‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 45 sur 83 · La Russie veut se faire une voie · texte numérisé non relu

La Russie veut se faire une voie

pour arriver en Amérique en traversant

la mer arctique entre la Sibérie et le nouveau continent et je n’y vois rien d’impossible. L’amiral Marakoft est d'avis qu’Elle prélude tout d’abord par etablir une communication entre ses côtes nord et les rivières qui de Sibérie se déchargent dans l’océan arctique, au moyen de vaisseaux escortés de chaloupes armées de charrues à glace, ou pourvus de l'outillage nécessaire à cet effet, et que cette sorte de navigation pourrait se poursuivre assez commodément durant les

mois de juillet et août.

506- Madame Hoding, l'actrice la plus douée du théâtre anglais, a, dit-on les plus beaux yeux, les plus remarquables de toutes les actrices de Londres. Son père parait-il, lors d’un voyage en Turquie où on adore les yeux longs, ayant appris et vu faire l’opération, s’y décida pour sa fille. Elle consiste en une incision, à l’âge d’un ou deux ans, une continuation à la lancette d’un douzième de pouce à peu près de l’ouverture des paupières à leur angle extérieur. Puis on s’étudie constamment, ci-après, à allonger tous les jours les sourcils du même côté pour dissimuler la cicatrice. Ce n’est pas là d’ailleurs la première fois que la vanité humaine ait eu l'idée de corri-

ger l’œuvre de Dieu.

3507- Parmi les drogues et substances dispendieuses employées dans la médecine, la parfumerie, on a le safran à $14 0 ia livre et que l’on croirait cher, ne sut on que ce n’est tiré que de la partie centrale de la fleur du mème nom, appelée aussi “ crocus ”’ et qu’il en faut 70,000 pour produire une seule livre de safran. L’otto, huile essentielle des roses ne se vend pas moins que £28 (louis sterlings) la livre, mais il faut 10,000 livres pesant, 5 tonnes de roses pour en tirer une seule livre d'huile. L’aconitine est le plus violent poison connu—la dose n’en étant que de un 600ème de grain-—Elle se vend £27 l’once. Passant maintenant du règne végétal à la faune, à la recherche de substances précieuses, il y a le musc de la renne asiatique qui se vend de £6 à £7 l’once et fait la fortune du chasseur assez heureux pour la tuer. Dans quelques-uns des mers tropiques, l’on recueille flottant sur la surface de l’eau l’ambre-gris (odeur de musc) produit biliaire maladif de la baleine. Ceci se vend, $27.00 l’once, $440 la livre. Une autre substance animale employée comme drogue est une solution du pur venin du serpent à sonnettes, donnée dans des cas aïgus de fièvre scarlatine ; pendant que moins fort mais plus repoussant est la blatte (la coquerelle vulgairement appelée) réduite en poussière, qui en doses de six grains, a été employée avec succès dit-on dans des cas d'hydropisie.

508- Dans les catacombes sous l’église de Kiev en Russie est un monastère. C’est là que longeant des milles en longueur de corridors souterrains, se trouvent les cellules de quelque 1500 ascètes qui logent ainsi, remplissent leurs devoirs de piété, vivent, mangent et dorment dans la compagnie de leurs prédécesseurs morts et ensevelis dans ces couloirs. Chaque jour pendant un court espace de temps, ils prennent leurs ébats dans les magnifiques jardins qui entourent la cathédrale, pour retourner à la suite de cette fugitive lueur, image du paradis, dans ces caves noires et humides où ils vivent leur mort dans la vie. La cathédrale qui s'élève audessus d'eux est d'une splendeur inconcevable. Ses murailles sont revêtues de plaques d’or et d'argent. Les images y sont encadrées de pierres précieuses et d’or et devant elles brélent des centaines de lampions à couleurs

variées.

509-L'idée populaire est que le 21 décembre étant le jour le plus court de l'année ; dès le lendemain même, le soleil doit se lever plus tôt le matin, se coucher plus tard le soir, ne fut ce que de quelques ‘secondes, que la veillemais il y a à crmpter avec ce que l'on appelle ‘“lPéquation de tCmpsS ” qui fait

qu’au contraire, les jours continuent pendant encore

20 jours à se raccourcir le soir et en tout de 3 minutes ; tandis que le matin les jours rallongent de 28 minutes ou près d’une demi heure. C'est-à-dire que les jours ailongent apres Noel, plus vite le soir que le matin, et la différence est encore accentuée peut être par le fait des brumes persistantes du matin jusqu’à ce que le soleil vienne les dissiper, Mais il y a comme en toutes choses, compensation en ceci qu'au printemps c’est le contraire qui a lieu, c’est-à-dire que les jours raccourcissent plus vite le soir et allongent plus vite le matin.

