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De même que (453) les enfants sentent la

nécessité d'accentuer le pluriel de certains verbes, de même, ils sont portés comme par intuition a dîstini^uer le parfait du présent, en lui

ajoutant une terminaison quelconque lorsqu'ils ne savent j^oint le mot qu'il convient d'emploj'er. C'està-dire que je remarque ceci chez les miens qui apprenant à parler l'anglais et avant de connaître le parfait " went " du verbe go, ou celui "told" du verbe tell,

disent d'eux mêmes " goed " et " telled " et ainsi d'une foule d'autre mots ; et il en est naturellement ainsi dans les autres langues, et des enfants et si non dans le cas des verbes, alors pour d'autres éléments de la langue.

458 — S'il est vrai que l'Iiomme sème avant le iiiariag^c sa folle avoine, il l'est également qu'une foule de femmes durant les premières années de mariage se donnent le luxe d'une "fiirtation," mais pour en venir plus tard à se contenter de leur avoir, et devenir des femmes comme il faut.

459 — L'enfant qui ne connait point encore ses pionons ou adjectifs possessifs,

se fait cependant comprendre ; car pour qu'on ne se méprenne sur le possesseur de l'objet dont il parle ou veut parler, il emploie le même pronon que celui dont il se sert pour désigner la personne — aussi avant de connaître son, sa, ses, il dira elle a perdu elle chapeau, et de même en anglais (je saisis et j'étudie ces petits mots là chez moi) — " she tore she gown '' au lieu de she tore her gown — '' he ate lie apple " pour " he ate his apple. " Ou encore, ils pluralisent, en terminant le sing:ulier par un s ou un son qui en

prolongeant le mot à l'air pour eux de devoir créer chez les autres l'impression d'une personne ou chose. Ne connaissant point chevaux, ce sera chevals qu'ils diront — et de même en anglais : the mans au lieu de î«eH, jusqu'à ce que ce mot leur devienne connu.

460— Quel amour a la femme pour Cu-

pidoii, quelle est la nature de cet amour — elle n'est

point corporelle, que je sache, elle ne s'aurait l'être, il

n'y a pas de quoi — mais il n'est point non plus de ce

sentiment que l'on a entre parents, entre sœurs, frères,

femmes, hommes. Qu'est-ce donc que cet amour —

car évidemment ça tient des deux essences, ou c'est

dû à la diflférence d'essence des deux sexes, du

lémiiiin au masculin, de celui qui donne ou lance les

traits, les flèches, et celle qui les reçoit ; ou n'est ce

point un avant goût du futur, lorsque Cupidon sera

devenu grand, sorte de rêve préliminaire du bonheur

à venir. J'ai vu cela souvent : une fille entichée d'un

petit frère de 5 ans. Elle est vertueuse des plus, c'est

un petit frère d'une autre mère, elle n'a point de ces

velléités pour ses demi-sœurs. Elle serait bien en peine,

elle-même d'expliquer pourquoi ; mais on a besoin en

ce monde d'aimer quelqu'un ou quelque chose, et d'en

être aimé. Enfin ça tient de l'amour entre les sexes,

électricités positi^ e et négative qui i«s animent, mais

d'intensité différente et comme trait d'union entre l'amour fraternel et l'amour marital. Ceci n'est aucunement singulier, ça se trouve dans toutes les familles.

461 -Les colères, et vengeances existent chez l'ciifaiit longtemps avant (ju'il sache parler. Avant cela même il a des préférences accentuées.

46tS — Coût <lii paupérisme en Aiig:leteri'e.

En 1894, les principaux items de dépense ont été : Maintien £2,108,312; aide donnée à l'extérieur £2,- 460,.!>03 ; maintien des lunatiques dans les asiles ou maisons y aff'ectées £1,466,1^5 ; intérêt sur emprunts pour construction et réparations des maisons de travail (work-houses) £077,082 ; salaires et rations des officiers, et jjensions de retraite £1,020,061 ; autres dépenses £1,242,302; total £0,073,505 ou $48,307,525,00 pour une année — avec augmentation d'année en année.

463— Un individu des Montagnes Rocheuses dispo sait d'un pouvoir d'eau qu'il estimait équivaloir à celui d'un tuyau de 3" de diam. et de 7(X) pds de hauteur Il en demandait la force en chevaux-vapeur. Je m'ar rêtai au résultat 3.3 (H. P.) C.V. obtenu jjar M. Steckel,

ingénieur hydraulicien du gouvernement fédéral du Canada à Ottawa — car l'efiicncité <1'iiii pareil filet d'eau rciiferiné dans un tuyau si petit, si long: est presque eutièreiiieiit anéantie par

la friction de l'eau, son frottement, son retardement par la paroi intérieure du tuyau.

464 — Pour se former une idée populaire ou non teciinique d'un pouvoir d'eau, c'està dire du pouvoir d'eau nous arrivant par un tuyau de diam. et longueur ou hauteur donnés — faut en faire la comparaison avec un jet tombant à l'air libre. Or dans le cas ci-dessus (463) un objet tombant d'une hauteur de 700 pieds, acquiert une vitesse de 212 pieds par seconde = \/ 700 x ]/ 64.4 ou 26. 5 y 8.025 ou pour simplifier, par 8 (et 26^ x 8 = 212). Ceci par 60 secondes, donne 212 x 60 = 12720 pds. lin. de vitesse d'écoulemeut par minute au bas de notre tuyau vertical de 700 pds. de hauteur. La colonne d'eau étant de 3" diam. pèse 3 Ibs. le pd. lin. et 12,720 x 3 = 38,000 Ibs. Ce jet remontant à une hauteur de 700 pds. donnerait 38,000 Ibs. X 700 = 26,600,000 pieds-livres et divisé par 33,000 = 806 forces ou chevaux-vapeur — Mais pour amener ce résultat faudrait que le fil d'eau pût être tenu à cette vitesse de 12,720 pds. par minute.

Au contraire, même les 700 pds. de hauteur de chute par minute n'est que la ISmè partie de 12,720, donc il faudrait IS l'ois un pareil filet d'eau pour donner ce

pouvoir de 800 ch.-v donc le pouvoir ne serait que

de S06 -h IS = 45 ch. v. Mais cette vitesse de 12 pds. par seconde de la rivière qui fournit le fil supposé est plus forte que d'ordinaire et serait plutôt de G jîds. ce qui réduirait le pouvoir à la moitié de 45 ou 22.4 ch.-v. Si la vitesse de la rivière ou du cours d'eau n'est que de 3 pds. par min., faudrait 4 fois 18 jets ou 72 jets ou colonnes d"eau pour tenir tête à la vitesse d'écoulement de 12,720 pds. par min. au bas des 700 pds — ce qui réduirait la force à 11.2 ch.v. et tout cela esta l'air libre. 11 y a encore à faire la part de la friction qui d'après Steckel réduit les 11.2 ch.-v- à 3.3 ch.-v.

465 — Coiiiiiiciit se raiig^ent dans Tcstomac, les substances aliinentaii-cs — Est ce par

ordre de poids spécitiijue — On semblerait pouvoir en douter, puisque dans des cas de régurgitation, ce sont les plus lourdes qui reviennet les premières — ou est-ce en vertu d'une autre force, d'une autre action de l'estomac (lui primo celle de la gravité.

466 — Etonnante l'action hâtive du jus

gastrique sur les substances alimentaires. On voit cela dans des cas de régurgitation où au bout de 5 minutes à peine, tous les composants sont déjà réduits presque à une teinte ou nuance uniforme de brun clair tirant sur le blanc, enfin en une sorte de bouillie griseclaire. Ce qui n'empêche point que pour des mets indigestes, ils ne soient lents à s'assimiler, et sont renvoyés quelquefois à l'état où ils ont été ingurgités, avalés.

467 — Ceux dont la peau est mince perdent leurs cheveux de bonne heure dans la vie ou à un âge peu avancé parce que la peau par gon manque d'épaisseur ne fournit pas aux cheveux la même prise, la même chance de bien et solidement s'y enraciner. De même les peaux minces sont plus délicates, plus sensitives sous le rasoir, plus faciles à couper, plus tendres ; car l'homme comme l'animal est plus ou moins

pachyderme.

468— Pourquoi met-on à l'acquit de la boisson des crimes dûs à tout autre chose. La passion la plus forte, la plus irrésistible est celle de l'amour. Vous laissez croire à quelqu'un que vous l'aimez; puis vous en aimez un autre mieux, et honteuse de le dire au premier, vous persistez

toujours à le laisser dans l'erreur. Vous courrez deux lièvres à la fois, comme l'on dit, vous mariez le deuxième. Le premier sous l'effet de la boisson dont il s'est servi pour oublier son chagrin, vous tue et de suite les journaux de crier, comme dans la dernière affiiire à Sherbrooke, aux eff'ets de l'intempérance — au lieu de mettre les jeunes filles en garde contre le danger de se jouer ainsi des affections d'un autre.

469 — Voilà qu'au commencement de 1S9S on annonce la répat'sition «te la fonte de fer par l'éleclricité. Il y a déjà quelques années qu'on opère sur place le jointoiement des rails d'acier ou de fer par une baterie électrique, ou un fil en provenant et que l'on promène à cet eff'et de rail en rail. Hais on fait plus aujourd'hui : on dirige l'étincelle, la flamme électrique à l'intérieur d'une fracture. Les deux parois ainsi cliaulFées à blanc se fusionnent sous une certaine profondeur ou épaisseur et se marient ensemble d'une manière permanente. Ce sera sans doute un excellent moyen de réparer ainsi une fente ou craque dans une cloche, pour ne pas avoir comme aujourd'hui à la refondre en entier. Pour ces réparations, on dirige à volonté au moyen d'un chalumeau, la flamme sur un endroit précis et quelconque de la paroi à faire entrer en fusion.

470 — Pour être juste il faut ««aïoir faire la part de ehaeiin. Dans une bâtisse en général il y a (les défauts de toutes sortes —dont l'un est attribuable à l'architecte : un autre â être misa l'acquit du charpentier, du menuisier, du jilâ trier, Ce sont de ces efï'ets cachés, dissimulés dans ou par des défauts attribuables à un autre corps de métier. Il est facile dans les enduits de distinguer les craques, fentes, cassures causées par ou dues au retrait du mortier, de celles motivées par le refoulement, l'affaissement. Ces cassures sont toujours diagonales dans leur direction de la cloison, de la muraille au plafond ou plancher : de même que les cassures dues à la dessiccation des tringles et colombages leur sont parallèles. Si un plancher se retire, c'est attribuable au menuisier qui n'y a pas employé du bois assez sec. De même c'est au menuisier la Aiute que la peinture sur les panneaux des portes, des boiserie, ne recouvre plus le panneau : ce dernier s'est retiré de dans les ramures. Au contraire si un plancher de bas, ou jjlafond pend ou s'aJ0Faisse du centre, alors c'est la faute de l'architecte, de l'ingénieur, qui comme au nouvel hôtel de ville de Québec, et à beaucoup d'autres endroits n'a pas su donner à ses solivos l'épaisseur, la hauteur, le rapprochement nécessaires, ou ne les a jtas fait jjoser assez longs pour porter sur au moins trois points d'appui.

471 — Voir à ne |>a<!» iiicttic au débit d'un autre, dans une demande en «loininai^es, plus que sa quote part de responsabilité.

Une compagnie de clxeaiin de fer fait passer sa voie en front de chez-vous. Cette action motive chez vous des secousses, vibrations, affaissements, craques dans les murs. Vous êtes intéi'essé alors à les trouver pour les produire en téraoignagne contre la compagnie. Dans votre zèle pour vous être juste envers vous même, vous faites entrer en ligne de compte des défauts, n'ayant aucunement trait à !a cause dont vous vous plaignez — de vieilles craques peut être, déjà existantes et dues peut-être à des défauts inhérents à la construction môme de votre bâtisse, à un tremblement de terre, à une explosion à l'intérieur ou dans le voisinage — le vieilk's craques que vous pouvez reconnaître telles par leur air de vétusté, le noircissement de leur parois par la poussière, la fumée, le temps.

472 — Un homme fait une chute, ou tombe dans un trou, une excavation, se fait mal à une jambe. Plus tard ou le même jour en descendant de voiture, il se casse la jambe et plaide contre l'auteur du trou ou de son mal premier que c'est dû à ce premier mal qu'il s'est donné le second, ou s'est fracturé la jambe, faute

de pouvoir s'y soutenir assez solidement jjour ne pas, en s'y laissant choir, la casser. C^uc «lira la justice dans ce cas pai-ticulici*.

473 — Les adjectifs ou qualificatifs " grande " "petite '■ ne doivent pas toujours s'entendre dans un sens contradictoire l'un de l'autre : une ;;i'ande petite fille voudra dire peut être que la personne désignée est grande pour être au couvent dans la classe ou section des petites. De même un gros petit bonlioninie, est ce que l'on voit tous les jours : un enfant tout courtaud mais qui regorge d'embonpoint.

474 — Les mers couvrent plus des trois quarts de la surface du globle, leur profondeur variant de 30 mètres (une centaine de pieds anglais) dans la Manche ; 1000 mètres (3,300 jiieds) par endroits dans la Méditerranée ; 8,000 mètres (28,700 jids. angl.) dans l'Atlantique, et quelques 2,600 i^ieds — d'autres disent jusqu'à 30,000 — dans le Pacifique au large du Japon. Toutefois la profondeur moyenne est de 3,500 mètres (11,660 pds. angl.) L.e fleuve Amazone dont le débit est de 160 fois plus considérable que celui de la Seine devrait couler pendant 5 luillions d'années avant d'avoir fourni autant «l'eau qu'il y

en a dans l'océan. E. Bouant " Sciences Usuelles " 1894.

475 — De même que contourner une côte, une montagne, un obstacle quelconque est souvent plus court que de passer outre — de même le chemin le plus court pour atteindre le pôle nord n'est pas nécessairement le moins Ion;;:. C'est ainsi que à vol d'oiseau le trajet direct, du point le plus nord du Groenland serait le plus court, où encore à partir de Smith Sound ou du nord de l'Amérique, ou encore de " Spitzbergen " ou de " Franz-Joseph " — Mais les glaces entassées, poussées jjar les courants et les vents du côté de l'Amérique et du Groenland, offrent de ce côté une barrière infrancliis8al)le, sauf à la condition de s'y frayer un chemin, comme pour une voie ferrée, en y déblayant les obstacles au fur et à mesure du parcours, ou en se faisant, se forant chemin faisant un tunnel à travers des glaces de peut être 50 à 100 pieds de hauteur, c'est-à-dire, amoncelées à cette hauteur par la poussée de celles jjIus au Nord D'un autre côté pour arriver au pôle à partir de Franz Joseph, il y a cet inconvénient que pour faire un mille, faut reculer de deux, ou se voir constaunnent dévier de sa course sur les glaces, i)ar le mouvement de ces glaces vers l'Est, où elles vont s'écouler vers l'Atlantique en pas-

sant entre Spitzbergen et le Groenland dont elles longent la côte est, ponr en contourner le sud et venir s'atterrer, se fondre sur les bancs de Terre-Neuve.

