ça— ce qui veut dire que ces résultats de deux ou plusieurs " mariages " quand ça s'y trouve, ne sont -pas toujours ou nécessairement d'accord, et ces différends ont leur raison d'être en ce que les premiers héritiers voient d'un air de " decrescendo " arriver les seconds, les seconds les troisièmes quand ça en vient là : la fortune, le jjIus souvent problématique ou imaginaire, parcellée.
415 — Pas étonnant que nos enfants soient si mal réussis en arithmétique quand on s'en tient à des règles que la mémoire ne j^eut saisir ou retenir. Quels sont les trois quarts des deux cinquièmes d'un tiers (les ^ des g d' ^) voilà ce qui a l'air compliquée 5 mais tout d'abord pour que le problème à résoudre Boit rationnel, pour que la nécessité de la chose ait sa raison d'être, su^iposez une succession dont le J vous échoit, et dont vous léguez les | ou le» vendez, et que le récipiendaire ait a partager ces ï entre trois héritiers — vous prenez le tiers du total eu jeu j vous divisez ce
tiers par 5, vous avez alors i de ce tiers et multipliant par 2, les ?. Puis vous prenez le quart du résultat et trois fois ce quart sont les | des | du ^ de 1. C'est donc par le raisonnement et non par la mémoire qu'on arrive le mieux à son but, car la mémoire n'est pas toujours fidèle, et pourquoi la fatiguer quand il est plus facile d'arriver sans s'y fier.
416 — Il est certaiueiueiit plus satisfaisant pour qui que ce soit d'arriver à uu résultat par le raisonnement qu'en se reposant sur sa mémoire à l'efiet voulu. On est plus content d'un procédé que Ton peut suivre des yeux, de l'esprit, que de la mise à contribution d'une formule où il peut y avoir erreur d'impression, erreur d'appréciation. Quand il s'agit par exemple d'une formule comme dans certains calculs hydrauliques, ou le mathématicien vous met en présence de la racine carrée ou cubique de la racine cinquième d'une quantité quelconque ; admettons de suite qu'aucune tête d'homme ne saurait mentalement saisir et suivre par le raisonnement les éléments constituants d'un semblable dédale et alors il faut nécessairement s'en rapporter à la formule, compUquée qu'elle soit.
417 — Devant la justice. Le juge: comment
t'ap|>ellcs-tii lïioii petit — ^Je m'appelle comme
papa — Ton père comment s'appelle-t-il — Il s'appelle
comme moi — Eh bien, rejjrend le juge " Comment vous
appelez-vous tous les deux — On s'appelle tous les deux
pareil ! ! Pas aisé d'arriver et pourtant le jjetit ne
ne disait que la vérité.
418 — On i^eut donner aux choses les plus simples une importance relative suivant la manière de les dire. Se rappelle-t-on le gamin de Paris : Gaveroche (Eugène Sue, " les Misérables " ou " Les Mystères de Paris " je ne me raj^pelle plus lequel) qui ayant un sou à dépenser pour lui et son petit frère, entra chez un boulanger et faisant jouer son sou sur le comptoir " g^arçon, ciuque (cinq) centimes de pain."
419 Dans une mise en commun des fonds de deux
sociétaires, faut que les deux se partagent la besogne, que chacun fasse sa part. Tortillard d'Eugène Sue ou un autre, peu importe, avait un sou — c'était tout son avoir ; un sien ami et compagnon d'infortune en avait autant — capital de 2 sous ! — que va-t-on en faire dit Gaveroche, et de répondre lui-même " on va acheter une pipe, un sou ; du tabac, un sou — oui, que
dit l'autre — aussitôt fait que dit — Gavroche charge la pipe et se met à fumer — et moi dit l'autre — toi, tu cracheras*
420 — On avait l'air de croire autrefois que dans une comédie tout devait être drôle — dans une tragédie, qu'il ne fallait jauutis rire ; mais le drame représente mieux la vie réelle où " le sublime est voisin du ridicule " où l'on passe des pleurs à la gaieté, des scènes joyeuses au sérieux, au tragique. Il faut le vraisemblable partout et je me sens porté à reprocher à Shakespeare de faire ainsi parler ses laquais en langage mesuré, rj^thmé comme celui de personnages qui par leur naissance, leur entourage, leur éducation peuvent être censés le faire; pendant que les serviteurs, ce me semblerait plus naturel, devraient parler le langage qui leur est projire. J'admets la difficulté, l'inconvénient de la chose dans une pièce — comédie ou tragédie — écrite en vers ; mais enfin il ne doit pas être plus difficile de passer de la poésie à la prose, qu'il l'est dans l'opéra de passer du chant à la récitative et ce serait sans doute là un pas vers l'expression de la réalité en toutes choses.
