‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 60 sur 83 · I1 est de ton aujourd’hui d’avoir un · texte numérisé non relu

I1 est de ton aujourd’hui d’avoir un

scandale. Celui, celle qui n’en a point est fade. Tous les gouvernements en ont, en ont eu: La France ‘ Le Panama ”’ Les Etats-Unis : les millions du Tammany Hall__le Canada : le scandale du Pacifique, celui des tanneries, celui des édifices publics de la capitale, et mille autres. Même les femmes en ont : à la Crawford, à la Vanderbilt, etc. Il est si piquant d’avoir une révélation à faire, à recueillir. La conversation a tant de surprises, d'émotions Une telle, Mon Dieu, je donnerais je ne sais quoi pour la connaitre : elle a, dit-on, un scandale. |

691-La fraude existe partout — on ne sait plus distinguer le faux du vrai. Le faux peut être légitime et encore, l’homme n'aime pas à être trompé par les fausses dents d’une prétendue, les cheveux empruntés, les hanches accentuées, et franchement je n’aimerais à me voir aux côtés d'une | femme plate comme une planche d’un pouce—faut qu’elle ait des poumons, quand ils ne seraient qu’artificiels pour la promenade, l’accolade, le tête â tête 3

aussi je ne sais trop s’il n’y aurait matière à procès, matière à divorce en présence d’une femme qui n’aurait rien que du faux-tout de même que la femme aurait Jes mêmes droits en présence d’un homme qui ne le serait point.

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692-Il1 y a jusqu'aux épiciers qui vous mentent efrontement en mettant : qui, de l’eau dans son vin, dans son whisky ; qui, du sable dans le sucre ; un autre fait arroser le tabac Le laitier en fait autant, crainte que le lait pur soit trop riche pour le bébé—l’habitant, le boucher, le regrattier fera souffler sa viande, bourrer de pois ou d’avoine le jabot de sa dinde, de sa volaille et vous payez ensuite à 10 sous ce surcroit de poids qui n'er vaut pas deux. Un panier de fruit sera fardé sur le dessus, en y accumulant les plus gros, les plus beaux, et si vous avez l'air de douter, on vous offre de vider le baril de pommes pour vous faire voir, comme pour les huitres, que les belles ne sont pas toutes à la surface ; et vous, trompé par ce semblant de franchise, de dire : oh non. On a même vu un pain de sucre d'érable avec un gres caillou au centre, et l’habitant qui vous le venait, avait toutes vos sympathie , parce que de chaque poche où il se mettait la main pour en tirer de la monnaie à échanger contre votre billet de nr ar | ae, il tirait par mégard

un chapelet.

693-__Nos gouvernements sont responsables, les premiers et pour beaucoup, de toutes les fourberices qui nous cntourent. Au lieu de confier les travaux publics à un honnête contracteur, avec un ingénieur, un architecte pour en diriger, surveiller la confection ; ce sera un tonnelier, un cordonnier, un avocat sans causes, un charcutier qu’on y préposera parce que celui-ci aura mérité de la patrie en travaillant à faire réélire les mêmes hommes au pouvoir. On donnera tant pour un chemin de colonisation qui ne se fera point ou qu’à moitié ; on achetera toute une paroisse avec un quai, un débarcadère, des usines. Ceci n’est pas du roman. Aujourd’hui c’est le scandale du Yukon, avec ses 25,000 acres de terres aurifères par mille, pendant que 5,000 acres d’un avoir de telle valeur eut été plus motivé—il faut qu’il y ait compensation quelque part. Il faut que les écuries d’Augias se nettoient, que les vampires du gouvernement soient éliminés. Il faut une trève à ces fortunes scandaleuses, pendant que tant de milliers ont à peine de quoi s£ loger, se vêtir, se nourrir. Encore une fois, il n’est pas étonnant que Dieu ait dit‘ Il est difficile pour le riche d’entrer au royaume des cieux.’