* * 476 — Nous venons de voir (475) que le chemin le plus court, le plus certain pour arriver au Pôle Nord, n'est pas celui qui à vol d'oiseau serait le moins long. IVmiscii, sans être explorateur, marin ou navigateur, nvnit cori-ecteiiiciit jui^é, que les épaves «le la " Jeaniictte " de De Long, (périe sur les côtes ou à l'Est de la Sibérie) dérivées et trouvées après quatre ans sur la côte Est du Groenland, avaient dû passer dans le voisinag:e du pôle ; et que si il suivait le même parcours, il s'approcherait lui aussi de cette manière du point désiré. Mais il manqua de courage, il ne suivit point son propre itinéraire, cest-à-dire, celui tracé à l'avance par lui-même, et motivé par les circonstances. Il ne se rendit point à l'endroit où avait péri De Long ; et le " Fram '" (vaisseau de Nansen) tout en se portant vers l'Est ou vers le débouché entre le Groenland et le Spitzberg passait tellement loin du pôle que Nansen crut devoir abandonner son vaisseau, ce qu'il fit avec un compagnon pour se diriger sur le pôle par une course, une marche qui l'en approcha à 86° 34', lui laissant encore près de 130 lieues à faire pour arriver

au sommet de la terre. Il faiblit alors — qui n'en aurait fait autant — le courage lui manqua, ce pouvait être pour lui et son compagnon aller au devant d'une mort cerlaine — car il n'avait point rempli son programme de s'approvisionner de chiens pour ce voyage ; ce qui, faute de pouvoir les transporter, le limita à un minimum de provisions, pour atteindre l'extrémité Nord de l'axe de la terre — Toutefois s'est-il dit " faut pouvoir dire qu'on a été plus loin que tout autre avant nous" et rendu à 86° 34', avec en face de lui une mer de glaces difficile à traverser, l'incertain par conséquent, et du côté de chez lui, l'ennui, le désir de revoir sa famille ; il abandonna la partie et se dirigeant sur Franz Joseph vers où la dérive des glaces, le courant le portait, il s'y embarqua pour retourner chez lui.

4'î"3' — L'homme ne se laisse jms dompter — il finit par réussir, triompher de tout ce qu'il entreprend. Il touchera au pôle nord, tout aussi certainement

qu'il finira par combiner la machine à voler avec le ballon pour en faire un véhicule aérien dirigeable ; comme M. B. en a démontré le moyen (voir la " Presse " de Montréal en date de 1897, : la machine à voler pour donner la force motrice, la direction ; le ballon pour lui servir de parachute et la tenir à flot dans les airs. Oui I

car celui qui suivra Nansen saura profiter de son expérience, de ses erreurs, de ses défaillances — II connaît aujourd'hui, tous les voyages au cercle polaire en font foi, que les glaces se portent vers le sud, c'est-à-dire que leur tendance est de le faire, dû à la force centrifuge causée par la rotation de la terre sur son axe — Mais cette tendance est contrecarrée du côté de TAmérique et du Groenland par la terre ferme, par ces continents qui ne lui j^ermettent point d'aller plus loin — puis les vents soufflant de l'Ouest vers le Sud-Est et l'Est pour combler le vide aérien y causé par la chaleur du " Gulf Stream," repoussent encore les glaces vers le Sud, pour celles de notre côté du pôle (Amérique, Groenland) tandis que pour celles du côté opposé, le vent, le courant de retour du "Gulf Stream" les fait dériver des côtes de la Sibérie vers l'espace ouvert à leur sortie de la mer polaire, c'est-à-dire par le chenal entre le Groenlan<l et le Spitzberg.

4'3'8 — Les Etats-Unis, l'Angleterre, la Norvège, la Suède ont tenté tour à tour le Pôle nord, sans y arriver ; embarras de navires dans chaque cas. Nansen a failli y arriver, et l'aurait peut-être fait s'il eut suivi ses premières idées (476). Eh bien qui sait s'il n'est pas réservé au Canada d'y réussir, en mettant à profit

les erreurs et expériences des autres. Dans ces régions de froids intenses et soutenus, de nuits de 6 mois, la nature humaine s'épuise d'avance à se rendre sur les lieux, pour atteindre le point de départ pour le pôle même. Voilà ce qu'il faut éliminer. De Long l'avait deviné, il y a 20 ans mais y a fait naufrage, son vaisseau n'étant point de la forme voulue pour se faire soulever sur la glace, par la glace, aulieu de s'en faire écraser. C'est par le détroit «le Behring: probablement qu'il convient de tenter de nouveau la solution du problème pour que le tout s'accomplisse en une année, aulieu d'y dévouer trois ou quatre ans à faire le tour par l'Océan arctique à l'Est du Groenland afin d'atteindre les iles de la Nouvelle Sibérie, ou s'épuiser en vains efforts jtour y arriver par la mer de Bafïin, le Smith Sound et le trajet reconnu impossible, à causedes glaces entre le Nord de l'Amérique, le Groenland et le pôle.

479 — L.C capitaine Rornier, âgé de 46 ans,

capitaine de vaisseau à 17 ans— ayant traversé 147 fois la mer, ou fait autant de voyages et cela avec l'expérience de 47 vaisseaux différents, y compris les baleiniers des mers du Nord — étudie depuis 20 ans, ou depuis le voyage de De Long de la " Jeannette," toutes

les expéditions au cercle polaire. Il connaît sa géographie, le " Gulf Stream," son aller et retour, les courants marins par lui motivés, les vents accentués vers le Sud Est par les effets barométriques de cette rivière d'eau chaude qui sortant par le Cap Hatteras du Golfe du Mexique, traverse la mer pour y tempérer le climat de l'Europe de ce côté. Il est déterminé avant partir, ne pas avoir roiniiie IVaiisen de velléités indues pour revoir sa famille, qu'il laissera dans l'aisance attendre son retour. Il se munira sur les côtes de la Sibérie des chiens nécessaires— ce que ne fit jioint Xansen — de plus il prendra avec lui une cinquantaine de rennes, qui au fur et à mesure qu'il n'en aura j^lus besoin, lui serviront de nourriture pour le voyage de retour à Franz Joseph. Bernier arrivé à l'endroit où périt la " .Jeannette" s'y ferait débarquer sur la banquise avec son parti d'une dizaine d'hommes choisis, aguerris à la misère, au froid, à la noirceur, à l'ennui et partirait de là avec ses hommes, ses chiens, ses rennes, ses provisions, ses chaloupes, cayaks ou autres embarcations en roule pour se rendre à pied au pôle, et de là se dirigerait sur Franz- Joseph jjour son voyage de retour, accomplissant le voyage dans 18 mois ovi 2 ans.

4§0 — Les voyag^es au pôle nord ont été

dus pour beaucoup à l'org^ueil national

d'être premier à s'emparer du pôle, à y mettre le pied — mais beaucoup aussi à la munificence de riciics particuliers qui ont voulu, tout en étant ainsi utiles à la science, faire parler d'eux, laisser leur nom à la postérité. Notre pionnier canadien pour voyager en ces parages, trouvera-t-il un gouvernement dispos et voulant lui voter les fonds nécessaires. Le gouvernement fédéral devrait le faire, comme il a mis un vaisseau à disposition pour l'exploration de la baie et du détroit d'ïludson, voir s'il y aurait avantage . d'écouler par là en Europe les produits du Nord Ouest Canadien. Espérons, qu'à Texemple des Iflacdonald, des Smith et autres qui ont si généreusement pourvu aux besoins du collège McGii à Montréal, en y dévouant des millions dans les intérêts de l'éducation, de la science ; ces mêmes bienfaiteurs ou d'autres à leur exemple se trouveront sur la brèche pour fournir à un canadien capable d'entreprendre le voyage et prêt à le faire les fonds nécessaires à cet eft'et quelques $50,000 peut être, dont $10,000 pour le vaisseau pour les rendre lui et ses hommes sur les lieux, $12,000— gages de 10 hommes pour 200 jours à 2^, $10,000— dont $1,000 de récompense à chaque hemme si le voyage réussit, $5,000 à $10,000 à Bernier lui même — toujours s'il réussit à fouler du pied le pôle ; enfin soit encore de $5,000 à $10,000 pour approvision-

nements, achat de chiens, rennes, embarcations et outillage au complet.

481 — En 1879 à New-York, lo Col. Waring chargé du nettoiement des 546 milles de rues ou cliaussées de cette ville, avait organisé, pour éliminer les inconvénients de la poussière, le système de l'enlèvement des balayures (cendres, etc.,) dans des poclies •!! sacs de toile — Il y avait 2,050,000 verges carrées de pavage en asphalte, 5,200,000 verges de macadam, 1,700,000 verges de pavage en pierre, formant ensemble avec d'autres systèmes de pavage, une superficie de 9,600,000 verges carrées. Les balayures provenant de ce nettoiement étaient de 25,375 sacs par jour, dont 35 formaient un voyage. Les déchets combinés de l'année, les saletés de toutes sortes en provenance des carrés et basses-cours étaient de 184,000 voyages. Le total de 156,000 tonnes (520 tonnes par jour était transporté à l'Ile Barren et y mis à la disposition de la Commission Sanitaire, qui stationnant le long des toiles (larges de 4 pieds dont on se servait pour monter ces déchets, sur un plan incliné, à la hauteur voulue pour de là les projeter dans les fourneaux destinés à leur combustion) un nombre de journaliers ou gamins à cet effet, en éliminaient, che-

min faisant, les matières utilisables : papier, guenilles, boites d'emballage, paniers à fruits, vieux vêtements, bouteilles, canistres vides de conserves alimentaires, et autres déchets, qu'on avait l'habitude, avant le système de crémation, de faire porter au loin en mer' mais que les marées, les courants, les vents ramenaient invariablement à la côte où ces débris et saletés venaient recouvrir les rives au grand dégoût des villes riveraines.

4 82 — La fièvre de l'or débuta par la Californie en 1847 à 49. Il y avait eu de ces épidémies sur une moindre échelle en 1690 quand Pierre le Grand rouvrit les anciennes mines dans les Monts Ourals. En 1730 il y eu course vers le Pérou à la suite de la mise au jour d'une pépite du poids de 60 livres près La Paz. Les découvertes d'or au Malacca en 1731, dans la nouvelle Andalousie en 1785, au Ceylon en 1800, à Wicklow en Irlande il y a un siècle, firent du bruit. Mais tout cela n'était rien à côté des riches gisements de Californie vers la quelle se porta au moins un million d'hommes, femmes et enfants, dont des milliers moururent de faim parmi les déserts alkalins brûlants du Nouveau Mexique et de l' Arizona, d'autres dans les gorges des Montagnes Rocheuses. Des milliers furent tués, avant de s'y rendre, jiar les Apaches et les Sioux,

d'autres par les Mormons qui cherchèrent par une série de massacres épouvantables à leur faire rebrousser chemin, pour prévenir l'irruption sur leur pays. D'un seul coup, on tua 135 hommes, femmes et enfants sous l'instigation de l'Evêque Lee que le gouvernement des Etats-Unis fit fusiller 20 ans plus tard, mars 1877. Ce qui n'empêcha point que la population de la Californie tripla dans deux ans. En 1860 ce fut vers le Colorado que se précipitèrent les chercheurs d'or pour se répandre aussi vers le Nouveau-Mexique, le Texas, l' Arizona, le Nebraska, le Wyoming, Dakota et Montana. En 1876 jjIus de 60,000 personnes envahirent les Blacks Hills dans moins de 3 mois, dont au moins 8,000 périrent de faim durant l'hiver qui suivit et des centaines furent tués par les Sioux au milieu du territoire desquels étaient situées ces Montagnes. En 1878, ce fut au tour de Leadville de découvrir des mines d'une richesse sans pareille. Depuis lors, il y a peu d'années on s'est porté sur le Cripple Creek au Colorado et aujourd'hui c'est le Klondyke qui réunit tous les suffrages. Puisse l'effet en être d'accentuer d'une manière notable la population de beaucoup trop minime du Canada. Du " Can. Spark. " M.

4 §3 — Il y a 37 ans, le prince de Galles visita le

Canada. Durant le jubilé de la reine on lui rappela l'adresse des bûcheurs et flotteurs (de trains de bois) de la vallée de l'Outaouais, dans laquelle les mots <' PiiissJez-v^otis rester loiig'teinps Prince de Galles '■ faisait foi de leur désir de ne pas voir cesser le règne de sa Majesté.

<t§4 — Le bain de ITIadainc €. Vanderbilt

de New York est composé d'un seul bloc de marbre de

Carrare, fait en Italie, l'intérieur évidé en étant poli et

l'extérieur délicieusement sculpté et fouillé. Il porte

sur des pieds aussi en carrare travaillé par des ouvriers

italiens. Le plancher est en tuiles blanches, et les

murailles de la chambre lambrissées en tuiles blanches

décorées en or.

4S3 — Vicissitudes des monnaies. Le monnayage des pièces d'or d'un dollar ordonné par le Congrès Américain en 1849 fut discontinué en 1880 après en avoir fait pour $19^ millions de $. De 1853 à 1890 on fit pour $1,619,376 de pièces d'or de 3 dollars. (Jn a monnayé de 1876 à 1887 où on en prohiba la continuation, pour $35,865,924 de piastres en argent. La pièce de 20 centins en argent ordonnée en 1875 fut discontinuée en 1878 après en avoir produit que pour

un quart de million de dollars— tant cette pièce donnait de l'inquiétude par sa trop grande ressemblance à la pièce de 25 centins. Une des plus vieilles pièces américaines est le " half dime " qui date de 1792 — jusqu'en 1873 ou on en arrêta le monnayage, on en avait fait pour près de 5 millions de piastres. La pièce de 3 centins autorisé en 1851 fut discontinué en 1873 après qu'on en eut fait pour un et un quart million de dollars. Le vieux sou ou cent débuta en 1792 et sa fabrication prohibée en 1857 — Deux fois on en réduisit le poids, la première fois de 264 grains à 208 grains, puis on le limita à 168 grains. On en avait fait pour $1,500,000. La pièce en nickel de 3 cents date de 1865 à 1890, la production en ayant été de quelques $940,000. En 1864 on autorisa une pièce en bronze de 2 centins que l'on discontinua en 1873 après un monnayage de quelques $9(X),000. Jusqu'à l'époque de leur discontinuation en 1864, l'on fabriqua pour $2,000,000 du petit cent en nickel que l'on avait substitué en 1857 au plus gros sou de cuivre. De 1792 à 1857 on fit pour $40,000 de demi cents — leur poids était d'abord de 132 grains, puis de 104 grains, enfin de 84 grains. Du "Canada Spark " Montréal.

