‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 58 sur 83 · Laissez-moi savoir disait un Père Jésuite · texte numérisé non relu

Laissez-moi savoir disait un Père Jésuite

par quel chemin ce péché là est passé afin

que je puisse en uger avec connaissance de cause ; et'il avait raison. Il faisait foi en cela de connaître notre humaiïné nature ; car ce qui est péché veniel pour l’un

peut être mortel pour l’autre ; la ligne de démarcation

entre les deux étant des plus difficiles à tracer. Un

sou pris à un riche qui n’en souffrira aucunement, n’est point le sou volé au pauvre, à l’affamé qui va peut-être suctomber à son jeune forcé. Il faut voir aussi la tentation qu’il y a eu ; car tout répréhensible qu'il soit dé trôp aimer ; si une ange tombe dans vos bras, ma foi, la situation est difficile.

671-Il convient de ne pas demeurer sous le même toit avec celui dont vous pouvez avoir à contrôler les réclamations pour extra. Un ex-ministre du Gouvernement Fédéral du Canada commit cette imprudence et cela pendant huit années consécutives. Si le contracteur avec qui il logeait et qui payait peut-être à lui seul le loyer, eut été un homme instruit, un homme d’une certaine éducation, ayant des goûts littéraires, artistiques ou autres qui exquiquassent le motivé de l’union de ces deux âmes, on en eut été moins surpris, moins scandalisé--niais rien de tel. Aussi ce ministre qui pouvait aspirer à devenir chef de gouvernement, s’est u

déjeter, et n’était le fait qu’il venait d’être honoré d’un titre par sa majesté, et que c’eut été donner un soufflet à la reine que d'envoyer cet homme en prison, il y serait allé tout comme le contracteur avec lequel il était si ridiculement lié d'amitié.

672- Arriver au pôle norden passant sous lä glace. C’est ce que un nommé Riedel se dit prêt à faire dans un vaisseau, à la Jules Verne, construit à cet effet. Le coût de l’expédition serait de $125,000. Riedel et son équipage se rendrait à Spitzberg dans un vaisseau ordinaire. De là il prendrait son “ Nautilus ”’ pour le reste du voyage : quelques 400 à 500 milles à faire sous la banquise de temps à autre il y aurait à regagner la surface, ou arriver à l’air libre pour y respirer ou faire provision d’air — soit de 50 en 50 milles, forant au moyen d’une tarrière spéciale à travers la glace, ou y faisant à l’aide de la dynamite un trou assez grand pour que le ‘“ Nautilus ” monte à ciel

ouvert. Epaisseur supposée de la glace quelques 14 pds.

kg

673—Dans le dernier “ World ” de New York (Fév. 1898) est un exposé du bon marché auqnel peut vivre une famille IT'auteur en arrive à

‘opinion qu’une famille de cinq peut se loger, s’habiller, se nourrir à raison de $32 par mois $384.00 par année. C'est exagéré, puisque la moitié des familles au Canada vivent confortablement pour la moitié de ce chiffre. En effet les manœuvres n’y gagnent que de 80 à $1.00 par jour et cela durant une moyenne de seulement 200 jours en moyenne. Puis en France il est reconnu que le paysan vit à raîfson de 30 centins par jour ou de $90.00 par année. Mais ce qui vient donner le démenti aux conclusions de l’article dont il s’agit, est un autre du même journal, même No. et immédiatement au-dessous du premier,ayant pour entête. ‘4 À meal and a nights lodging for 2 cents ”’-c'est-àdire que pour ? centins (10 centimes) le récipiendaire a un bol de hachis au bœuf, une tasse de café et du pain ; puis il lui est loisible de passer la nuit non pas dans un lit, bien entendu, mais en s’encantant sur la table, ou s’allongeant sur un banc s’il y a suffisamment d’espace pour le faire. A ce taux les 3 repas de notre individu ne lui coûteraient que 6 sous ou même 4 sous s’il se contentait comme beaucoup le font de deux repas par jonr—$Si donc la famille était de 5, ce ne serait que 30 cents par jour à 3 repas—A Paris d’ailleurs on fait la même chose ; on vous donne une bonne

assiettée de viande et pain pour 2 sous.

