‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 51 sur 83 · Ce ne sont point les jeunes gens à · texte numérisé non relu

Ce ne sont point les jeunes gens à

résidences somptueuses, et en ayant largement l’occasion, qui ont obtenu durant in vie les plus grands succès ; mais les pauvres garçons et filles de la campagne en circonstances difficiles, et n’ayant ‘“ aucune chance.” Voilà ceux qui ont fondé nos universités, bâti nos hôpitaux, établi nos maisons de commerce, fait nos découvertes, se sont développés en nos hommes d'état, et sont devenus les piliers d’une nation. Non ce ne sont point la fortune, le luxe, mais le dur besoin qui ont toujours été l'aiguillon sans prix des grandes choses accomplies. |

* * 525—Conme il est vrai de dire qu'avec les mêmes matériaux, un homme fait un palais, un autre un taudis l'un, des villas, l’autre des hangars : que les briques et le mortier continuent de l’être jusqu’à ce que l’architecte en ait fait autre chose. Michel Ange trouva une fois parmi les débris au bord d’un chemin dans les faubourgs de Florence, un morceau de marbre déjeté que quelque ouvrier inhabile avait hathé, gâté et rejeté comme inutile. Plusieurs artistes en avaient observé la fine qualité, et regrettaient que le morceau eut été gâté, mais n’y voyaient rien de plus ; mais l'œil vif d’Angelo voyait dans cette ruine tout un ‘idéal, et

avec son ciseau et maillet il tira du marbre déjeté Le jeune David.’’

576—Un cas particulier jugé dernièrement (1898) par la Cour Suprême des Etats-Unis : un nommé Bunk fort endetté se fait assurer pour $200,000. Il se suicida et l’un des assureurs au montant de $45,000 refuse de payer : les héritiers portent la chose devant la justice. Il est avéré et prouvé, que Bunk s’est suicidé en pleine connaissance de cause, jouissant de ses facultés, et qu’il aurait même dit à l'avance que c'était son seul moyen de payer ses dettes à l’aide d’une assurance sur sa vie.—La Cour a débouté l’action des héritiers.

95%2—Le Mississippi et ses tributaires, le système fluvial le plus grand du monde, accuse une étendue collective de 100,000 milles, [L’Amazone, le Nil et le Gange pris ensemble en approchent à peine. Un vapeur laissant Pittsburg peut visiter 23 Etats sans passer par aucun chenal artificiel. Le bateau peut remonier par FAlleghany, la, Manongahela, la ‘“ Big Sandy,” la Kentucky, la Wabash, la Tennessee et la Cnmberland, et rentrer dans l'Alabama, ayant d’atteindre l'embouchure de l'Ohio. En.smont de Cuiro,

le vapeur peut traverser non seulement le Mississippi mais la St-François, l'Arkansas, la Blanche (“ The White ”), la Rouge (‘“ The Red ”’), la Yazoo, la Tallahatchee, la Yalobusha, la Ouachito, les grands bayous et tous les tributaires de ces rivières. En amont de Cairo se trouvent le haut Mississippi, l'Illinois, la Missouri, la Yellowstone, la Platte, la “ Big Home ” et une vingtaine de tributaires de ces dernières. Le bateau supposé peut toucher sur son parcours à pas moins de 1060 villes et cités. Ces rivières égouttent un territoire de 1,683,303 milles carrés, occupé par une population de 24,298,332 d’âmes en 1890. En 1889, le commerce de ce système fiuvial se faisait par 7,458 vaisseaux, jaugeant un tonnage effectif de 3,298,379 tonnes et une valeur de 154 millions de dollars, et ce commerce est si lucratif qu’il dépasse annuellement en valeur d’un million de piastres, celle de toutes les enbarcations y affectées. Ces bateaux transportent tous les ans onze millions de passagers et 33 millions de tonnes de fret. Et ce n'est là qu’un seul des systèmes fluviatiles du territoire Américain. Il y a encore celui de la Yukon, de la Colombie, de la Colo rado, et celui de l’Alabama à Tombigbee. Et d’une extrémité à l’autre de toutes ces rivières, pas une douane pour gêner le commerce ou le mettre à contribution pour un seul sou ; et encore les ressources de

co merveilleux pays ne sont-elles qu’à demi développées.