4S6 — Trop honnête en apparence. Un individu qui venait de prendre logis en face un épicier.

trouve sur le seuil de la jiorte de ce dernier, ou se donne l'air de l'y avoir trouvée, une pièce de 20 centins. Il vient la remettre au comptoir pour remboursement à qui l'aurait perdue. Non dit l'épicier, gardez-la pour me payer argent comptant ce que que vous viendrez acheter chez moi et chaque fois que vous reviendrez que ce soit toujours avec de l'argent comptant. Il soupçonnait, notre éjiicier, que la ruse de l'acheteur était pour, en se donnant l'air d'un honnête homme, s'établir ainsi fiable débiteur.

487 — Jules Verne dans son charmant et instructif " Le tour du monde en 80 jours " ne soupçonnait point qu'aussitôt lé chemin de fer russe de St-Petersbourg à Vladivostok terminé, il ne faudrait plus que 33 jours pour ceinturer ainsi le g:lobe ; dont, de Bremen à St-Petersbourg 1^ jours, St-Petersbourg à Vladivostok 10 jours, Vladivostok à San Francisco 10 jours, San Francisco à New York 4^ jours, et de New York à Bremen 7 jours.

4§8 — Je viens de lire qu'en Suisse, je crois, mais — peu importe oii, car je me rappelle toujours des faits sans toujours me remettre l'endroit — l'on a enlevé à. nne leniuie de 5G ans, motivé par des

ulcères incurables qui l'avaient envahi, sou estomac,

pour ensuite faire le raccordement entre l'œsophage et le boyau, probablement en bas du pjdore (orifice inférieur de l'estomac), et que l'ayant pendant quelques jours nourrie au lait, elle prend déjà des aliments de toute sorte, à la condition sans doute que le tout soit bien broyé à l'avance par les dents, et que la femme parait avoir bonne envie d'en revenir. En effet, pourquoi non, pourvu que les mâchoires, la salive fassent le devoir des j^arois de l'estomac et du jus gastrique. Je soupçonne même qu'à l'exemple des autres organes qui prennent du développement, quand on en met les fonctions en activité, le duodénum, sorte de deuxième estomac qui succède immédiatement au premier, prendra de l'extension et finira par loger à chaiiue repas, de quoi sustenter l'individu. De plus ce fait démontre, la femme ayant quelque fois régurgité ses vivres, pris en trop grande quantité, ou non assez réduits sous la dent, que le vomissement, le renvoi de l'estomac n'est pas dû à l'action spasmodique ou péristaltique de ce viscère.

489 — L'Hydromèlre VeiiHiri, ainsi appelé, promet de remplacer avec avantage, et cela surtout sous le rapport de l'économie de construction, et

notamment pour les grands diamètres, les autres mesureurs d'eau jusqu'à présent imaginés — Venturi, un savant italien, avait déjà il y a un siècle étudié la vitesse des courants dans des tuyaux coniques ou engorgés, constatant par des jauges mercurielles, diminution de pression à la gorge et par conséquent augmentation de vitesse ; la différence des deux prises dans le tuyau, et dans l'engorgement fournissant les indications nécessaires pour mesurer la vitesse de parcours et par conséquent la quantitée d'eau passant dans un temps donné.

490 — Quelque peine qu'on se donne pour laisser croire le contraire, crainte d'être traité de sans cœur ; il y a un terme à. la patience liuniaine, et

quand un homme, a eu à soigner pendant plusieurs années une femme, dont il n'attend plus le retour à la santé, je ne dirai point qu'il voudrait la voir mourir, ni demander à Dieu de !a prendre, mais si Dieu la lui enlève, il s'en consolera plus facilement, plus vite, et en cela il y a, comme dans toutes les choses de ce monde, compensation. 11 y a manière de dire la chose pour que l'un des époux n'ait pas l'air de désirer la )nort de l'autre. " Si Dieu pouvait la prendre, la délivrer de ses souffrances. Cei^endant ces sentiments sont singulièrement modifiés par les circonstances. S'il

s'agit d'un mari, d'un parent, d'un ami, dont le salaire, la pension de mis à la retraite, est indispensable au soutien des deux, il en sera autrement.

491 — Si l'acte passe au Parlement Fédéral et au Parlement Impérial ; les bornes nord et est de la Province de Québec seront de la tête du lac Témiscamingue, suivant la ligne actuelle entre Ontario et Québec, jusqu'à la baie James, puis suivant cette baie jusqu'à la rivière " East Main " qui se jette dans la baie du côté est de colle-ci, puis suivant cette rivière jusqu'à un point en latitude 52° 55' N., longitude 70" 42' 0. de Greenwich — de là par une ligne droite allant rejoindre vers l'est la rivière Hamilton, dite la grande rivière des Esquimaux, puis en suivant cette rivière jusqu'à la limite Ouest du Labrador. Ces deux rivières la East Main et la Hamilton sont les plus grandes de la péninsule du Labrador, la première se déversant dans la baie d'Hudson, l'autre dans l'Atlantique. Québec serait ainsi augmenté d'un territoire aussi étendu que l'Italie et presque aussi grand que le Royaume Uni d'Angleterre. La superficie de l'annexe est de 118,450 milles carrés. Québec avec cet ajouté mesurera 347,350 milles carrés, dépassant ainsi en étendue la France et la Grande Bretagne prises en-

semble. De ce côté est le futur de la province ; hâtonsnous donc d'y construire une voie ferrée et d'v coloniser la baie James dont le climat est celui même de Québec.

492 — L.CS catacombes de Rome sont maintenant éclairées à l'électricité. Faut donc que tout cède devant le progrès moderne. Les touristes crient au vandalisme, comme à l'occasion de l'apparition des remorqueurs à vapeur sur le grand Canal de Venise, la démolition des portes de ville historiques des remparts de Québec, la destruction projetée de la " Tour de Londres, " etc. ; les nouvelles idées sur la jjropreté des rues de Naples, les nouveaux quartiers de Rome. Plus rien de mystérieux, de sacré, plus de cette noirceur quasi poétique des catacombes de Rome, où il fallait se faire précéder par des moines portant des bougies ; ou, après avoir assujetti un fil au jambage de l'entrée, en laisser dérouler la pelote suivant qu'on s'y enfonçait, pour retrouver ensuite la sortie du labyrinthe, en reprenant la voie du fil conducteur.

493 — L'année 1897 est le septième siècle de la découverte du charbon «le terre couinie combustible en Europe. Un forgeron de Liège,

Belgique, l'employa pour la première fois vers 1197 ; maître Houllioz ayant alors conçu l'idée de substituer cette sorte de terre noire aux combustibles plus dispendieux jusque lA utilisés pour les besoins de son métier. Déjà en 122S l'on commença à exjjloiter en Belgique plusieurs houillières, et même dès l'année 1200 en Allemagne, et c'est de son premier découvreur Houllioz que cet article porte le nom de houille. L'introduction de la houille en Europe pour le chauffage des maisons fut très lente et encore aujourd'hui il s'en faut que son usage y soit aussi général qu'ici.

494— L,a poursuite du plaisir dit Lady Cook, née Tmmessee C. Claflin, est un instinct universel dans toute la nature animée. L'amour du plaisir est autant un appétit, que l'amour de la nourriture. L'on peut donc poser en principe que sa satisfaction, quand on en jouît d'une manière rationnelle, remplit un but utile et important. Toutes recherches font voir, non seulement la vérité de cet avancé, mais démontrent que le plaisir est une nécessité mentale, morale et physique. S'il en est ainsi, l'ascétisme qui condamne tout plaisir est aussi immoral ^ue ridicule. L.a différence est ;^raiide entre le plaisir et le bonheur ; car le plaisir peut être vertueux ou

vicieux, pendant que le bonheur se résume nécessairement au premier. Socrates définissait le bonheur " un plaisir dont on ne se repent point " ; et il est évident que les seuls plaisirs qui méritent qu'on les atteignent sont ceux qui n'exigent point de repentir.

495 — Tillatson disait dans un de ses sermons — *' Il y a g^raiid plaisir d^étre innocent parce que cela empêche la culpabilité, la peine, le chagrin. Il est agréable d'être vertueux et bon, car en cela on excelle, on est supérieur à ceux qui ne le sont point. Il est plaisant de devenir meilleur, car c'est là s'exceller soimême. Il nous est même agréable de mortifier et subjuguer nos désirs charnels, car c'est là une victoire. Il nous est encore agréable de commander nos appétits, nos passions, et de les tenir dans les bornes de la raison et de la religion, car c'est là une sorte d'empire — c'est gouverner.

496 — Le siircroit de travail demande un surcroit de plaisir. Les folies même, si elles ne tiennent point du criminel, du mal, peuvent promouvoir la sagesse — et comme Horace l'a dit, il est même bon quelquefois de faire le fou. Du " fun " mot

intraduisible : On a eu, on aura du " fun " — Vivre et jouir de la vie est non seulement, a dit un auteur, notre occultation fondamentale, mais le plus important de nos soucis. Montaigne dit — avez vous su comment méditer et conduire votre vie — vous avez fait le plus grand travail. Si vous avez su composer votre conduite, vous avez fait plus que celui qui compose des livres — Si vous avez su prendre votre rej^os, vous avez fait plus que celui qui prend des villes, des empires. Le glorieux chef-d'œuvre de l'homme est de savoir vivre à propos ; tout autre chose : régner, accumuler des trésor, construire ne sont tout au plus en comparaison que de légers appendices, de faibles soutiens.

497 — l.n l'écréaiion du cliiiianclie est pour le travailleur la plus nécessaire, la plus motivée, la plus rationnelle. En effet l'ouvrier (9 sur 10 du genre humain) ne se récrée point la semaine, il n'en a pas le temps — la veillée lui est à peine assez longue i>our se reposer et ce n'est qu'à la condition d'un repos préliminaire que la récréation puisse nous être agréable, nous profiter. Faut mettre de côté le puritanisme, et tolérer les " béer gardens " de nos cousins les américains. Le service divin, le matin, oui, c'est aussi là un repos qui nous prépare

pour les plaisirs de l'après-midi; et si ma femme trouve à redire à ce que le dimanche, dans mon verger j'épluche quelques chenilles, je taille quelques branches mortes, j'ai l'air de la consoler en lui disant que suivant en cela le précepte de l'Evangile, je travaille dans la vigne du Seigneur — ce serait difficile à nier. Chacun devrait autant que possible avoir son dimanche, c'està-dire de deux en deux, car s'il faut que les voitures les vapeurs, les petits chars marchent le dimanche, alors que de deux en deux dimanches, chaque conducteur ait son congé.

498 — On a l'air de croire par !a lecture d'un article de la " Civita Catholica '' que l'on dit inspiré par le Vatican (le Pape et le Cardinal Kampolla) qi^uc si la iiioiiarcliic Italienne faisait place à une république il y aurait meilleur entente entre le Vatican et le <(uiriiial. L'article qui est basé sur l'allocution de Nod du Pape, déclare que ce n'est pas l'Unité Italienne qui est opposée à l'indépendance du Pape, mais la forme spéciale et concrète dans laquelle se maintient à présent cette unité, qui produit des résultats plus désastreux pour l'Etat que pour le Saint Siège. La coexistence dit l'article, du Vatican et de la monarchie italienne est impossible et il faut que l'un des deux parte. licite ensuite les

constitutions de la Suisse et de l'Amérique comme de glorieux exemples, unions véritables de nation et état, mais diflérant de celle de l'Italie qui y a produit que faiblesse, misère et denûment.

499 — La langue française est presque impuissante à traduire la mise en accusation que voici, de l'alcoolisme par IngersoU. Je ne m'étoiiiie point, dit-il, que tout homme pensant soit préjudicié contre la maudite substance que Fou appelle alcool. Il abat la jeunesse dans sa vigueur, l'homme viril dans sa force, le vieillard dans sa faiblesse. Il brise le cœur du père, ravit à la mère affectionnée l'objet de son amour, éteint l'affection naturelle, efface l'amour conjugal, oblitère l'attachement filial, flétrit l'espoir paternel, fait descendre dans la tombe l'âge affligé. Il produit la faiblesse, non la force ; la maladie, non la santé ; la mort, non la vie. Des épouses il fait des veuves : des enfants, des orphelins ; des pères, des démons ; et de tous des pauvres, des mendiants. Il nourrit le rhumatisme, invite le choléra, importe la peste, embrasse la consomption. Il emplit vos prisons, entretient vos lazarets, recherche vos asiles. 11 engendre la controverse, fomente la quérèle, chérit l'émeute. Il fait regorger vos pénitenciers, et fournit des victimes à vos échafauds.

C'est le saiig-vital du joueur, l'élément du vol avec effraction, le soutien du voleur de grand chemin, le support de l'incendiaire de nuit. L'alcool donne du ton au menteur, respecte le voleur, estime le blasphémateur. Il viole l'obligation, révère la fraude et lionore l'infamie. Il diffame la bienveillance, hait l'amour, méprise la vertu, calomnie l'innocence. Il incite le père à tuer sa progéniture sans défense, aide au mari à égorger sa femme, et prête main forte à l'enfant 2>our aiguiser la liache parricide. Il brûle l'homme, consume la femme, déteste la vie, maudit Dieu, méprise le Ciel. Il suborne les témoins, nourrit le parjure, souille la boîte aux jurés, entache l'ermine judiciaire. II dégrade le citoyen, avilit la législature, déshonore les hommes d'état, désarme le patriote. Il apporte la lionte, non l'honneur ; la terreur, non la sûreté ; le désespoir, non l'espérance ; la misère, non le bonheur ; et avec la malveillance du mauvais esprit, il surveille avec calme sa terrible désolation, sa dévastation insatiable. L'Intempérance empoisonne le bon- . heur, tue la paix, ruine les mœurs, flétrit la confiance, détruit les réputations, fait disparaître l'honneur national, maudit l'univers et rit de sa ruine. Elle fait tout cela et davantage : elle assassine l'âme. Elle est la sonuue de toutes les scélératesses, le père de tous les crimes, la mère de toutes les abominations, la meilleure amie du démon, l'ennemi le plus invétéré de Dieu.