Le À

310-C'est avant l'agurandissement artificiel de New York, décidé le ler janvier IS98 ou en 1895 par exemple qu'il y a à comparer les trois grandes villes Londres, Paris, New York-__Ainsi sous le rapport de la population, celle de Londres était de 5 millions d’âmes, Paris 21 millions, New York 2 inillions. La superficie de Londres était de 75,009 acres, de New York 24,000, de Paris 20,000. Londres a 1380 milles (460 lieues) de rues Paris, 609 milles New York, 515 milles. Le ‘“ London bridge ” fut bâti en 1824__le pont Broklynn 1600 pieds entre les piliers, en 1883. Londres a 600,000 maisons— Paris, 90,000 —

New York, 115,000 milles ; mais pendant que Londres

n’a que 7 résidents par maisor. — Paris en compte 25— New York, 18. Londres est fournie de 175 millions de gallons d’eau par jour—Paris, 100 millionsNew York 190 millions. Sous ce rapport donc New York est mieux servie que les deux autres villes. Le nombre d'habitants par acre à Londres est de 50, à Paris de 120, à New York de SU. La densité de la population à Londres est la plus forte dans le district de White Chapel—-à Paris dans le district du Temple (290 par acre)—à New York dans le quartier (ward) No. 10 (quartier des Juifs) 700 par acre—Londres a 1000 pompiers ou employers de sa ‘ brigade du feu Paris en à 1500—New York, 1100. Pour l'efficacité, ‘la vitesse, la brigade de New York est à ia tête des trois villes. Les feux sont de beaucoup plus fréquents à New York qu’à Paris où à Londres, Londres y perd

par année $71 millions— Paris $11 millions New York

$9 millions. Sous le rapport de leurs parcs ou terrains d'agrément les trois villes sont comme suit : le Hyde Park de Londres couvre 400 acres-le Bois de Boulogne à Paris, 2200 acres—le parc central à New York, 840 acres. Collectivement il y a à Londres 22,000 acres de parcs, y coinpris Fontainebleau, avec 42,000 acres, et St-Germain 8000. Paris a un total en parcs de 170,000 acres. New York n’a aucune garnison régu lière, sauf celle de “ Governor’s island.” Londres a

une petite garnison, les ‘ Guards ” et quelques régi-

ments d'infanterie et d’artillerie, ensemble 7000. Paris a pour garnison une grande armée, la plus grande garnison de ville de l’Europe.

511- Le Dr. Van Dyke, de New Jersey, Etats Unis d'Amérique, dans un sermon ayant pour texte “I1 était en valeur un homme puissant, maïs un lépreux ?? choisi pour faire voir, comme il y a dans la vie de chacun, du soleil, des nuages comment le bien peut sortir du mal s'exprime ainsi : Sur toute vie quelque ensoleillée qu’eile soit, il peut veuir un nuage. Chacun désire ce qui pour lui constitue le succès ; quelques uns, les richesses, d’autres la renommée, le plaisir, le bonheur domestique. Cependant nul ne voit se réaliser toutes ses ambitions—et de fait elles n’en valent point toutes, la peine. Il y a toujours un quelque chose qui gâte le bonheur des possibilités d’angoisses dans toutes les conditions de la vie des points plus faibles qu'ailleurs dans la plus forte barre d'acier, la capacité de se ternir de l’or le plus pur-des taches sur le soleil. En conséquence les faiblesses d'une personne, ses sources de souffrance peuvent se trouver tout à côté de ses plus saillants traits de carac tère (Tout comme le ridicule peut être voisin du sublime). I/homme peut être honnête, mais trop

exigeant ; de forte volonté, mais entêté ; économique, mais sordide ; juste, mais sans pitié ; courageux, mais porté à la critique,—affectionné, mais passionné. Le désintéressement peut aiguiser des darts capables de percer le cœur, et une intensité d'affection peut

devenir un gage des douleurs les plus aigues.

512- Une personme (poursuit Van Dyke) aequicrt peut être des richesses, mais Ia santé s’est enfuie, ou ic bonheur domestique a pris son départ, ou les eaux de la douleur inondent l’âme. Prééminemment réussi sur certaines lignes, il a eu l’insuccès le plus évident ailleurs. Il ne faut que peut de chose pour rendre l'homme misérable ; 11 faut beaucoup pour rendre heureux certaines personnes. Comme il ne faut qu’une bagatelle pour empêcher que la richesse produise le contentement : est-ce un signe de sagesse de sacrifier pour l’acquéris ce qui est de plus de valeur: la santé, le confort, la réputation, le caractère, le principe, la conscience- l'espoir d’une vie éternelle. Fa vis de l’homme ne consiste point dans l'abondance dez choses qu’il possède.” KSont-ce les

