‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 49 sur 83 · Oui, l’on peut craindre:ici et a for · texte numérisé non relu

Oui, l’on peut craindre:ici et a for

tiori, la révolution ; car les extravagances de toutes sortes, les sinécures, les pensions, enfin les millièrs d'employés publics, ministres, députés, conseillers législatifs qui vivent sans rien faire qui vaille, des sueurs du peuple, au lieu de celles qui devraient leur être propres, demandent aujourd’hui la restitution, compensation du bien mal acquis, en mettant en position de travailler les milliers de ceux ruinés par ces extravagances sans nom. Il faut donner de l'ouvrage aux désœuvrés, aux nécessiteux, leur faire à chacun un avoir, lear donner un pied à terre, sur le domaine encore vierge du pays, attirer ici la population surabondante des centres engouffrés du monde civilisé ; se faire enfin une population en rapport avec l’étendue du Dominion et par là même des consommateurs, des contribuables sur lesquelles repartir la dette publique pour la rendre moins onéreuse au petit nombre qui en porte aujourd’hui le fardeau.

Pa” 362—.Citons à l'appui de notre thèse “ la mécessité ”’ de la décentralisation, du retour de la ville à la campagne, des travaux industriels à ceux des champs, de l’agriculture.

Les statistiques des Etats-Unis font foi qu’en 1790, il n’y avait dans les villes que 31 pour cent de la population entière des Etats Unis. En 1850 ce chiffre s'était accru de plus de 9% ; en 1860 la population urbaine était de plus de 16% ; en 1870 de 21 pour cent ; en 1880 de 224 par cent et en 1890 les populations urbaines et rurales étaient dans le rapport de 29 à 71. Voilà des chiffres pleins de renseignements.

563- En 1871 la population urbaine du Canada était de près de 19 par cent de la population entière et 20 ans plus tard ou en 1891 de près de 29 par cent, et la marche va toujours croissante. Les populations de certaines villes se sont accrues outre mesure en ces dernières années, comme de Fall River, New Bedford, Holyoke et Worcester, respectivement de 55, 65, 43 et 44 & rendant que l'Etat entier du Massachussets n':cc"e

qu’une augmentation de 231.

* * * 564-Les villes sont peuplées audelà de leur légitime capacité, les campagnes dépuplées et manquant de la main d’œuvre nécessaire pour faire la récolte, et durant

l’année actuelle les villes d’Ontario ont dû envoyer au Nord Ouest du Canada par le C. P. R. près de 10,000 mains additionnelles pour aider à emmagasiner les produits des champs. Le Dr. Stewart, M.S. R. C. déjà cité et qui s'occupe intelligemment de cette question de la réhabilitation des populations rurales, laquelle a beaucoup plus sa raison d’être que le reboisement des forêts, s'exprime ainsi dans le Chro-= nicle du 31 juillet dernier : Les puissances en jeu attirent évidemment les gens des compagnes vers les villes et rien autre chose qu’un agissement intelligent‘ ne créera jamais un contre-courant. Un moyen bien simple d’accombplir ceci serait pour le gouvernement Fédéral de venir en aide aux désœuvrés des villes, aux déclassés qui ont abandonné leur élément natirrel —la campagne- en leur fournissant les moyens d’y retourner, en les établissant sur les terrains non concédés de l’Ouest.

Un autre moyen, dit-il, de faire retourner le courant serait dé diminuer pour le fermier, l’agriculteur, le fardeau des impôts. 1] est clair que l’industrie honnête et intelligente sera plus certaine d’une rémunération lucrative en se dirigeant vers les champs, s’il est possible de l’y attirer. Ceci est une chose de pressante importance ajoute-t-il, et il faudra bon gré, mal

gré que nos hommes d'état s’en occupent sérieusement

tôt ou tard.

565 Puis nous avons aussi Mr. T. Levasseur, rédacteur d'un important journal de St. Paul, Minnesota, qui en date du 10 août dernier écrit à La Presse de Montréal, (voir le numéro de ce journal du 31 du même mois), sous l'entête “ Hommes et choses de l’Ouest ’’ que son projet d'affiliation, d’une fédération de nos sociétés nationales, ou encore de l’unité canadienne-française aux Etats-Unis, dans un but d’assurance, va son chemin. Cet «article de tout une colonne de La Presse, mérite attention, car il y discute à fond la question avec les principaux citoyens de l’endroit, le tout dans le but d’assurer le futur des classes ouvrières ou de leurs familles après elles.

* * * 566--La Presse dit aussi, sous l'en-tête de { Un. Paradis Perdu, ’’ parlant de l'essai infructueux que firent en 1892 les désœuvrés de l'Australie, pour s8 faire un Eldorado ‘ Hélns la leçon de la commuue de Paris en

1548 était done déjà oubliée et l'Anglais M. Peel, :qui a fourni la substance de ce récit, conclut en ces termes :

LA

L'expérience a montré que le fnit d’estimer au même prix le travail de chaque personne sans accorder de considération au tempérament, au sexe, à l’âge, aux services, aux capacités physiques et mentales, ne produit pas les résultats satisfaisants espérés.”’ Cette conclusion, si exempte de passion et de parti pris, sera aussi le nôtre ; nous y ajouterons une simple réflexion : c’est que l’autorité, chassée par la porte, rentre par la fenêtre et devient une tyrannie.”