* * 421 — Pourquoi ne peut on plus tolérer
de nos jours sur nos théâtres ces pièces du siècle dernier et du 17ènie — Cependant quoi de plus beau, de plus riche, de plus sublime que r " Athalie " de Racine qui débute par ces vers
" Oui je viens dans son temple adorer l'Eternel " " Je viens selon l'usage antique et solennel," " Célébrer avec vous la fameuse journée " " Ou sur le mont Sina la loi nous fut donnée."
ou encore comme dans Phèdre
" Monstre qu'a trop longtemps épargné le tonnerre.
" Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre,
" Fuis et ne viens pas ici braver ma haine,
*' Fusses-tu par de là les colonnes d'Alcide,
" Je me croirais encore trop voisin d'un perfide."
Eh bien ! c'est qu'il n'est pas naturel que dans un drame quelconque, il y ait du commencement à la fin de la mise en scène cette uniformité du langage chez tous les acteurs, ce langage rythmé, mesuré, soutenu du commencement à la fin. On se fatigue du beau comme du laid, du sérieux comme de ce qui ne l'est point, du sublime comme du ridicule. C'est leur rapprochement qui les rend acceptables, tout comme le mauvais temps novis fait apprécier un jour ensoleillé ; la maladie, la santé— la pauvreté, la richesse. Shakespeare a mieux saisi sous ce rapport la nature humaine, il passe de la poésie à la prose suivant les personnages
qu'il met en scène, il avait deviné le drame venu plus tard.
422 — L<e '♦ mais '♦ en g^éiiéral fait pressentir quelque chose de contraire, «le contradictoire à la première partie de la phrase, et cependant nos auteurs, nos littérateurs semblent assez souvent l'employer dans un sens où il n'est point motivé. Si par exemple on disait " Elle est jolie " et que cette assertion fut suivie d'un " mais," ce " mais " devrait faire croire à quelque qualité non enviable, à quelque chose déparant la beauté, à quelque chose d'incompatible avec la qualité qui vient d'être exprimée. Ainsi dans " Elle est belle, mais méchante," le mais est à sa place — si au contraire c'était " Elle est belle mais bonne," le mais n'y aurait point sa raison d'être ; eh bien, tous les jours l'on voit ce mot employé ainsi à torti
423 — Un de mes amis qui a une jolie femme ne cesse de lui répéter, avec Eacine dans Phèdre, " depuis deux ans, (trois ans, dix ans) entiers chaque jour je te vois et crois toujours te voir, pour la première fois." Je l'attends pour quand il y aura quatorze ans, dix sept ans, voir comment il aura raison de ces mots à deux syllables — ça gâtera sa
poésie, si toutefois, d'aujourhui à ce temps là il n'a pas changé d'avis. Cependant le mot " de " remplacerait à merveille " depuis " et lui de dire : " De dix sept
(dix neuf) ans entiers chaque jour je la vois et
Mais faudra peut être alors mentir un peu pour achever le couplet.
434 — Si l'on ne se hâte, nos amis d'Ontario vont uons conper l'herbe sous les pieds — et le jeu en vaut la chandelle : exploiter les ressources de terre et de mer de cette vaste Baie d'Hudson 26,(XjO fois grande comme le havre de Québec, six fois retendue du golfe St-Laurent — cinq fois celle de nos grands lacs du Canada réunis — comparable même en grandeur au golfe du Mexique. La route projetée par M. B. pour un chemin de fer du lac ■ St- Jean à la baie James, de quelques 350 milles en longueur, serait par les vallées consécutives de la Chamouchouan, de la Waswanipi et de la Nottawaï. Il faut actuellement deux ans pour une expédition de pêche à la Baie. M. B. projjose de bâtir des vaisseaux ici (Prov. de Q.) les y envoyer pour y demeurer avec leurs équipages qui se bâtiraient à la baie James, y feraient 4 pêches contre une — deux par année, le printemps, l'automne. Le climat de la nouvelle colonie serait celui de Eimouski. Faut que cela arrive — voir les
brochures (conférences par M. B. dans les deux langues) de 40 à 44 pages (cent fois" demandées) de 1895, 1897 sur ce sujet.
42.5—Je favorise la ventilation libre des égpiits au moyeu de grilles ou de couvercles à jour sur les regards qui du centre de la chaussée y dopnent accès. Avec l'ancien système, l'air s'engouffrant dans les égoûts forçait, assez souvent le scel du siphon pour empoisonner la maison ; ou en ventillant par les puisards situés le long des trottoirs, les piétons respiraient en passant les gaz impurs — tandis que par ventilation directe, l'air de l'égoût en sort de suite avant d'avoir eu le temps de se contammer au contact des déchets y contenus ; et que si d'ailleurs l'air fut quelquefois vicié, on s'en apercevrait moins en passant en voiture et vite sur la chaussée, qu'à pied et lentement sur le trottoir.