épaves que la rivière chärrie à la mer qui en constituent

l'existence. ‘“ Le beau plumage fait le bel oiseau ”

mais une jolie résidence et un bel équipaze, ne suffisent ‘

pas toujours à rendre ie cœur gai. De ceux qui courtisent la *enominée, certains remportent le prix ; mais les soucis augmentent, les respansäbilités s’accentuent, les désappointements se multiplient, et les flèches de l’ennui, deviennent plus aïgues et plus nombreuses. Celui qui cuurtise la faveur populaire, courtise une fille volage qui, incapable de conférer le bonheur, peut flatter la petitesse, et mépriser Ia grandeur. Dans l’histoire il y a peu de chapitres plus tristes que ceux qui mettent de record les soucis, les tracasseries, les revers de quelques-uns de ceux qui sont devenus marquants. Moïse était un homme puissant ; mais il fut envoyé en exil et repose dans ur sépulcre inconnu. Elie était un rare exemple de véritable grandeur, mais la folie d’Achab et la haine de Jézebel réussirent presque à lui suggérer le suicide. Daniel était un grand homme : mais Nébuchodnezzar crut que la fosse au lion était ce qui convenait le mieux à ce genre de grandeur. Isaie était un homme d’une rare force de caractère, mais Manassuh le fit mettre

entre deux planches, et scier, scinder en deux.

* * 513—Van Dyke encore c’est trop précieux pour ne pas être reproduit. 66 Ceux qui désirent voir le vide de la grandeur humaine, feraient

bien de lire la biographie des rois, au nombre de 600, qui durant 600 ans régunèrent sur l’Empire Romain de l'Est Sa capitale Constantinople__et ils seront portés à remercier Dieu qu’il leur permet de vivre dans l’obscurité. A quelques politiciens, l’on pourrait dire oh vil flatteur, ton Dieu t’a rejeté et il y en a d’autres à suivre dans le ‘ Greater New-York ”’ (agrandi) et la ‘ boss-ridden ”’ Philadelphie (sous le joug des vampires)—hommes au soleil de la prospérité, mais couverts de lèpre. Est-ce donc que l’injonction spirituel'e “ soyez humble ” est indigne qu’on s’en occupe ? L'homme qui est sur le dos dans la cave, ne peut descendre plus bas — chose pour laquelle il peut-être reconnaissant. L'homme sur la toiture peut devenir étourdi, et en tombant, terminer du coup sa carrière orgueilleuse ; il y en a peu qui préfèrent la vallée où les vents sont cependant moins forts, les tempêtes moins violentes.

%14- Toujours Van Dyke : Sur toute vie humaine, quelque noir que Soit le nuage obsceurcissant, il peut venir du soleil. Jamais il ne fait tellement noir, que la noirceur ne puisse s’approfondir. Les découragements ne sont jamais si nombreux qu’il n’y ait iieu à la reconnaissance. Un nuage sur son chemin, et chaque cœur ensoleillé. Un

fardeau sur chaque existence, et pas une âme qui ne puisse tressaillir de joie. Un croche, une entrave dans le lot de chacun, et aucun détour si tortueux que ça ne puisse se résoudre en un bonheur céleste. Aucune épreuve sans ses soulagements. La pauvreté inspire l'énergie, promeut la confianre en soi-même, porte à l’industrie, et nous engage à priser les bénédictions que l’on à sans murmurer sur celles que nous n'avons point. La maladie porte notre attention aux lois de la santé, adoucit le caractère et dirige l’attention à la proximité du voile de l'éternité. Les privations, la perte de ceux qui nous sont chers ont leurs compensations atténuantes. L’'obscurité à ses avantages particuliers. Les inpuissances, inhabilités physiques ont aussi leurs compensations : les sourds sont exemptés d'entendre bien des choses qu’il leur vaut mieux ne pas entendre ; les aveugles ne voient point les froncement de sourcils, les regards acerbes ; le boiteux, l’estropié est relevé de la nécessité de courrir les commissions. Celui qui ne sait lire, est exeinpt de la tentative de lire le compte rendu de la dernière joute de “foot ball,” de la dernière lutte entre ‘boxeurs,” le témoignage le plus récent sur le dernier meurtre, et toute la sensiblerie ridicule manifestée à l’endroit de certains criminels. Il est bon d’observer que le sort de chacun, à tout considérer, n’est pas absolument éloigné de ressembler

à celui des autres. La montagne a des rochers et du

soleil; ia vallée, des inondations aussi bien que de riches moissons. Les yeux qui versent des larmes, peuvent aussi rayonner l’amour,

915-I1 faut accentuer la nécessité des deux langues : langlais, le français. La fière Albion voyant aujourd'hui parler l'anglais par deux cent millions d’âmes, semble rêver le moment où la langue anglaise sera celle de toutes les nations— mais à Dieu ne plaise que cel: arrive, pour la paix du monde et dans les meilleurs intérêts pécunaires, humanitaires et autres de la Grande Bretagne et de ses colonies. Que le Canada lui aussi y pense à deux fois avant de décréter la suppression du français; car les nations tiennent à savoir, chacune dans la langue qui lui est propre, à se tenir au courant des événements, des progrès, des travaux littéraires et autres des autres nations de la terre.

