‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 38 sur 83 · AE · texte numérisé non relu

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401 Te récent incendie du Colisée de Chicago nous rappelle encore une fois et on ne saurait trop y insister—le dauuger que court constamment le public dans les théâtres, les églises ; nos enfants, dans les dortoirs, toujours aux étages supérieurs dés bâtisses, vu le manque de moyens efficaces de sauvetage immédiat ct simultané en cas de feu—insuff-

sance des issues, portes trop étroites ét trop peu normn-

breuses, absence d’escaliers extérieurs en fer, ou intérieurs mais ne communiquant avec les étages que par des balcons extérieurs et portes donnant de ces balcons sur ces escaliers. Nos gouvernements devraient certainement s'occuper de la

chose.

402- La question des écoles du Manitoba. Non, franchement, une demie-heure d'enseignement religieux par jour, c'était trop peu ; pourquoi ne pas avoir dit au moins une heure.

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403-Nos forêts s’en vont. [ncurie criminelle de nos gouvernants. Le ‘‘reboisement”” n’est qu’une farce. Le bison, le cerf, le phoque d’Alaska (mer de Béhring), le saumon de nos rivières, la truite de nos lacs tout s'en va, faute de moyens protecteurs. L'homme sous ce rapport-—je puis l'avoir déjà dit, mais je ne saurais me lasser de le répéter est l'animal le plus imprévoyant. Que ne fait on comme en Franee, en Allemagne, dans les Indes et ailleurs pour régler la coupe du bois, protéger les bêtes fauves, empêcher la destruction de nos ressources lacustrines, fluviales, pélagiques, forestières et al. E” "A

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4014- Les réclames des journaux en faveur de leurs souscripteurs, de ceux qui y annoncent leurs marchandises en vente sont maintenant sous des en-têtes de 6 Epouvantable accident au Klon-:. dyke,” 6 Terrible holocauste,’? etc. Ceci devrait cesser. Il n’y a déjà que trop de véritables accidents et de fatalités, sans nous infliger la lecture de ces absurdités.

405 La santé continue du Saint Père à l’âge où il est de près de 90 ans, nous fait foi que le changement d’air ” préconisé pa: le médecin pour faire plaisir à un riche client, n’est pas aussi essentiel qu'on le croit. Que l’action de l’homme sous ce rapport est peu d’accord avec ses enseignements, On vous dit qu’il faut à l’homme l’équivalant d’une chambrée d’air de 10 x 10 x 10 ou 1000 pieds cubes, pendant chacune des 24 heures de la journée. Comme c’est drôle moi qui ai vu (le Dr C. le sait) tout un comité (une commission) d’hygiène siéger à huis clos, 3 heures durant ou sans désemparer, et au nombre de 5 personnes dans une pièce de 10 x 10 x 15 ou de 1500 pieds cubes à peu près—soit 300 pieds cubes d’air à chacune d'elles pour les trois heures, 100 pieds par heure au lieu de 1,000 ; et remarquez, s’il vous plait, que pas un seul, durant la séance ne dit mot à ce

sujet. Le fait est qu'il y a bien de la blague dans ce monde, et je m'étonne seulement qu’on ne voie l’exagéré de semblables théories, en présence du fait que c’est à peine si un homme, au repos, respire plus ou même autant qu'un quart de litre d'uir à la fois et cela, soit 20 fois par minute, :00 pieds cubes dans les 24 heures au lieu de 24,009.

406-—Les éboulements, glissements du sol ont lieu dans tous les pays où les eaux de pluie ou autres pénétrant des couches perméables et sableuses (comme à St-Alban,Canada) reposant sur un terrain de glaise ou imperméable incliné à l’horizon, finissent par miner la couche supérieure en sous-œuvre et à en lubrétiez la surface de la couche inférieure, au point d’y faire glisser la couche superposée comme le fait un vaisseau sur son lit de mise à l’eau.