426 Unc ;;rande qnesliou qui vîi sous peu agiter le Canada : la diminution du rendement de son fleuve, en par nos cousins les Américains en prenant f)0(),()00 pieds cubes par minute pour le prétendu " canal de drainage," mais de fait en même temps une voie maritime et commerciale, (jui de Chicago se rendra au golfe du Mexique par les rivières
Des Plaines, Illinoia et Mississippi, n tombe aujourd'hui au Niagara 18 millions de pieds cubes d'eau à la minute. Ce que va prendre Chicago en est un trentième, c'est la profondeur du St-Laurent aux endroits dragués au coût de tant de millions de dollars, et cette prise d'eau va baisser d'un pied et plus le tirant d'eau du fleuve ; puis ce seront de nouveaux millions qu'on y enfouira, pour gagner ce pied qu'on nous enlève, qu'on nous vole, M. B., Ing. des ponts et chaussées de Québec, a été le premier à en prévenir le gouvernement Fédéral, le public par la voix des journaux ordinaires et scientifiques en 1894 et ne comprend point qu'on n'ait pas vu aupavant que c'est là une spoliation nationale, puisque, d'après les lois des nations, il n'est permis à qui que ce soit de détourner une rivière, un cours d'eau même quelconque, sans en ramener les eaux à leur ancien cours. Et ces eaux des grands lacs sont plutôt à nous qu'à eux puisqu'elles viennent plutôt du Nord ou du Canada que des Etats-Unis. Et il est question d'autres canaux des grands lacs à l'Atlantique via la rivière Hudson. On va détruire le St'Liaurent, et les niveaux d'eau de ses tributaires vont par là même baisser et leur commerce se déprécier.
427 — Pourquoi quand un homme de talent passe au
camp ennemi en politique, un grand prédicateur catholique à une nouvelle persuasion en religion, ses cidevant admirateurs laïques, cléricaux, en parlent-ils comme d'un idiot. C'est une stupide jalousie qui les porte à en agir ainsi ; car de même que, comme dit Racine dans Phèdre, "un jour ne suffit pas d'un mortel vertueux pour faire un assassin un lâche incestueux," de même, on ne devient pas ainsi du coup un sot.
42§ — C'est généralement le "retour du bouquet " ou l'espoir qu'il y en aura un, qui motive cette foule de cadeaux qui se font de par le monde à celuici, celui-là, et il n'y a pas de mal à cela, quand on sait que le récipiendaire est en moyen de convier ses amis les donateurs, à un banquet, sans se violenter la bourse.
439 — Une femme de quelques 35 ans mais paraissant plus vieille disait un jour à une amie moins fortunée, que son père ne lui donnait tous les ans que $100. Mais, reprend l'autre, ma chère une petite fortune de $5000 n'est pas à dédaig^ner. Fine repartie, n'est-ce-pas : augmenter ainsi sa fortune aux dépens de son âge ; et nos échanges regorgent de ces traits d'esprit.
430 — Tl n-est pas sinj!;ulier après tout que Québec, nialgié co que la nature a fait pour elle, soit si arriérée sous le rapport de la propreté de ses chaussées et trottoirs. Voilà depuis trente ans vingt (ois que son ingénieur lui écrit, c'est à-dire à son chef de police à qui il incombe de faire observer les règlements ayant trait à la propreté de la cité et au comfort des citoyens sur la voie imblique, au " comité des chemin^ " (commission de la voirie) au maire même, et à tous les maires qui se sont succédés ; mais sans résultat, et l'on coiiliiiiK; <'oiiiiiio il y a 50 uns, à faire scier et fendre «^oii hois sur la nie aulieu de forcer les gens à le faire dans leur cour ou cave, ou s'ils n'en ont point d'achetfr leur coinbiistible tout prêt à mettre au poêle, chez le marchand qui en fait métier ou industrie. Imaginez voir, comme je l'ai vu l'an dernier, pas moins de trois scieurs de bois sur la rue St-Jean intra muros, (parcours de moins d'un quart <le ujille) y exerçant sinuiltanément ce poétique mouvement de va et vient.