L’anarchie s’accentue comme expression du communisme, du socialisme qui veut, dit Louise Michel, que les riches qui en ont trop, partagent avec les pauvres qui en ont trop peu. L’armée des pau-

vres, des nécessiteux n’est déjà que trop grande- elle se compte par millions, et l’on

ajouterait à ces millions les millions additionnels de ceux qui deviendraient ainsi désœnvrés par la suppression des traducteurs qu’un semblable décret mettrait en disponibilité. Que l’on envisage ce côté de la question ; les millions de gens employés aujourd’hui de par le monde à traduire d’une langue dans une autre ce que dit l’homme, ce qu'il écrit ; les millions de bras utilisés à imprimer, brocher, relier ces traductions. et ces autres millions employés à manufaicturer le papier, l'encre, le caractère, à tirer de la forêt ia pulpe destinée

au papier, nouveau papyrus dû au génie de l’homme.

Que l’on se figure, cette immense armée additionnelie de désœuvrés jetés sur le pavé par cette seule suppression de l'une des deux langues civilisatrices du genre humain, et les fanatiques mêne de l'Ouest, ne seront plus aussi âpres à crier à la mise à l'index du français : cet idiome le plus éloquent de ceux des nations. Point de volapuk, point de langage universel ; et que l’on se garde aussi de donner trop de relief à la nécessité— nécessité qui n'existe aucunement d’un seul systéme d2e poids, de mesures et de monnaies : ce seraient encore d’autres mil lions de bras devenus oisifs, qui maintenant gagnent le pain de la famille à réduire ces chiftres, ces

quantités en équivalents des autres peuples. Ce

seraient encore autant d’anarchistes, de communistes de surcroit.

KT 4e

#816- Si Québec aujourd’hui n’est attrayant que pour les touristes par ses promenades, ses points de vue, son port superbe, ses carnavals de glace et de feu,— si le commerce depuis 50 ans a abandonné nos rives, et nous a rendus asssz désintéressés pour nous suicider en contribuant au creusement du lac St: Pierre pour faire de Montréal un port de mer, la tête de la navigation océanique ; la nature va forcer ses citoyens à revenir à leurs anciens amours. En etfet, à part le canal Chicago sur lequel je me flatte d’avoir été le premier à attirer l’attention de nos gouvernants, dès le mois de décembre 1894 ; à part ce canal qui va nous enlever à pour cent le nos eaux dn St. Laurent ; à part les projets internationaux grandioses—la convention siégeant aujourd'hui à Cleveland en fait foi—d’un ou de plus d’un canal à eau profonde entre les Grands Lacs et l'Atlantique par voie de l'Hudson et du Mississippi, qui vont nous enlever eucore de 10 à 20 pour cent de notre avoir fluvial voilà que les effects de l’incurie de l’homme en dévastant nos forêts par le fer et le feu commencent à Ss’acececntuer.

Le äéboisement des terres, sous le système irration-

nel des limites ou licences pour la coupe des bois ; au lieu de faire persister la forêt, en épargnant tous les arbres, comme en France, de moins d’un pied de diamètre ; la miss à nu du sol, fait que la fonte des neiges au printemps a lieu tout d’un coup, produisant partout des inondations en cette saison des hautes eaux où il n’en faut point; et que, par contre, durant les chaleurs d'été ou les eaux basses auraient besoin d’être supplémentées ; les tributaires des lacs, du fleuve sont à demi desséchés par le fait que le soleil évapore les eaux de pluie avant qu’elles ne puissent s’y rendre pour y prendre leur cours.

Le St-Laurent s’efface peu à peu. Le creusement même du lac St-Pierre est un péché pour nous tous. pour Montréal surtout dont ce creusement falicite l'élimination des eaux du port. Mais Dieu merci, l’'Oséan est encore là, et la lune assez éloignée de nous, malgré son rapprochement au telescope, pour que l'homme ne puisse porter atteinte à sa faculté de créer, avec l’aide du soleil, les marées qui, si les vapeurs océaniques, à fort tirant d’eau, ne peuvent par la suite se rendre à Montréal, leur permettront dans tous les cas d'atteindre Québec. Aux gros marchands de Montréal, à ses quasi millionnaires de voir, de s’assurer à l'avance qu'ici à Québec est le siège de leurs futurs opérations —icile véritable port de mer que la diminution des

eaux du Niagara ne saurait affecter.

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