407-—L'œuvre des étrennes aux enfants pauvres. Je la préconise et j'y contribue ; mais, paraitil, et il faut éliminer de suite ce sujet de plaintes : il se présente, 1l s’est présenté pour recevoir de ces étrennes, des personnes, plusieurs personnes plus capables d’en donner que méritant d’en recevoir. De plus on

ne devrait dépenser pour de simples jouets que 20 #, un cinquième tout au plus, de l'argent donné à cet eflet, et ceux qui au lieu de donner de l’argent achètent eux-mêmes des effets, ne devraient sur le montant de leurs contributions respectives, en affecter que la dime à peu près à des choses d'aucune utilité réelle, comimne les sucreries et les jouets. Le reste devrait se donner pour des articles utiles de vêtements ou de nourriture ; mais ces petites étrennes, pour qu'elles aient cet air aux yeux des enfants, devraient revêtir un caractère distinctif, par exemple en étant de couleurs gaies et multicolores.

A08S- Ga prête à saint Paul le dicton :

Marriez-vous, vous ferez bien ne vous maricz point, Vous ferez encore mienx ; mais tout parfait que pouvait être le saint vis-à-vis des choses de Dieu, c’est Dieu lui-mëme qui semble avoir enjoint à l’homme de se marier. Maintenant sur ceux qui se marient quelques uns ont des enfants, d’autres n’en ont point. Quels sont les plus heureux. Eh bien la vie, la providence de Dieu a des ménagements, elle est pleine de compensations. La femme qui en a, a pour la dédommager de ses soins, de ses veilles les caresses de son enfant. L'homme qui n’en a point n’est

pas dérangé la nuït, n’a pas à courrir les docteurs, lés nourrices ; mais demandez-lui et il vous dira quil se donnerait volontiers ce trouble, cette peine, pour le plaisir d’un trait d'union d'affection entre lui et son épouse ; pour le plaisir d’en tenir un petit par la main, le prendre sur ses genoux, le promener, lui montrer à lire, lui expliquer chemin faisant tout ce qw’il voit, le nom, le pourquoi de chaque chose Mais mon, Dieu, aussi, qu’elle anxiété de tous ls mo:nents, crainte qu'il ne leur arrive malheur, à l'en-lroit de leur futur, et là on se console de n’en jrs avoir ; hais évidemment quo le plus méritoire est pour les parents qui ont de la

famille, et en ont tout le soin, toute l'inquiétude.

409- 6«6 Ce qui Se concoïit bien a dit Boileau dans son ‘ Art Poétique ”’) S’énvonce clairement et les mots pour le dire orrivent aisément.” Que de peine n’ai-je pas eue à ‘ Laval’ pour comprendre la valeur de ‘ l'excès ou de l’excédant spérique ” c'est-à-dire le montant, le nombre de degrés, minutes, secondes, et décimales de secondes dont les trois angles d’un triangle sphérique, ou d’un triangle dessiné sur. la surface d’une sphère, dépasse ja somme, tou-

jours 180°, des trois angles d'un triangle rectiligne ou ordinaire. Disons tout d’abord que le trinagle

sphérique a pour côtés trois arcs de grand-cercles de la sphère ; et par grand-cercle il faut entendre la circonférence d’un plan de section coupant la sphère en deux dans un sens quelconque, c’est-à-dire en passant par les pôles de la sphère, ou dans un sens perpendiculaire à ces premiers, perpendiculaire à l’axe de la sphère et à distances égales des deux pôles, ou enfin obliquement à l’axe, mais ayant, tous ces cercles, un centre commun, le centre même de la sphère : par exemple les cercles méridiens sur une sphère terrestre, l’équateur, l’écliptique, etc.

CAE” 410—Eh bien donc (409) nous voilà en présence d’un triangle sphérique et il s’agit d’en établir la somme des trois angles. Si par exemple le triangle est celui fait par trois quadrants, tous les trois à angles droits avec chacun des deux autres (voir la sphère terrestre, c’est-à-dire le plus petit modèle d’icelle, ou tracer ces trois quart-de-cercles sur la sur face d’une pomme ou d’une orange) comme le serait le triangle compris sur la surface de la terre entre deux méridiens à 90° l’un de l’autre, et l’équateur ; on voit de suite que ce triangle à trois angles droits, et que sa surface, sa superficie est de un huitième de celle de la sphère entiêre. Son excédant sphérique à celui-là est de 90°. Si on partage ce triangle par

d’autres méridiens ou quarts de méridiens menés du pôle à l'équateur, on aura quatre vingt dix triangles, dont les deux angles de chacun, à l'équateur, seront encore droits ou toujours droits et dont l'angle au sommet ou au pôle, sera de 1°. Donc iei l’excès. sphérique est de 1°. Continuant ainsi à partager un de ces derniers triangles en 60 parties égales par autant de quart-de-cercles ou de méridiens, chaque triangle résultant de cette subdivision aura encore à la. base deux angles droits, et au sommet un angle d’une miaute ou d’un soixantième de degré. Donc son excès sphérique sera de une minute. Continuant toujours le partage, divisant encore par 601l vierdra un triangle dont j'excédant sphérique ne sera plus que d’une seconde: Ce dernier triangle partagé de la même manière en 10, e7 ‘00, en 1000, ete. donnera un triangle dont l’ex. sphérique sera de ;}; 100 1500 Ou 0.1, 0.01, 0.001 de seconde.