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567— Cette communauté imaginée par tous les socialistes tour à tour ; ce moyen de se soustraire à toute inquiétude quant à son avoir, ne saurait exister, ne réussira jamais. Nous l’avons déjà dit: Dieu me veut point que nous soyons jamais sans être inquiets du futur. “ Gagner son pain à la sueur de son front, ’’ ne veut dire autre chose, et tout ce qu’il convient de faire, encore une fois, est seulement de mettre chacun en mesure de le faire en rendant aux champs ceux qui jamais n'auraient dû les laisser, en y envoyant ceux pour lesquels il n’y a aucun emploi dans les centres trop encombrés.

368- Les moyens pécuniaires de le faire ont déjà été signalés. Il y a des taxes, des impôts que payent les gens comparativement à l’aise sans maugréer ct qu’ils payeraient même avec satisfaction dans le but utilitaire, humanitaire de venir en nide à leurs frères moins fortunés, et ils le feraient, à fortiori, avec plaisir, comme moyen, en éliminant les désœuvrés, d'éliminer les anarchistes qui ne cherchent qu’à amener ce partage par les riches d’une partie de leurs biens pour le soutien de leurs semblables, ou plutôt pour les mettre tout simplement en mesure de se soutenir eux-mêmes par leur travail : Ia taxe par exemple à Paris que l’on prélève aujourd’hui sur les ainusements. Cette année les statistiques publiées en rapport avec cette taxe démontre non seulement que les pauvres bénéficient largement des plaisirs des riches ; mais sont intéressantes à un autre point de vue, en ce qu’elles font foi d’une dégénérescence dans les goûts artistiques des Parisiens : Il est de fait par exemple que (je cite un extrait du « Chronicle ”’ du 29 août dernier copié du ‘ London Standard *‘) l'an dernier les recettes des ‘“ Folies Bergères ”’ furent de 1,147,406 francs pendant que celles de “ L’Odéon ” subventionné par l'Etat et qui n’est second, qu'à “ La Comédie Fran-

çaise,’””’ n’ont été que de 428,609 francs, ou du tiers à peu près de la première, In recette totnle des théâtres étant de 13,404,155 francs sur laquelle les 3 par cent perçus par le gouvernement au profit des pauvres n’est pas de moins de $78,0900.00.

569-La presse contemporaine abonde dans le sens de l’auteur, à l’effet qu’il faut en venir tôt ou tard à,se cotiser, chacun suivant ses moyens pour venir en aide à nos frères désœuvrés. Il faut pour ainsi dire recommencez à neuf, retourner au point de départ de nos premiers parents :

à la culture de la terre qui offre un rendement abondant ou au moins suffisant à qui sait l’arroser de ses sueurs.

520-Nous mettions en garde contre la diminution des industries, des emplois, des moyens divers de gagner sa vie, en faisant fi de l’avis de ceux qui veulent diminuer ie travail du genre humain en supprimant du coup, par un langage universel, une monnaie unique, l'emploi des

millions de personnes affeetées, de par le monde, aux besognes de la traduction, réduction des valeurs d’un pays en celles d'un autre ; et en voilà un autre qui vient abonder dans le même sens dt réduire encore Ia besogne qui fait vivre des milliers, des millions d’âmes, en supprimant, recommande t-il, toutes les lettres inutiles, lettres non prononcées et qui dans les deux langues, l’anglais et le français seuls, se comptent par centaines de millions dans les livres publiés tous les ans par les deux nations.

5 21- Ce qui empêche ou au moins retarde à Londres, en Angleterre, la révolte motivée en France en 1793 par les extravagances des haut placés : laïques et cléricaux—c'est que le peuple tout en maugréant contre les millionnaires, les Lords, les ricies en général, a le bon sens de comprendre que ces fortunés dépeusent des millions ännuellement, non pas,si l’on veut, dans le but direct de venir en aide aux pauvres, aux désœuvrés ; mais qui a tout de même cet effet désirable. L'on entend souvent dire par ceux qui ne raisonnaent point, et qui déplerent le luxe, les-bals,les amusements, les théâtres, qu'un tel qui a consacré à une soirée une forte somme,

dès millièrs de piastres où de louis, auraît mieux fait de les donner aux pauvres Eh bien non—cette opinion n'a aucunement sa raison d’être. Le pauvre peut être et est de faît, tout comme celui qui ne l’est point, homme dé cœur, et comme tel, il aime mieux être mis en position de gagner sa vie que de vivre d’aumônes ; et c'est précisément ce que, pour beaucoup, les soirées de toutes sortes que donnent les riches lui permettent de faire. Ainsi il y a tout d'abord les petits comme les gros marchands qui écoulent ainsi leurs effets. les couturières, tailleurs, modistes, corconniers qui ant à confectionner les vêtements les employés des manufactures où se font les soieries, Les rubans, les dentelles, les fleurs, les parfums— il y a les cachers qui en profitent—les pâtissiers, charcutiers, jardiniers perruquiers, bijoutiers-les fleuristes, les décorateurs, les rausiciens etc. En un mot cet argent pénètre partout et chacun en à sa part et par une distribution plus proportionnelle aux besoins de chacun que si on le.distribuait en purs dons, dont l'effet ne serait que d'entretenir dans l’oisijveté les récipiendaires.

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