INTRODUCTION
En raison des nombreux cas de variole que la dernière épidémie a amenés sous nos yeux à l’hôpital Gochin, dans le service de notre excellent maître M. Bucquoy, cette maladie est sans doute celle que nous connaissons le moins mal : c’est uniquement cette pensée qui nous l’a fait prendre pour sujet de notre thèse.
En eomparant mille fois les uns aux autres tous les faits de nos observations, nous avons été conduit à les rang-er en une serie naturelle graduellement variée ; à faire dans cette série des divisions; à réunir autour de certains types des g-roupes, et finalement à envisag-er la variole plutôt dans ses variations et ses formes que sous un autre point de vue.
Ce classement des formes que nous avions observées et remarquees une fois fait, nous avons lu et étudié toutes les observations particulières enregistrées dans les thèses passées récemment sur la variole, et écrites pendant et d’après la même épidémie. Ayant alors la satisfaction de les voir toutes venir assez bien se ranet trouver leur place naturelle à côté des nôtres, nous avons
cru pouvoir résumer toute cette étude en une synthèse qui, pour n’être pas analog-ue peut-être quant à la forme, n’en est pas moins, en g-rande partie, identique, quant au fond, à ce quenous avons trouvé dans les auteurs classiques, et en particulier dans Borsieri dont la très-complète et très-exacte histoire de la variole résume tous les écrits de ses devanciers, et à laquelle ses successeurs n’ont rien trouvé à ajoutfer de capital, au moins en ce qui était accessible à la science de son temps.
On s’est placé jusqu’à présent à des points de vue très-divers pour classer les formes de variole; on a pris, sans trop de méthode, tantôt un symptôme, tantôt un autre pour les désigner; c’est ainsi qu’on a eu : les varioles discrètes, cohérentes, confluentes, verruqueuses, cristallines, abortives, hémorrhagiques, etc., sans qu’aucun de ces points de vue, aucune de ces dénominations ait prévalu sur les autres, aucune n’étant meilleure, aucune n’embrassant la généralité des faits. Ainsi, bien que Borsieri adopté comme primordiale la distinction des varioles en et confluentes^ à l’exemple de Sydenham qui les considère aussi différentes les unes des autres que la peste l’est de la variole, en une foule d’endroits il signale tant de variétés intermédiaires, et tant de ressemblance entre les deux espèces, qn’il aisé dé voir qu’en réalité il regarde comme beaucoup plus i®liortant le caractère de malignité ou de bénignité, qui ne lui sert qu’en seconde ligne pour établir les subdivisions; et que, en adoptant cette méthode, il a suivi la coutume de son temps bien plbs que la tendance naturelle imprimée à son esprit par I®u dés faits. Pour nous, cherchant ce qu’avaient de commun les qui se plaçaient naturellement et presque d’instinct à côté es uns des autres, nous avons trouvé qu’ils se ressemblaient bien plus par leur marche générale que par les caractères de 1 érup tien ou d’autres symptômes; surtout par la marche dé la fl®'”’
que nous avons ainsi dû considérer comme le caractère dominateur devant servir de base première à une classification méthodique. On pouvait, au reste, le présumer d’avance, car la fièvre étant le phénomène le plus essentiel de la variole, celui qui tient de plus près à sa cause spécifique, qui en est la conséquence la plus directe, ses variations devaient nécessairement traduire des modifications intimes dans l’essence de la maladie, et en entraîner dans tous les autres phénomènes, ce qui est le propre des caractères d’ordre supérieur en fait de classification.
Or, la considération exclusive de la fièvre, ou mieux de sa traduction graphique, les courbes thermiques, conduit rapidement à établir trois grandes catég-ories parmi toutes les varioles.
En effet, le phénomène qui est le plus remarquable, qui saute aux yeux d’abord dans toute l’histoire de la variole, qui a frappé le plus tous les cliniciens et sur lequel ils ont insisté avec tant de raison, c’est l’interruption du cycle fébrile, au milieu du cours de la maladie, par un stade d’apyrexie bientôt suivi d’une recrudescence de la fièvre; c’est la division parce stade apyrétique de la série morbide en deux sous-séries constituant, pour ainsi dire, chacune une maladie distincte. Mais pour être très-commune dans la variole, cette succession de deux maladies differentes n’est pas générale, ou ne la rencontre pas dans tous les cas. L’absence d un phénomène si important, si étrang-e permet donc de séparer nettement des autres casceuxoùson existence est manifeste, sous le nom de varioles communes, ordinaires ou bénignes à fièvre secondaire. Quant aux autres, les uns sont tellement g-raves, presque toujours ®urtels, et les autres tellement lég’ers qu’il est impossible de les confondre. Désignons les premiers sous la dénomination significative de varioles malignes; les derniers sous celle de varioles bétrès-bénignes même, sans fièvre secondaire.
Nous croyons avantageux de parler d’abord des formes com- ‘Uues qui sont les plus faciles à étudier et sont les mieux connues;
puis des formes malig-nes, qui senties plus difficiles, et celles sur lesquelles il règne certainement autant de confusion que de clarté sur les précédentes ; enfin des plus légères, qui sont également intéressantes par leur grande variété, et qui sont celles sur lesquelles on a le plus discuté peut-être depuis un demi-siècle (1).
(1) Varioles anomales.
Je ne puis entreprendre la description de ces varioles, car mon expérience de ces cas est trop mince et ce qu’on trouve dans les auteurs trop peu précis pour que je puisse me faire et soutenir une opinion quelconque à leur égard. — Je ne saurais même affirmer leur existence en dehors des précédentes, et si j’en parle, c’est plutôt pour dire ce quelles pourraient bien êtreque pour dire ce
qu’elles sont.
Ne devrait-on pas désigner sous ce nom les cas dans lesquels il y a anomalie dans la localisation anatomique de la matière morbifique de la variole? dans lesquels on trouve des lésions viscérales produites par la variole meme e non par des complications accidentelles, qu’il y ait ou non simultanément deséruptionsaux téguments interne ou externe? Ce n’est pas que je croie beaucoupa pustules varioliques sur les séreuses ou même les bronches; leur
effet, est niée par des auteurs aussi recommandables que ceux qui a.
tent, et de ,dus, je comprends mal la pustulation sur des ture différente de celle de la peau ou de la muqueuse buccale. Mai a v ne peut.elle produire que des lésions pustulaires? Nous avons trouve à 1^ P de varioles mortes rapidement sans présenter les symptômes oi varioles malignes, les hémorrhagies par exemple, et dont l’éruption e ci-ète et arrêtée dès le ou le S» jour dans sa marche : une fois « “ ^
poumon ayant donné lieu pendant la vie aux signes d une pneumoniec une autre fois une bronchite pseudo-membraneuse généralisée. parmi les observations publiées des cas analogues, mais pi esque gjt
confond avec des cas de pneumonie ou de pleurésie qui n et
aucun caractère particulier comme nous en avons . ^es cas
qui sont véritablement de simples complications. En est-il de^ signalés plus haut? S’agit-il là de complications ou d’anomalies... •
Ne seraient d’ailleurs caractéristiques des varioles anoma es *1“ ^ œnanthémaliques ou de localisation morbide, et nullement celles qui tiques, la dégénérescence graisseuse du cœur, par exemple.