500 — Nous disions, au coinmenceaient du dernier alinéa, que la traduction en français de cet article était quasi iuiitoi^siljle — et de fait itour nu citer (ju'une phrase. Ingersoll a les trois mots ditiérents, distincts ** hiii'gl:ii', lii^;li\Viiyinuii, lliiel'. " Le français n'en a qu'un seul : le mot volciii*, sauf qu'on le qualifie— ainsi burglar est le voleiii' ;ivec oflVactioii, highwayman, le vulciii' «le g^i'aiitl clieiiiiii, tliief, le simple voli'iii' ; mais ce ne sont jias là des traductions, ce sont lies périiilirases, et la traduction de la j)hrase anglaise contenant ces trois mots, est en conséquence entachée de répétitions qui lui ôtent son élégance. 11 y a aussi les trois mots anglais $lill« ycl, aj^uiii, qui n'ont pour les traduire que le seul mot encore. Mais par contre, l'anglais a aussi ses défectuosités vis à-vis de certains mots français qu'il ne sait rendre.

501 La r«*iine est supérieure au eliien

pour les voyages arctiques et surtout dans les pays montagneux, comme l'Alaska ; pendant que, dit Nansen, le chien esiiuimault est d'or sur la banquise à niveau, mais ne vaut rien jiour le passage des charges sur les toross, les monticules (huumiocks) quelque peu abruptes ou à pic. De plus le chien mange 4 livres par jour et il lui faut de la viande — la renne au con-

traire se contente de deux livres de mousse ])our les 24 heures. L'expédition de secours aux mineurs, chercheurs d'or du Klondyke, région aurifère des Rocheuse;--, voisine de l'Alaska, vient d'y expédier 500 rennes, qui lui sont venues de Norvège à New-York, et que le C. P. R. va transportera destination. Le capitaine Bernier dans son voj^age projeté au pôle-nord s'équipera aussi d'une cinquantaine de rennes qui tout en aidant, au départ, au transport de ses provisions, serviront ellesmêmes de nourriture à leur tour, moitié pour les hommes, moitié pour les chiens. C'est là une nourriture sur pied ou qui se transporte elle-même, vivante, pour être abattue au hesoin et au fur et à mesure que le poids à transporter étant devenu moindre, il iaudra moins de rennes pour le trajet restant à faire. 11 en est d'ailleurs de même des chiens que l'on tue un à un selon qu'ils deviennent fatigués et inégaux au travail à faire et qui servent encore de nourriture aux autres chiens.

502 — La gazette officielle de Londres, .\ngleterre, en annonçant la chevalerie (The I\nighthood) du juge en Chef Burton, ne fait allusion à lui que comme " George Burton, écuier," et de fait c'est tout si ftiit à tort que les jug^es s'arrogent le titre «riioiiorable^, au quel ils n'ont aucun droit. De

plus nos ministres provinciaux n'ont aucunement le droit de se laisser affubler du titre d'honorable, dès qu'ils ont cessé de l'être. La loi est formelle " porte ront le titre d'iionorable durant leur terme d'office seulement, et pas plus longtemps." La faute en est à ceux qui par ignorance et flatterie, flagornerie et bassesse leur continuent ce titre, que les récipiendaires sont certainement loin de répudier.

503 — Il est vrai qu'on n'a rien ponr rien en

ce monde ; mais malgré qu'au premier abord on ait l'air de se donner un chemin de fer (celui de la rivière Siickene au Yukon) sans débourser un sou, en le payant aux contracteurs, promoteurs de l'entreprise, en terres incultes de la couronne, il n'y a pas à perdre de vue que ces terres dont on se départit si facilement peuvent un jour valoir un royaume. Voilà comme tous nos gouvernants deviennent riches en acceptant pour leurs votes un montant en argent ou en parts acquittées dans la compagnie, que les millionnaires qui la constituent peuvent donner, et attendre, mais dont les terres données en échange peuvent valoir dix fois, cent fois, mille fois la somme. Paye pauvre peuple. Mais c'est peut être là un moyen sine qua non d'ouvrir, d'arriver au développement du pays, et inhérent à la

faiblesse humaine, et qui sait, si tous ceux qui s'en

plaignent, n'en feraient pas autant s'ils en avaient

l'occasion.

504 — Nul n'ignore que c'est l'accise sur les spiritueux, les droits sur l-o. tabac qui constituent pour beaucoup la richesse, les moyens d'un gouvernement. Mais il est étrange, tout do inêine qu'un puissant empire comme la Russie, veuille ainsi s'accaparer un privilège depuis si longtemps exercé par ses sujets, leur enlevant ainsi leur mode d'existence. Elle vient de décréter, à cet effet, le rapatriement à ses frais de ceux qui des 12,000 vendeurs de boisson de St-Petersbuurg, ne sont pas nés au pays, où ils vont peut être crever de faim ou grossir le nombre déjà trop grand des désœuvrés, des nihilistes ; au lieu de s'étudier à leur assurer un avenir en les établissant sur les réserves de la couronne, d'après le système anglais, américain ou canadien d'un " homestead." C'est pourtant là ce que seront forcés de faire plus tard tous les gouvernements pour éliminer les communistes et avec eux les dynamitards.

505 — La Russie vent se faire une voie pour arriver en Amérique en traversant

la mer arctique entre la Siljérie et le nouveau continent et je n'y vois rien d'impossible. L'amiral Marakofi est d'avis qu'Elle prélude tout d'aboid par établir une communication fuitre ses côtes nord et les rivières qui de Sibérie se déchargent dans l'océan arctique, au moyen de vaisseaux escortés de chaloupes armées de charrues à glace, ou pourvus de l'outillage nécessaire à cet effet, et que cette sorte de navigation pourrait se poursuivre assez commodément durant les mois de juillet et août.

506 — Madame Hoding, l'actrice la plus douée du théâtre anglais, a, dit-on les plus beaux yeux, les plus remarquables de toutes les actrices de Londres. Son père paraitil, lors d'un voyage en Turquie où on adoi'e les yeux longs, ayant appris et vu faire l'opération, s'y décida pour sa fille. Elle consiste en une incision, à l'âge d'un ou deux ans, une continuation à la lancette d'un douzième de pouce à peu près de l'ouverture des paupières à leur angle extérieur. Puis on s'étudie constamment, ci-après, à allonger tous les jours les sourcils du même côté pour dissimuler la cicatrice. Ce n'est pas là d'ailleurs la première fois que la vanité humaine ait eu l'idée de corriger l'oeuvre de Dieu.

507 — Parmi les dro|fiies et substances dispendieuses employées dans la médecine, la parfumerie, on a le safran à $14.00 la livre et que l'on croirait cher, ne sut on que ce n'est tiré que de la partie centrale de la fleur du même nom, appelée aussi " crocus " et qu'il en faut 70,000 pour produire une seule livre de safran. L'otto, huile essentielle des roses ne se vend pas nujins que £28 (louis sterlings) la livre, mais il faut 10,0(10 livres pesant, 5 tonnes de roses pour en tirer une seule livre d'huile. L'aconitine est le plus violent poison connu — la dose n'en étant que de un ôOOème de grain — Elle se vend £27 l'once. Passant maintenant du règne végétal à la faune, à la recherche de substances précieuses, il y a le musc de la renne asiatique qui se vend de £G à £7 l'once et fait la fortune du chasseur assez heureux pour la tuer. Dans quelques-uns des mers tropiques, l'on recueille flottant sur la surface de l'eau l'ambre-gris (odeur de musc) produit biliaire maladif de la baleine. Ceci so vend, $27.00 l'once, $440 la livre. Une autre substance annnale employée comme drogue est une solution du pur venin du serpent à sonnettes, donnée dans des cas aigus lie fièvre scarlatine; i»endant<iue moins fort mais plus repoussant est la blatte (la coqueielle vulgairement appelée) réduite en poussière, qui on doses de six grains, a été em2)loyée avec succès dit-on dans des cas d'hydropisie.

50§ — Dnii« Ivs cntitcoinbcs sous l*éj^lisc de Ki<'V cil Russie est un iiioiiiistère. C'est là que longeant des milles en longueur de corridors souterrains, se trouvent les cellules de quelque lôU*» ascètes qui logent ainsi, remplissent leurs devoirs de piété, vivent, mangent et dorment dans la compagnie de leurs prédécesseurs morts et ensevelis dans ces couloirs. Chaque jour pendant un court esi^ace de temps, ils prennent leurs ébats dans les magnifiques jardins qui entourent la cathédrale, pour retourner à la suite de cette fugitive lueur, image du paradis, dans ces caves noires et humides où ils vivent leur mort dans la vie. La cathédrale qui s'élève audessus d'eux est d'une splendeui' inconcevable. Ses murailles sont revêtues de plaques d'or et d'argent. Les images y sont encadrées de pierres précieuses et d'or et devant elles brûlent des centaines de lampions à couleurs variées.

509 — L'idée populaire est que le 21 décembre étant le jour le plus court de l'année : dès le lendemain même, le soleil do't se lever plus tôt le matin, se coucher plus tard le soii", ne fut ce que de quelques secondes, que la veille — mais il y a à compter avec ce que l'on appelle " réquntioii de temps" qui fait qu'au contraire, les jours continuent pendant encore

2U jours à se raccourcir le soir et eu tout de 3 minutes ; tandis que le matin les jours rallongent de 2S minutes ou près d'une demi heure. C'est-à-dire que les jours alloiig^oiit après IVoel, |>liis vite le soir que le iiiiiliii, et la dilTérence est encore accentuée peut être par le fait des brumes persistantes du matin jusqu'à ce que le soleil vienne les dissiper, Mais il y a comme en toutes choses, compensation en ceci qu'ail |>riiileiii|»s e'esl le contraire qui a lieu, c'est-à-dire (pie les jours raccourcissent jilus vite le soir et allongent plus vite le matin.

510 — C'est avant laggrandissement artificiel de New York, décidé le 1er janvier ISO'^ — ou en IS'.l.j par exemple qu'il y a à coiii|»arer les trois g^raiides villes I^oiidres, Pari«, l\e\v York — Ainsi sous le rapport de la population, colle de Londres était de 5 millions d'âmes, Paris 2k millions, New York 2 millions. La superficie de Londres était de 7ô,()00 acres, de New York 24,000, de Taiis 20,000. Londres a 13S0 milles (400 lieues) de rues — Paris, OOO milles — New York, 575 milles. Le " London bridge " fut bâti en 1S2-1 — le pont Broklynn lOOO pieds entre les piliers, en 1883. Londres a 600,000 maisons — Paris, 90,000 - New York, 115,000 milles ; mais i^endant que Londres

n'a que 7 résiflent? par maison — Paris en compte 25 — Xew York, is. Londres est fournie de 175 millions de gallons d'eau par jour — Paris, 100 millions — New York 190 millions. Sous ce rapport donc New York est mieux servie que les deux autres villes. Le nombre d'habitants par acre à Londres est de 50, à Paris de 120, à New York de so. La densité de la population à Londres est la plus forte dans le district de White Chapel — à Paris dans le district du Temple (200 par acre) — à New York dans le quartier (ward) Xo. 10

(quartier des Juifs) 7<M) par acre Londres a IfMXt

pompiers ou employers de sa " brigade du feu " — Paris en a lôOO— Xew York, 1 KX). Pour l'efficacité, la vitesse, la brigade de New York est à la tête des trois villes. Les feux sont de beaucoup plus fréquents à New York — qu'à Paris ou à Londres, Londres y perd par année f7^ millions — Paris $1^ millions — New York $5 millions. Sous le rapport de leurs parcs ou terrains d'agrément les trois villes sont comme suit : le Hyde Park de Londres couvre 4(X) acres — le Bois de Boulogne à Paris, 220o acres — le parc central à New York, 840 acres. Collectivement il y a à Londres 22,000 acres de parcs, y coiiipris Fontainei»leau, avec 42,IKK) acres, et StrTerinain 80O0. Paris a un total en parcs de 170,(M)0 acres. New York n'a aucune garnison régu' lière, sauf celle de " Governor's island." Londres a une petite garnison, les " Guards " et quelques régi-

ments d'infanterie et d'artillerie, ensemble 7000. Paris a pour garnison une grande armée, la plus grande garnison de ville de l'Europe.

511 — Le Dr. Van Dyke, de New .Jersey, Etats Unis d'Amérique, dans un sermon ayant pour texte "Il était en valeur un homme puissant, mais un lépreux " choisi pour faire voir, comme il y a dans la vie de chacun, du soleil, des nuages — comment le bien peut sortir du mal s'exprime ainsi : Sur toute vie quelque ensoleillée qu'elle soit, il peut venir uu iiuag'e. Chacun désire ce qui pour lui constitue le succès ; quelques uns, les richesses, d'autres la renommée, le plaisir, le bonheur domestique. Cependant nul ne voit se réaliser toutes ses ambitions — et de fait elles n'en valent point toutes, la peine. Il y a toujours un quelque chose qui gâte le bonheur — des possibilités d'angoisses dans toutes les conditions de la vie — des points plus faibles qu'ailleurs dans la plus forte barre d'acier, la capacité de se ternir de l'or le plus pur — des taches sur le soleil. En conséquence les faiblesses d'une personne, ses sources de soulfrance peuvent se trouver tout à côté de ses plus saillants traits de carac tère (Tout comme le ridicule jieut être voisin du sublime). L'homme i)eut être honnête, mais tiop

exigeant ; de forte volonté, mais entêté : économique, mais sordide ; juste, mais sans pitié ; courageux, mais porté à la critique, — affectionné, mais passionné. Le désintéressement peut aiguiser des darts capables de percer le cojur, et une intensité d'affection peut devenir un gage des ilouleurs les plus aiguës.

512 — Uiio personne (poursuit Van Dyke) acquiert peut être «les ricliesses, niais la santé sN'st enfuie, ou le boniieui' «loniestique a pris son départ, ou les eaux de la douleur inondent l'âme. Prééminemment réussi sur certaines lignes, il a eu l'insuccès le plus évident ailleurs. Il ne faut que peut de chose pour rendre l'homme misérable ; il faut beaucoup pour rendre heureux certaines personnes. Comme il ne faut qu'une bagatelle pour empêcher que la richesse produise le contentement : est-ce un signe de sagesse do sacrifier jiour l'acquérir ce qui est de plus de valeur: la santé, le confort, la réputation, le caractère, le principe, la conscience- -l'espoir d'une vie éternelle. " La vie de l'homme ne consiste point dans l'abondance des choses (juil possède.'' Sont-ce les épaves que la rivière charrie à la mer qui en constituent l'existence. " Le beau plumage fait le bel oiseau " mais une jolie résidence et un bel équipage, ne suffisent

pas toujours à remlie le cœur gai. De ceux qui courtisent la renoniuiée, certains remportent le prix ; mais les soucis augmentent, les responsabilités s'accentuent, les désappointements se multiplient, et les flèches de l'ennui, deviennent plus aiguës et plus nombreuses. Celui qui courtise la faveur populaire, courtise une fille volage qui, incapable de conférer le bonheur, peut flatter la petitesse, et mépriser la grandeur. Dans l'histoire il y a peu de chapitres plus tristes que ceux qui mettent de record les soucis, les tracasseries, les revers de quelques-uns de ceux qui sont devenus marquants. Moïse était un homme puissant ; mais il fut envoyé en exil et repose dans un sépulcre inconnu. Elie était un rare exemple de véritable grandeur, mais la folie d'Achab et la haine de Jézebel réussirent presque à lui suggérer le suicide. Daniel était un grand homme ; mais Nébuchodnezzar crut que la fosse au lion était ce qui convenait le mieux à ce genre de grandeur. Isaie était un homme d'une rare force de caractère, mais Manassah le fit mettre entre deux planches, et scier, scinder en deux.