* * * 694- Une autre phase du chantage. Ceux

qui n’y voyaient pas de mal, ou feignaient de ne pas en voir, disaient lors du ‘“ scandale du Pacifique ? (chemin de fer du Pacifique Canadien)“ Mais qu’est- ‘“ ce que cela nous fait que les Allan aient donné ‘4 $400,000 pour s’assurer le contrat. Cet argent ne ‘ sort point de notre gousset, mais de celui des con- ‘“ tracteurs.’ Il n’en est pas ainsi. Tout le monde sait que dans tous les contrats de gouvernement, pour chemin de fer et travaux publics, le contracteur revient avec toutes sortes de prétextes reclamer des extras, ou des prix plus élevés sur certaines sections de l’ouvrage, et que ceux qui ont à examiner, certifier ces extra, sont tenus, forcés d’acquiescer, par crainte que le confracteur ne les menace de divulguer, le fait qu'il leur a donné de l'argent. Puis il y a tant d’autres moyens de vous intéresser à part celui de vous acheter direct, pour désarmer tout soupçon. On nomme un des vôtres à un emploi lucratif ; on vous donne des parts acquittés, où vous êtes en mesure de partager les profite. Comment sans cela tous nos ministres sont-ils devenus riches, lorsqu'on sait qu'ils sont entrés en fonctions sans le sou. Pour sauver les apparences on fait une victime, comme on l’a fait d’un ex ingénieur des Travaux Publics en lui faisant une enquête sur un cadeau que durant une absence on lui a fait de bijoux, que sa famille, croyant qu'ils venaient de lui, s’approprie-pendant que d’un autre côté on donne un collier

de diamants à la femme d’un ministre, afin qu’ad venant une demande pour un octroi addit:onnel de: millions des contribuables à une de nos grandes voies ferrées, on n’y motte point d'obstacles.

Par

69511 y a des cas de chantage où il est difficile de trouver à redire. Une chambre, un conseil de ville est divisé sur l’octroi d’un contrat. L'assemblée est également partagée. Les contracteurs se valent l’un l’autre, leur prix est le même, chacun d'eux exécutera-son contrat à la lettre. - 11 y a à gagner la voix prépondérante. On paye cette voix, an prix de l'or. Que dire de la transaction. La voix prépondérante est dans la position d’un homme né avec le génie d’un inventeur, et qui vend son invention un prix fabuleux. Oui tout cela est vrai. Où donc est le mal. Où est le danger. Eh bien le danger est encore celui-ci, que si le contracteur revient avec un extra, et que celui dont la voix a déterminé le contrat en sa faveur est encore là, il est forcé, crainte du mauvais vouloir du donateur, et qu il ne déclare la chose, à voter encore pour lui, bien ou mal. Mais si le récipiendaire n’est plus là. Eh bien dans ce cas là le donateur peut encore le forcer à user de son influence auprès de ceux qui restent, pour lui faire obtenir ce qu il r* mande ; et s’il est mort, ou absent, il y a encore b,

pression que le contracteur peut exercer aur les siens au même effet, et à laquelle ils ne peuvent se soustraire, puisqu’une dénonciation pourrait ruiner, de réputation les bénéficiaires. Et à preuve que ce danger existe toujours, c’est que le “ Boss” des scundales du “ Tanmany Hall’ de New York, d'il y a déjà tant d'années écoulées, menace aujourd'hui dit-on pour se venger des années de prison qu’il a subies, de dénoncer, publier les noms des récipiendaires, des onze millions payés par lui à des centaines de personnes dont il a tous les noms inscrits dans son journal.

696- Vanter une personne au préjudice (ou qu’on croit ou voudrait l'être) d'un autre, fait quelquefois l’affaire des deux. Ma femme par exemple croit me contrarier lorsqu'elle me fait l’éloge de mon frère aîné qui berce son enfant, le promène dans ses bras ou dans sa petite voiture et permet ainsi à sa femme de se reposer. Moi j'adore ces sortes de comparaisons ; car comme je dois l’avoir déjà dit quelque part, je suis contre le bercemeut puisqu'on ne berce que pour endormir ou arrêter l'enfant de pleurer, et que d’après moi “ pleurer est excellent pour les poumons ””’ tout comme le rire les développe et leur donne de la force, accentue leur vitalité. Puis ces

petits chéris, je ne les prends pas dans mes bras, tant je crains de les casser—puis encore ça à l'air si fomme de # dodicher ”’ (dorloter) un bébé, sauf quand on en fait une œuvre de charité comme St-Vincent de Paul, que je n’y tiens pas.