431^-A quoi svvl pour une ville «l'avoir «le$> règ:leinent^ qu'elle ne se «Ioiiik; aucun souci «l<î faire observer j)arce que "la i)Olice " pour le faire y perdrait un peu de son air martial qu'aime tant à lui voir conserver son chef-^— On passe
sur les trottoirs avec des instiiuiients tranchants au risque de vous dévisager — vous descendez du trottoir pour céder le pas à une brouette — vous voyez les gamins entailler les garde-fous, les sièges publics ; tirer au blanc sur les statuettes des jets d'eau, casser au jeu de '"boomerang" les vitres des maisons inoccupées s'accrocher aux arbres des parcs pour en faire des poteaux de gymnase, piétiner l'herbe ; recevoir des fruits aux étalages des marchands de ces comestibles et au lieu d'en amasser les enveloppes pour allumer le feu ou autre chose, on les jette sur la voie oii le premier vent les distribue chez les voisins ; ou encore les marchands de fourrage laissent aller à tous les vents sans s'en donner de souci, les débris de foin, paille, etc. qui se perdent entre la voiture qui livre ou qui reçoit et les hangars où l'oii eiiunaga/.ine, ou les écuries où Ton utilise ces produits de la ferme.
432 — On a vite îiâté un jeune maire, tout de talent qu'il soit, par tro[) île flatterie et de compliments. Il devient vite un petit tyrant, un autocrate, et le rouge de l'autorité s'épanouit de suite sur sa figure du moment qu'il est contrarié jjar quelqu'un ou quelque chose. On en a un qui mène tout — Le Canard avait deviné juste lorsqu'il le représentait tenant par les cordeaux tous les présidents de comités attelés à
son char. Ils le savent tous et tous l'admettent — je le leur ai entendu dire — les anglais : " We cant help it " — les canadiens " on le sait, on l'admet, mais on est impuissant à se soustraire à l'eâet qu'il exerce sur nous.
433 — Il doit y avoir chez nous de l'électricité mais d'une nature peut-être plus subtile que celle du dehors, comme qui dirait l'éther au lieu de l'air. Chacun doit avoir entendu maintes fois, l'expression " mille cliandelles " — je suis tombé, je me suis frappé la tête et j'ai vu mille chandelles — ça m'est arrivé mille fois à moi-même à la suite d'un éternuement un peu vigoureux— Comment expliquer autrement ces sortes d'étincelles qui nous sortent des yeux en ces occasions — Mais faut-il qu'elles soient délicates et d'une nature éthérée pour ne laisser en passant aucune sensation appréciable.
4:34—11 y a longtemps que l'homme de science, le psychologue, le physiologue, essaie d'expliquer coniinciit on pense, eoiiiinent on se rappelle.
Est-ce que par hasard le rayon X, la lumière Roentg^en, n'en suggérerait point l'idée. Quant on voit quelque chose, il s'en fait une image sur la rétine de l'œil, et je suis porté à croire que tout ce qu'on a vu
depuis qu'on est au monde y est dessiné, photographié, et que ces images sont toutes superposées l'une à l'autre, et qu'il suffit de le vouloir, d'y penser pour les évoquer, les faire reparaître, les amener pour ainsi dire à la surface, les voir à travers les autres comme on voit par les rayons X les os, les articulations à travers la chair, comme l'on voit une pièce de monnaie, un objet quelconque à travers une bourse, une boite, une enveloppe opaque ou qui pour vous paraît l'être.
435 — Et si tout ce qu'on a vu depuis qu'on est au monde est ainsi (434) photographié sur la rétine de l'œil, et qu'on puisse par la pensée en évoquer une quelconque des images pour s'y arrêter et y repenser — laplioiiog^rapliic ne sug^g^érerait-ellc pas que tous les sons, les mots, les discours que l'on a entendus, sont do même j^hotographiés sur la cervelle : le cerebrum, le cerebellum et y restent imi^rimés jusqu'à ce que par la pensée on les en détache momentanément pour les rappeler à la mémoire. Quelque ténu que soit l'éther, quelqu'impondérable que soit ce fluide par les instruments dont dispose l'homme, qui sait si ce fluide qui pénètre tous les corps n'agit point sur la cervelle comme l'air sur le phonographe, et n'y imprime les sons qui sont passés par le tympan de l'oreille avant
d'y arriver. Mais trêve pour le moment à la spéculation ; puisque'on ne sait pas encore ce qu'est l'électricité, malgré que l'on sache si bien s'en servir, la mettre à contribution.