513— Van Dyke encore — c'est trop précieux pour ne pas être reproduit. " Ceux qui désirent voir le vide de la grandeur humaine, feraient

bien de lire la biographie des rois, au nombre de 600, qui durant 600 ans régnèrent sur l'Eujpire Romain de l'Est — Sa capitale Constantinople — et ils seront portés à remercier Dieu «ju'il leur permet de vivre dans l'obscurité. A quelques politiciens, l'on pourrait dire oh vil flatteur, ton Dieu t'a rejeté et il y en a d'autres à suivre dans le " Oreater New-York " (agrandi) et la " boss-ridden " Philadelphie (sous le Joug des vampires)— hommes au soleil de la prospérité, mais couverts de lèpre. Est-ce donc que l'injonction spirituelle ♦' soyez humble " est indigne qu'on s'en occupe ? L'homme qui est sur le dos dans la cave, ne peut descendre plus bas — chose j'our laquelle il peut-être reconnaissant, i/liounae sur la toiture peut devenir étourdi, et en touibant, terminer du coui> sa carrière orgueilleuse ; il y en a peu qui prélèrent la vallée où les vents sont cependant moins forts, les tempêtes moins violentes.

514 — Toujours Van Dyke : Sur toute vie liuiiiaiiie, quelque iioii' que soit le iiuag:e ob!i»cui'ci«»««aut, il peut venir «lu soleil. Jamais il ne fait tellement noir, que la noirceur ne puisse s'approfondir. Les découragements ne sont Jamais si nombreux qu'il n'y ait lieu à la reconnaissance. Un nuage sur son chemin, et chaque cœur ensoleillé. Un

fardeau sur chaque existence, et pas une âuie qui ne 2iuisse tressaillir de joie. Un croche, une entrave dans le lot de chacun, et aucun détour si tortueux <iue ça ne puisse se résoudre en un bonheur céleste. Aucune épreuve sans ses soulagements. La pauvreté inspire l'énergie, promeut la confiance en soi-même, porte à l'industrie, etnou^ engage à priser les l)énédictions que l'on a sans murmurer sur celles que nous n'avons point. La maladie porte notre attention aux lois de la santé, adoucit le caractère et dirige l'attention à la proximité du voile de l'éternité. Les privations, la perte de ceux qui nous sont chers ont leurs compensations atténuantes. L'obscurité à ses avantages particuliers. Les impuissances, inhabilités physiques ont aussi leurs comjiensations : les sourds sont exemptés d'entendre bien des choses qu'il leur vaut mieux ne pas entendre ; les aveugles ne voient point les froncement de sourcils, les regards acerbes ; le boiteux, l'estrojjié est relevé de la nécessité de courrir les conunissions. Celui qui ne sait lire, est exempt de la tentative de lire le compte rendu delà dernière joute de "football," de la dernière lutte entre " boxeurs," le témoignage le j^lus récent sur le dernier meurtre, et toute la sensiblerie ridicule n^anifestée à l'endroit do eertnins criminels. Il est bon d'observer que h^ sort de chacun, à tout considérer, n'est pas absolumcMit éloigné de ressembler à celui des autres. La montagne a des rochers et du

soleil; la vallée, dea inondations aussi bien que de riches moissons. Les yeux qui versent des larmes, peuvent aussi rayonner l'amour.

^l'1( — Il faut accentuer la iiécessilc des deux lang^ues : l'angrlais, le français. La

fière Albion voyant aujourd'hui parler l'anglais par deux cent millions d'âmes, gemVjle rêver le moment où la langue anglaise sera celle de toutes les nations — mais à Dieu ne plaise que cela arrive, pour la paix du monde et dans les meilleurs intérêts pécunaires, humanitaires et autres de la Grande Bretagne et de ses

colonies Que le Canada lui aussi y pense

à deux fois avant de décréter la suppression du français ; car les nations tiennent à savoir, chacune dans la langue qui lui est propre, à se tenir au courant des événements, des progrès, des travaux littéraires et autres des autres nations de la terre.

L'anarchie s'accentue comme expression du communisme, du socialisme qui veut, dit Louise Michel, que les riches qui en ont trop, partagent avec les pauvres qui en ont trop jieu. L.'arniée des pauvres, des nécessiteux n'est déjà que trop grande — elle se compte par millions, et l'on

ajouterait à ces iiiillioiis les millions additionnels de ceux qui dev(en<lraieiit ainsi «lésopuvrés par la suppression des traducteurs qu*un semblable décret mettrait en disponibilité. Que l'on envisage ce côté de la question ; les millions de gens employés aujourd'hui de par le monde à traduire d'une langue dans une autre ce que dit l'homme, ce qu'il écrit ; les millions de bras utilisés à imprimer, brocher, relier ces traductions, et ces autres millions emplojés à manufacturer le papier, l'encre, le caractère, à tirer de la forêt la pulpe destinée au papier, nouveau papyrus dû au génie de l'homme.

Que l'on se figure, cette immense armée additionnelle do désœuvrés jetés sur le pavé par cette seule suppression de l'une des doux langues civilisatrices du genre humain, et les fanatiques même de l'Ouest, ne seront plus aussi âpres à crier à la mise à l'index du français : cet idiome le plus éloquent de ceux des nations. Point de volapuk, point de langage universel ; et que l'on se garde aussi de donner trop de relief à la nécessité — nécessité qui n'existe aucunement— d'un seul système de poids, de mesures et de monnaies : ce seraient encore «l'autres millions de bras «levenus oisifs, qui maintenant gagnent le pain de la famille à réduire ces chitlres, ces quantités en équivalents des autres peuples. Ce

seraient encore autant d'anarchistes, fie communistes de surcroit.

516 — Si Québec aujourd'hui n'est attrayant que pour les touristes par ses ^îromenades, ses points de vue, son port superbe, ses carnavals de glace et de feu, — si le commerce depuis 50 ans a abandonné nos rives, et nous a rendus asssz désintéressés pour nous suicider en contribuant au creusement du lac St- Pierre pour faire <lc IVIoiitiéal un port «le nier, la tête de la navigation océanique : la nature va forcer ses citoyens à revenir à leurs anciens amours. En etTet, à part le caiini C'Iiieag^o sur lequel je me flatte d'avoir été le premier à attirer l'attention de nos gouvernants, dès le mois de décembre 1894 ; à part ce canal qui va nous enlever 5 pour cent de nos eaux dn St. Laurent ; à part les projets internationaux grandioses— la convention siégeant aujourd'hui à Cleveland en fait foi — d'un ou de plus d'un canal à eau profonde entre les fîrands Lacs et l'Atlantique par voie de riludson et tlu Mississippi, qui vont nous enlever eucore de 1() à '20 pour cent de notre avoir tlnvial» voilà que les eli'ct!» de Tincuiie <le riiouiuie eu «lévaslaut nos forêts par le fer et le feu couiiiieiiceiit à s'aceeutuei*.

Le déboisement des terres, sous le système irration-

nel des limites ou licences pour la coupe des bois ; au lieu de faire persister la forêt, en épargnant tous les arVjres, comme en France, de moins d'un pied de diamètre ; la misa à nu du sol, fait que la fonte des neiges au j^rintemps a lieu tout d'un coup, produisant partout des inondations en cette saison des hautes eaux où il n'en faut point ; et ([ue, par contre, durant les chaleurs d'été ou les eaux basses auraient besoin d'être supplémentées : les tributaires des lacs, duHeuve sont à demi desséchés par le fait que le soleil évapore les eaux de pluie avant qu'elles ne puissent s'y rendre pour y prendre leur cours.

Le St-Laurent s'eti'ace peu à peu. Le creusement même du lac St-Pierre est un péché pour nous tous. pour Montréal surtout dont ce creusement falicite l'élimination des eaux du port. Mais Dieu merci, l'Ooéan est encore là, et la lune assez éloignée de nous, malgré son rapprochement au telescojie, pour que l'homme ne 2>i'isse i»orter atteinte à sa faculté de créer, avec l'aide du soleil, les marées (jui, si les vapeurs océaniques, à fort tirant d'eau, ne peuvent par la suite se rendre à Montréal, leur permettront dans tous les cas d'atteindre Québec. Aux gros marchands de Montréal, à ses quasi millionnaires de voir, de s'assurer à l'avance qu'ici à Québec est le siège de leurs futurs opérations — ici le véritable port de mer que la diminution des eaux du Niagara ne saurait ailecter.

•517 — Seule soliilioii |»oiir le désœuvré : retouriiei- aux ciiuiiips, j;:a;^iiei' sa vie à la sueur de sou front. Le coinumnisine existe déjà, I>our beaucoup, parmi nous. — Nous ne l'avons jamais cru pour ne nous l'êti-e jamais dit.

Bon gré, mal gré, nous le mettons tous les jours en pratique ; non pas sous la iorme exagérée, outrée voulue I^ar les socialistes, mais de la manière indiquée par les enseignements de l'évangile, et que nous mettrions en prîitique même si ces enseignements n'existaient point ; car s'il y a en riiouiitic un sentiment inné, c'est bien celui du mien et du tien, et ce sentiment est aussi fort chez le païen que chez le chrétien, chez le barbare, le sauvage que chez l'homme civilisé ; et il l'est, à fortiori, chez l'homme, puisqu'il existe chez la brute, qui sait qu'elle fait mal lorsqu'elle s'empare de la proie d'autrui ; à preuve que pour le faire elle se sert ou de sa force ou de son astuce.

En effet c'est de nuit, c'est à la faveur de la noirceur, des ténèbres que le loup enlève l'agneau et va le cacher dans la forêt, fort qu'il est du sentiment, de l'instinct qu'il a mal fait, et qu'un autre de son espèce, ou de la gente féroce peut lui rendre la pareille, en lui dérobant à son tour sa proie malhonnêtement acquise. C'est en feignant la mort ou par quelqu'autro truc que le renard (et voilà ce qui lui mérite le nom de " tin '') surprend

le lapin, Toiseau de basse-cour ; et de même l'homme par la ruse, jiar la force, vole son semblable et sachant qu'il fait mal, se donne tant de peine pour se soustraire â la justice, à la punition de son crime.

Mais pour la bête, il n'y a point de futur, tandis que pour l'homme il y eu a un, qui le force de faire restitution de ses biens mal acquis ou de subir les conséquences d'un refus de ce faire, ou même d'une impossibilité de sa part de rendre à qui de droit, ce qu'il lui a pris. Toutes les nations, toutes les religions comprennent ceci, et celui là même qui ne conuait point Dieu, qui n'a jamais oui jjarler des lois de la propriété, est tout aussi fort d'une injustice commise, d'un vol au détriment de son voisin, que l'est le philosophe le mieux au lait des enseignements de la justice des hommes, comme de celle de l'Etre éternel pour les croyants, du faux dieu i)our les incrédules.

51§ ProïKliioii a «lit : «' la propriété, c'est

le vol." Ceci n'est pas aussi éloigné d'être vrai, (ju'on se donne l'air de le croire. Dieu nous l'a dit par la bouche du Sauveur: "En vérité, en vérité, je voii«i le «li»>: il e<!«t |»lii!^ «litlieije poiii* Piioiiiiiie riche «reiitrei* «iuii^ le royaiiiiie «les (^i<riix, «|iie pour un «'.liaineuii «le psb>iM'i' par le «tlia»»

d'une nig^iiille/' Que veulent dire ces mots — non pas que la richesse, la possession de la lortune soit répréhensible en elle-même — mais que ces richesses ont été en général acquises par des moyens plus ou moins avouables ou dont la probité est au moins douteuse. Le riche lui-même le dit, ou sans le dire, l'admet, en s'en dépouillant pour beaucoup, sa vie durante, ou à la fin de sa carrière, avant de mourir ou par son testament, après sa mort. " C'est à la charité " que nous devons les hospices, asiles, hÔ2)itaux, crèches, institutions de sourds et muets qui se rencontrent dans les grandes villes de par le monde entier, civilisé au moins. C'est pour l'ouvrier, c'est pour le pauvre, c'est pour la vieillesse, c'est pour toutes les infirmités dont la pauvre humanité est affligée, et qui se rencontrent surtout chez les classes travaillantes, que ces refuges ont été fondés, qu'ils sont entretenus et qu'ils prospèrent.

Oui, sans doute que la philanthropie est une chose réelle, une des qualités innées chez l'homme ; mais il y a dans la philanthropie des degrés, comme dans toutes autres choses — c'est-à-dire, qu'elle peut être plus ou moins pure ou mêlée de considérations humaines, de considérations ayant trait à la vie future. Elle peut être plus ou ujoins spontanée.

Dieu a dit : *<■ tu j^a;;:uei-a$!i ta vie à la sueur

«le ton front." Que veulent dire ces paroles ? qu'il n'y a d'autres moyens de devenir riche que par le dur travail du corps ou de l'esprit ; car ce ne sont point les seuls sueurs du travail manuel — sueurs chaudes — il y a encore les sueurs froides de l'anxiété, du chagrin, des préocupations humaines.

La parole de Dieu prouve qu'il no veut point que pendant que certains se roulent dans les richesses, le luxe et l'abondance, d'autres n'aient pas même les nécessaires de la vie ; aussi, nous dit-il souvent, nous repète-t-il sans cosse, par sa voix et celle de ses ministres «« «loiiiiez niix: néc<'s«itoii\ " log:cz, vêlissoz, soi'yitu^'M, les iiiitlheiir<>iiv.

" La charité crée pour le patron et pour le riche le devoir de venir au secours de leurs frères dans le malheur, devoir que la religion se charge de faire remplir par son admirable conception." lîoyal.

De fait, les donateurs, les i>hilanthropes se comptent par milliers. De tout temps il y en a eu. Les institutions de charité, de bienfaisance, <le par le monde en font loi. Donc comme nous l'avons dit, le coiiiiiiiiiiisiiic existe «léjîi ; cai- doiiiiei- «le son avoir niiK itiili*4>s, le <lé|>eiis<'r poiii' le bieii-éire «raiiti'iii ; qii'est-ee aiili-e «-Inksi» a|»i-ès tout, que «In e<»niniiini*«nie ; et, «In «'onininnisine particnliei', à l'axercise «le «;ette sorte «le

clinrité par tous ci'ii.v qui <>n ont le luoyoït, il ii*y a 4|ii*uii pus.