674-L’air liquéfié. Ceci ne devrait pas nous paraître plus étrange que de la vapeur d’eau au pôle nord, de la glace dans les tropiques. Ily a en effet déjà quelques années que Dewas a le premier réduit l'air à un liquide ; mais par un procédé trop coûteux pour en permettre l’usage dans le commerce. Voici qu'un M. Tripper, de New York, dit le ‘“ Scientific American,’ a réussi à produire l’air à l’état liquide par un procédé qui va en motiver la liquéfaction au besoin. Il comprime l'air à 2,000 1bs. au pouce carré et ceci lui enlève sa chaleur ; cet air déjà refroidi à peut-être 100° est employé pour en refroidir d’autre ; cet autre air est de nouveau comprimé sous une pression de 2,000 au pouce, et atteint après ce second procédé un froid de peut-être 200° ; en dernier lieu, on emploie cette seconde édition d’air au refroidissement d'autre air au même degré, et ce troisième produit soumis à son tour à 2,000 Ibs. de pression au pouce carré atteint enfin une température, un froid de 311.8° de Farenheit et sous ce froid intense se liquéfie. On liquéfie de même, mais à températures différentes tous les gaz. On serait porté à croire qu'’ainsi liquéfié et exposé à l'air libre, ce liquide dut faire explosion, c’est-à-dire par un seul effort d'expansion, reprendre sa forme gazeuse ; mais non, et pour comprendre pourquoi, on n’a qu’à songer qu’il n’y a pas de raison pour que cet action immédiate ait lieu, pas plus que la glace, (eau

gelée ou solidifiée) ne doit se réduire immédiatement en eau, même sous l’effet d'un soleil ardent ou d’une grande chaleur.

675-—Le nombre de téléphones aujourd’hui en activité de par le monde, est d'après l “Electrical Engineering’ de Chicago, de quelques 1402,000, dont 900,000 aux Etats, 140,000 en Allemagne, Angleterre 75,000, France 35,000, Russie 18,000, en Cochinchine 200, Suède 50,000, Suisse 30,000.

676-Le fluoromètre est un instrument qui vient d’être imaginé pour supplémenter, c’est-à-dire rendre plus précises les indications données par les rayons X (rayons Roentgen) de corps étrangers dans le corps humain ou animal. Cet instrument est dirigé sur l’endroit en deux sens, à angle droit l’un à l’autre, pour préciser l’endroit, la forme de l’ombre produite laquelle, parait-il, est toute différente et nullement définie ou plus ou moins indéfinie suivant l'aspect sous lequel on l’examine. D'ailleurs l'indication au rayon X, s’il est précis de direction, ne l’est point quant à la profondeur ou distance à laquelle l’objet opaque qui projète l’ombre—une balle, une aiguille —se trouve de la surface ; et la seconde observation au moyen du fluo-

ormêtre, avec les mesures nécessaires prises à la surface, suffit pour localiser, fixer la position exacte de l’objet.

677—On va enfin démolir sur un parcours ou périmètre de 8 milles (quelques 14,000 mètres) les fortifications de Paris, et ne les remplacer que par une sorte de grille ou clôture, un mur peutêtre pour les fins de l’octroi (ce que payent les effets de toutes sortes qui entrent dans Paris). D'ailleurs, comme on le pense bien, avec nos moyens d'attaque et de défense actuels, ces anciens ramparts ne valent plns rien. A l’espace aujourd’hui occupé par ces murs d'enceinte, on va substituer de nouvelles rues, des parcs, des embellissements divers.