436 — C'est au cerveau ou par le cerveau que se fait pour nous, l'impression, la perception «le chacun «le nos sens quant on les exerce ou qu'on les met en activité : le tact ou toucher, la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût. Nous en avons la preuve, ou au moins pour ce qui est du toucher, du mouvement, en ce que un homme qui a un membre (bras ou jambe, etc.) coupé, enlevé, croit encore y sentir, y éprouver des sensations de toucher, de mouvement, de douleur — ces sensations, se portant au cerveau, quand le membre existe, par les nerfs qui les mettent en communication, et revenant de là au point de départ, comme dans un circuit télégrajihique, électrique ou magnétique quelconque. On a droit de croire que par analogie le même procédé a lieu pour les autres sens, c'est-à.dire que les sons produits au tympan de l'oreille, les images à la rétine de l'œil se reportent au cerveau pour y être enregistrés, avec aussi les perceptions ou impressions du goût et du flair. Les nerfs sont donc les transmetteurs au cerveau et de retour de toutes les sensations.
437— On a absoliiiiieiit durant le rêve les nif^^nics sensalions qu'en plein jonr, on que lorsqu'on ne dort point : on revoit les mêmes visages, les mêmes scènes, on entend les mêmes voix, on a le goût, l'odeur des mêmes objets. Comment l'impression, la perception s'en fait-elle sentir, ce doit être certainement par les mêmes organes C'est le cerveau qui travaille et qui par les nerfs renvoie au tympan de l'oreille, à la rétine de l'œil, au palais, etc., ce que Ton entend, ce que l'on voit, ce que l'on goûte, etc., et ce qui porte à le croire, c'est que tel que dit au dernier alinéa (436) quand on est privé d'un membre, ce qui est analogue à l'inconscience qu'on en a durant le sommeil, on y sent tout de même que s'il existait encore, les sensations d'autrefois : du mouvement, du toucher, de la douleur. Et pour ainsi revoir les objets par la pensée, n'avons nous point les rayons X, la lumière Roentgen qui perce la noirceur — et qui nous dit que le cerveau ne réagit point sur l'oreille pour y reproduire les mêmes vibrations, les mêmes sons ; sur la rétine de l'œil pour y réveiller les mêmes images, et sur les autres sens pour en revivifier les impressions ; de même que dans un sens plus matériel, si vous voulez, il faut jjour que nous ayons une seconde fois le goût des mets que nous avons mangés, que par régurgitation non trop ditiérée, ces mêmes aliments
reviennent lécher en passant le palais, y toucher, pour y reproduire le goût désiré.
43S — Les illusions d'optique sont si frappantes, si tranchées, que l'on ne peut en croire ses sens à l'appui du contraire. Un chemin, une route, un champ, une surface quelconque horizontale suivne d'une autre surface ; une ligne, d'une ligne qui ne l'est point, fait paraître la première inclinée dans le sens inverse de l'autre. L'illusion est surtout trompeuse lorsque sur des colombages ou triangles parallèles on ajuste un treillis ou lattis dont les lattes ne font point avec les colombages des angles exactement égaux et de manière à ce que les lignes d'intersections des lattes superposées, soient elles-mêmes parallèles aux tringles sur lesquelles elles sont clouées. On en juge peut-être mieux quand le colombage est vertical et le lattis irrégulier ou à lignes d'intersections obliques.
439 — Cambrai toujours bras dessus, dessous avec les prêtres de la cure de St-Roch et qui faisait invariablement la partie de cartes avec eux à la veillée, pour désarmer tout soupçon : fait visite au curé du Château Richer qui lui montre son église, le local du coSre-fort, l'invite à souper et à passer la nuit — ses hommes l'at-
tendaient en chaloupe sur la batture. Il se lève la nuit, sort sans être entendu, fait signe à ses gens qui pénètrent dans l'église enlèvent le coflre et le transportent à sa caverne à l'extrémité de la rue champlain à l'entrée du Carouge (cap-rouge) Cambrai rentre au presbytère, se couche — à 5 heures du matin le bedeau annonce la disparution du coflfre-fort. Le curé réveille Cambrai pour le lui dire — Cambrai se lève, sort avec le curé, voit le bedeau, et demande au curé qui est celuilà — C'est mon bedeau lui répond-il — Ne trouvez-vous pas dit Cambrai qu'il a l'air coupable, soyez persuadé M. le Curé que c'est quelqu'un qui connaît bien les lieux: qui vous a joué ce tour là — Le pauvre curé donne dans le piège, fait prendre le bedeau qui en a eu pour plusieurs mois en prison ou jusqu'à ce que Cambrai fut arrêté.
440 — Cambrai (voir No 439) pille l'ég^lise de la cong'rég'ation, aujourd'hui dite «' des Jésuites," rue Dauteuil — Le lendemain à 5 heures il passe par là " par accident " voit le brouhaha, entre, voit le curé à genoux ramassant les osties éparses sur le plancher oiî lui et ses complices les avaient jetées en s'emparant des ciboires, ostensoirs, etc. Cambrai alors de se geter à genoux pour aider au curé à ramasser
les osties et de cette manière dérouter tout soupçon Bur son compte. Bailleurs le pauvre curé qui le savait homme d'église et de presbytère eut été loin de le soupçonner.