51î> — Nul ne se gêne panr le dire, l'affirmer, que c'est un devoir, et pourquoi un devoir î parce quo poair tous rcu.v qui Sî>îat riches, et qu'ils aient acquis ces rieliesses par leur travail, Feurs spéculations, ou qu'ils eu aient hérité, le doute est encore là, la presque certitude que leur acquisition n'est .pas due à d<>s nioyens en tosit et partout a%^ouables. Oui ! un devoir d^ s'en départir, pour le surplus, en laveur de ceux à qui Dieu n'a pas donné le talent, l'occasion de s'en pourvoir. On ne s'extasie point d'ordinaire à la nouvelle qu'un tel a fait acte de philanthropie. Il e.st rare que ce .soit un pur acte de charité. Le donateur à ses réserves mentales à ce sujet. Il y a pour le chrétien, à propitier. Dieu le Sauveur, pai* la restitution du bien mal acquis — pour le païen, ses dieux pour la niêuie raison. Et, encore une fois, on ne se gêne aucunonent jiour dire tout haut à l'acquit de celui qui ne le fait point et qui devrait le faire : il a fait son argent par pression usurière, et au lieu de tout laisser ainsi à son hls, à son neveu, il eut dû en donner une

notable partie aux pauvres, ou à quelque institution de bienfaisance — d'un autre: lu |»reii%"c qu'il ■l'avait point bi'soiii «riiia octroi, d'tiiio siib%'eiitioii <l<; ('«''tat, poiii- tel service — océanique ou autre — c'est qu'il a pu laisser à sa famille une fortune égale à la somme de ces subventions annuelles et qu'il a donc volé l'Etat d'autant, en faisant contribuer sous do faux prétextes à la population, un argent auquel aujourd'hui (à son décès) il est démontrable, qu'il n'avait aucun droit et n'a pu obtenir que par des déclarations fausses, exagérées ou de quelque autre manière inavouables.

520 — L'anarchie est le moyen qu'emploie le communisme pour s'accentuer : terroriser les gens pour leur faire faire de force ce qu'ils devraient faire de bon gré, de bonne volonté — Louise Michel, nous le répétons, a dit, carrément lors qu'interpellée à ce sujet " ce que veut l'anarchie, c'est que les riches qui en ont trop, partagent avec les pauvres qui n'en ont pas assez."'

LiSe coiniiiuni<<tes non outrés ne «Icmaiident point l'égalité ; car evi^tât-elle, que ce ne serait que pour un instant, une seconde à peine. Pour i'houune il i.'y a point de statu-quo — il est

né inégal de talents, d'aptitudes, d'activité ; et, l'égalité pécuniaire se fit-elle un uuoment, par la distribution, la division des biens, des richesses par parts égales ; que la i)aresse, l'insouciance de l'un les lui verraient diminuer, pendant que le talent, le travail, Fuctivité de l'autre les lui feraient fructifier ; et les extrêmes de l'opulence et de la pauvreté reparaîtraient encore après un temps donné plus ou moins éloigné : une génération, un siècle, plusieurs siècles si vous voulez ; mais l'inégalité redeviendrait encore un jour ce qu'elle est aujourd'hui.

•521 — Vous mettes uu lioiiiiiic en banqueroute, vous lui faites faire cession de ses biens, vous le forcer à liquider, à |»artas:er avee ceux à qui il doit. Voua ne lui enlevez point ce qu'il lui faut l'onr vivre ; mais il a trop vécu, tro^) bien vécu ; il a roulé voiture comme l'on dit, s'est nourri lui et sa famille do ce qu'il y a de mieux, et fait libie usage de meilleurs vins ; conduit tous les soirs sa femijie et ses enfants à l'opéra, vêtues de soieries, visité à grands finis les places d'eau, voir mémo un dispendieux voyage d'outremer ; il l'a fait aux délions de ses créanciers ; il n'a pas gagné de quoi le faire, à la sueur de son front, comme le veut l'Evangile. Il a, au lieu de dévouer ses recettes à payer ses marchan-

dises, tout ou presque tout dépensé à s'acheter des propriétés, à payer de fortes primes d'assurances sur sa vie, pour pourvoir, aux dépens de ses créanciers, à la subsistance de sa famille après sa mort, à doter sa femme d'un fort douaire.

Tout cela serait très bien, s'il avait pu le faire, s'il pouvait eoiitiiiuer de le l'aire à même les profils «le sou coiiiiiieree ; uiais si comme ça se fait le plus souvent, il a pris pour ce faire, l'argent qu'il devait aflecter au paiement de son stock ; il a agi mallionnêtement en pourvoyant ainsi à son futur, à celui des siens, aux dépens des autres, au détriment de ses créanciers et il a à faire restitution.

Ce qui ne veut point «lire que toutes les banqueroutes sont uiailioniiêtes, frnutluleuses ; car on peut être entraîné par la chute d'un autre ; mais à part cela, on peut, on doit l'éviter en faisant à l'avance le bilan de ses dépenses pour loyer, nourriture, vêtement, chauliage, éclairage, redevances municipales, salaire des conunis, etc., en regard des profits que l'on peut évaluer, et vivre en conséquence.

522 — La liquitlation est une sorte «le c<»minunisme foreé, un -communisme local ou dans un certain rayon ; mais dont il y a tous les jours de par le

monde des milliers de cas, et en cela la distribution, le partage est déjà rej^arti sur une assez grande étendue du globe. Eli bien, pourquoi les nations ne liquideraient-elles point coijime les individus 1

523 — Il y a ceux ^\\\\ donnent et donnent sans cesse de leur vivant pour venir en aide aux nécessiteux. Il y a les produits ou recettes de quêtes publiques, de bazars, kermesses, tombolas, souscriptions pour ceci, cela. Voiîà autant «le petits actes connu uiiistiqiie!!», ou par lesquels ou fait cession «le sou avoir, et cette cession est toujours un peu forcée ; car à. part Taniour de Dieu, il y a la crainte «lu cliatinient, puisque Dieu en menace tous ceux auxquels peut s'adresser ces mots : •' j'ai eu soif, j'ai eu faim, j'étais nu et sans abri, j'étais iuala«le et souffrant ; et tu n'a pas pourvu à mes besoins."

534 — Les contributions forcées «le tous les pays comme le sont celles qui se prélèvent eu Angleterre sous l'en-tête de " poor laws " pour sustenter des hospices, des pauvres, des aliénés, des veuves et des orphelins ; les cotisations annuelles pour

subvenir aux besoins des hôpitaux pul)lics, maisons de travail (work houses) ne ^oiit autre chose que du coniniuiiisuie. Pourquoi «loue ne pas Kénéi-aliser le système et forcer tout le monde à contribuer dans la mesure de son avoir, avec exemption peut-être pour les salaires audessous d'un certain chiffre. Si, «lisait l'atitre jour un journal de IVcw-Yoïk, le million de piastres donné tous les ans par les habitants de cette ville en aumônes, était afTeclé à établir les récipiendaires sur les terres non concédées du Kansas ; il en serait bientôt fait des pauvres de cette grrande ville. Et pourquoi n'en serait-il pas ainsi de toutes les villes du monde oiî il y a des désœuvrés, des nécessiteux ; une contribution forcée ; non pas pour les faire vivre dans l'oisiveté, à la charge de leurs concitoyens ; mais pour les éliminer, disposer du surplus, de tous ceux pour lesquels il n'y a point de travail, on établissant des colonies ça et là, à peu près suivant notre système actuel de '' homesteads " sur la voie du chemin de fer du Pacifique au Canada.

535 — L'Anarcliie a atteint tous les pays du monde civilisé» Nous avons déjà dit, que ses

ruoj'ens, ses armes : les grèves d'ouviiers, la dyn.amite, la destruction, la ruine, le meurtre ont pour but de semer partout la crainte, l'inquiétude, la terreur ; non pas pour le simple plaisir de la chose, non pas pour aucun avantage direct pouvant résulter de cette action dévastatrice, sauf peut être le remède partiel de l'emploi de quelques uns des désœuvrés à la réhabilitation des bâtisses, des ateliers, des installations ainsi mis en ruine ; mais surtout poiii'oii faire veiiîi'Ies gouveriieiiieiits îk un |>io(>é«lé «le eoiiiiiiiiiiisiiie forcé par lequel, chaque «lésœuvi-é serait uii!» eu mesure de g-aguer le pain «le sa laïuille.

Or, ce moyen, quel est-il. Ou a tenté en France en 1§I§ sous le K^ouveriieuieut provisoire, «le trouver «le roiivrag^e, «l'eu cié«îr par rétablissement «l'at4>iiers nationaux. On s'est fait fort de garantir par ce moyen d(^ l'ouvrage à chaque citoyen. L'entreprise fut lancée sous les conditions les plus favorables et au milieu d'un cri d'enthousiasme populaire. Ceux qui désiraient de l'ouvrage, s'adressaient aux employés municipaux, et s'il y avait de l'ouvrage à donner, on assignait à chacun son département spécial. S'il n'y avait j^oint d'ouvrage à donner, dans le temps, le désœuvré retirait ses trente sous par jour, jusqu'à ce qu'il y en eut. Sous peu de temps, il

y eut ainsi 125,000 hommes d'enrôlés à Paris, représentant avec leurs familles 600,0(1(1 âmes ou la moitié de la population de la ville à cette époiiue.

Coiiiiiie l':t (lit un écrivaiii «le l'époque ; Jamais l:i psiuvrclé n'a été abolie à. un pareil pi'ix ; mais les profits, l'industrie, le respect de SOI n.éme subirent le même sort, et même à 30 sous par jour, le gouvernement ne fut pas lent à trouver qu'il payait trop cher le millennium. Finalement on trouva que l'ouvrage accompli sous le système n'était que nominal. Les hommes de fait, ne faisaient que chômer, paresser sous prétexte de faire de l'ouvrage. L.e g^ouverueineut fut forcé, pour éviter la banqueroute de »e désister «le sa folle entreprise. Sur fermeture des ateliers, les ouvriers se mirent en insurrection et une gigantesque expérience en socialisme ne prit tin qu'avec le sacrifice la mort de 12,00(J hommes, avant la réhabilitation du sens commun et de la raison.

52© — Sous le coup île lu dépression assez générale des dernières années le (îouvernement Im{>érial, nonuna une commission i)Our s'entjuérir et faire l'apport sur la condition du travail dans le Itoyaunie-Uni. il y eut deux raj^ports dont celui de la minorité respirait à pleins poumons le socialisme. Cette section de la

commission opta pour l'abolition des contrats, pour l'exécution " à la journée " des travaux publics, l'adoption de H heures de travail, la cessation de tout ouvrage par les femmes à domicile, et l'emploi des désœuvrés par le gouveriieiiieiit. Il siifiit de l'expérience de la France relatée plus haut, pour prouver de suite rillusoire du projet. Le projet de trouver ainsi de l'ouvrage pour tous les désœuvrés, a déjà souvent été mis à l'étude mais sans ancun résultat pratique.

" Sous l'entête " Détresse en Angleterre " le Daily Teleg:rapli du 26 déceuibre 1S93, reproduisiiit un article d'un journal de L.ondres

du 23 de ce mois à l'effet que les meneurs se plaignaient de ce que les autorités locales ne s'étaient point prévalues de l'autorisation à elles acquise par le Gouvernement Impérial de dépenser de l'argent sur des travaux de secours pour les pauvres gens sans emploi, avec le résultat que la détresse s'accentuait dans la plupart des grandes villes, et cela à la grande satisfaction des agitateurs socialistes et anarchistes. Cependant poursuit, l'article, il est difficile de voir, ce que le gouvernement peut faire de plus, si non un socialisme d'état sur une échelle {(i^^antesque, et pour ceci l'opinion publique n'e»t pas encore mûre."

521 — " La dernière proposition est que le gouvernement garantisse £50,000,000 sterlin^r ($250,000,- 000) pour permettre rcxécutioii d'un système de réclamer à la mer, une lisière de terrain sur tout le parcours des côtes de rAug:letcrre. Il est vrai que de semblables entreprises entre les mains de particuliers ont donné des profits, et la Hollande en a démontré le caractère pratique et rémunératif pour le gouvernement. Nulle raison de douter non plus que dans le seul district de Londres, la réclamation des battures de la Thamise, de la ville à la mer, est parfaitement praticable, donnerait de l'ouvrage à des milliers d'hommes d'ici à plusieurs années, serait d'un bienfait immense, et rapporterait de bons profits, sur la mise ; mais le gouvernement hésite assez naturellement à faire le premier pas dans une aussi vaste entreprise.'"

Iflais trouvât-on de ces moyens d'employer des milliers d'iiommes, jamais on ne saurait utiliser tous les nécessiteux dont le nombre parait croître sans cesse, et les employât-on que ce ne serait que pour peu d'années ; puisque les plus vastes projets se réalisent aujourd'hui en de 5 à dix ans au plus, comme le chemin de fer Pacifique Canadien qui de l'Atlantique au Pacifique déroula dans 5 ans ses 5000 milles de parcour? — celui de la Sibérie

qui long de plus de 6000 milles de Moscow à Vladivostok sur le Pacifique, se verra aussi terminer en cinq ans. Eh bien, supposez encore un chemin de la sorte traversant l'Afrique, la réclamation du Sahara en en faisant un lac, le percement de l'Isthme de Panama, et donnât-on même suite au projet de racheter par des endiguements les battures encore improductives dae côtes maritimes et riveraines des divers continents, que tout cela n'emploierait point peut-être pour 30 ans tous les désœuvrés s'il fallait à tous de l'ouvrage, et d'ailleurs, chose certaine, tous les trésors du monde n'y suffiraient point et ce serait toujours à recommencer.

5t2§ — Ce ne sont point des moyens spéciaux qu'il faut rêv^er pour utiliser les bras des millions qui sont sans ouvrage : il faut quelque chose de plus eiïicace, plus durable, plus simple et qui se trouve partout à la main, sans frais pour faire exister, créer des terrains qui n'existent point, pour les racheter du littoral des mers, des lacs, des rivières, pendant qu"il en existe des millions, des centaines de millions d'acres à l'intérieur, tout prêts à livrer leurs trésors à la bonne volonté de ceux qui veulent g:ag:ner honnêtement leur vie, aux g:ens de cœur qui sont prêts à remplir l'injonction du créateur : tu

çag^iieras ta vie a la sueur de ton front ;

8ueur3 bienfaisantes qui soulagent le fort travailleur du trop plein de son être dû à un appétit activé par son labeur, aidant ainsi à et motivant une hâtive et sanitaire digestion.