578— Au Canada, vu l’étendue d'u pays en rapportavec sa population, le système postal n’a produit que des déficits variant de $28,000 à $911,000. Aux Etats Unis où les conditions sont plus favorables, vu sa population de 70,000,000, pendant que celle du Canada n'est que de 5 millions (;!; de l’autre) le service l'an dernier a été de $90,000,000, la recette de $80,000,000 — déficit de 10 millions — Dans les principaux pays d'Europe au contraire, il y a eu un surplus : de $3,000,000 par exemple en Allemagne où le coût du service est de $94,000,000 et le revenu de $97,000,000. En Angleterre la dépense postale est de $40,000,000 et la recette de $57,000,000. En France les chiffres sont de 37 millions de dollars pour la dépense et de 45 millions pour la recette. En Russie 23 millions contre 32 millions ; en Autriche de $21,000,000 et $23,000,000 — Notre déficit cette année eut été de +824,000, mais la vente des timbres-Jubilé l’a réluit à $585,000.

579— Il est rationnel que l’homme en

général veuille s’instruire : se rendre compte

du lever et du coucher réguliers du soleil, des phases de la lune, du pourquoi des marées, de l'origine des rivières et de leur écoulement ininterrompu. Il veut connaître la forme, la grandeur, la formation de la terre, et la raison d’être de ses rochers constituants, de sa houille, de ses minéraux. Il n’y a peut être pas besoin qu’il sache comment il se fait que notre système est supposé dû à une agrégation de matière cosmique, ou que le soleil, Iles planètes, la terre se dirigent enseinble vers la constellation Hercuie ; mais il lui est pertinent de connaître quelque chose ayant tiait à sa propre constitution, sa manière d’être : son système osseux, musculaire, nerveux, digestif, vasculaire, veineux et artériel ; afin qu’il comprenne ce dont il souftre, et qu’il soit ainsi mis en mesure de subvenir à ses besoins. |

Ii lui faut apprendre la composition et le lieu de provenance dés divers matériaux de son art ou métier, ainsi que de ceux des arts ét métiers ou manufactures des autres. Il connait le bois, la pierre pour être constamment en contact avec ces substances et il en connait l’origine ou la provenance ; mais il n’en est pas ainsi du verre, de la brique, de k-fa-ence, chaux, cuir, coton; soie, etc ;- peridant que-pour ce qui est de la Iaine, il peut la deviner en la voyant suspendue aux flancs : du mouton; i-voit: que les bluines vienneut-des:oiseaux,.les :fourrures::de

nos animaux domestiques, ou de ceux qu’il a eu occasion de voir en ménagerie ou aux jardins d’acclimatation. Il peut même se rendre compte de l'existence des tissus en y voyant s’y croiser les fils composants, comme dans le tressé des pailles, des cannes d’un fond de chaise, ou des brins d’osier ou éclisses dont on fait

les mannes, les paniers.

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580- Les lecons de choses du Kindergarten des Allemands sont nécessaires à tout âge : les petits blocs ou bois pour édifier, construire à diverses formes ; les balles, les marbres pour enseigner l’action, la réaction, l’angle de réflection égal à l’angle d’incidence, le parallélogramme des forces. La réfraction peut s’apprendre dans un verre d’eau ; ou en plongeant le bout d’un bâton dans l’eau d’une cuve, d’un puits, d’une mare, d’un lac, d’une rivière. Il n’y a pas lieu à des termes tchniques dans la discussion du centre de gravité, où quant à la manière de le trouver.

I1 appartient à l’homme de science de suggérer au professeur ordinaire comment il doit donner ses lecons de choses pour l’enseignement du million. Deux hommes portant un billot plus petit à un bout qu’à l'autre

peuvent croire tout d’abord qu'ils sont chargés tous deux d’un poids égal ; mais qu'ils le remettent à terre et le lèvent par une extrémité, puis par l’autre ; ils ne seront point lents à saisir la différence, et à épauler

tour à tour le gros bout, le petit. ,

581- Que l’on demande à un homme de couper en deux parties d’égal poids, un morceau irrégulier de bois, de pierre, etc. ; en deux blocs de même contenu cubique, un billot de sciage conique ou dont les extrémités sont de diamètres différents ; comme qui dirait encore : trouver le point où il faut poser les tourillons d’un cannon pour que les déux bouts se contrebalancent l'un l’autre. Eh bien il ne s’agit que d’y penser, il a fait la chose cent fois étant enfant, lorsqu'il balançait sur le rebord de sa tasse, de son goblet, sa cuiller-— lorsque, formant pour ses enfants une balençoire, il tirait ou poussait tour à tour la planche, le madrier par un bout ou les deux successivement jusqu’à ce qu'en fin les deux bouts se balancent l’un l’autre. Voilà donc le centre de gravité voulu, le point où il faut scinder le billot, le scier, le fendre pour que les parties soient de même poids.

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