441 — Ce même Cambrai (voir Nos 439, 440 avait 4 fois. «le suite volé le niêuie plançon de chêne le, jre vendant aussi souvent à un nouvel acheteur.
4r4l — C. L. un ex-ministre libéral reprochait à T. C. ministre conservateur d'avoir perdu ses cheveux, on s'imagine comment — celui-ci de lui répondre qu'il (le premier) n'en avait pas trop pour cacher ses cornes. •' Tit for lat. "
443 — Le seul uioyen sûr d'évasion simultanée et instantanée en cas de feu, est pour les adultes en santé, par une échelle en fer— pour enfants, vieux, vieilles et infirmes, par un escalier entouré d'une muraille et n'ayant aucune communication quelconque avec l'édifice ; car, put-on y descendre, il y aurait toujours le risque de rester asphyxié par les fumées et gaz chauds montant des étages d'en bas — Pour atteindre l'échelle ou l'escalier, faut sortir par
une porte ou croisée sur un balcon en fer et de là arriver à l'escalier. Cet escalier devrait naturellement être à l'extérieur de la bâtisse ou dans un coin noir de l'intérieur, c'est-à-dire qui ne saurait être utilisé pour une chambre à chaque étage ; car jamais on ne consen. tirait pour une éventualité qui peut être n'arriverait jamais à se mettre à la gêne ou se priver permanemment d'une chambre à chaque étage de son hôtel, etc.
444 — Dans le cas d'un liôtel ou autre bâtisse avec chambres à coucher séparées à chaque étag'c et «les deux côtés d'un corridor, il faut, avec ce qui est mentionné au (No. 443) des galeries, couloirs ou balcons extérieurs continus, afin que chacun des internés donnant sur la cour intérieure où sont les balcons, échelles, escaliers, puisse s'y rendre de suite en franchissant le seuil de sa croisée, et ceux du côté opposé du corridor en traversant le couloir pour atteindre le balcon en passant par la porte de son vis-à-vis ; lorsque, s'il lui fallait se rendre à l'extrémité d'un corridor à cet effet, il serait peut être asphyxié avant d'y parvenir.
* 445 — ^Voir les deux derniers alinéas. L'escalier ou
échelle de sauvetage étant situé à l'arrière de l'édifice, avec porte cochère ou passage quelconque à l'épreuve du feu pour se rendre à la rue, ce passage barré contre les intrus, devrait l'être à claire-voie,
pour permettre à l'air frais de la rue de lécher en passant le visage des fugitifs y attendant l'ouverture de la barrière pour s'échapper — cet air attiré du côté de la cour pour y combler le vide laissé par l'expansion de l'air de la cour sous l'effet de la chaleur de l'incendie.
446 — Voir les trois derniers paragraphes, fescalier de sauvetage étant en arriére il faudrait dans l'absence d'un passage au niveau de la cour, traverser l'édifice jjar un couloir à l'épreuve du feu établi dans une mezzanine du rez de chaussée et qui n'intervint aucunement avec le service domestique ou autre de l'établissement ; ou encore si le rez de chaussée était à plusieurs pieds au-dessus du niveau de la voie publique, le corridor du derrière au devant pourrait être fait en sous-œuvre de cet étage.
447 — Certains possèdent à un haut degré la mémoire de tout ce qu'ils apprennent au collège et paraissent supérieurs à d'autres qui n'ont point cet avan-
tage — mais assez souvent, celui qui manque de mémoire devient ou paraît supérieur au premier en ce qu'il a eu l'habitude de tout résoudre par le raison uc-
nient, ce qui est vrai surtout en arithmétique, en géométrie, dans les travaux techniques quelconques où le premier a oublié ses formules, tandisque le second n'en a aucun besoin puisqu'il Inide de quelques données dont il s'est gravé le cerveau, il reconstitue au besoin et chaque fois la formule voulue sans la nécessité de s'en rappeler toujours et de se fatiguer l'esprit qui à déjà assez à faire sans cela.
448 — Malgré la sanction de Boileau (art-poétique) " vjng^t fois sur le métier remettez votre ouvragée — Ajoutez quelquefois, mais souvent retranchez " l'homme en général n'aime point qu'un autre pense de lui que c'est en tâtonnant, en retranchant, ajoutant, corrigeant qu'il e^t arrivé au but. Souvent on travaille plus mal quand quelqu'un nous regarde faire — on n'aime point le lui dire, mais on se donne une raison pour suspendre un peu son travail. On ne sait jamais, qu'en en jugeant par soi-même, la phraséologie exacte dont un auteur a d'abord revêtu sa pensée, sa phrase ; combien de mots il a substitués à d'autres, combien il en a éliminés, modifiés avant d'en être satisfait.