697-L'Intuition qu’on na d’un fait veut dire quelque chose. Un individu, un parent était saisi d’une réclamation de la part de l’auteur de cet alinéa. Elle était juste. L'avocat avait déjà préalablement jugé dans le sens voulu d’une réclamation anae logue mais de moiudre enjeu. Il jugea cette fois-ci à l'encontre de sa première décision Alors je lui dis carrément — ‘ Vous auriez dû, étant mon parent, refuser “ d'agir, et on en eut nommé un autre. C’est l’orgueil “qui vous a fait rendre ce jugement erronné-—Vous “ vous êtes dit: sije suis pour mon neveu, on dira de “moi: ce n’est pas étonnant, c'est un des siens si je “ juge-coatre lui, on dira: quel homme impartial ; et “« c'est le désir de passer pour tel qui a été le mobile “ de votre action. Eh bien lui dis-je : le montant que “ vous me faites perdre (quelques $2,700) c’est alors “ vous qui me le devez et qui allez me le payer— Ayez “ toutes les absolutions que vous voudrez du Pape “même ; vous n’entrerez point au royaume des cieux

& avec cet argent sur la conscience.” J'avais frappé

juste—au jour de l'an suivant je reçois un acte 1e donnant une propriété de cette valeur.

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69#- Le francais il est vrai de le dire est tout d’impuision. En eflet il s’enthousiasn e de peu de chôre, comn:e lors de la réception faite par la Société dé Géographie de Normandie, au 1etour de Nansen dé son voyage rolaiie— enthousiasme immodéré, fou, insénéé, ais tout du cœur. Les Anglais, les Allen:ands né se Jaisseut point enporter de Ja sorte. Ils sont fioids, solides, persistants, capables de soutenir sans bioncher, une attaque, une chaige de l’enneni. Le français est tout de feu pour une charge, un assaut, mais faut qe ce soit fait impromptu, et d'emblée.

699- Les graves accidents se succèdent avec une pertinacité et régularité étonnante chez toutes les nations du monde.

Nous faisons allusion ici à ceux qui sont su prosés dus à l'action de l’homn e ou controlables râr lui=non point les fatalités par trenblements de terre, par dérastres maritin.es dus à la fureur des élénents, par : yclones, avalanches, inondations, etc.; ; ais aux incen-

die:, explosions, etc., et aucune nation ne semble pouvoir sous ce rapport jeter la pierre à sa voisine, et se glorifier de son plus grand savoir, Les nations sont de pair sous ce rapport : incendies désastreux de bazars, théâtres, hôtels, hospices, manufactures ; effondrement de bâtisses, explosions à bord de vaisseaux de guerre comme celle du vaisseau de guerre Maine des Etats Unis à la Havane, avec perte de 270 personnes--la

culbute du Victoria par le Camperdown lors d'une:

revue navale en Angleterre avee son équipage entier de: plus: de 400 âines due à ce que le centre de gravité de: ce vaisseau de guerre trop lourdement armé au-dessus de sa ligne de flottaison était trop élevé ; l'incendie d'un théâtre à Brooklyn, Etats Unis, 276 morts ; celle d’un théàâtre à Vienne, au-dessus de 700 fatalités ; celle du théâtre de la gaiété à Paris ; explosion d'un vaisseau en Espagne chargé de «dlyramnite ; chavirenient d'un vapeur à Loudon, Canada, plus de 200 pertes de vies ; et iuiile autres de la.sorte, sans parler des accidents de cheuins de fer, collisions en mer, ete; etc.

# * 200 Chaque nouveli: invention, casque découverte ajoute un contingent à la liste des fatalitcs journatières de par ie monde.

Cinq accidents d’äscenseurs aux Etats-Unis dns déux

jours—morts par les chars électriques —explosions de gaz acétylène fatalités par les essais des machines à voler—mortalité par les fils de lumières et moteurs électriques, par bicycles, etc.

701-Les gouvernements ont leur fonds sccrets et pourquoi non Iles individus. Il faut dit l'Evangile que le scandale existe, mais malheur à celui par qui le scandale vient. C’est-à-dire qu? péché caché est à demi pardonné. Pour accepter de l'argent pour un services quelconque, celui d’espion ou tout autre, faut se demander si, la chose devenant connue, on en aura honte ; si en l’acceptant on sera appelé plus tard à le rendre à même la Lourse d'autrui —Rappelez-vous que la transaction la plus véreuse, faite au grand jour, en plein soleil, à voix haute, par écrit, sous acte notarié ne sera jamais soupçonnée, car on se dira—oh s’il y avait du imal, on se serait caché pour le faire—et que de inême la transaction la plus honnête faite sous le voile du secret sera entachée de fraude. On soupçonnera qu'il y a du mal, anguille

sous roche, quelque motif désavouable.