529 — 7Inis si on ne peut créer du travail pour chacun, 2)our ceux des villes surtout qui ont une certaine somme de connaissances acquises qui les rendent propres à autre chose qu'à cultiver la terre, tout digne et honorable que soit cet emploi ; si disonsnous, on ne peut aviser aux moyens d'augmenter le travail en créant de nouvelles industries, de nouveaux besoins qui engagent les riches à augmenter le nombre de leurs employés — de ^râce au moins ne nous étudions point à les simplifier davantag:e, à en diminuer le nombre pour augmenter ainsi l'armée de ceux qui ne peuvent trouver à utiliser leurs bras, leur bon vouloir.

530 — La classe ouvrière se plaint déjà amèrement que les machines dans toutes les manufactures, dans toutes les industries sont venues se substituer au travail manuel, en enlevant ainsi à des millions de bras

leur juste part du travail. Mais ceci n'est peut-être qu'apparent, et au contraire, le nombre des travailleurs n'en a peut-être point été diminué — peut-être même, la somme de travail n'en a-t-elle été qa'augmentée } car ça n'a été qu'un déplacement du travail, une subs» titution d'une classe de travailleurs à une autre.

Eu effet le$ clieiiiiiis de fer urbains et autres ont, il est vrai, mis hors de concours^ des milliers de charretiers, cochers, \'oitu-^ riers, charrons ; mais par contre que de milliers, centaines de milliers d'hommes aujourd'hui, sont employés depuis l'ère de la vapeur : les journaliers ou manœuvres à faire les terrassements, remblais et déblais, de ces voies ferrées, à en percer les tunnels, à en couper dans la forêt les bois nécessaires à servir de supports, de cous ginets aux rails, aux doubles rails ou voies dont le parcours aux seuls Etats-Unis d'Amérique atteint l'incroyable étendue collective d'autant de mille milles,^ qu'il y a de jours dans l'année : oui, pour cette seule nation d'une population de 70 millions d'âmes, il est vrai, mais d'un vingtième seulement de la population terrestre, 365,000 milles de voies ferrées, capables de faire 15 fois le tour du globe. Ajoutons à ce chiffre qui dépasse déjà l'imagination, les autres milliers de milles de ces chemins du monde entier, et l'on ne sera

paa lent à voir que les charretiers n'ont pas gain de «ause dans leurs plaintes mal fondées de la diminution du travail manuel, motivé par la substitution des convois électriques et autres à l'ancien mode de transport ; car n'y at-il point encore, avec la découverte de la vapeur, le développement inattendu de toutes les houillières du monde, et pour cette seule industrie, combien déjà de centaines de mille bras employés à -extraire le charbon, le combustible pour produire cette vapeur, pour la réduction en fer, en acier, du minerai de même nom tiré par tant de milliers de bras additionnels des entrailles de la terre.

Puis encore que de milliers d'ouvriers occupés dans les usines à la fabrication des machines à vapeur même, à la confection des rails, puis à les mettre en place ; enfin à construire les centaines de milliers de wagons, eng^ins, chars de toutes sortesqiii sillonnent dans toutes les directions le monde connu.

]?Iais ce n'est pas tout; car il y a encore les conducteurs, ingénieurs, chauffeurs, serre-freins employés en permanence sur ces chemins, et dont le nombre seul équivaut probablement, et dépasse même peut être le total des charretiers, cochers ainsi éliminés, sans compter l'armée des travaillants toujours à l'œu-

vre à réparer les voies, en renouveler les dormants et les lisses, les tenir désobstruées de neige, etc, et à faire d'incessantes réparations de toutes sortes.

531 — L.e monde pi'og:i'esse et l'on ne peut rester en arrière. Déjà nous avons eu, chacun de

nous, à faire un premier aj^prentissage, une cléricature : plusieurs, un second, une seconde ; savoir même si nous n'aurons point à en faire un troisième, une nouvelle étude pour tenir tête à la rapidité avec laquelle les sciences motivent la substitution d'une industrie à une autre ; d'un mode de chauffage, d'éclairage, de locomotion, de manufacture à un mode amélioré, plus simple, plus expéditif : tout comme il y a peu d'années encore, l'allumette phosphorée que la simple friction, le frottement met en feu, se substituait à celle qu'il fallait, pour la faire vivre, introduire dans une bouteille à contenu chimique, pendant que cette dernière remplaçait le primitif briquet à tondre ou à charpie carbonisée qu'il fallait supplémenter encore d'une étincelle de la pierre à fusil pour produire le phénomène d'une combustion où il fallait encore lepetit bois souôré pour déterminer la flamme voulue. La mèche faisait place à la bougie, la bougie à l'huile de pétrole, celle-ci au gaz, ce dernier enfin à l'électri-

cité — le télégraphe électrique au transport par la malle, le téléphone au télégraphe — l'invention de Guttenberg à la calligraphie, la phonographie à l'ouvrage du typo — le cheval à l'âne et au mulet — le bicycliste au piéton, et que sachons-nous encore.

532— Toutes ces traiisroi'iii[itioii<>> n'ont fait que grossir le nombre des travailleurs:

la vapeur emploie plus de bras que le voilier, le téléphone que le télégraphe, et c'est à peine si l'on peut aujourd'hui suffire à la demande toujours croissante des bicycles ; pendant que d'un autre côté la simplification même des moyens, des machines, en diminue le coût, et que le coût diminué en motive la multiplica tion ; tout comme la réduction du coût du port d'une lettre de deux centins à un centin, a augmenté au lieu de diminuer le revenu postal, par le fait que cette diminution, toute petite (|u'elle soit pour le pauvre, l'homme, la femme, l'enfant de peu de moyens, lui fait écrire aujourd'hui non pas seulement deux lettres, contre une ; mais jusqu'à trois, cinq, dix, quelquefois davantage.

533 — L'on a craint aussi que les instruments aratoires de nos jours ne vinssent

diminuer le iioiubie de personnes utilisables par l'ag^riculteur ; mais si c'est le cas, ce n'est là encore qu'un déplacement de trataii, non une diminution ; puisque le nombre des artisans employés dans les usines, les ateliers à la production de ces engins améliorés, dépasse certainement celui des mains mises en disponibilité par le changement — tout de même que les fabriquants de machines à coudre, et des mille et un riens utiles à la domesticité du logis ont plus utilisé de bras à les confectionner, que leur emploi n'en a jamais éliminés.

534 — Si le chauffage des maisons, des édifices publics à la \ apeur, à Teau chaude a rendu moins active la demande des poêles et tuyaux de l'ancien temps, les ferblantiers ainsi appelés, ont fait nouvel appreutissaiïc et soitt aujourd'hui devenus d'habiles plombiers sanitaires, dont le nombre s'accroit tous les jours, et si moins de bras sont mis en réijuisition pour le transi^ort du combustible à tous les étages où atteint la chaleur j^ar simple pei'suasion pour ainsi dire ; par contre, les réparations motivées à ces apparei'.s divers font que ce n'est encore ici qu'un déplacement d'industrie.

On lie peut donc se plaindre de tous ces prog:i'ès, ni même de la sténographie, qui, si, d'un côté, elle a supprimé quelques calligraphes ordinaires, la clavigrai^hie quelques copistes, sont plus que motivés par la nécessité plus impérieuse d'empêcher de traîner un procès en langueur, de multiplier les copies d'un écrit au grand avantage des intéressés.

535 — Déplaçons, varions le travail ; mais ne le détruisons point, ne faisons rien qui tende à le diininuer. Nous ne sommes point de ceux qui rêvent le millennium : un seul langage — le volapuk ou autre — un seul code et système de poids et mesures de par l'univers entier — un seul système monétaire ou une uniformité du pécuniaire de toutes les nations — voilà tout dernièrement la Société de Géographie de Toulouse qui veut faire revivre le projet plusieurs fois tenté, autant de fois abandonné, de substituer au s^'stème sexagésimal des degrés, minutes et secondes du temps, le système décimal prétendu plus simple, plus expéditif. L'Angleterre, dans son orgueil veut voir substituer sa langue à toutes les langues de l'univers; la France son système de poids et mesures à celui de toutes les nations — Eh bien faisons appel à ces deux grandes civilisatrices du genre humain d'y penser à deux fois.

Il y a de par le monde plusieurs millions d'hommes et de femmes qui g^agrnent leur vie à traduire les diverses lang^ues, les diverses monnaies, les poids et mesure»

de chaque nation en celles 'de chaque autre peuple d'un lang^ag^e, d'un système différent. Ah ! mais la question est d'un immense sérieux, en ces jours ou l'anarchie s'accentue toujours j par le fait même qu'il n'y a pas de quoi employer tout le monde, et l'on méditerait de supprimer du coup le gag^ne pain de ces millions d'individus qui fout le métier utile et agréable, de traduire les langues, d'assimiler les poids et mesures, le temjjs, les distances angulaires d'une nation en équivalents d'une autre — que dirons nous des traducteurs et les imprimeurs donc, immense phalange de la société humaine qui s'occupe à reproduire ces œuvres ; les papetiers qui fournissent de quoi y inscrire ces millions d'exemplaires : l'encre, le caractère, les presses et pressiers, les relieurs de ces ouvrages ; tout cela d'un seul trait mis de côté, supprimé. Ah! c'est alors qu'il y aurait recrudescence terrible d'anarchie, révolutions de par le monde du pauvre contre le riche, du sujet contre son roi, du peuple contre ses gouvernants.

536 — Le grand problème à résoudre est

celui de donner de l'ouvrai:e à tout le monde ; un ouvi-age suivi, continu, rapportant assez à l'individu pour sa subsistance. Ce serait dw coup la solution des g'rèves d'ouvriers, du communisme, la suppression de l'anarchie.

Mais comment donner de l'ouvrage à tout le monde. Y a-t-il assez à faire dans le monde pour employer ainsi tous les bras ? L'Injonction : |rag:ner sa vie à la sueur de son front, semblerait, à l'époque oTt elle a été formulée, proniulgruée, c'est-à-dire au commencement Au monde, se rapporter a la culture de la terre, l'exploitation de ses ressources de tei're et de mer, l'agriculture, la chasse, la pêche, les industries et manufactures. Mais les villes regorgent, les centres manufacturiers sont engorgés, débordent — trop' de bras laissent les chamiis pour se porter sur les villes. Ce n'est peut être dii qu'à un surcroit d'éducation. Il convient de se demander s'il n'y a pas dans les campagrnes trop de colleg^es, de couvents o'^ le Jeune homme qui en sort ne peut plus épouser une paysanne — une jeune fille qui a appris à broder, à pianoter, à lier son avenir à celui d'un " habitant ♦♦ ; mais le monde est ainsi fait ; la vanité va se nicher partout : le bon habitant met son fils au collège dans l'espérance qu'il deviendra un notaire, un avocat, un

médecin, un prêtre, voire même un évêque, et alors c'est la ville qu'il lui faut et une demoiselle à marier qui peut être, comme lui-même, n'a pas le sou et ni l'une ni l'autre le talent d'en gagner — ou encore c'est un fermier à l'aise qui pour marier sa fille à un citadin lui fait une dot, que le mari fait vite fondre pour grossir encore avec sa femme la liste des désoeuvrés.

537 — Il ne faut i^as se cacher non plus qu'il y a dans les cauipag^ues coiiinie dans les villes trop de luxe souveut daus les églises, les presbytères pour construire lesquels les liabitants out à se saig:uer Jusqu'aux os ; et que ce sont de ces extravagances de l'Eglise, comme les largesses de l'Etat pour, ses amis et se cramponner ainsi au pouvoir ,^ qui ont piotivé- pour beaucoup, " 93 " peut-être, et motiveront un jour ici et ailleurs de sanglantes révolutions du peuple abruti par tant de misère ; pendant que les monopoleurs, les gouverne- .ments à tous les degrés, se vautrent dans une opulence qu'ils n'ont jamais rien fait pour mériter, et pour satisfaire aux besoins desquels, le peuple, l'ouvrier est soumis à une contribution forcée qui, s'il a du cœur, le porteraun jour à s'émouvoir, s'élever contre la continuation d'un chantage, qui depuis l'époque des quais

et des phares du bas du Saint-Laurent, a peut-être fait grossir de cent millions de piastres la dette du Canada j pendant qu'en Angleterre aussi, le peuple commence à s'émouvoir, en voyant à côté de la profonde misère du grand nombre, le luxe afFréné, les revenus immenses des Lords, les gros salaires des fonctionnaires de l'état : les ministres, les juges, les évêques et autres pour payer lesquels le pauvre à a se saigner et à payer encore sa quote part des vingt millions de piastres que d'après Labouchère coûtent au pays la famille royale et le gouvernement de Sa Majes'.é.

538 — X'oublions point que l'anarchie se fomente du trop des autres comme de son trop peu. Ce n'est qu'au 19 décembre dernier que du haut de Ici chaire d'une ég:iise de Windsor Ontario, le Réi'd. ITIr. Hincks s'exprima ainsi, en parlant des socialistes : " Je ne prétends point dire pour un instant (faisant allusion aux dynamitards d'Europe) qu'ils sont justifiables de prendre la vie de leurs semblables ; mais je dis que leurs principes 8)nt inattaquables, et je prie Dieu pour que le jour arrive ou leurs efforts seront couronnés de succès. Je suis socialiste moi-même dit-il à ses ouailles, et il en est assez pour rendre socialiste qui que ce soit,

que de voir de tous côtés la pauvreté : hommes, femmes et enfants mourant absolument de faim, faute de nourriture, pendant que d'autres ont une surabondance d'argent, et qu'ils passent leur temps à poursuivre leurs frères infortunés pour en tirer encore quelque chose à leur profit.

" Vous n'êtes pas satisfaits a-t-il ajouté, d'insister sur les distinctions sociales pendant la semaine : mats il vous faut le« continuer jusque dans l'église, les introduire dans la maison de Dieu, l'endroit surtout où l'on s'attendrait à voir les riches, les pauvres assis à côté l'un de l'autre. Ici dans cette église, vous insistez à paj'er pour un siège, dans le but de vous tenir aussi éloignés que possible de ceux que vous considérez comme étant socialement vos inférieurs. Vous rendez-vous compte que si ceci se continue vous verrez le sang couler dans vos rues. Il se rappelait probablement " 93 " quand il a dit ces mots) et dans ce terrible conflit ce seront des frères qui se batteront entre eux.

<' Je vous demande de prêter l'oreille à ces cris de détresse des affamés. Donnezleur de votre surabondonce. Partagez avec eux ce que vous avez et en ce faisant vous épargnerez au monde entier, le jugement terrible dont il sera autre-

ment frappé. Je vous en avertis et si vous avez égard à la sûreté de vos enfants, ne permettez point que cet avertissement vous soit donné en vain."