449 — Il y a des choses qu'on apprend, seul, et sans autre effort que d'y penser
Une femme se dira " s'il faut tant de largeurs ou de laizes de tapis pour en couvrir une pièce (une chambre) et que la largeur du lé soit de tant de verges : ça fait tant de fois tant. Sui)posez que vous n'ayiez jamais appris le toisé, le mesurasse des surfaces planes ; vous verrez de suite en y pensant que le carré, le rectangle contient autant d'unités carrés qu'il y en a dans le produit des nombres d'unités linéaires, de même nom, dans sa largeur et longueur ou hauteur. Pour le losange, vous aurez l'idée de lui couper un triangle à un bout pour l'ajouter à l'autre — Donc direz vous : la superficie est égale au produit de la base par la hauteur. Vous voyez d'un coup d'œil que le triangle quelconque est moitié d'un carré, d'un rectangle, d'un losange de même angle ; d'oii vous concluez encore à sa superficie. Puis vous arrivez de là à la sup. de n'impoz'te quelle autre tigure-rectilique en la décomposant en triangles, les calculant et les ajoutapt. Pour le cercle, le secteur, vous n'êtes pas lent à voir que vous pouvez le partager en 4, 8, 16, etc., triangles égaux dont vous estimerez la superficie de l'un en multipliant la largeur de l'arc qui lui sert de base par le rayon du cercle qui est sa hauteur, pour prendre cette unité autant de l'ois que vous avez de triangles composants. Le même procédé s'appliquera à une
figure curviligne ou multiligne quelconque. Pour
l'éclipsé, l'ovale vous n'en serez pas loin en le traitant
comme un cercle d'un diamètre moyen. Une figureà
périmètre irrégulier s'estimera assez correctement
en remplaçant son périmètre soit par un nombre de
lignes droites incluant et excluant des superficies à
peu pi'ès égales de part et d'autre ; ou encore il vous
viendra à l'idée pour une foule de figures irrégulières
de les séparer en tranches de même largeur - mesurer
et ajouter les longueui-s de chacune et multiplier par la
largeur commune.
450 — Le toisé des surfaces planes ou à double courbure des solides. On ne vous en a jamais parlé. Ce n'est pas nécessaire. Si ce sont des corps à simple courbure comme le cône, le tronc de cône, le cylindre ; votre cuisine vous en oôrira des exemples, des modèles sur toutes les échelles possibles — entourez la paroi latérale d'une terrine, d'un plat, d'un seau, d'un abat jour de lampe, d'un entonnoir, de papier ; cela fait, développez la et vous serez en présence d'une figure plane, dont la demi sonune des bases parallèles par la hauteur ou largeur donne la superficie. S'il s'agit maintenant d'une surface plus ou moins sphérique — menez avec un canif, un couteau sur l'écorc© d'une orange, d'un pôle à l'autre, des méri-
diennes, interrompues si vous le voulez à l'équateur — enlevez la pelure ainsi fragmentée — étendez la sur une table et vous aurez de suite l'idée de votre enveloppe, et de sa réductibilité pour les fins du mesurage en figures s'approchant plus ou moins du rectangle, du triangle. Un huitième, un seizième du tout, estimé, tout sera dit — Encore un moyen : partager votre surface en lisières d'égale largeur parallèlement à l'équateur— leur longueurs réunies, leur somme multipliée par leur largeur commune en donnera la superficie.
451 — L.e toisé «les voliiiiies. Au collège on apprend une foule de formules qu'on a sitôt oubliées — Faut n'avoir qu'une lormule — la prismoidale — : Ajouter ensemble les superficies des deux bases parallèles, avec quatre fois celle d'une coupe au centre parallèle aux bases et multiplier la somme par un sixième de la hauteur ou longueur du solide. Si c'est un cône, un conoïde, une pjramide, une des bases est ' zéro ' — si c'est une sphère, un sphéroïde, un secteur sphérique, les deux bases sont chacune ' zéro ' — si c'est un coin, une des bases est une ligne qui n'a point de superficie et imr conséquent encore 'zéro'. La méthode de l'auteur du * Stéréométricon ' est exacte, sauf pour les fuseaux et onglets et poui- ces derniers le résultat est
le seul pratique et ne s'éloigne de la vérité d'ordinaire,
que d'une i:)etite fraction de un pour cent de l'unité
de volume — un quart de gallon par exemple tout au
plus et généralement -j'jy, 5^, ^'^y de gallon sur une
futaille de 100 gallons, tandis que le jaugage ordinaire
du commerce s'éloigne de la vérité de 3 à 4 gallons
par futaille.