702 Quant à voler, si vous y êtes décidé,

faites-le, suivant l'expression vulgaire, en monts sieur, faiites-le royalement ; car on n’est pas davantage pendu pour le meurtre d’un adulte, d’un roi, qu’on ne l’est pour celui d’un enfant, d’un men:diant. En effet, si vous vendez à vil prix, si vous prenez un montant insignifiant, vous n’aurez pas de quoi payer les mauvaises langues. Mais prenez ur million, ou même la dime de cette somme, vous pouvez vivre à ne rien faire,sur l’intérêt du montant, et avec cela, un gousset bien garni,on peut acheter le silence, ou soutenir sans broncher les quolibets désagréables. Venez-vous d’outre-mer, ou d’au-delà des frontières “avec un titre, emprunté ou non, peu importe, on vous prendra par la main, vous serez reçu partout. Les femmes adorent les titrés, les riches — Vous aurez tout ce que vous voudrez; vos avocats, vos juges vous sauveront de la prison, de la potence Si vous êtes saoul, vous ne le serez point un pauvre diable le serait, mais pour vous ce sera une indisposition— Voilà le remède. Si vous prenez un pain pour sauver votre famille de la mort, vous serez un simple voleur comme Jean Valgean dans ‘“ les Misérables”’; mais si vous faites les choses à la Hénau, on n’osera vous toucher Voilà la justice de l’homme pour son Semblable. Bardoux l’a dit en plein tribunal lors du procès de Chs. de Lesseps: “ Le pauvre a toujours

tort, dit Montesquieu, le riche jamais ” mais dieu merci

1! y a de nobles exemples du contraire, comme dans le . procès. des directeurs de la ‘“ banque d’Ecosse,” et tout dernièrement d'nn certain lord anglais qui vient d’être condamné pour fraudre à einq ans de pénitencier. . # + + . 403.I1 vaut mieux ne. pas ayoir d'amis.

.Çette expression.de.la.part d’un gouvernement, dun parti.politique, me, fait toujours. hausser les épaules — des amis si.vous. voulez. dans l’acception ordinaire du mot :.persennes. avec lesquelles on sympathise, .per- .-80mnes.des. mêmes goûts,.tendances littéraires, artistiques, scientifiques oui, mais amis politiques. non— . Que diriez-vous de Dieu s’il avait des anis-—Il ne. serait .plus pour nous l'être:infiniment juste que..yous. le :supposez ;.car vous. soupçonneriez, chez.lui de la par- -tialité pour.ses amis. C'est l’effet que .doivent.vous faire les amis politiques ;.car vous savez à.l’ayance que toutes les:bonnes places, les gros salaires, les.positions lucratives, les monopoles, les faveurs.de.toutes:sortes -seront pour.eux, la capacité ne.yvient qu’en sesondlieu de. considération. . La. justice. de: Dieu..nous poursuil—-Quant à eelle, des. hommes, faut courrir. après.

" 204-Je suis puni de mon orgueil. I} m'a

fatt perdre des milliers de Louis. J'avais des réclamætions pour extra. Entré au service civique, comme ingénieur des ponts et chaussées seulement < mais étant en même temps architecte, arpenteur

tchnologue, etc., j'ai fait pendant trente ans l'ouvrage de’ cinq employés ordinaires de gouvernèments, travaillant sur mes 18 heures par jour, 14 pour l’institu-

tion au service de laquelle j'étais, toujours avec l'espoir que le sens commun, la justice la plus élémentaire me’ ferait payer un jour de ces services additionnels. Mais par avoir été trop orgueilleux pour aller 1: demander à chaque édile en particulier, je n’ai rien eu—et chacun d’eux de dire à ceux des miens qui leur en parlaient : ‘ Comment pense-t-il qu'on puisse être pour ‘ lui—il ne prend pas la peine de venir nous le deman- “ der.” Oui, je le comprends, si j'étais allé le demander et promettre à certains certain montant, ma cause eut été bonne. Mais j'aurais pourtant dû savoir que la parole de Dieu 6 demandez et vous recevrez ”” comporte ‘l’humiliation de la demande et que ce n'est qu'en s’humiliant qu'on est exalté, exaucé. Ma seule compensation serait celle d’avoir accompli cette injonc-

tion de Dieu: tu gagneras ta vie à la sueur de ton

front.

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