411-Iiest évident maintenant (410) que la-superficie, Ina surface de tout triangle. sphérique bi-rectangle, c'est-à-dire à deux angles droits est directement proportionnelle à son angle au pôle ou. à son sommet, c'est-à-dire à:s0n excès-ou -excédant sphérique, Donc pour un trisngle

de cette sorte, il suffit de connaître l’excès sphérique , pour arriver de suite à sa superficie celui dont l'angle au sommet est de 90° ayant pour surface, comme il est dit plus haut, un huitième de la surface de la sphère entière— celui de 1° d'ouverture d'angle ou de divergence des côtés ou des méridiens, un quatre-vingtdixième du premier, celui de l’ (une minute d’arc) un soixantième du dernier celui de 1‘ (une seconde d’arc ou d'ouverture angulaire) au sommet, la soixantième partie du triangle de l‘—celui de un dixième de seconde de divergence des côtés à son sommet ou au pôle de la sphère, un dixième de la surface du triangle d'une seconde et enfin pour 0.01, 0.001, 0.000! etc. toujours le même rapport au triangle premier, que l’arigie au sommet à 90°- Donc rien de plus facile que d'établir par le plus simple calcul arithmétique la sur-

face d'un triangle de cette sorte.

412 Ponr arriver à la superficie d’un triangle sphérique quelconque, ou tracé d’une manière quelconque sur la surface Ce la sphère et avec des arcs de grand-cercles dans des positions relatives quelconques ot de longueurs quelconques ; il y a analogie absolue, comme dans le cas (411) du triangle spérique à deux angles droits ; c’est-à-dire que cette super-

ficie ne tient encore dans ce cas là que de l’excédant de la somme de ses trois angles sur deux angles droits

ou 180°. L'on ne peut s'arrêter à démontrer cette analogie ; car il ne s’agit pas ici d’un traité de mathématiques ; inais l’on doit être prêt à admeitre cette analogie, dont les géomètres démontrent l’existence. Maintenant il faut trouver (voir Le Stéréométricon:- . Baillargé, page 56) la superficie de l'unité de surface, c’est-à-dire, pour 1°, 1’, 1”°,0. 17’, 0.01”, 0.001” multiplier ces données par les nombres respectifs de degrés, rainutes, secondes, décimales de secondes dans l’sxcès sphérique, en faire la somme et la multipliant par le carré du diam. de la sphère, on arrive à la superficie

voulue du triangle proposé.

413- La Basilique de Notre-Dame de Québec est en face de mon bureau, quel vacarme quand il y a un enterrement le matin, un baptême le soir. Ah ! c’est alors que je me rappelle le mot du “ Lutrin de Boi- : leau ’’ : ‘“ pour honorer les morts font mourir les vivants.” Je faisais baptiser l’autre jour et je donne au bedeau la piastre traditionnelle pour sonner, qu’il me dit,’ “non malheureux, lui dis-je, c’est pour ne pas sonner que je te la donne.

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Æ14- Pour écrire ces « Divers ”’ ces enseigShements de la vie -- je les saisis au vol.

—J'ai chez moi deux éditions : les enfants du second ‘lit, une encore non mariée du premier. Je viens d’entendre de la part d’une de celles de la récidive, un mot aterbe à l’adresse de sa ( “ step sister ’’ ) sœur de père, “éoimme on appelle ça—ce qui veut dire que ces résul- -tats ‘de deux ou plusisurs “ mariages ” quand ça s’y trouve, ne sont pas toujours ou nécessairement d’accord, et ces différends ont leur raison d’être en ce que es premiers héritiers voient d’un air de ‘“ decrescendo ”’ -àrriver les seconds, les seconds les troisièmes quand £a ‘en vient là : la tortune, le plus souvent problématique ou imaginaire, parcellée.