452 — Toutes les laug^ues ont leurs diniinutjfs-ives : le français : char, charrette, — femme, femmelette — lion, lionceau — chèvre, chevreau — ours, ourson — fille, fillette — tringle, tringlette — pomme, pommette — chemise, chemisette — rue, ruelle — fourche, fourchette ; l'allemand : nagle (clou), négleken (broquette) — holz (bois) holzken (petit bois) — Le sauvage : le lac Nagami, le petit lac de même nom Nagamischich — L'anglais : goose, gosling — Ann, Annie — James, Jimme — river, rivulet — "William, Willie — Ces diminutifs-ivea expriment d'ordinaire des êtres, des choses de la même espèce, mais plus petits, plus jeunes — et çà a l'air d'être venu, de venir naturellement, ou par tendance naturelle dès l'enfance, car j'entends mes enfants dire d'eux-mêmes, dans le langage de leur mère (l'anglais) pour i^etit chien " doggie," petit oiseau ** birdie," pig, piggie — Dick (Richard) Dickie et ainsi de suite.
453 — Il y :i «-liez IMioiniiie non instruit, comme chez l'enfant une tendance à accentuer certains mots qui ne leur paraissent pas devoir être autrement compris par ceux à qui ils s'adressent. Par exemple pour faire sentir la différence du pluriel au singulier des mots jouer, rire, et voyant que cette différence se traduit amplement dans ' fait — font,' ' prend — prennent, ' ' lit — lisent, ' ' va — vont ; ' ils disent au singulier 'i jor.e, ' au pluriel i ' jousent " aulieu de 'jouent ' — i (il) rit, i (ils) * risent' aulieu de ' rient ' en imitation de — i dit, i disent — et de fait ils ont raison dans un sens, puisque et il est regrettable qu'il en soit ainsi, ces pluriels ne sont pas mieux accentués.
454 — L'enfant, comme ra<1ulte non instruit est porté à faire lui même ses analog:lc$ — Ainsi il vous entend faire du substantif l'adjectif en y ajoutant une syllabe finale, 'comme pierre — pierreux, terre — terreux, vase — vaseux, roche — rocheux, vent — venteux, graisse — graisseux ; il en conclut naturellement que pour beurre il faut dire beurreux et cette tendance existe dans toutes les langues ou l'adjectif se forme d"une manière analogue. En effet un de mes enfants âgée alors de 5 ans, habituée dans l'anglais à voir faire des adjectifs ou qualificatifs en
ajoutant y au substantif, couime : stone— stony, wind —
windy, sand — sandy, en mettant le pied sur un quai à
Lévis, de dire tout naturellement it is nice an<l " boar
dy " — c'est comme qui dirait en français " planchéieux"
adjectif ou qualificaiif de l'espèce ' terreux, sableux,
poussiéreux.
455 — Certains ont fumé toute leur vie, parmi cenx-4*i, qneiqnes uns ont eu des maux «le bouelie, de langue, de lèvres, des cancers qui ont motivé des opérations pour l'enlèvement des parties affectées. D'autres n'en ont souflTert aucunement ; je crois que ce sont ceux chez qui les glandes salivaires sécrètent un abondant fluide qui en lubrélîant constamment la langue, les lèvres, les préserve d'un contact aussi direct, aussi intiuie entre elles et la pipe, que Quand on fume sans craclier ou à lèvres sèches— ceci a trait au danger d'empoisonnement ou d'irritation des chairs par le contact des manchons en cuivre quand on jierd le manche de pipe et qu'on fume avec le " brûle-gueule "' qui reste; comme la chose est arrivée deux fois à mon fermier à St Michel, qui deux ibis dans deux ans a eu à se faire enlever un morceau de la lèvre inférieure, dû à cela.
456 — J'assistais à une mise en nomination d'un conseiller de ville à St-Roch de Québec, il y a une trentaine d'années. Le conseiller nommé à cet effet — son nom n'y fait rien — débuta par dire " Messieurs les électeurs " je suis-t-été iionimé " mais comme apparemment cette manière de dire la chose ne lui semblait point euphonique aux oreilles de l'assistance, il se hâte d'ajouter '«non, j'ai-t-été nommé" *' si-s-on vent," disait toujours défunt J. L. qui aimait mieux les " velours " que les " cuirs." G. V., brave citoyen, mais qui n'avait pas étudié les euphonies, disait à ses amis à son retour d'Europe : " j'ait-été à Paris, j'ai-t-été à L.ondres, j'ai-tété à Rome et ses amis de dire de lui " il a tété partout où il a été ".