678- Influence de la richesse sur La martalité. Le statisticien de Breslau vient de publier dans le ‘“ Zeitschrift fuer Hygieine und Infektions Krankheïiten,’ un intéressant résumé à ce sujet. Comme criterium de la richesse, il prend le montant de loyer. En 1896, dit ce journal, il est mort sur 1,000 personnes payant un loyer de 300 marer, 20.7—sous un loyer de 300 à 750, 11.2 mortalités—à un taux de loyer de 750 à 1500 marcs, seulement 6.5. Pendant que

d’après ces chiffres la mortalité parmi les pauvres de Breslau est de trois fois celle chez les riches, elle est de fait encore plus grande ; parce que ne sont pas incluses les personnes mourant dans les hôpitaux et que l’on peut considérer appartenir presque exclusivement à la classe indigente. Cette différence est surtout accentuée chez les enfants, dont ceux des riches sont naturellement entourés de plus de soins.

KT 4

679-Les géologues croyaient il n°y a pas longtemps encore qu’il est inutile de forer le granit pour en tirer de l’eau mais cette théorie est maintenant controuvée. A plusieurs endroits en Norvège on a creusé des puits qui donnent d’excellente eau ; et voilà qu’à la Caroline du Sud, E.- U., on est arrivé à la profondeur de 285 pieds, à uns eau qui s'élève à 3 pieds sous la surface du sol, et a un rendement de 200,000 gallons par jour. Ces eaux ont de précieuses propriétés hygiéniques, et là où on en fait usage les fièvres ont diminué de 30 pour cent.

680- Prix des objets d'art ; tableaux des grands maîtres. On lit dans “ l’Almanach Hachette ” pour 1894—et ces états synoptiques sont

précieux à cause des recherches que n'importe qui aurait à faire pour former une semblable statistique— que 50 des tableaux qui se sont vendus les plus hauts prix de nos jours, l’ont été aux chiffres suivants : la Madone Ansidei, par Raphael, pour la ‘“ National Gallery ”’ de Londres, à la nation $350,000- La même institution possède encore le portrait d’un homme par Morone $300,000— Vient ensuite Jean-François Millet dont “ La Bergère ” a été payé par M. Chauchariü $200,000— Le même collectionneur possède, par le même artiste, ‘ L’Angelus”’ qui lui a été vendu $110,000 —La famille Rothschild a plusieurs ouvrages presqne sans prix. Edmond de KR. a payé $160,000 le “ Jardin d'Amour ” par Rubens ; il a aussi acheté trois des portraits de Gainsborough pour $325,000. Alphonse de R. a donné $120,000 pour le portrait de ‘ César Borgia ”? par Raphael et $250,000 pour deux tableaux de Rubens. (rustave de K. acquit à raison de $150,000, deux ouvrages de Rembrandt. Feu le Duc d’'Aumale acheta les “ Trois Grâces ”’ de Raphael pour $125,000 et Madame Guinness de Londres a donné $240,000 pour deux ouvrages de Rembrandt. Le Musée du Louvre, Paris, acheta au chiffre de $120,000 l’ # Assomption ”” de Murillo. C’est au prix de $90,000 que le Musée de Berlin a acquis le portrait de ‘ Albert Durer.”’ Le “Christ devant Pilate”’ par Munkacsy fut vendu $100,000. Les Meissoniers réalisent aussi des prix énormes en

rapport avec leurs dimensions : son ‘ 1814 ”’ fut payé 110,000 par M. Chauchard ; “ son ‘ 1807 * maintenant au Musée Métropolitain fut acheté pour $#60,000. Le portrait de ‘“ Spinola ‘’ par Van Dyck a été vendu $100,000. La “ National Gallery ‘’ à la vente de la collection du duc de Lansdowne, acheta trois ouvrages de Velasquez, Morone et Halbein au prix de $300,000. Plüsiéurs autres tableaux ont été vendus $60,000 chacun où au-dessus, parmi ces derniers le “ Doreur dé M. Havemeyer par Rembrandt. Ce n'est pas souvént qu’un ‘ Raphael ”’ soit à vendre. Aujourd’hui sa ‘“ vierge au candélabre ” est à vendre ; il a été ächété lors de la collection Mouroe de 1882 pour $100,000. Si ce travail de second ou troisième ordre dùu grand peintre d'Urbino, vaut plus que $100,000 il serait intéressant de savoir quel serait le prix de vente d’un chef-d'œuvre comme la “ Madone ” de San Sisto, où encore la “ Madone ” de Foligno.

Page 1