415- Pas étonnant que nos enfants soient si mal réussis en arithmétique quandon s’en tient à des règles que la mémoire ne peut saisir. ou retenir. Quels sont les trois quarts des deux cinquièmes d’un tiers (les 4 des ? d’ 4) voilà ce qui a air compliquée ; mais tout d’abord pour que le problème à résoudre soit rationnel, pour que la nécessité de la chose ait sa raison d’être, supposez une succession dont le 4 vous échoit, et dont vous léguez les ? ou les vendez, et que le récipiendaire ait a partager ces 2 entre trois héritiers —vous prenez le tiers du total en jeu ; vous divisez ce

tiers par 5, vous avez alors ! de ce tiérs et multipliant pat 2, les ?. Puis vous prenez le quart du résultat et trois fois. cé-quart sont les 3 des £ du } de 1. - C’est dénc par le raisonnement et non par la mémoire qu’on arrive le mieux à son but, car la mémoire n'est pas toujours fidèle, et pourquoi la fatiguer quand il est plus facile d'arriver sans s’y fier.

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416--I1 est certainement plus satisfaisant pour qui que ce soit d’arriver à un résultat par le raisonnement qu’en se reposant sur A mémoire à l’effet voulu. On est plus content d’un procédé que l’on peut suivre des yeux, de l'esprit, que de la mise à contribution d’une formule où il peut y avoir erreur d'impression, erreur d'appréciation. Quand il s’agit par exemple d’une formule comme dans certains calculs hydrauliques, ou le mathématicien vous met en présence de la racine carrée ou cubique de la racine cinquième d’une quantité quelcônque ; admettons de suite qu'aucune tête d'homme ne saurait mentalement saisir et suivre par le raisonnement les éléments constituants d’un semblable dédale et alors il faut nécessairement s’en rapporter à la formule, compliquée qu’elle soit.

417- Devant la justice. Le juge : comment t'appelles-tu mon petit Je m'appelle comme papa—Ton père comment s’appelle-t-il—Il s'appelle comme moi —Eh bien, reprend le juge “ Comment vous appelez-vous tous les deux-—On s’appelle tous les deux pareill! Pas aisé d'arriver et pourtant le petit ne ne disait que la vérité.

418 On peut donner aux choses les plus simples une importance relative suivant la manière de les dire. Se rappelle-t-on le gamin de Paris : Gaveroche (Eugène Sue, ‘‘ les Misérables ” ou “ Les Mystères de Paris ”” je ne me rappelle plus lequel) qui ayant un sou à dépenser pour lui et son petit frère, entra chez un boulanger et faisant jouer son sou sur le comptoir “ gar=

con, cinque (cinq) centimes de pain.’

419- Dans une mise en commun des fonds de deux sociétaires, faut que les deux se partagent la besogne, que chacun fasse sa part. Tortillard d'Eugène Sue, ou un autre, peu importe, avait un sou—c'était tout son avoir ; un sien ami et compagnon d’infortune en avait autant-- capital de 2 sous !--que va-t-on en faire dit Gaveroche, et de répondre lui-même “on va acheter une pipe, un sou ; du tabac, un sou-—oui, que

dit l’autre aussitôt fait que dit—Gavroche cha-ge la pipe et se met à fumer et moi dit l’autre toi, tu cracheras.

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420-On avait l’air de croire autrefois que dans une comédie tout devait être drôle—dans une tragédie, qu’il ne fallait jamais rire ; mais le drame représente mieux la vie réelle où “le sublime est voisin du ridicule ”’ où l’on passe des pleurs à la gaieté, des scènes Joyeuses au sérieux, au tragique. II faut le vraisemblable partout et je me sens porté à reprocher à Shakespeare de faire ainsi parler ses laquais en langage mesuré, rythmé comme celui de personnages qui par leur naissance, leur entourage, leur éducation peuvent être censés le faire; pendant que les serviteurs, ce me semblerait plus naturel, devraient parler le langage qui leur est propre. J’admets la difficulté, l’inconvénient de la chose dans une pièce comédie ou tragédie__écrite en vers ; mais enfin il ne doit pas être plus difficile de passer de la poésie à la prose, qu'il l’est dans l’opéra de passer du chant à la récitative et ce serait sans doute là un pas vers l’expression de la réalité en toutes choses.

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