.539 — Nous ne voulons point que le partage à faire de ses biens avec les pauvres soit outré, mais que chacun contribue suivant ses forces, c'est-à-dire une proportion en rapport avec la fortune, l'avoir, les recettes et profits de chacun. Un des excellents moyens de ce faire et qui se pratique déjà «;à et là, est de faire participer l'ouvrier aux profits du patron pour lequel il travaitle : un salaire tout d'abord suffisant pour son entretien et celui de sa famille — soit §1.00 par jour plus ou moins, suivant les pays, suivant la valeur des services rendus, et en rapport avec le coût des denrées, du logement, du vêtement, de la nourriture, de l'instruction laïque et religieuse, les impôts, contributions municipales et autres.

Mais ce ne sont là que des moyens exceptionnels qui peuvent, il est vrai, se pratiquer dans des milliers de cas — tandis que ce ne sont point par milliers que les nécessiteux existent, mais par millions, et c'est le socialisme qn*il faut— Franck, défiuit le socialisme : " un système qui se propose de délivrer

l'homme de sa responsabilité, en substituant à sa prévoyance, à son industrie, à son activité, celle de la scoiété tout entière.'"

540 — De tous ceux qui out écrit sur le conmiuuisuie, le socialisme, pas un seul n'a essayé de réduire le sj'stènie à quelque chose de pratique, à des chiffres, en un mot. C'est ce que nous voulons essayer d'une manière au moins approximative, et en tentant la solution d'après divers modes de calculs : et il faut que la chose se fasse par un mouvement concerté des nations, qui toutes sont menacées de Tanarchie ; ou que chaque nation, après une entente générale à cet effet, agisse ensuite d'elle-même ; chaque nation ayant par elle-même ou par ses colonies, ses possessions étrangères, le terrain nécessaire et de cent à mille fois plus que nécessaire pour la colonisation que nous voulons proposer pour mettre les désœuvrés en mesure de gagner chacun sa vie, tel que voulu par Dieu, à la sueur de son front.

541 — Avant de pourvoir aux besoins de»

ina ;tifs, il faut d'abord se mettre en g:arde

contre I'aii8:ïiiontnrioii <le leur iioiiibie, en ne i>as «lonnant suite aux idées de ces gens mal inspires qui cherchent à réduire le travail en le siinplitiant. Comme nous l'avons déjà dit : remplacer le travail manuel isar le travail à la machine, n'augmente point le nombre de personnes sans ouvrage, et au contraire tend à le diminuer ; puisque comme nous l'avons vu, le nombre de mains employées à la manufacture des instruuients aratoires dépasse probablement celui des mains rendues inactives par l'abandon du travail direct ou de la main de l'homme ; et que les milliers de personnes mises en disponibilé par les nouveaux procédés de transport des effets et des hommes d'un endroit à un autre au moyen des vapeurs, chemins de fer, voies électriques et autres, sont plus que compensés par les autres milliers employés à construire les véhicules de transport, les voies ferrées, à exploiter les matériaux nécessaires à la fabrication de ces voies, ainsi que la houille, le pétrole, etc., nécessaire à la création de la vapeur, de l'électricité, des gaz, du vide, du pouvoir hydraulique qui les font fonctionner.

Prévenir la suppression directe des bras ; non plus en déplaçant Tindustrie, ou en en substituant une à une autre, mais en faisant cesser cette industrie, comme le ferait

la substitution d'une seule langue à toutes les langues d'aujourd'hui, ce qui jeteralt du coup sur le pavé les milliers de ceux qui gagnent leur vie comme traducteurs d'une langue en une autre — la réduction du système monétaire et métrique en un seul système ou une seule monnaie de toutes les nations, doublerait, décuplerait peut-être le nombre de ceux auxquels le communisme aurait à pourvoir, et par là même le nombre toujours croissant des anarchistes.

.542 — Il faut se garder aussi quand l'ouvrage est rare d'employer plus d'une personne dans la niéine faniille ; car il suffit d'un seul à des gages ordinaires pour soutenir la famille, et chaque main que l'on emploie de plus dans cette famille, déjà assurée d"une suffisance, est une famille de plus à laquelle on enlève le moyen de se soutenir, une de plus à ajouter à la liste des désœuvrées à pourvoir par le communisme, un anarchiste de plus peut-être ; et il y a constamment à se garder de ce mode d'ajouter sans nécessité à l'aisance, au luxe, au trop d'une famille aux dépens du trop peu, du manque du nécessaire, de la misère d'une autre.

543 — Il est iiiaiiiteuant à faire voir coin- 1>ien il faut prélever pour le coniniunlsnie, par répartition volontaire ou forcée d'uue partie du surplus du riche, des g^ens qui ont plus que le nécessaire, pour fournir le nécessaire a ceux qui ne Font point. Ceci tient directement de l'essentiel à la subsistance de la famille. Nous savons que dans l'expérience communistique faite en France en 1848, et il en est encore de même aujourd'hui, 30 centins par jour était le chiffre alloué à chaque père de famille, à chaque travailleur pour la subsistance de lui et des siens — soit, à trois cents jours ouvrables par année, 890.00 par année. En Angleterre les gages des manœuvres sont en moyenne, dit-on, de 40 centins par jour. Au Canada de 50 centins, aux Etats-Unis de 60, ou s'ils sont plus élevés, leur répartition sur les jours de travail de l'année ne •donne guère que ces chiffres, puisqu'il y a toujours à faire la part du chômoge ; et qu'il y a dans plusieurs pays l'hiver, la neige qui motive une saison d'inactivité

forcée.

544 — Il est singulier, de voir de combien peu Ton peut vivre quand on y est astreint :

l'Italien fait son repas avec deux sous de macaroni ou de vermicelli, le Chinois avec deux sous de riz, l'écos-

sais avec deux sous de gruau, l'Irlandais, le canadien^ le français avec deux sous de pommes de terre (patates) ou encore moins, car quand les patates sont à 25 contins le minot, il serait difficile à un homme d'en consommer pour plus qu'un sou à la fois sans se faire effort. Il y a des personnes qni savent se soutenir seules sur $20.00 à S30.00 par année — mais, sans recourir aux extrêmes, voyons quel est le minimum rationnel qu'il conviendrait d& donner à une famille ordinaire de 5 à 6 personnes (père et mère et 3 à 4 enfants) pour assurer son existence ; et disons tout d'abord qu'il faut supposer à cette famille un pays tempéré où le seul feu du ptoêle de cuisine mis en activité deux à trois fois par jour pour les besoins culinaires ou de b»uanderie suffirait à rendre la température supportable sans recourir à un chauffage supplémentaire qui augmentât notablement le coût annuel d'entretien.

!it5 En Europe le loyer à payer par la

«lasse ouvrière n'est que de un franc (20 centins) par chambre ou pièce par semaine.

Sur cent habitations à louer, il y en a 46 pour cent de 4 chambres ou pièces, 24 pour cent de 3 chambres, 22 pour cent de 2 chambres et 8 pour cent d'une seul©

-chambre. Nous savons ce que ceci veut dire au Canada, où il y a dans les nouveaux cantons une foule de ces maisons : le lit du père et de la mère dans un coin, dissimulé d'un rideau, les autres composés d'un " bed," (banc-lit) ou siège pouvant se transformer en couchette ; et pour les enfants une crèche, un crible que l'on élimine le jour sous le lit des parents, monté haut à cet efïet, et nécessitant quelquefois un escabot ou une échelle pour y arriver.

L.a moyenne du loyer, en faisant la part (lu nombre moyen des pièees, est donc de $34.03 — disons $34.00 par maison ou par famille. Comme il s'agit ici d'une population non urbaine, mais ; purement suburbaine ou de campagne, comme dans nos paroisses de France, du Canada, nos cantons des Etats-Unis et d'autres pays où il n'y a point à songer au luxe de chaussées empierrées, de lumière et locomotion électrique, d'un département de police, de feu, d'hygiène ; il n'y a pas à ajouter à ce loyer les 30 à 40 pour cent qu'il y aurait à faire entrer en ligne de 'compte, si nos nouvelles colonies de désœuvrés devaient occuper des villes ; mais il y a d'indispensable l'eau qui ne coûte aujourd'hui dans les districts ruraux que $4.00 à $5.00 par famille par année.

Nous voilà donc rendus à $38.00 du coût annuel de la famille. Il faut encore ameublement, batterie de

cuisine, le poêle — capitalisons-les à 180.00 y comprisla literie, le linge indispensable — voilà encore Ç4.0O d'intérêt ou de coût annuel à ajouter aux §^38.00. Mettons lOX de plus pour dépérissement et réhabilition, ou en totalisant $50.00. Maintenant il faut l'habillement, le vêtement de la famille, soit $1.5.00 par année — 65.00 — puis enfin la nourriture, le soutien, soit $60.00, (*) — ensemble $125.<X). Ceci représente en moyenne pour les 300 jours ouvrables de Tannée, quelques 40 centins de gragrés par jour, et heureux celui qui pourrait compter sur un pareil grain durant sa vie eiitière,

516 — L<a famille du paysan vit assez à l'aise en France à 30 cts, par jour ou à. $90.00 par année ; et un tableau dernièrement publié par le Scientific American de New-York, des

(*) Dont pour patates ^pomme de teiTe) 48 nïinots à 20centins $9.60, 250 Ibs. de lard à 6 centins §15.00, cinq barils de farine à $4.00 $20.00, 1 miuot de fèves et 2 de pois $3,00, intérêt sur coût d'achat d'un cheval et instruments aratoires $5 00, intérêt annuel d'achat et dépérissement ou. coût d'immortaliser une vache à 10 % sur $30 00, 6 Ibs. thé à 25 cts. $1.50, 30 Ibs. de sucre à 5 cts. $1.50, savon, sel^ etc., $5.00, $63.60 ou, réduisant sur le loyer, soii $60.00.

prix payés au Japon pour une cinquantaine d'industries différentes y compris les artistes en porcelaine,

est juste du même chiffre que celui que gagne en moyenne l'ouvrier, le paysan en France — savoir 30 centins par jour — de sorte que l'on ne pourrait nier que l'allouance de 33 par cent de plus pour un climat plus froid, et où il faut manger plus de lard, plus de viande, est une ample compensation pour la différence dans les conditions.

Nous voilà donc arrivés à voir que pour chaque famille à être " communisée " le coût sera de $125.00 par année ; soit en argent, c'est-à-dire, en gages ; ou en lui fournissant terrain, maison, etc., pour loyer ou ntérêt et dépérissement annuel.

'54'7 — Il notis reste à voir la part afféreute de contribjition du grenrc liuinaiii, ou de ceux pou\''aiit contribuer au coinniunisnie voulu.

Et tout d'abord quel est fe nombre de ces nécessiteux ou désœuvrés auxquels il faut pourvoir La

moyenne des nécessiteux recueillie des statistiques des principales villes du monde, grandes et petites : Londres, Paris, Berlin, New- York, Chicago, Boston, Montréal, Toronto, Québec, ou de l'Europe,

des Etats-Unis et du Canada nous parait être assez approxiniativenicut de un par cent.

La population du globe est de 1,600 millions mais en éliminant les 460 millions de la Chine et les 200 millions de l'Afrique et autres pays dont nous n'avons guère à nous occuper — il reste encore mille millions d'âmes. Or, un par cent de ce dernier cliiffre donne 10,000,000 d'ànies à pourvoir, soit 2 millions de familles, et pour ce faire nous av ons mille millions d'àmes à mettre à contribution ou plutôt — divisant par 5 (moj''enno d'une famille) 200 millions de chefs de famille, c'est-àdire, 100 contriliuables par famille à soutenir.— Or nous venons de voir que le coût de chaque famille à pourvoir est de §125.00 — chaque chef de famille ne serait donc taxé en moyenne que de §1.25 par année pour réaliser le montant voulu à l'efiet désiré, équivalant à 5^, à un capital de §25.00 une fois pour toutes, pour complète installation et fonctionnement.

Maintenant pour mettre les choses sous l'aspet le plus défavorable — supposons le nombre de désœuvrés de 20 millions au lieu de 10 ou de 2 par cent de la population entière du monde, non compris la Chine et l'Afrique, que la contribution ne serait en moyenne que de §50.00 une fois pour toutes ou de

$2.50 par année, et si les désœuvrés pouvaient atteindre le chiffre de 4 par cent ce ne serait encore que $100.00 de contribution en moyenne à prélever sur les non nécessiteux. Ceci, disons nous, est la moyenne, ©t les extrêmes de la proportion donnant lieu à cette moyenne, seraient sujètes à de grandes variations en rapport avec les moyens pécuniaires de chacun.

•548 — Pour arriver iiiaiiiteiiaiit à établir €c que serait pour chaque contribuable, le pour cent de sa mise ; il y a à se demander de suite, qu''elle est la fortune de chacun, son salaire annuel.

Le meilleur moyen, le plus rationnel d'arriver à ce chiffre est en le basant sur la contribution municipale ou directe de chacun. De nos jours, cette taxe ou cotisation prélevée par la ville, peut être fixée en moyenne pour les diverses villes du monde à 27^ par cent de la valeur locative sans y comprendre l'eau, ou de 40 % avec celle-ci — Québec par exemple perçoit ainsi $600,000.00, ce qui, déduction faite de cette partie du revenu qui ne repose point sur le loyer, telle que licences, loyers d'étaux, etc., et la balance divisée par le nombre de familles, donne une moyenne de $100.00 par famille. Mais les loyers que payent la classe

ouvrière sont de $36.00 à $84 ou de $69.00 en moyenne pendant quelèa classes professionnelles payent jusqu'à de $200 à $500 en excluant les extrêmes exceptionnelles.

ï*àfs »i Fou admet que le loyer est en moyenne le septièni? du salaire, cela porte ravoir annuel de chacun à de $200.00 à $2,000.00 — Le salaire de l'ouvrier n'étant approximativement que du dixième de celui de l'homme de profession, en éliminant de la comparaison ceux qui comme les ministres, les juges, et quelques autres tou" chant des salaires de $3,000.00 à $5,000.00. Mais pour un négociant, un professionnel et autres qui font leur $2,000.00 à $3,000.00 par année, il y en a, au moins 10 de la classe des artisans donnant pour salaire moyen quelques $550.00. Or, nous avons établi plus haut que la moyenne à prélever est de $1.25 par année par père de famille. Ceci représente donc comme contribution annuelle soit 1/5 '^^ ^ P^r cent ou 40 centins pour l'ouvrier qui gagne $200 00 à $2.00 pour les salaires de $l,rjOO.OO, à $4.00 pour les salaires de $2,000.00 en élevant à $10.00 pour les salariés ou négociants, etc. ^ gagnant $5,000.00 et ainsi de suite en montant.

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